Un coupable presque parfait

De Robin Stevens. Flammarion Jeunesse, 2016. Policier. Excellente lecture. [356 p.]

Titre original : Murder Most Unladylike, 2014 ; trad. par Faustina Fiore.

coupableRésumé : « Lorsque Daisy Wells et Hazel Wong fondent leur agence de détectives privés, elles espèrent débusquer une enquête digne de ce nom. Tout bascule subitement le jour où Hazel découvre la prof de sciences étendue dans le gymnase. Le temps d’aller chercher Daisy, le corps a disparu. Dès lors, il ne s’agit plus seulement d’un crime à résoudre mais d’un crime à prouver, et ce, avant que le coupable ne frappe de nouveau.« 

Lu dans le cadre d’un partenariat avec Flammarion Jeunesse

En introduction je dirais que je choisis mes livres de partenariat selon deux axes : ce qui correspond à mes lectures habituelles, ma zone de confort, et ce qui au contraire me permet de m’en détacher un peu. J’essaie d’alterner, et en fait comme je reste quelqu’un de curieux ce n’est pas très compliqué.

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Ganesha

De Xavier Mauméjean. Mnémos, 2014. Fantastique policier. Excellente lecture. [314 p.]

ganeshaRésumé : « Londres, fin du XIXe siècle. Qui est réellement Joseph Merrick, celui qu’on surnomme « l’Homme-Éléphant » ? Homme ou bête ? Monstre de foire ou curiosité scientifique ? Une simple anomalie de la nature ou… un dieu ? Lorsqu’il rédige ses Mémoires, il n’a pas trente ans et réside depuis peu à l’hôpital de Whitechapel sous la protection du médecin Frederick Treves. Un refuge qui lui permet d’observer splendeurs et misères de la capitale, et d’enquêter : quatre affaires, autant de saisons dans une année. De leur résolution dépendra peut-être plus que son destin, car « le monde s’efface dans les rêves de l’éléphant… »« 

Coïncidence amusante en vérité que ce livre soit publié chez un éditeur qui s’appelle Mnémos ; en termes de mémoire Joseph Merrick nous est introduit comme un maître en son humble demeure terrestre de Whitechapel’s Hospital : il voit tout, analyse tout, se fait rapporter les éléments manquants. L’autre habitant du XIXe siècle – lui fictif de son état – auquel vous fait probablement vous aussi penser cette description fera d’ailleurs dans le livre une apparition aussi brève qu’à peine voilée, comme un reflet évanescent du narrateur. Étonnant et fascinant reflet « en chair et en os » des capacités mentales de Merrick, lui qui évite les miroirs comme la peste !

