Contes de la fée verte

De Poppy Z. Brite. Folio SF, 1997. Recueil de nouvelles. Excellent. [265 p.] Coup de cœur.
Titre original : Swamp Foetus, 1994.
contesfeeverteRésumé : « Que se passe-t-il quand deux frères siamois séparés à la naissance n’ont qu’un seul souhait : redevenir un ? Quand chaque apparition d’un chanteur rock s’accompagne d’un drame ? Quand un entrepreneur de pompes funèbres du quartier de Chinatown vous charge de surveiller un cadavre ? Et quand vous perdez dans Calcutta livrée aux morts-vivants ? Tout le talent de Poppy Z. Brite se dévoile dans ces douze nouvelles à l’odeur de souffre [sic] et au goût d’absinthe, dont « Calcutta, seigneur des nerfs », récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire 1998.« 
WAOUH. C’est mon impression en refermant cet ouvrage, impression convoyée par le style et les idées de l’auteur tout au long de ces douze nouvelles, quasiment dès la première page, sans compter l’introduction par Dan Simmons qui m’a aussi comblée (« Prolégomènes à toute métaphysique future de Poppy« ).
Avant d’aller plus loin je préviendrai quand même que ce livre est je pense à réserver à un public averti : les idées et thèmes développés ne sont pas des plus légers ou rieurs et jouent très largement avec le dérangeant, et les descriptions de relations sexuelles (ou de comparaisons, atmosphères, etc. sulfureuses) ou de cadavres pourrissants ne sont pas rares. Quand il ne s’agit pas de scènes sensuelles impliquant un cadavre.
ça va, vous êtes toujours là ? :p

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Les Légendes noires

De Sophie Lamoureux. Casterman, 2014. Documentaire jeunesse. Très bonne lecture. [96 p.]
Sous-titre : Anthologie des personnages détestés de l’Histoire
Illustrations de Virginie Berthemet.
Mise en page 1Résumé : « Nous sommes tous plus ou moins familiers des grands héros de l’Histoire, mais que dire des autres : les fous, les traitres, les tyrans, les criminels, les dictateurs, massacreurs, salauds et horribles…? Les Légendes Noires nous invitent à rencontrer ces personnages abominables, méprisés, détestés ou violemment controversés, qui ont souvent horrifié leurs contemporains mais n’en ont pas moins joué, en leur temps, un rôle marquant sur le plan historique. Nécessaire, utile et édifiant.« 

 

Je remercie les éditions Casterman – Flammarion de m’avoir envoyé ce livre.
Lecture en commun avec Gaby de La biblio de Gaby

 

Très belle découverte que cet ouvrage : beau et intéressant !
Quelques vues de l’objet-livre, avec en gros plan les magnifiques illustrations de Virginie Berthemet, qui a choisi des tons rouge et noir et des images décalées bien que percutantes pour faire un parallèle avec le texte et le sujet, formant un tout assez particulier mais qui m’a beaucoup plu dès le premier coup d’œil :
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Le dos du livre – Le cardinal de Richelieu – La fiche de Cortés – Un aperçu du sommaire

