De l’arsenic pour le goûter

De Robin Stevens. Flammarion, 2017. Policier jeunesse. Très bonne lecture. [345 p.]

Série : Les enquêtes trépidantes du club de détectives Wells & Wong, T.2

Titre original : Arsenic for Tea, 2015 ; trad. de Faustina Fiore

arsenicgouterRésumé : « «Je n’aimais pas du tout ce grossier Mr Curtis, et d’après les vibrations de colère que je percevais chez Daisy, j’ai compris qu’elle partageait mon opinion. Son rire contenu, comme s’il lançait des plaisanteries que les autres ne pouvaient pas comprendre… Les joues roses de Lady Hastings… Pas de doute, il se passait quelque chose.» Nouvelle affaire pour les détectives privées Daisy et Hazel ! Daisy fête son anniversaire avec la famille au grand complet dans sa maison de Fallingford. Mais l’ambiance est étrange : M. Curtis, un invité surprise que tout le monde déteste, ne semble vraiment pas digne de confiance. Le thé est servi, M. Curtis tombe gravement malade, empoisonné. Que s’est-il passé ? Difficile d’enquêter quand on imagine que tout le monde a une bonne raison d’être coupable…« 

Je remercie les éditions Flammarion jeunesse pour cet envoi bien choisi !

C’est au terme d’une journée assez éprouvante que j’ai découvert avec plaisir ce sympathique ouvrage dans ma boite aux lettres, la suite d’un premier opus qui rentrait tout à fait dans mes goûts et que j’ai trouvé très bien écrit.

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Je suis ton ombre

De Morgane Caussarieu. Mnémos, 2016. Fantastique horrifique Excellente lecture. [330 p.]

Collection : Hélios.

Première édition : 2014 (page éditeur)

jesuistonombreRésumé : « Dans un village du Sud-Ouest de la France, un jeune garçon vivant avec son père handicapé, seul, malheureux, en échec scolaire, souffre-douleur de ses camarades, fait de son mieux pour survivre dans le désordre de sa vie. Le jour où il trouve un étrange carnet dans une maison calcinée, peut-être hantée, sa vie va basculer encore un peu plus dans l’horreur. Fasciné par ce petit livre, il l’ouvre et voit sur la première page : « Si tu lis ces lignes, prie pour que je ne sois pas déjà mort sinon c’est toi qui mourras. » Intrigué autant qu’effrayé, il continue sa lecture…« 

« Je suis ton ombre est un roman sombre, totalement atypique et l’un des meilleurs dans son genre. » nous vend l’éditeur, et je ne peux qu’être d’accord, encore que j’aie lu trop peu d’horreur / épouvante (bien peu de choses à côté de Stephen King) pour comparer ce roman à ses pairs.

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Parleur, ou les chroniques d’un rêve enclavé

De Yal Ayerdhal. J’ai Lu, 1997. Utopie/Fantasy. Excellente lecture. [376 p.]

Illustration : Gilles Francescano

jl4317-1997Résumé : « «Il est arrivé un matin, au petit matin, le cinquième jour de la fermentation, quand le miel prend sa première amertume. C’était l’année où le Prince adouba son aîné, l’année où il lui confia la ville pendant qu’il guerroyait pour son Roi sur d’autres rivages. Il est arrivé avec le vent de mer, un havresac au bout du bras droit, le chat sur l’épaule gauche.» C’est ainsi que Vini, l’épistolière, recueille Parleur et le présente à ses amis : Mescal le magicien, Halween la Mante, Gabar l’Ours, Teng le Gros, Qatam le guerrier, le Vielleux… C’est ainsi depuis des siècles sur la Colline, sous le joug des Princes de Macil et de la Citadelle… Parce qu’on naît pauvre et qu’on le reste, en redoutant la Garde et les questeurs d’impôts, en tremblant devant le Prévost ou le Connétable, en agonisant doucement. C’est ainsi, mais le frère de Vini écrivait que ce ne pouvait pas toujours l’être. Et Parleur dit que cela doit changer. »

J’ai entamé cette lecture directement après Techno Faërie car cela me semblait cohérent, les deux auteurs ayant été compagnons de vie jusqu’au décès récent d’Ayerdhal, l’année dernière. Je me rappelle d’un grand monsieur avec plein de cheveux, vu de loin aux Imaginales une année. J’avais trouvé ce livre en occasion, il y a déjà un moment, il traînait dans ma PàL avec plein d’autres, c’était le moment de le sortir.