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Déjà dead

De Kathy Reichs. Pocket, 1998. Thriller. Bonne lecture. [542 p.]
Titre original : Déjà dead, 1997.
dejadeadRésumé : « A Montréal, sur la table de dissection du laboratoire de médecine légale de la police provinciale, arrive un cadavre découvert dans l’ancien parc du Grand Séminaire. Le docteur Temperance Brennan est chargé d’autopsier ce qu’il reste d’une femme découpée en morceaux. Son expertise va l’amener en première ligne de l’enquête, seule, en butte à l’hostilité de son collègue policier et face à l’assassin qui collectionne les victimes féminines… Cinq femmes sont déjà mortes. Sera-t-elle la prochaine?« 
Comme je l’avais déjà dit de Kathy Reichs, elle ne fait pas partie de mes écrivains préférés dans le sens où elle n’a pas de grande originalité ni dans son style ni dans ses idées de manière générale, mais en même temps elle représente maintenant pour moi une sorte de valeur sûre : j’ai envie de lire vite fait un thriller un peu macabre, pas mauvais mais pas prise de tête non plus, un de ses livres risque toujours de bien faire l’affaire ! Et c’est plus ou moins sur une telle envie que j’ai ressorti ce livre qui prenait la poussière sous une figurine de vaisseau de… Warhammer 40k peut-être, depuis quelques années. En effet, ces 500 pages et quelques sont aussi bien passées qu’un livre de 200 pages de moins.
Ce livre-ci, son premier apparemment, offre je trouve un rythme un peu plus soutenu et un meilleur arrière-plan scénaristique que A tombeau ouvert ou Les Os du Diable.
L’action se situe au Québec, où Brennan se retrouve plus ou moins expatriée, étant américaine. On trouve donc tout un tas de comparaisons des deux cultures, surtout du point de vue linguistique, et le texte est truffé d’expressions typiques de la région – enfin, j’imagine ! Ne connaissant que bien peu cette région et sa culture, je serais bien en peine de vous dire si c’est un ramassis de clichés ou si cette vision du Québec peut être considérée affectueusement réaliste. :p En tous cas ça m’a bien fait sourire tout au long du texte. Dans la même idée l’environnement de travail de l’héroïne est assez dense, on connaît ses relations avec ses autres collègues, les problèmes qu’elle rencontre ; on entre aussi assez fréquemment dans sa vie quotidienne et cela donne un rythme assez particulier, même si pas forcément moins tendu que dans d’autres thrillers étant donné qu’on reste toujours dans sa tête, avec ses doutes, questions et réflexions sur l’enquête, formant ainsi quelque chose de plutôt obsessionnel du point de vue du lecteur ! Le côté « médecine légale » est toujours très largement exploité, avec force détails peu ragoûtants qui en raviront certainement certains plus que d’autres… Mais encore une fois les amateurs du genre n’en seront probablement pas trop chamboulés, on reste dans une certaine « norme ».
J’ai vu venir un des derniers retournements de situation de très très loin, dès que l’amie Gabby a été impliquée dans l’histoire générale. Mis à part ce point un peu grossier, le reste ne m’a ni spécialement plu ou intriguée, ni lassée.
J’apprécie toujours autant le personnage de Temperance Brennan et ses dizaines de petites réflexions et commentaires sur tout et rien, alternant les modes sérieux, professionnel, cynique, humoristique, ou décalé. Je regrette également toujours que peu de personnages de la série soient exploités en dehors d’elle, ou, quand ils le sont, que ce soit toujours de façon bien moins forte et dense.
Un bon thriller dans la veine de beaucoup d’autres, que je ne conseille ni déconseille spécialement !

Les Salauds Gentilshommes, T.3

De Scott Lynch. Bragelonne : 2014. Roman d’aventures sauce fantasy. Série coup de cœur. [668 p.]
Titre du tome : La République des Voleurs.
Titre original : The Gentlemen Bastards, T.3 : The Republic of Thieves, 2013
république_voleursRésumé : « Après le plus grand casse de leur carrière, Locke et son inséparable complice, Jean, ont réussi à s’échapper. Mais Locke ne s’en est pas tiré indemne : empoisonné, il est mourant. Aucun alchimiste n’est en mesure de l’aider. Alors que le moment fatidique approche, une mystérieuse Mage Esclave lui propose un marché qui le sauvera ou mettra un terme à ses souffrances. Locke hésite, jusqu’à ce que la mage mentionne le nom d’une femme qu’il a connue par le passé. L’amour de sa vie. Sa rivale en matière d’habileté et d’intelligence. Et, s’il accepte cette mission, son plus dangereux adversaire.
À l’approche des élections de la cité des mages, les différentes factions recrutent leurs stratèges. Locke doit faire un choix : affronter ou séduire celle qu’il n’a jamais pu oublier. Leurs vies dépendent peut-être de sa décision… »
Enfin ! Après nous avoir parlé de Sabetha à mots couverts pendant deux tomes, Scott Lynch décide enfin de nous présenter le dernier larron de la bande des Gentilshommes ! (Je suis en train de me dire que je risque d’avoir de plus en plus de mal à vous parler de cette série sans me répéter ou vous dévoiler des éléments de l’intrigue, mais je vais tout de même essayer) Concernant Locke et Jean, franchement je vais passer, si vous en êtes à ce tome vous les connaissez déjà, et l’auteur reste très cohérent dans ses choix de départ et sa dynamique. Les autres personnages de ce tome, vous les découvrirez comme bien d’autres avant si vous vous plongez dedans, je n’ai rien de spécial à dire sur eux, il y en a toujours que j’adore, d’autres un peu moins, mais tous semblent tellement vivants et tellement bien ancrés dans leur environnement, avec ce côté vaguement exagéré dans beaucoup de cas, que j’ai toujours presque l’impression devoir se dérouler une partie de JdR sous mes yeux plutôt que de lire. Bon, je suppose que l’environnement et le thème du voleur / de la tromperie ne m’aide pas !