A ce propos j’ai aussi noté l’utilisation de l’image de l’hydre – coupez-lui une tête il en repoussera deux – pour l’image de couverture : je trouve l’allusion très pertinente car il a de tout temps existé de grands hommes (et des femmes) très controversés ou bien considérés comme dangereux, des tyrans ou des mégalomanes assoiffés de sang. De même chaque caricature de Virginie Berthemet choisit une focalisation adaptée à chaque personnage, qu’elle soit justifiée ou stéréotypée, jouant sur l’imagerie populaire aussi bien que sur une Histoire plus factuelle : la fresque ainsi créée fait sourire, et aussi un peu grincer des dents.
Le choix du grand format est intéressant : on le lit comme une BD mais ce n’est pas de la fiction, on a des dessins humoristiques mais des noms qui font moins rire, et des taches d’encre un peu partout comme si on s’était empressé de raconter tout ceci, à la va-vite, dans la pénombre, sans possibilité de retour en arrière. Le papier est excellent et l’impression impeccable. J’ai simplement relevé une coquille, un mot manquant, dans la fiche de Robespierre.
L’idée des fiches biographiques en deux pages découle, j’en suis sûre, d’une volonté de synthèse pour amener l’Histoire aux (jeunes) lecteurs sans leur imposer de trop longues explications. Cela fonctionne très bien avec beaucoup de biographies, mais pas toutes. En effet, j’ai eu plusieurs fois une impression de trop-plein, comme si l’auteur voulait en mettre un maximum sur deux pages, alors que ce n’était tout simplement pas possible. Quelques explications sont proches de l’incompréhensible lorsque l’on n’a pas les clés, qu’on ne connait pas les personnages ou le contexte, et/ou souffrent d’une synthèse un peu embrouillée. Néanmoins il s’agit d’un phénomène qui m’a gênée ici et là, pas une impression générale du texte.
Je comprends et j’admets beaucoup mieux, par contre, qu’une certaine focalisation « classique » soit parfois choisie au détriment d’autres points de vue ou d’à-côtés vis-à-vis de certaines figures, je pense entre autres à Machiavel ou à Hitler : deux pages c’est très court lorsque les contextes sont complexes ou que beaucoup d’influences sont à prendre en compte, et j’ai remarqué que Sophie Lamoureux essayait malgré tout de finir sur une objectivisation lorsqu’il y avait matière à le faire, de poser des doutes ou d’amorcer des courants de réflexion en cours de route. J’aurais peut-être apprécié que ce soit parfois un peu moins subtil, je ne suis pas sûre que ce soit évident aux yeux de tous les lecteurs. Je ne parle pas forcément de justifier ces personnages, mais simplement d’étoffer un peu la manière dont on les a perçus, à leur époque ou à la nôtre, ou l’image qu’ils avaient construit d’eux-mêmes, pour sortir un peu plus clairement de certains stéréotypes de masse (par exemple nulle mention de la situation politique générale de l’Italie à l’époque de Machiavel, pas de rappel que Pétain n’a pas été nommé Ministre par hasard…). J’ai trouvé que les premières fiches souffraient moins de ce défaut, exploraient plus les personnalités. C’est quelque chose que j’ai plutôt ressenti à l’approche de l’époque moderne et contemporaine.
Le contenu global du livre m’a tout de même intéressée et appris beaucoup de choses. J’imagine aussi que cela puisse être une bonne lecture d’amorce du thème. Les défauts évoqués ci-dessus ne concernent pas tout le livre, qui m’a apporté beaucoup de détails utiles et enrichissants sur bien des points, et s’efforce d’expliciter beaucoup plus que ce qu’il n’oublie ou ne met de côté. Si l’adulte éclairé ou l’universitaire peut lui trouver des manques, je suis persuadée que le lecteur qui part à la découverte du sujet ou n’a plus remis le nez dans l’Histoire depuis longtemps y trouvera bien plus que son compte.
Enfin je me suis posée la question de l’âge, et si le but me semblait de prime abord très louable j’émets après lecture quelques réserves concernant les lecteurs les plus jeunes – dès 12 ans dit la présentation éditeur – non pas en termes de contenu mais en termes de vocabulaire. En effet je ne suis pas certaine du tout qu’un préadolescent sache forcément ce qu’est Gettysburg, ni la collectivisation ; j’ai moi-même oublié ce qu’étaient le Directoire et la monarchie de Juillet, ce qui ne m’a pas empêchée de globalement suivre l’idée du livre et le fil rouge des moments noirs de tous ces personnages de l’Histoire, mais j’aurais sans doute plus apprécié cette lecture en ayant ces informations, même dans un bref rappel comme l’auteur le fait pour des tas d’autres termes. J’imagine donc que cela a pu être des oublis, mais c’est un peu dommage, cela freine une lecture qui se présente pourtant comme très réfléchie et très bien construite à d’autres pages.
A la fin de l’ouvrage le lecteur trouve une bibliographie des ouvrages consultés pour rédiger chaque fiche : de nombreuses entrées sont complètes de 3 à 6 sources, mais d’autres n’en proposent malheureusement qu’une seule.
Un livre destiné au jeunes et aux adultes, mais une lecture un minimum exigeante en matière d’Histoire car parfois trop synthétisée ou contenant énormément de détails en un minimum de lignes, requérant peut-être la présence d’un adulte pour répondre à des questions ou pour préciser des détails – pourquoi pas une lecture à faire en classe, ou en parallèle d’un cours ? Un livre à lire, sans aucun doute, mais aussi très certainement à relire ou à étudier, que ce soit parce qu’il présente quelques failles ou parce que le sujet en lui-même nécessite plus qu’une lecture unique.