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Little Lord Fauntleroy

De Frances Hodgson Burnett. Penguin Books, 1995. Roman jeunesse. Très bonne (re)lecture. [176 p.]

Première édition : 1886.

littlelordRésumé : « And so Cedric Errol – seven years old and living with his widowed mother in genteel poverty in New York – is swept away from his friends, the the grocer Mr Hobbs and Dick the boot-black boy. He is now Lord Fauntleroy, and must live in a castle in England with his rich, important and bad-tempered old grandfather who has a particular dislike of Americans. And the worst of it is that he will be parted from his dearest mamma. But Cedric will soon show his grandfather that the Old World has much to learn from the New.« 

Ce livre est un classique de la littérature jeunesse des temps anciens, et je ne me suis jamais complètement lassée ni de la plume de l’auteur ni de ses récits enfantins réconfortants. D’elle j’ai également lu et relu Le Jardin secret, et je connais la Petite Princesse grâce à son adaptation japonaise « Princesse Sarah » ; j’aimerais lire le livre un jour à l’occasion.

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Loathsome London

De Terry Deary. Editions Scolastic, 2005. Documentaire jeunesse humoristique. Excellente lecture [127 p.]
Collection Horrible History ; illustrations de Martin Brown.
loathsomelondonRésumé : « Loathsome London dishes the dirt on life in the capital – the lies, the legends and all the lousy details, from the rotten Roman rulers to the plague-ridden peasants. Want to know : -What caused the Great Stink of 1858? -Why the flying dustmen were feared? -Who ate a tosher for tea? Go underground to discover London’s putrid past, take a trip to the terrifying Tower, and then dip into the River Thames – London’s largest toilet. Find out the ten worst ways to make a living in the city and the most disgusting way to die. History has never been so horrible!« 
J’ai l’impression d’avoir lu beaucoup plus que 130 malheureuses petites pages. Ce livre est fouillé, complet, amusant (le plus souvent), on ne s’y ennuie vraiment pas et on en apprend beaucoup !
J’ai beaucoup apprécié le choix de l’auteur de suivre d’abord un ordre chronologique de l’Histoire de Londres, puis de sélectionner quelques thèmes particuliers (parfois également traités par ordre chronologique, à l’intérieur de chacun d’entre eux) : la Tour de Londres, ses corbeaux, ses lapins…, les criminels, les morts absurdes ou immondes, les combats d’animaux, les conditions de vie des enfants, les métiers cradouilles, le Londres souterrain, les monuments particuliers (détruits ou en lien avec des anecdotes absurdes)…

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Lord Arthur Savile’s Crime and Other Stories

D’Oscar Wilde. 1887-1891. Recueil de contes et nouvelles. Très bonne lecture.  [192 p.]
Résumé : « These eight high-spirited stories were written at the height of Oscar Wilde’s creative power, between 1887 and 1891, when he delighted polite society with the epigram and controversy which flowed from his pen. « Lord Arthur Savile’s Crime » is a masterpiece of polished cynicism, in which poison, explosive clocks and finally murder forerun married bliss; and « The Canterville Ghost » is a venerable – and resourceful – family spook thoroughly unhorsed by his new American owners. Two of Wilde’s best-loved stories for children are also included, together with « The Portrait of Mr W. H. », a masterly example of scholarly detection, and three rare pieces by the man for whom, above all, there was « no Mystery so great as Misery ».« 
Je retrouve avec plaisir l’excellent style de Wilde, ses idées parfois baroques et sa manie de se moquer du monde à tout va. Cependant ce recueil de textes est aussi l’occasion de se confronter à divers genres et humeurs de l’auteur. En clair, il y a tant de choses différentes dans ce livre que chaque lecteur y trouvera probablement son compte de temps en temps tout en ne le trouvant pas à chaque fois, à moins d’être vraiment très éclectique dans ses lectures.

