La Chambre des morts

De Franck Thilliez. Le Passage, 2005. Thriller. Très bonne lecture. [312 p.]

La chambre des mortsRésumé : « En pleine nuit, au milieu de nulle part, un homme surgit et se fait renverser. A ses côtés, un sac rempli de billets. Voleur ? Trafiquant ? Peu importe. Deux millions d’euros, là, à portée de main. Aucun témoin. Que faire ? Appeler la police, ou disparaître avec l’argent ? Vigo et Sylvain, jeunes informaticiens au chômage, ne tardent pas à se décider. Le lendemain, une fillette aveugle est retrouvée morte dans un entrepôt. Peu après, une autre est enlevée. Diabétique. Ses heures sont comptées. Et si le magot n’était autre que la rançon destinée à sauver la vie d’une gamine ?« 

Je vois toujours plein de bonnes critiques sur Thilliez partout, et le premier que j’ai lu, Fractures, m’avait beaucoup plu, alors pourquoi ne pas continuer ?

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L’Apache aux yeux bleus

De Christel Mouchard. Flammarion, 2015. Historique jeunesse. Très bonne lecture. [224 p.]
lapache-aux-yeux-bleusRésumé : « Herman a 11 ans quand il est enlevé par des Apaches. D’abord traité en esclave, il se montre fort et courageux et gagne le respect de ses nouveaux frères. Dans l’immensité des plaines du Texas, très vite, il devient l’un d’eux, un Apache valeureux qui n’a peur de rien et qui protège sa tribu. Son nom est désormais En Da, le « garçon blanc ».« 
Dans le cadre d’un partenariat
Ce livre s’inscrit dans une assez longue lignée de récits d’enfants kidnappés ou recueillis par d’autres groupes sociaux, ou même par des animaux – et j’avoue que j’en ai lu assez, même si la plupart remontent à un certain nombre d’années, pour ne plus avoir de grosse surprise à la lecture de ce genre de récit de manière générale. Cependant ce titre m’a bien plu dans l’ensemble et je le conseillerai tout à fait même aux lecteurs qui voudraient s’essayer à ce genre de récit.

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Espionne de Sa Majesté

De Mary Hooper. 2010. Aventure historique jeunesse. Bonne lecture. [287 p.]
Titre original : By Royal Command, 2008.
Appartient à une série de trois titres :
1. La Maison du Magicien
2. Espionne de sa Majesté
3. La Trahison
espion10Résumé : « Nommée espionne de Sa Majesté Elizabeth 1re après lui avoir sauvé la vie, Lucy attend avec impatience de se voir confier sa première mission. Tandis que grondent des rumeurs de complot venues d’Écosse, d’étranges soupirs se font entendre dans la maison du magicien. Un fantôme hante-t-il les lieux ? Lucy réussira-t-elle à percer les sombres secrets qui s’y trament ?« 
Un nouvel opus pas bien différent du précédent. Lucy prend ses marques, à la fois dans sa nouvelle maison et dans la société, disons, « intermédiaire », ni très pauvre ni très riche. On retrouve à peu près tous les personnages qu’on avait quittés à la fin du tome 1, la couverture est toujours aussi WTF par rapport au ton de l’histoire et au public ciblé, et je suis toujours aussi contente d’avoir ces petites touches d’Histoire au milieu des aventures qu’on pourrait qualifier d’un peu simples de cette jeune fille. Non pas que je trouve le livre trop simpliste, mais – faut-il encore le dire ? – il s’agit bien de lecture jeunesse, réaliste, et non pas d’un trépidant récit d’aventures YA des temps modernes sur fond de fantastique sombreux et passionné. (Quoi ? ma chronique va être courte, laissez-moi au moins m’amuser avec :p)

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W3, T.1: Le Sourire des pendus

