Le Monde des Ā

De A.E. Van Vogt. J’ai Lu, 1970. Science-fiction. Bof. [302 p.]

Titre original : The World of Null-A, 1945 ; trad. par Boris Vian

LeMondeDes_ARésumé : « Le matin même, Gilbert Gosseyn avait quitté Cress-Village, en Floride, pour se rendre dans la capitale et tenter sa chance auprès de la Machine des Jeux. A l’hôtel, il reconnaît un voisin et le salue. Ce simple geste fait basculer son univers quotidien en cauchemar. Ainsi, il apprend qu’il n’existe aucun Gilbert Gosseyn dans son petit village de Floride, et que sa femme Patricia, décédée un mois plus tôt, n’est pas morte et, qui plus est, n’a jamais été mariée ! Alors Gosseyn entreprend la plus fantastique quête qu’un homme puisse faire, celle de sa propre identité.« 

J’ai eu une bien drôle expérience de lecture plongée dans cette science-fiction « d’époque », et si je lui trouve des qualités objectives je n’en ressors pas moins sans la moindre envie de continuer le cycle des Ā.

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Ganesha

De Xavier Mauméjean. Mnémos, 2014. Fantastique policier. Excellente lecture. [314 p.]

ganeshaRésumé : « Londres, fin du XIXe siècle. Qui est réellement Joseph Merrick, celui qu’on surnomme « l’Homme-Éléphant » ? Homme ou bête ? Monstre de foire ou curiosité scientifique ? Une simple anomalie de la nature ou… un dieu ? Lorsqu’il rédige ses Mémoires, il n’a pas trente ans et réside depuis peu à l’hôpital de Whitechapel sous la protection du médecin Frederick Treves. Un refuge qui lui permet d’observer splendeurs et misères de la capitale, et d’enquêter : quatre affaires, autant de saisons dans une année. De leur résolution dépendra peut-être plus que son destin, car « le monde s’efface dans les rêves de l’éléphant… »« 

Coïncidence amusante en vérité que ce livre soit publié chez un éditeur qui s’appelle Mnémos ; en termes de mémoire Joseph Merrick nous est introduit comme un maître en son humble demeure terrestre de Whitechapel’s Hospital : il voit tout, analyse tout, se fait rapporter les éléments manquants. L’autre habitant du XIXe siècle – lui fictif de son état – auquel vous fait probablement vous aussi penser cette description fera d’ailleurs dans le livre une apparition aussi brève qu’à peine voilée, comme un reflet évanescent du narrateur. Étonnant et fascinant reflet « en chair et en os » des capacités mentales de Merrick, lui qui évite les miroirs comme la peste !

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Contes de la fée verte

De Poppy Z. Brite. Folio SF, 1997. Recueil de nouvelles. Excellent. [265 p.] Coup de cœur.
Titre original : Swamp Foetus, 1994.
contesfeeverteRésumé : « Que se passe-t-il quand deux frères siamois séparés à la naissance n’ont qu’un seul souhait : redevenir un ? Quand chaque apparition d’un chanteur rock s’accompagne d’un drame ? Quand un entrepreneur de pompes funèbres du quartier de Chinatown vous charge de surveiller un cadavre ? Et quand vous perdez dans Calcutta livrée aux morts-vivants ? Tout le talent de Poppy Z. Brite se dévoile dans ces douze nouvelles à l’odeur de souffre [sic] et au goût d’absinthe, dont « Calcutta, seigneur des nerfs », récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire 1998.« 
WAOUH. C’est mon impression en refermant cet ouvrage, impression convoyée par le style et les idées de l’auteur tout au long de ces douze nouvelles, quasiment dès la première page, sans compter l’introduction par Dan Simmons qui m’a aussi comblée (« Prolégomènes à toute métaphysique future de Poppy« ).
Avant d’aller plus loin je préviendrai quand même que ce livre est je pense à réserver à un public averti : les idées et thèmes développés ne sont pas des plus légers ou rieurs et jouent très largement avec le dérangeant, et les descriptions de relations sexuelles (ou de comparaisons, atmosphères, etc. sulfureuses) ou de cadavres pourrissants ne sont pas rares. Quand il ne s’agit pas de scènes sensuelles impliquant un cadavre.
ça va, vous êtes toujours là ? :p

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Le Sculpteur d’âmes

De Raphaël Cardetti. 2010. Policier/Thriller. Bonne lecture.
sculpteurRésumé : « Certains sculptent le bois, d’autres la pierre. Takeshi Ono, lui, se sert d’un tout autre matériau : les corps humains. Son exposition anatomique Ars Mortis vient d’arriver à Paris lorsque Valentine Savi, jeune restauratrice d’art employée par la mystérieuse Fondation Stern, reçoit un appel troublant. Sa meilleure amie, dont le mari a disparu neuf ans plus tôt en Tchétchénie, pense avoir reconnu le corps de celui-ci. Parmi les cadavres exposés par Takeshi Ono…
Une affaire qui tombe au mauvais moment pour Valentine, déjà lancée à la poursuite d’un faussaire de génie dont les œuvres sont disséminées dans les plus grandes collections du monde. Ayant fait de cette traque une affaire personnelle, Elias Stern a décidé de tout mettre en œuvre pour arrêter cet homme.
Et les moyens de sa Fondation sont sans limite…« 
Je n’ai pas grand-chose à dire de plus que sur le Paradoxe de Vasalis (premier livre de la série, donc). Les personnages sont toujours intéressants, encore que certains semblent disparaître par moments, ce que je trouve assez dommage. J’ai également trouvé que la fin tombait à plat. Néanmoins le rythme de l’intrigue n’est pas assez enlevé pour occasionner un véritable ramassage final ; mon moral et ma critique en sortent donc à peu près indemnes. Je ne peux pas qualifier ce roman de mauvais, même si il m’a un peu moins plu que l’autre, peut-être parce que moins focalisé sur l’art ? Cela reste du policier français moyen, divertissant, sans véritable défaut, que je conseille donc à tous* ou presque.
*Je dois préciser que, comme impliqué dans le résumé, ce deuxième opus des aventures de Mlle Savi contient des scènes un peu plus trash que dans le premier. Cependant ce n’est rien comparé à d’autres auteurs.