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Les Crimes de l’Ange

De Jean-Claude Baudroux. Editions du Bastberg : 2000. Policier. Lecture très sympathique. [251 p]
crimesdelangeRésumé : « Les habitants de Nancy ont peur… Et il y a de quoi ! On a déjà retrouvé trois morts en quelques jours. Et ce n’est malheureusement pas fini… Qui est ce mystérieux assassin qui guette ses proies dans l’ombre, et qui les tue ce manière aussi horrible ? Quel est ce monstre qui se régale de la souffrance de ses victimes ? Et pourquoi retrouve-t-on toujours les cadavres dans des demeures dessinées par des architectes de l’Ecole de Nancy ? Stanislas Kopinski est chargé de l’enquête. Il aurait vraiment préféré que ce soit son collègue Andrieux qui s’y colle, parce qu’il va s’engager dans l’enquête la plus calamiteuse de sa carrière…  « 
Il paraît qu’il y a d’autres écrivains à Nancy que Pierre Pevel, dont certains qui donnent dans le policier/thriller, genres que j’affectionne de manière générale sauf ratage catastrophique et/ou maladresses trop récurrentes. J’ai donc jeté mon dévolu en passant sur ce petit livre (il est écrit gros, en plus !) à dominante rouge estampillé « Les Polars régionaux » – nom de la collection, j’imagine. Je n’ai globalement pas été déçue.
Nous suivons donc… Tadaaaaaam : Stanislas (!!) – revenez, les nancéiens, n’allez pas vous pendre 😉 – Kopinski de son nom de famille (ça n’arrange rien*), un flic du type sombre, amer, solitaire et ayant le sentiment d’avoir raté sa vie – comme on les aime. Ses collègues sont sensiblement du même moule : beaucoup de réchauffé ou stéréotypé, point assumé visiblement à 110% par l’auteur, qui en rajoute au fil des pages. On trouve un Andrieux, ce qui me fait penser au philosophe Bernard Andrieu professeur à la fac de Lettres, un légiste qui s’appelle bizarrement Mulot et à qui je rajoute des moustaches fines à chaque fois que je lis son nom, et d’autres noms à consonance plus ou moins régionale.
Les allusions à l’agglomération nancéienne, la ville et sa culture sont légion, et c’est du coup très rigolo à lire, car j’arrive sans aucun souci à visualiser les endroits, les enfilades de rues et même les détails, ce qui est bien la première fois ! Je suis du genre à lire les romans policiers et thrillers en me focalisant sur l’intrigue, et en ayant une sorte d’arrière-plan flou chamarré et stéréotypé en toile de fond, et autant dire que s’il y a une course-poursuite dans les rues de New-York j’ai un peu de mal à prendre des repères.
L’intrigue et le déroulement de l’enquête sont par contre assez ténus. Le livre étant court et se focalisant pas mal sur les pensées de Stanislas, c’est quelque chose que j’ai vu venir de loin. Ne vous attendez pas à une intrigue complexe et foisonnante de rebondissements, ce n’est pas du tout le cas ici. Cependant j’ai trouvé les avancements et piétinements assez réalistes dans l’ensemble, et je ne me suis pas ennuyée, principalement parce que l’auteur a un style que j’apprécie entre fluidité narrative assez simple, traits d’humour et aussi un poil d’élaboration par moments, dans les pensées du policier, ses souvenirs, les descriptions de certaines scènes… Finalement cela forme un tout assez complet et pas trop mal cohérent. J’ai simplement relevé une ou deux répétitions au début du livre (des infos données deux fois presque de suite).
Un polar frais bien que sanglant, à apprécier au soleil pendant qu’il réchauffe votre terrasse / balcon / le parc d’à côté.