De Jérôme Camut et Nathalie Hug. 2013. Thriller. Excellente lecture. [750 p.]
w3Résumé : « Lara Mendès, jeune chroniqueuse télé, enquête sur le marché du sexe et ses déviances. Elle disparaît sur un parking d’autoroute… Désemparés par la lenteur de l’enquête, ses proches reçoivent le soutien de Léon Castel, fondateur d’une association de victimes.
Sa fille Sookie, policière hors norme, a enquêté sur une triple pendaison qui semble liée à cette affaire. Qui a enlevé Lara ? Pourquoi ? Où sont passés ces enfants et ces jeunes femmes dont les portraits s’affichent depuis des mois, parfois des années, sur les murs des gares et des commissariats ? Réseaux criminels ou tueurs isolés ? Partout, le destin d’innocents est broyé sans pitié.« 
Arrivée à la moitié du livre, j’étais prête à lui mettre un « excellent », mais étant donné que j’ai trouvé que les 200 dernières pages faisaient un tant soit peu retomber le soufflé et qu’en plus je suis frustrée de découvrir que ce n’est pas un one shot malgré ses 750 pages, ce sera seulement une « très bonne lecture ». Je suis faible, ils le méritent bien, leur « Excellent » ! 🙂
Dans l’ensemble, j’ai adoré le livre, autant que j’avais adoré leur saga composée de Prédation, Stigmate, et Instinct (et Rémanence, viens-je juste d’apprendre). On retrouve un maximum d’éléments de leur « univers » thrilleresque, et aussi des clins d’œil au moins à la série précédemment citée ainsi qu’à Malhorne, une série fantasy de Jérôme Camus (« bien mais spécial » m’a dit mon frère qui l’a lu – moi je n’y ai pas encore mis le nez).
C’est toujours plutôt horrible et malsain, donc je continue de déconseiller ces auteurs aux personnes qui seraient vraiment sensibles – en plus ça ne se finit pas en conte de fées, les méchants s’en sortent même parfois pas forcément si mal. Question horreurs gore, sévices sexuels, ou même concepts psychologiques on est toujours servis, même si dans l’ensemble j’ai trouvé ça moins terrible qu’Instinct, qui m’avait véritablement retourné l’esprit et les sens pendant quelques temps après ma lecture. Bref, on est bien dans du thriller et pas dans du roman policier avec enquête pépère autour d’un crime somme toute pas si horrible que ça. (Mon point de vue de lectrice, n’assassinez pas votre voisin fêtard, même proprement et même si vous avez des excuses :p)
Je passe vite fait sur le style, toujours aussi bon et qui me fait toujours penser à d’autres écrivains également pleins de talent, tels Grangé ou Chattham pour en citer deux qui font aussi dans le sanglant-tordu-journalistique. Même chose pour le rythme de l’histoire, mis à part le petit bémol cité au début – et qui se justifie par, donc, l’existence à venir (vite j’espère, et pas suivi d’un autre ! J’aime déjà pas attendre entre deux livres d’une série, mais vu qu’en plus là il y a enquête…)
Ce qui m’a le plus marquée dans cette lecture, ce sont les personnages. Pour un roman de cette catégorie, aucun n’a été laissé pour compte. Vous avez le choix entre la jeune fliquette en proie à un espèce de syndrome psychiatrique de rangement mental particulier et plutôt pratique, la journaliste pas si classique que ça, son « petit » frère bâti comme Hulk – de qui il partage aussi le caractère, le Papy réac du fin fond des Vosges consanguines*, l’idiot du village (en parlant de consanguinité) qui aime manger – et les chiens – et qui n’est pas si stupide que ça, le couple d’homos stars sur le déclin qui ont des problèmes de couple, de vie, d’identité, etc. Bref c’est plutôt la foire et donne l’occasion aux auteurs de ne pas voler trop au-dessus des pâquerettes quand il est question d’humour – et ça fait du bien entre deux séquences sordides (ou au milieu, n’est-ce pas « Pierre » ?). Bon, et ça c’est juste les personnages principaux. En fait, fait rarissime quand je lis ce genre de littérature, j’ai réussi à véritablement m’attacher aux personnages, à avoir envie d’encourager Lara à tenir bon, à regretter que Léon ne soit que fictif tellement il sonne vrai et que le monde aurait  besoin de plus de caractères comme lui, à espérer pouvoir aider Sookie, à imaginer Guernica « en vrai », à rire aux blagues des garçons (Valentin, Arnault, Egon) en ayant l’impression d’être dans la même pièce qu’eux.
Bah, j’ai même pas envie de vous parler de l’intrigue, ça se déroule comme je l’avais pensé en lisant le résumé, sur la trame de fond tout au moins, avec développements à la clé que je ne vais pas vous dévoiler. Je ne me suis pas du tout ennuyée, et même si là tout de suite je suis frustrée et sur ma faim car la conclusion n’est pas tout à fait… conclue, du coup, ça reste une lecture fabuleuse, plus que distrayante, et ça ne m’arrive pas si souvent de pouvoir dire ça en lisant des thrillers !
* Blague lorraine / et pis d’abord c’est eux qui l’ont dit dans le livre :p
Chroniques d’ailleurs : Avides Lectures