 

Chroniques d’ailleurs :  La biblio de Gaby
Cette chronique s’est inscrite, tout à fait incidemment, dans La Rentrée des Cartables organisée par Vil Faquin.

L’Évangile cannibale

De Fabien Clavel. ActuSF, 2014. Horreur – zombies. Très bonne lecture. [283 p.]
evangilecannibaleRésumé : « Aux Mûriers, l’ennui tue tout aussi sûrement que la vieillesse. Matt Cirois, 90 ans et des poussières, passe le temps qu’il lui reste à jouer les gâteux. Tout aurait pu continuer ainsi si Maglia, la doyenne de la maison de retraite, n’avait vu en rêve le fléau s’abattre sur le monde. Et quand, après quarante jours et quarante nuits de réclusion, les pensionnaires retrouvent la lumière et entrent en chaises roulantes dans un Paris dévasté, c’est pour s’apercevoir qu’ils sont devenus les proies de créatures encore moins vivantes qu’eux. Que la chasse commence…
Fabien Clavel, lauréat d’une douzaine de prix et auteur d’une vingtaine de romans, est l’une des voix les plus connues de l’imaginaire. Sa plume caméléon s’adapte à sa volonté d’en explorer tous les sous-genres. Avec L’Évangile cannibale, il revisite le mythe du zombie et du survival dans un roman court, rythmé et caustique.« 
L’auteur ne mâche pas ses mots, ou plutôt il nous les crache à la figure. C’est brut, cruel, vulgaire même. On entre dans l’histoire via les pensées de Matt Cirois, pensionnaire de 90 ans aux Mûriers, et c’est pas joli-joli. « Tout est sale, à l’intérieur comme à l’extérieur », dit-il de son environnement physique et humain – et cela semble être très applicable à lui-même également. Et pourtant je ne peux m’empêcher de ressentir de la pitié, de l’amusement et même de la tendresse à l’égard de cet être humain entièrement révolté, fermement décidé à ne pas « se laisser crever » sans résistance, devenu paranoïaque et méfiant à force de côtoyer déchéance, mépris et stupidité.
« Nettoie les chiottes et le vieux assis dessus. Je suis sûr que certaines [aide-soignantes] aimeraient bien nous passer au jet d’eau en même temps que la salle de bains. C’est à peine si on ne nous essuie pas avec la serpillière qu’on passe sur le sol. »
J’ai remarqué qu’il n’y a pas de majuscules aux noms des résidents et personnel de la maison de retraite. Vu le systématisme je pense que c’est voulu, toujours dans ce but de déconstruction et de dépersonnalisation que l’auteur semble suivre depuis le début. (Point confirmé par l’interview de l’auteur présente à la fin)
Je me suis laissée prendre à l’histoire, dont la première moitié consiste surtout à mettre en scène l’environnement et les personnages, nous les présenter, nous installer dans le quotidien physique et mental de ces vieux. C’est très original, ça change effectivement beaucoup des ados boutonneux en mal d’amour et d’identité partant à la conquête du monde (qui me fatiguent parfois même si j’aime en retrouver de temps en temps) – les identités sont déjà définies, et pourtant elles sont redéfinies (ou à redéfinir) en partie tout simplement par les évènements déclencheurs des péripéties, du mouvement du groupe de personnes âgées hors de leur établissement. Le thème du corps est extrêmement employé et exploité, jusqu’à la nausée, jusqu’à un certain anéantissement – sans vous spoiler. Bien sûr le passage, ou plutôt la succession de passages qui m’a définitivement coupée toute sympathie pour les « héros » est arrivée pendant que je déjeunais. Ça m’apprendra à lire en mangeant. Évidemment, je déconseille ce livre à toute personne particulièrement sensible, jeune ou moins jeune. C’est horrible par moments, et je ne parle pas seulement de zombies ou de violence.
Je ressors de ma lecture dégoûtée, mais pas au point de m’arrêter là avec Fabien Clavel. Je pense même que je retrouverais avec plaisir son style, ou un autre, dans d’autres de ses ouvrages – après tout la moitié de ce qu’il nous raconte dans ce livre est dégueulasse, alors si je ressors avec un sentiment de répulsion, c’est qu’il a parfaitement réussi son coup ! Cependant je n’avais pas remarqué grand’chose de ce qu’il raconte dans l’interview finale, les parallèles avec la Bible et tout – j’ai vaguement noté les noms mais franchement je doute que beaucoup de lecteurs fassent plus le rapprochement que moi : il faut pour ça avoir l’Apocalypse et l’évangile de Matthieu en tête, et pour ma part ce ne sont pas des choses que je relis tout les jours ! Bravo tout de même pour la conception de l’idée.
Un livre qui sort des sentiers battus (de mon point de vue de novice en zombies), sombre et glauque.
Chroniques d’ailleurs :  Avides Lectures, Blog-O-Livre