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La Maison du magicien

De Mary Hooper. 2008. Historique jeunesse. Très bonne lecture. [270 p.]
Titre original : At the House of the Magician, 2007
Appartient à une série de trois titres :
1. La Maison du Magicien
2. Espionne de sa Majesté
3. La Trahison
maisonmagicienRésumé : « En Angleterre, à l’époque d’Elizabeth 1ère. Lucy, une jeune gantière, rêve de trouver une place dans une maison de l’aristocratie et de pouvoir échapper ainsi à la tyrannie de son père. Voici que par un mystérieux tour du destin elle est engagée chez le Dr Dee, magicien et conseilleur personnel de Sa Majesté. Intriguée par l’étrange métier qu’exerce son maître, Lucy ne résiste pas à l’envie de satisfaire sa curiosité. Elle se retrouve alors dépositaire d’un terrible secret. Il en va de la vie de la reine…« 
Avant de dire quoi que ce soit d’autre un petit mot sur la couverture qui est certes jolie mais a un côté girly qui non seulement m’énerve un peu mais ne correspond pas au contenu. Ceci est un roman jeunesse (« à partir de 11 ans »), morbleu, PAS encore une de ces innombrables romances YA assorties d’histoire ou de dystopie ! *Lance une pétition pour la diversification des couvertures jeunesse et YA*
Voilà, vous êtes prévenus. 🙂
J’avais déjà lu ce livre il y a quelques années, mais je le relis maintenant pour pouvoir embrayer sur la suite, qui n’était pas encore à la médiathèque à l’époque. En effet les trois livres forment une histoire entière, qui est coupée un tantinet brutalement à la fin du premier livre, au moins (« conclusion » de la majorité des fils conducteurs de l’histoire, et lancement de nouvelles intrigues).
J’avais déjà chroniqué Velvet du même auteur, et je pense ne pas trop me répéter ici : récit d’aventures jeunesse, sur fond historique, un peu de romance en passant comme dans presque toutes les histoires – mais loin d’être prédominante, personnages certes un peu (beaucoup) clichés, mais attachants dans l’ensemble, et je trouve tout de même relativement réalistes / cohérents. Mary Hooper continue d’exploiter le filon historico-mystique (ou mystico-historique, à votre convenance), ponctuant son récit cohérent avec l’Histoire avec un soupçon de surnaturel. L’autre caractéristique des livres de l’auteur est son atmosphère mystérieuse : bien que la narration soit plutôt du genre aventure ou roman jeunesse classique, avec descriptions, explications, récit « simple » autour des choix de l’héroïne, sa vie, ses petits soucis quotidiens, le texte est tout de même soutenu par des intrigues ou des énigmes, que Lucy va tenter de comprendre. Autrement dit, bien que ce livre soit essentiellement un roman jeunesse de fiction, il peut être rapproché des énigmes policières et des récits historiques.
J’ai trouvé que le contexte historique était plus présent et plus détaillé ici que dans Velvet : on lit les noms de Robert Dudley, de John Dee, de ses faits et gestes, des préoccupations d’Elisabeth 1ère concernant Mary Stuart l’Écossaise qui voudrait lui piquer le trône. Les Tudor sont évoqués, ainsi que les « factions » religieuses (catholiques et anglicans) – bref, on peut lire l’histoire sans y prêter trop attention, mais le lecteur avisé saura trouver plein de petits clins d’œils précis et, si je me souviens bien, tout à fait avérés. J’espère que cet aspect sera d’autant plus exploité dans les deux livres suivants. 🙂
Les petits + du livre : Le lecteur trouvera à la fin une note sur les personnages, un tutoriel pour fabriquer des faisceaux de lavande, et un glossaire (les mots présents y sont renvoyés par astérisque au fil du texte).