 

* Tout savoir sur Stanislas Leczinski dit le Bienfaisant, Duc de Lorraine : ici /// Site de Nancy Tourisme – La Place Stanislas

 

Lord Arthur Savile’s Crime and Other Stories

D’Oscar Wilde. 1887-1891. Recueil de contes et nouvelles. Très bonne lecture.  [192 p.]
Résumé : « These eight high-spirited stories were written at the height of Oscar Wilde’s creative power, between 1887 and 1891, when he delighted polite society with the epigram and controversy which flowed from his pen. « Lord Arthur Savile’s Crime » is a masterpiece of polished cynicism, in which poison, explosive clocks and finally murder forerun married bliss; and « The Canterville Ghost » is a venerable – and resourceful – family spook thoroughly unhorsed by his new American owners. Two of Wilde’s best-loved stories for children are also included, together with « The Portrait of Mr W. H. », a masterly example of scholarly detection, and three rare pieces by the man for whom, above all, there was « no Mystery so great as Misery ».« 
Je retrouve avec plaisir l’excellent style de Wilde, ses idées parfois baroques et sa manie de se moquer du monde à tout va. Cependant ce recueil de textes est aussi l’occasion de se confronter à divers genres et humeurs de l’auteur. En clair, il y a tant de choses différentes dans ce livre que chaque lecteur y trouvera probablement son compte de temps en temps tout en ne le trouvant pas à chaque fois, à moins d’être vraiment très éclectique dans ses lectures.

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The Picture of Dorian Gray

D’Oscar Wilde. 1890. Roman fantastique. Très, très bonne lecture. [240 p.]
pictureofRésumé : « The Picture of Dorian Gray is the only published novel by Oscar Wilde. It tells of a young man named Dorian Gray, the subject of a painting by artist Basil Hallward. Basil is impressed by Dorian’s beauty and becomes infatuated with him, believing his beauty is responsible for a new mode in his art. Talking in Basil’s garden, Dorian meets Lord Henry Wotton, a friend of Basil’s, and becomes enthralled by Lord Henry’s world view. Espousing a new hedonism, Lord Henry suggests the only things worth pursuing in life are beauty and fulfilment of the senses. Realising that one day his beauty will fade, Dorian cries out, expressing his desire to sell his soul to ensure the portrait Basil has painted would age rather than himself. Dorian’s wish is fulfilled, plunging him into debauched acts. The portrait serves as a reminder of the effect each act has upon his soul, with each sin displayed as a disfigurement of his form, or through a sign of aging. »
(Après avoir lu le livre je trouve la plupart des résumés « éditeurs » très réducteurs ou peu pertinents ; du coup l’image est celle de l’édition que j’ai lue (1993), mais le résumé appartient à une autre édition.)
J’aurais certainement encore plus apprécié cette lecture si je n’avais pas mis cent sept ans à la finir, mais c’était tout de même un fabuleux moment de lecture ! 😀 Par quoi commencer ?
Déjà, c’est ma 5e chronique concernant le challenge des 100 livres à avoir lus organisé par Bianca 🙂 Petite étape, mais étape tout de même !! (On se motive comme on peut, hein ^^)
Ensuite, challenge ou pas, ça faisait super longtemps que j’avais envie de lire ce livre, dont je connaissais le principe, que vous connaissez aussi très certainement : un jeune homme, voyant son portrait, souhaite dans un élan de narcissisme conserver cette fraîcheur pendant que le portrait, lui, vieillirait. Et bien, sûr, comme on est dans le fantastique, ça marche ! (…plus ou moins bien, s’entend.)