The Picture of Dorian Gray

D’Oscar Wilde. 1890. Roman fantastique. Très, très bonne lecture. [240 p.]
pictureofRésumé : « The Picture of Dorian Gray is the only published novel by Oscar Wilde. It tells of a young man named Dorian Gray, the subject of a painting by artist Basil Hallward. Basil is impressed by Dorian’s beauty and becomes infatuated with him, believing his beauty is responsible for a new mode in his art. Talking in Basil’s garden, Dorian meets Lord Henry Wotton, a friend of Basil’s, and becomes enthralled by Lord Henry’s world view. Espousing a new hedonism, Lord Henry suggests the only things worth pursuing in life are beauty and fulfilment of the senses. Realising that one day his beauty will fade, Dorian cries out, expressing his desire to sell his soul to ensure the portrait Basil has painted would age rather than himself. Dorian’s wish is fulfilled, plunging him into debauched acts. The portrait serves as a reminder of the effect each act has upon his soul, with each sin displayed as a disfigurement of his form, or through a sign of aging. »
(Après avoir lu le livre je trouve la plupart des résumés « éditeurs » très réducteurs ou peu pertinents ; du coup l’image est celle de l’édition que j’ai lue (1993), mais le résumé appartient à une autre édition.)

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Le Vent se lève

De Hayao Miyazaki. 2014. Film d’animation. Grosse claque. [2h06]
Titre original : Kaze tachinu, 2013
leventseleveRésumé : « Dans les années 1920, le jeune Jiro Horikoshi, fasciné par le ciel et le vent, rêve de devenir pilote d’avion. Mais sa mauvaise vue l’en empêche. Il se fait alors embaucher dans une entreprise d’aéronautique : puisqu’il ne peut pas piloter, il dessinera le plus bel avion du monde…« 
Je sors tout juste de la séance – il était temps, je pense, car les horaires VO se réduisent de semaine en semaine, et je bosse (et je veux aller aux séances de 14h parce que c’est moins cher :p).
J’en suis encore positivement traumatisée. Je suis sortie du ciné avec cette étrange impression, que je vous souhaite avoir déjà expérimentée, que le monde réel n’est pas plus réel que celui dans lequel vous venez de vivre vos 10 dernières années 2 dernières heures – moins beau, moins fluide, un peu plus terne, moins éblouissant et étrangement familier.

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Je suis une fille… ou pas.

Depuis que je suis arrivée sur la blogosphère j’ai commencé à m’intéresser aux sujets, discussions et débats autour du féminisme, du genre, et de tout le tintouin. C’est somme toute assez nouveau pour moi, je n’ai pas d’activistes dans la famille ni ne suis militante en quoi que ce soit moi-même… ou plutôt c’est ce que je croyais avant de lire un certain nombre de choses avec lesquelles je me suis retrouvée forcée de tomber d’accord, voire dans lesquelles je me suis retrouvée complètement. Je me considère donc comme une semi-féministe, même si au moins 3 articles m’ont déjà clamé que ça n’existait pas, avec arguments à l’appui (que visiblement je n’ai toujours pas compris ou accepté entièrement – laissez-moi faire mon chemin analytique, bordel :p).