The Bamboo Sword and Other Samurai Tales

De Shuhei Fujisawa. 2005. Contes. Excellente lecture. [253 p.]
Ces contes sont extraits de différentes publications japonaises éditées dans les années 70/80 – je ne suis par contre pas sûre qu’ils trouvent leur origine (écriture) au 20e siècle.
the-bamboo-swordRésumé : « This delightful collection of eight stories evokes life in early seventeenth-century Japan, a time when peace finally reigns after centuries of civil war. Tokugawa Ieyasu has defeated his rivals to become shogun, and is busily establishing the regime that ruled the country for the next two and a half centuries.
It is a period of political upheaval full of intrigue, rivalry, and betrayals. The samurai are still valued for their swordsmanship, and are a cut above the peasants, artisans, and merchants in the social hierarchy. Without battles to fight, however, these career warriors struggle to retain their sense of pride and meaning in life as they attempt to settle into mundane jobs and family life. Occasional flashes of the sword are tempered by the sympathies, conspiracies, kindnesses, and enmities arising between people from across the social spectrum.
Fujisawa brings a distant culture richly to life, with characters that modern audiences the world over can relate to presented against a detailed, realistic historical backdrop.« 
This delightful collection of eight stories evokes life in early seventeenth-century Japan, a time when peace finally reigns after centuries of civil war. Tokugawa Ieyasu has defeated his rivals to become shogun, and is busily establishing the regime that ruled the country for the next two and a half centuries.It is a period of political upheaval full of intrigue, rivalry, and betrayals. The samurai are still valued for their swordsmanship, and are a cut above the peasants, artisans, and merchants in the social hierarchy. Without battles to fight, however, these career warriors struggle to retain their sense of pride and meaning in life as they attempt to settle into mundane jobs and family life. Occasional flashes of the sword are tempered by the sympathies, conspiracies, kindnesses, and enmities arising between people from across the social spectrum.

Fujisawa brings a distant culture richly to life, with characters that modern audiences the world over can relate to presented against a detailed, realistic historical backdrop. – See more at: http://www.kodanshausa.com/books/9784770030054/#sthash.C19QB232.dpuf

This delightful collection of eight stories evokes life in early seventeenth-century Japan, a time when peace finally reigns after centuries of civil war. Tokugawa Ieyasu has defeated his rivals to become shogun, and is busily establishing the regime that ruled the country for the next two and a half centuries.It is a period of political upheaval full of intrigue, rivalry, and betrayals. The samurai are still valued for their swordsmanship, and are a cut above the peasants, artisans, and merchants in the social hierarchy. Without battles to fight, however, these career warriors struggle to retain their sense of pride and meaning in life as they attempt to settle into mundane jobs and family life. Occasional flashes of the sword are tempered by the sympathies, conspiracies, kindnesses, and enmities arising between people from across the social spectrum.

Fujisawa brings a distant culture richly to life, with characters that modern audiences the world over can relate to presented against a detailed, realistic historical backdrop. – See more at: http://www.kodanshausa.com/books/9784770030054/#sthash.C19QB232.dpuf »