Les Cathédrales du vide

De Henri Lœvenbruck. 2009. Thriller ésotérique. Bonne lecture.
A lire avant : Le Rasoir d’Ockham (2008)
cathedralesRésumé : « Sous couvert de protection de l’environnement, une organisation internationale met la main sur plusieurs régions du globe. Leur motif réel ? Un secret enfoui dans le cœur de la terre depuis la nuit des temps. Alerté par une série de disparitions étranges, Ari Mackenzie, pourtant retiré des Renseignements généraux, décide de mener l’enquête. Se pourrait-il qu’il y ait un lien entre les recherches clandestines de cette multinationale et les découvertes de l’alchimiste Nicolas Flamel ? Malgré lui, le commandant Mackenzie est à nouveau confronté à une affaire singulière. La plus dangereuse de sa carrière, sans doute. La dernière, peut-être. »
Le gros bémol technique : Choisir des romans policiers qui forment une saga, en commençant par le final : ma spécialité ! Du coup je me suis spoilée une bonne partie, dont la fin, du Rasoir d’Ockham (que je voulais lire, mince alors ! 😦 ).  A ma décharge et à celles des bibliothécaires, qui se sont plantés en n’achetant pas le premier « tome » car croyant comme moi que c’étaient tous les deux des one shots* : il n’y a strictement rien sur la couverture qui indique une suite !! Flammarion thriller, bravo. En fait, si, on sait que l’auteur reprend un personnage déjà utilisé, à la toute fin du résumé, mais c’est tout.
Autrement j’ai très vite accroché à l’histoire et aux thèmes (à force de lire des trucs sur l’ésotérisme ces derniers mois, il y a des termes qui commencent à me devenir familiers ! C’est assez drôle en soi), même si je dois reconnaitre que ça ne casse pas des briques question originalité. Il s’agit selon moi encore d’un de ces romans ni excellents, ni mauvais, avec suffisamment d’éléments pour plaire, mais non sans failles.
Une de ses forces est le héros et les personnages en général, qui sont relativement fouillés et réalistes. On retrouve bien là certains codes propres au roman policier français contemporain, un peu comme chez Grangé. Psychologies existantes et cohérentes, bouts de vie quotidienne, problèmes amoureux, etc., ce qui donne des personnages qui sont plus que de simples fantoches en quête du méchant.
L’intrigue elle-même a le mérite de mêler codes ésotériques et choses concrètes ou politiques, ce qui en fait un mélange qui ne plaira sans doute pas à tous, mais qui à mon sens est tout à fait acceptable.
Enfin Lœvenbruck a un style dynamique et tout à fait fluide, à défaut d’y avoir trouvé de vrais éléments originaux – hormis les références aux « fumeurs bannis », qui m’a beaucoup fait rire, car ça sent le vécu ! (c’est un gros fumeur, ou au moins était à ma connaissance)
En conclusion c’est loin d’être un coup de cœur mais c’était une lecture très agréable.
*one shot : œuvre en une seule partie. Mot très à la mode en ces temps troublés de séries et sagas au nombre de tomes toujours croissant.

 

Chroniques d’ailleurs :  mapetitebibliotheque

Les voies de l’ombre, T.1 : Prédation

De Nathalie Hug et Jérôme Camut. 2007. Thriller / policier. Excellente lecture.
(T.2 Stigmate, T.3 Instinct, et T4 Rémanence, tous déjà parus)
predationRésumé : « Un cadavre dénudé est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée.Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé.Un jeune père, dressé comme un chien, est tourmenté sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre.
Aucune piste, aucun lien, aucun mobile…
Qui sont ces hommes? Pourquoi ont-ils été choisis? Pour quelle mise à mort aberrante?
Prédation entrouvre la porte d’un univers imprévisible et angoissant, étrangement en prise avec les faits divers les plus choquants de notre époque. »
Bien qu’ayant beaucoup entendu parler de ces deux auteurs (français, et contemporains), et les ayant même croisés tous les deux sur les salons littéraires, je n’avais encore jamais mis le nez dans un seul de leurs écrits.
En passant j’ai appris qu’ils étaient mariés, ce qui ne m’a pas donné d’approche particulière pour cette lecture.
Ceci est de mon point de vue un très bon thriller. Suffisamment tordu et subtil pour garder le lecteur intéressé, avec des personnages suffisamment fouillés pour qu’on puisse également les prendre en sympathie (ou antipathie), et des enchainements d’évènements et actions cohérents et palpitants. Bien sûr, me direz-vous, tout ceci est censé aller de soi dans n’importe quel roman policier – hélas ! ce n’est pas toujours le cas, et là je suis justement contente d’en trouver un (une série, apparemment) qui réunisse tout ce qui est requis de manière agréable et bien menée.
J’aime beaucoup leur style même si le principal ne se démarque pas beaucoup de plein d’autres auteurs policiers – mais c’est agréable à lire, fluide, dynamique, et juste assez descriptif pour qu’on suive ce qui se passe sans que ça devienne lourd.
Note : c’est un thriller – certaines personnes peuvent donc être choquées par certaines scènes de violence, qui, même si elles ne sont pas pire que celles de Grangé ou de Brussolo (ou de Chattham si je me souviens bien), ajoutent une dimension qui peut déranger des gens qui n’auraient rien lu de plus violent que du Agatha Christie.
NB 2 : ne faites pas comme moi, prévoyez d’avoir le tome 2 rapidement si jamais ça vous plaît…