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W3, T.1: Le Sourire des pendus

De Jérôme Camut et Nathalie Hug. 2013. Thriller. Excellente lecture. [750 p.]
w3Résumé : « Lara Mendès, jeune chroniqueuse télé, enquête sur le marché du sexe et ses déviances. Elle disparaît sur un parking d’autoroute… Désemparés par la lenteur de l’enquête, ses proches reçoivent le soutien de Léon Castel, fondateur d’une association de victimes.
Sa fille Sookie, policière hors norme, a enquêté sur une triple pendaison qui semble liée à cette affaire. Qui a enlevé Lara ? Pourquoi ? Où sont passés ces enfants et ces jeunes femmes dont les portraits s’affichent depuis des mois, parfois des années, sur les murs des gares et des commissariats ? Réseaux criminels ou tueurs isolés ? Partout, le destin d’innocents est broyé sans pitié.« 
Arrivée à la moitié du livre, j’étais prête à lui mettre un « excellent », mais étant donné que j’ai trouvé que les 200 dernières pages faisaient un tant soit peu retomber le soufflé et qu’en plus je suis frustrée de découvrir que ce n’est pas un one shot malgré ses 750 pages, ce sera seulement une « très bonne lecture ». Je suis faible, ils le méritent bien, leur « Excellent » ! 🙂
Dans l’ensemble, j’ai adoré le livre, autant que j’avais adoré leur saga composée de Prédation, Stigmate, et Instinct (et Rémanence, viens-je juste d’apprendre). On retrouve un maximum d’éléments de leur « univers » thrilleresque, et aussi des clins d’œil au moins à la série précédemment citée ainsi qu’à Malhorne, une série fantasy de Jérôme Camus (« bien mais spécial » m’a dit mon frère qui l’a lu – moi je n’y ai pas encore mis le nez).
C’est toujours plutôt horrible et malsain, donc je continue de déconseiller ces auteurs aux personnes qui seraient vraiment sensibles – en plus ça ne se finit pas en conte de fées, les méchants s’en sortent même parfois pas forcément si mal. Question horreurs gore, sévices sexuels, ou même concepts psychologiques on est toujours servis, même si dans l’ensemble j’ai trouvé ça moins terrible qu’Instinct, qui m’avait véritablement retourné l’esprit et les sens pendant quelques temps après ma lecture. Bref, on est bien dans du thriller et pas dans du roman policier avec enquête pépère autour d’un crime somme toute pas si horrible que ça. (Mon point de vue de lectrice, n’assassinez pas votre voisin fêtard, même proprement et même si vous avez des excuses :p)
Je passe vite fait sur le style, toujours aussi bon et qui me fait toujours penser à d’autres écrivains également pleins de talent, tels Grangé ou Chattham pour en citer deux qui font aussi dans le sanglant-tordu-journalistique. Même chose pour le rythme de l’histoire, mis à part le petit bémol cité au début – et qui se justifie par, donc, l’existence à venir (vite j’espère, et pas suivi d’un autre ! J’aime déjà pas attendre entre deux livres d’une série, mais vu qu’en plus là il y a enquête…)
Ce qui m’a le plus marquée dans cette lecture, ce sont les personnages. Pour un roman de cette catégorie, aucun n’a été laissé pour compte. Vous avez le choix entre la jeune fliquette en proie à un espèce de syndrome psychiatrique de rangement mental particulier et plutôt pratique, la journaliste pas si classique que ça, son « petit » frère bâti comme Hulk – de qui il partage aussi le caractère, le Papy réac du fin fond des Vosges consanguines*, l’idiot du village (en parlant de consanguinité) qui aime manger – et les chiens – et qui n’est pas si stupide que ça, le couple d’homos stars sur le déclin qui ont des problèmes de couple, de vie, d’identité, etc. Bref c’est plutôt la foire et donne l’occasion aux auteurs de ne pas voler trop au-dessus des pâquerettes quand il est question d’humour – et ça fait du bien entre deux séquences sordides (ou au milieu, n’est-ce pas « Pierre » ?). Bon, et ça c’est juste les personnages principaux. En fait, fait rarissime quand je lis ce genre de littérature, j’ai réussi à véritablement m’attacher aux personnages, à avoir envie d’encourager Lara à tenir bon, à regretter que Léon ne soit que fictif tellement il sonne vrai et que le monde aurait  besoin de plus de caractères comme lui, à espérer pouvoir aider Sookie, à imaginer Guernica « en vrai », à rire aux blagues des garçons (Valentin, Arnault, Egon) en ayant l’impression d’être dans la même pièce qu’eux.
Bah, j’ai même pas envie de vous parler de l’intrigue, ça se déroule comme je l’avais pensé en lisant le résumé, sur la trame de fond tout au moins, avec développements à la clé que je ne vais pas vous dévoiler. Je ne me suis pas du tout ennuyée, et même si là tout de suite je suis frustrée et sur ma faim car la conclusion n’est pas tout à fait… conclue, du coup, ça reste une lecture fabuleuse, plus que distrayante, et ça ne m’arrive pas si souvent de pouvoir dire ça en lisant des thrillers !
* Blague lorraine / et pis d’abord c’est eux qui l’ont dit dans le livre :p
Chroniques d’ailleurs : Avides Lectures