J’ai passé un excellent moment (samedi matin :p) sur cet ensemble de contes japonais se situant au début du XVIIe. Je me mélange beaucoup trop les pinceaux dans l’histoire du Japon (que je connais uniquement par bribes très incomplètes) pour pouvoir affirmer que c’était l’âge d’or des samouraïs, mais c’est tout de même un peu l’impression que j’ai eue en parcourant ces pages.
En tous cas, je n’ai pas de mauvais points à donner à ce livre : bel objet, relié, avec des pages épaisses, une typologie agréable, une mise en page classique mais efficace pour des contes – j’aurais aimé avoir quelques illustrations mais ça ne m’a pas manqué non plus (et la couverture est tout à fait dans le ton ! 🙂 ), tant les auteurs dans leur diversité ont tout de même un point commun : s’assurer que le lecteur sait de quoi on parle, et dans quel environnement on se trouve. En fait, toutes les histoires se passent dans un cadre très limité : un château ou un village, voire même le quartier d’un village, dans lequel vivent, simplement, des gens. Des hommes, des femmes, des plus ou moins jeunes, avec leur famille, leurs amis, leurs relations.
Ici, pas de grandes batailles ou d’histoires de guerriers défaisant des dragons, non – les samouraïs (ou autres, car deux ou trois héros ne semblent pas correspondre à ce titre ?) de ce recueil sont présentés comme des gens simples, désireux avant tout de préserver ou rétablir une certaine harmonie dans la petite société dans laquelle il vivent, ou au sein de leur famille (ça n’empêche pas certains de se servir de leur arme, rassurez-vous :p). Le fantastique n’est pas du tout présent, au contraire d’autres contes japonais que j’ai pu lire. Pourtant j’ai énormément apprécié la manière par laquelle les auteurs nous font ressentir l’importance de l’équilibre, de la justice au sein d’une communauté – tous les contes sans exception sont ancrés autour de cette nécessité (plus que « vertu »). Contrairement à la plupart des contes occidentaux, la morale est assez peu présente, ou pas sous la même forme : plus subtile, plus évidente, et aussi beaucoup plus portée, toujours, sur la communauté – peut-être pas non plus aux dépends de l’individuel ! – mais l’individu comme pièce indissociable de la communauté, dont la recherche d’un meilleur comportement profite aux deux. 🙂 D’où une impression d’exotisme en même temps que des images familières !
Question style je n’ai rien à dire non plus, c’est assez simple à lire (le seul moment « difficile » pour moi était au début du premier conte, quand on apprend que le samouraï était au service d’untel, du clan machin de la région truc… argh – mais finalement c’était pas très grave que je ne garde pas en mémoire certains de ces détails, en tous cas pas pour la suite du conte 😉 ) – l’humour est curieusement assez présent (je ne m’y attendais pas !), entre répliques cinglantes, querelles de ménages, mesquineries, ou simplement remarques un peu moqueuses sur certains personnages plutôt cocasses. On a un peu l’impression d’être au théâtre, de voir les personnages vivre leur quotidien soudainement chamboulé, puis leurs problèmes résolus. Même dans les quelques contes « plus sérieux » il y a une certaine légèreté, comme si après tout ce n’était pas si grave, ou que le lecteur était officiellement autorisé à se distraire avec l’histoire avant toute chose, même s’il y a des complots et des morts.
Un recueil de contes parfois légèrement dramatiques, parfois plutôt rigolos, mais toujours très optimistes dans leur résolution de conflits et problèmes sociétaux. Une lecture qui fait du bien ! 🙂

