Quai des Orfèvres

De Henri-Georges Clouzot. France, 1947 [restauré]. Excellent visionnage. [1h45]

Avec Louis Jouvet (L’inspecteur adjoint Antoine), Suzy Delair (Jenny Lamour), Bernard Blier (Maurice Martineau), Simone Renant (Dora Monier)

quaidesorfevresaffiche2Synopsis : « Jenny Lamour, chanteuse de music-hall douée, ne manque pas d’ambition. Elle accepte l’invitation à dîner de Brignon, homme riche et puissant qui peut l’aider dans sa carrière malgré l’opposition de Maurice, son époux. Jaloux et se croyant trompé, Maurice se précipite chez Brignon pour découvrir son rival assassiné… « 

 

Dimanche dernier (enfin non celui d’avant, c’est ça d’avoir du retard dans ses chroniques 🙂 ), à l’occasion d’une rétrospective Clouzot au Caméo, une amie m’a proposé d’aller voir Quai des Orfèvres. D’habitude ce cinéma me plaît beaucoup pour ses nombreux films pour enfants, notamment des longs métrages japonais (Miyazaki mais pas que), et j’y vais aussi de temps à autre car tous les films y passent en VO !

Je connaissais Quai des Orfèvres de nom, quand même, mais je ne l’avais jamais vu.

Ce film m’a fortement impressionnée par sa grande justesse en tout : les détails et rendu des décors et costumes, le jeu des acteurs, la profondeur de psychologie des personnages, le cadrage et la qualité de la réalisation.

Pour tout vous dire j’avais envie d’aller voir Thor : Ragnärok car on m’en a dit du bien mais je vais laisser passer un peu de temps car j’ai peur de remarquer tous les défauts de la grosse prod américano-grand public 100% effets spéciaux 0% subtilité, encore plus que d’habitude, après cette séance. 😀 (Même si j’apprécie voir ce genre de films de temps à autre)

Je ne m’attendais pas à autant de soin dans la composition des scènes d’un film par ailleurs loin d’être récent ; en sortant nous nous sommes émerveillées de la délicatesse et de la souplesse de certaines prises de vue, sachant que les caméras de l’époque n’étaient pas du tout aussi mobiles que les actuelles : on a vraiment l’impression que Clouzot fait ce qu’il veut, en terme de suivi de mouvement et de plongée notamment. L’ensemble donne un rendu très dynamique, très moderne – bien sûr s’agissant d’une enquête policière et non d’un film d’action le rythme n’est pas aussi effréné que dans certaines productions actuelles basés sur l’adrénaline, mais encore une fois, outre le noir et blanc et le contexte de l’après-guerre, je n’ai pas du tout ressenti ce film comme un « vieux » film.

La qualité de restauration du film a certainement participé à notre enthousiasme ; pour ma part je n’y connais rien donc je ne peux pas comparer à d’autres mais on m’a dit que c’était très bon. Hormis le son un peu nasillard l’image était effectivement très nette.

Je ne peux pas dire que j’ai trop aimé ni même remarqué la musique en fait, elle se glissait très bien dans les scènes et cela m’a suffi.

A la place je me suis fait happer par l’intrigue – qui est le meurtrier, pourquoi, comment, va-t-il s’en sortir ? Moins tarabiscotée que celles de la reine du crime Agatha Christie elle plaira je pense néanmoins aux amateurs du genre : on ne nous dévoile pas tout tout de suite, nous permettant de rester dans l’expectative ; puis quand on nous en révèle une partie il nous reste encore beaucoup de questions ou d’intrigues qui en découlent, donc on n’a pas le temps de s’ennuyer.

J’ai beaucoup aimé à la fois les personnages et la prestation des acteurs ; sans m’attacher spécialement à l’un d’entre eux plus que d’autres j’ai trouvé qu’ils faisaient sensation à l’écran, qu’ils avaient dans l’ensemble une présence et un ton très justes, et que les personnages sonnaient vrai. J’ai aussi apprécié l’atmosphère des années 40 et l’omniprésence du music-hall – c’est quelque chose qui ne m’intéresse pas en soi mais cela allait de pair avec le reste du film, et je pense que ça plaira aux aficionados du sujet.

Je suis ressortie de ma séance très enthousiaste et j’aimerais beaucoup voir d’autres films du réalisateur, même si on m’assure que celui-ci est plus ou moins son chef d’oeuvre et que les autres pourraient ne pas être aussi léchés !

 

Publicités

3 réflexions au sujet de « Quai des Orfèvres »

Déposer un petit caillou blanc

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s