La Disparue de Noël

D’Anne Perry. 2005. Roman policier historique. Bonne lecture.
Titre original : A Christmas Journey, 2003.
lasiparueRésumé : « Coupable ! Le jugement est tombé sur l’infortunée Isobel Alvie. La veille, Gwendolen Kilmuir, une jeune veuve, s’est suicidée dans la propriété où Omegus Jones recevait quelques invités. De l’avis de tous, l’attitude cruelle d’Isobel envers la jeune femme la rend responsable de cet acte désespéré. Il ne reste guère que son amie, l’indomptable Lady Vespasia, pour la soutenir. Pour racheter sa faute aux yeux de la gentry, Isobel doit accomplir un voyage expiatoire jusqu’au nord de l’Écosse, afin de prévenir la mère de Gwendolen. En compagnie de Lady Vespasia, elle entreprend un éprouvant pèlerinage, semé d’embûches… Un conte de Noël inédit où la reine Anne Perry, en son royaume victorien, fait le portrait magistral d’une époque corsetée par les convenances et l’hypocrisie.« 
Après en avoir entendu beaucoup de bien chez d’autres bloggeuses, j’étais assez intriguée par Anne Perry : une écriture fluide mais de qualité, un cadre socio-historique qui m’intéressait, des enquêtes plutôt bien menées – tout autant d’ingrédients qui me donnaient envie de découvrir l’auteur.
Étant donné ma PàL qui ne baisse pas suffisamment depuis 2 mois, j’ai jeté mon dévolu sur ce petit livre (une centaine de pages), et je ressors de ma lecture non pas comblée mais satisfaite.
Effectivement j’ai retrouvé les éléments susmentionnés, l’ère victorienne me plaît toujours autant (même si j’aurais probablement détesté y vivre !), et j’ai trouvé que Anne Perry, plus que d’autres auteurs, arrivait bien à nous intégrer aux petits aspects quotidiens : nous avons pas mal de détails sur la nourriture, l’étiquette, les mœurs et comportements de chacun, ce qui est acceptable ou pas, ce que font ou ne font pas les gens tout simplement par convention, ou habitude. J’ai eu un tout petit peu de mal à entrer dans l’histoire au début, car les personnages m’étaient presque tous antipathiques, et l’intrigue n’était pas encore entamée, mais ensuite j’ai fini le roman d’une traite sans aucun souci.
L’intrigue en elle-même est, comme on le sent dès le début, légèrement plus complexe que ce qu’on nous présente d’abord. Cependant la lecture reste facile et très fluide car il n’y a pas ni pléthore de péripéties ni retournements de situation véritablement tordus ou alambiqués. On a là un roman policier très classique, plus proche d’un Agatha Christie ou d’un Ellis Peters que d’un thriller contemporain !
Je relirais certainement du Anne Perry, je suis curieuse de voir ce qu’elle peut nous concocter lors d’un roman un peu plus long.