A Christmas Carol

De Charles Dickens. 1843. Conte. Excellente lecture. [128 p.]
Titre français : Un Chant de Noël / Un Conte de Noël / Le Drôle de Noël de Scrooge
ccRésumé : « Miserly old Scrooge is shown the error of his ways by the ghosts of Christmas Past, Christmas Present, Christmas Yet to Come and the ghost of his old partner, Marley.« 
Après avoir cherché longuement sur Internet une photo de couverture potable, et n’ayant trouvé qu’une très mauvaise image, floue et petite, j’ai résolu d’en prendre une moi-même. Hélas, je crains que le résultat ne soit encore à améliorer !
Cette lecture a été pour moi une relecture car je l’avais déjà lu en français, une nouvelle lecture car c’était ma première immersion chez Dickens en anglais, et aussi ma première lecture commune, avec Charlotte de Books and Cups of Tea ! 🙂
Dans l’ensemble c’est un conte comme il en existe plein d’autres, et qui respecte une certaine structure narrative, à la fois attendue et un minimum surprenante.
Certains d’entre vous connaissent probablement déjà l’histoire que ce soit par la récente adaptation en film par Disney, ou par une autre plus ancienne, ou bien par une adaptation en dessin animé (je pense tout spécialement au Noël de Mickey (1983), qui est une adaptation relativement fidèle du livre de Dickens, à l’exception de quelques détails ou scénettes absents, et que j’ai un peu trop regardé pour ne pas y repenser en lisant ce livre) : un vieux grincheux avare et misanthrope, Ebenezer Scrooge, s’occupe de polluer un maximum la vie des gens qu’il croise. Le soir de la Veille de Noël, il est visité par le fantôme de son défunt ami et associé, Jacob Marley, qui lui annonce qu’il a pitié de son âme et va tenter de le sauver de la damnation éternelle en lui envoyant des fantômes, correspondant au Noëls Passés, Présent, et Futur (À Venir, plus littéralement), pour essayer de changer son comportement. Je me suis vaguement étranglée de rire en lisant la réaction de Scrooge à ces mots – comme vous pouvez le deviner, il est RA-VI ! ^^’
L’ensemble du conte fourmille de détails qui semblent secondaires mais tiennent en fait une grande place à la fois dans l’argumentation, l’univers et le style dickensien. Ces détails vont être souvent rappelés, transformés, utilisés sur et autour de Scrooge, qui, malgré son caractère antipathique, est pour cette raison le personnage central de l’histoire. Par conséquent, on voit très vite tout un petit monde graviter autour de lui, un petit monde constitué de lieux, de personnages, d’activités, d’odeurs, de sensations… C’est très vivant et plutôt réaliste, pas du tout comme dans d’autres contes plus courts ou plus classiques ! Ici on est plutôt chez Gustave Doré, dans ses gravures londoniennes.
En parlant de détails, mais ce n’en est pas un à mes yeux, la plume de Dickens est exceptionnelle – vocabulaire, tournures de phrases, utilisation de techniques ou expressions littéraires, il compose son texte comme d’autres composent des partitions, et je me suis plusieurs fois arrêtée sur une phrase, un rythme de paragraphe, un détail lexical, juste parce que c’était beau, drôle, ou que ça collait bien à la situation. Je dois dire que je ne me suis pas arrêtée dans ma lecture pour consulter le dictionnaire, mais avec cet auteur j’ai de quoi faire, même si je « devine » le sens des mots que je ne connais pas dans énormément de cas maintenant. J’ai aussi remarqué que Dickens, connu pour son réalisme, mais aussi son « misérabilisme » et ses clichés (effectivement, on en trouve un certain nombre, qui servent le conte), peut aussi se montrer très incisif, très mordant et sarcastique – principalement dans la première partie, quand il présente Ebenezer Scrooge ! Charlotte a précisé à raison qu’on aimerait enfermer ce personnage dans un placard pendant les fêtes histoire d’être tranquille :p – et c’est tout à fait ce qu’à l’air de penser l’auteur lui-même de son personnage !
Les éléments des différents « voyages » de Scrooge dans le temps et l’espace sont cc_illuassez attendus si on a fait attention à ce que Dickens nous donne comme informations dans la première partie de l’histoire, concernant les différents personnages. J’ai je ne sais pas trop pourquoi que peu d’atomes crochus avec le premier fantôme, celui des Noëls Passés. Par contre celui du Noël Présent m’a énormément fait penser au Père Noël – on dit toujours qu’il était habillé de vert avant l’appropriation de l’image par Coca-Cola, mais à chaque fois qu’on me sort ça je n’ai pas de référence précise en tête (et ne suis pas sûre que mes interlocuteurs en aient plus ! :p) – or, ici, on a un gros et grand bonhomme jovial, habillé d’un genre de manteau/tunique verte bordée de fourrure blanche, avec une couronne de houx et entouré de nourriture. (illustration ci-contre normalement) Je vous laisse découvrir ou redécouvrir par vous-même le troisième esprit. 😉 D’ailleurs ça c’est marrant, ils sont qualifiés de « Ghosts », donc « fantômes », mais ont plus les caractéristiques d' »esprits » au sens folklorique, avec des attributs et fonctions définis.
Les trois fantômes, leurs attributs et ce qu’ils montrent à Scrooge font tous référence à un certain champ sémantique, ou domaine symbolique, et contiennent des éléments propres, ou un certain point de vue spécifique sur les mêmes éléments et personnages, ainsi qu’une atmosphère définie dès le départ, ce qui ajoute de la profondeur à l’histoire et de la matière au texte. J’imagine d’ailleurs que les petits Anglais doivent certainement avoir ce livre en lecture scolaire, tant il y a à trouver dans ces lignes !
Un très beau et très bon livre, à lire avec des enfants ou sans, en anglais ou traduit, et de préférence avec des illustrations car de très bons artistes se sont penchés dessus ! 🙂
Chroniques d’ailleurs : Books and cups of tea (Charlotte), Mes lectures de l’imaginaire (Olya), Une tasse de culture, l’Aléthiomètre