 

Pluto [Série]

De Naoki Urasawa et Osamu Tezuka. 2010. Science-fiction/enquête. Excellente lecture.
La série comporte 8 volumes de format classique manga.
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Résumé : « Les robots les plus sophistiqués du monde sont détruits les uns après les autres. Sur leur tête, à chaque fois, des cornes. Deux crimes perpétrés au même moment, et le même rituel étrange… Des cornes ! mais que signifient-elles dans cette affaire de crimes en série ?! Le meurtrier est-il un homme ou un robot ?« 
Dès les premières pages je reconnais très fortement la griffe de Naoki Urasawa, non sans un frisson car je connais cet auteur par le manga Monster, qui est… plutôt flippant.
J’apprécie aussi son sens du détail, ce rythme lent et posé qui s’installe très vite, qui va bien avec le thème du livre, la manière dont on nous amène les choses (après tout science-fiction ou pas c’est une enquête).
C’est une histoire de robots. C’est une histoire d’humanité. C’est l’histoire d’un inspecteur qui enquête sur des meurtres en série. Autant de fils conducteurs qui s’entremêlent déjà dans les tous premiers tomes, happant le lecteur dans une mécanique implacable.
On est ici dans de la pure science-fiction, celle qui ne fait pas que décrire un futur plus ou moins improbable mais qui questionne, qui dérange, qui prend aux tripes, qui trouve son sens. Qu’est-ce qu’être humain ? Où commence l’humanité ? Dans ce futur, les gouvernements ont donné des droits aux robots, mais quels droits exactement, et en quoi les robots sont-ils autant, plus ou moins libres que les êtres humains qu’ils côtoient ?

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Je me pose beaucoup de questions sur la possible tournure des évènements, qui semble n’avoir rien de prévisible pour l’instant. De nouveaux personnages et situations n’ont pas encore fini de nous être présentés, je le sens – mais dans quel but ?
J’aime beaucoup les personnages pour l’instant, même si on n’a pas forcément beaucoup de détails sur eux tous. Ils ont un côté réel, quotidien qui je trouve donne du corps au récit et à l’univers. J’attends de lire les prochains tomes avec impatience.
Dans les tomes suivants l’histoire avance, l’enquête se résout partiellement, pour le lecteur, qui voit également apparaître de nouvelles sources de questionnement. J’aime toujours autant Uran et son « don », ça me fait sourire à chaque fois, je trouve ça trop mignon ! 🙂
J’aime l’idée du nom de « Pluto » – Pluto le dieu des morts et du monde souterrain peu vivant, peu dynamique, dans la mythologie grecque où on le connait mieux sous le nom d’Hadès. Pluto le taciturne, l’asocial, celui qui s’est retiré du monde parce qu’en fait il aime assez sa solitude. Pluto qui est aussi régulièrement montré comme un dieu terrible, vengeur, voire machiavélique…
Je prends également toujours autant plaisir à repérer les allusions aux œuvres de Tezuka, même si je dois en rater plein car je n’ai pas tout lu non plus, autant qu’à Monster.
La fin est je trouve assez typique de Tezuka, je n’ai pas eu de grosse surprise, mais ça m’a tout de même plu.
Ce manga est assez court mais terriblement efficace en termes de contenu et de narration !

 

Chroniques d’ailleurs :  P’tite TrolleLynnae, Livresse des Mots