 

Question LC, c’était une très bonne première expérience ! ça nous a permis de discuter pas mal, et pas seulement du livre, et comme je disais à Charlotte je pense que je n’aurais pas prêté autant attention à certains détails si j’avais lu ce livre seule, ou d’une traite (on a découpé notre lecture suivant les 5 chapitres (« couplets »)). Cependant étant donné mon emploi du temps hasardeux, je ne pense pas pouvoir faire des LC tous les mois, et s’il s’agissait d’un livre plus gros il faudrait peut-être décider d’une découpage différent, ou pas de découpage du tout peut-être ? Si vous avez des conseils ou des remarques sur les LC, je suis curieuse 🙂
Je suis tout de même tout à fait prête à renouveler l’expérience avec un autre titre !

The Old Man and the Sea

De Ernest Hemingway. 1952. Roman. Très bonne lecture.
Titre français : Le Vieil Homme et la mer.
oldmanRésumé : « Set in the Gulf Stream off the coast of Havana, Hemingway’s magnificent fable is the story of an old man, a young boy and a giant fish. In a perfectly crafted story, which won for Hemingway the Nobel Prize for Literature, is a unique and timeless vision of the beauty and grief of man’s challenge to the elements in which he lives.« 
L’histoire d’un vieil homme qui part pêcher et attrape un poisson, dit comme ça je ne trouve pas l’intrigue très emballante… Et effectivement, si vous cherchez un livre trépidant, plein d’action et de péripéties pour la semaine, il vaudrait mieux remettre cette lecture à plus tard ;).
Toutefois, et heureusement, cet ouvrage a des points particulièrement forts ! Cela n’a pas été un coup de cœur pour moi, et pourtant c’est la deuxième fois que je le lis, moi qui d’habitude ne lis que peu ce genre de littérature qui somme toute ne fait que raconter le quotidien, qu’il soit proche de nous ou lointain. Pourtant j’y suis retournée par envie car je me souvenais que, près de 10 ans plus tôt, ce livre m’avait bluffée.
Mon premier argument en sa faveur est que le livre est court : 99 pages dans cette édition, qui est de format moyen et écrit assez gros, donc entre 70 et 120 pages je pense selon les autres éditions. Une grosse nouvelle, ou un court roman, encore que personnellement je le trouve plutôt construit comme une nouvelle. Une bonne raison donc de tenter la lecture !
De plus cette longueur limitée donne plus de force à ce que l’auteur y raconte, et lui permet de prendre son temps sur des détails, des petites choses… Et c’est là le deuxième, très gros, point fort que je trouve à ce livre : sous des dehors de petite histoire assez simple, Hemingway aborde en fait plein de choses, toutes ces pensées, et également les souvenirs du passé, les repères du présent, les émerveillements et ressentis présents dans la tête de cet homme seul au milieu de l’océan, accompagné du poisson énorme et magnifique, qu’il a ferré presque par hasard. Plus l’histoire avance et plus l’homme est en position de faiblesse, physique et morale, même si l’histoire comporte quelques retournements de situation – et plus on a le droit à une incursion dans sa tête, dans la mer qui a toujours fait partie de sa vie, dans la souffrance physique qu’il éprouve, et dans la pêche qui pour ce personnage représente bien plus qu’un moyen de se nourrir.
Encore un petit argument pour finir de vous convaincre d’un jour ouvrir ce livre ? Le style de l’auteur est très abordable, très explicite. Les phrases et paragraphes sont très fluides, et on se retrouve à la fin sans y avoir vraiment pensé.
Un classique très abordable, à la fois poignant et magnifique.
Chroniques d’ailleurs :  Des lires des toiles