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Ah ! Je ris…

On entend souvent
Si  souvent
Trop  souvent  :

« Il ne faut pas se moquer ».

L’appel à la tolérance est de mise, en ce XXIe siècle si politiquement correct. Plus rien n’est critiquable, si ce n’est le gouvernement, et les vilaines holdings, et encore. Le bas peuple, victime des grands de ce monde, doit se tenir les coudes en toutes circonstances, faire preuve de cécité les uns envers les autres, ne pas se critiquer, ne pas relever les erreurs, car « errare humanum est« , et cætera.

FOUTAISES.

A l’époque du tout numérique, de cette exhibition totale et incontrôlée, de ce narcissisme convoité, imité, assumé, de l’expansion sans limite des réseaux sociaux, je n’en peux plus de voir des choses idiotes me passer sous le nez, je ne suis pas la seule, et je pense que rien ne sert de se voiler la face, ni de contenir mon hilarité.
Tu veux t’exprimer en ligne, tu balances des

Conneries

Fadaises

Inepties

Salades

Sornettes

Niaiseries

Bêtises

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==> Tu assumes. Et en disant ça, je ne veux pas dire : tu comptes sur le bon sens social et l’hypocrisie la politesse des gens pour ne rien te dire* , car on ne se connaît pas, et que l’éducation ne passe que par les parents et les professeurs, c’est bien connu. Non, tu t’exposes, toi scribouillant anonyme, au placardage public, à l’opprobre, au lynchage, et aux fous rires pas toujours très gentils. En passant, j’espère que ça te servira de leçon si tu te reconnais ci-dessus et que tu réfléchiras deux secondes avant de poster la prochaine fois.
(Bon, en fait, je ferme quand même ma grande bouche dans 97% des cas, sinon j’aurais pas fini – mais je catégorise sans pitié, ôte des points de valeur, et finis par supprimer ou bloquer des contacts ou pages, sans compter la mauvaise pub qui va avec :D)
Je m’en fous que tu aies 14, 18 ou 57 ans. Le bon sens, on est censé en avoir à tout âge**. Et les écrits restent, comme le prouvent certains sites qui recensent les Perles du Net.

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* ce qui n’a d’ailleurs jamais été précisé dans ce fameux article que tout le monde a tendance à invoquer à tort et à travers :
« Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » (Source : Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du-Citoyen-de-1789)
** Il va de soi que je suis plus tolérante que ce que cet article peut faire croire envers les gens qui ont une culture différente, ou une éducation de moindre niveau, ou pas forcément pointue dans tous les domaines ! – et également envers ceux qui n’affirment pas clairement une ineptie, mais proposent un point de vue. Mais ça m’énerve prodigieusement qu’autant d’abrutis ne réfléchissent pas 2 secondes avant de poster leurs billevesées, en partant du principe que s’ils ont quelque chose à exprimer les lecteurs ont forcément une obligation de tolérance absolue, voire d’acceptation.
Edit : Ce coup de gueule a été écrit il y a des mois, mais reste d’actualité. :p

Bien dans mes jambes

Dr Luc Bodin. 2013. Manuel « santé » grand public. Lecture intéressante mais informations douteuses, voire dangereuses (?).
biendansmesRésumé : « Une personne sur trois souffre de problèmes veineux. Ces problèmes apparaissent aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Les causes en sont multiples et les conséquences très invalidantes pour la vie quotidienne : lourdeurs, douleurs, crampes, œdèmes… sans parler des problèmes esthétiques.
Cette maladie – car il s’agit bien d’une maladie – tend à s’aggraver régulièrement au fil des ans, en l’absence de traitement adéquat. Son évolution est émaillée de complications comme les phlébites, les ulcères, les thromboses, les eczémas… Un traitement est donc nécessaire, pour ne pas dire indispensable. Il doit être pris régulièrement pour soulager les symptômes présentés, mais aussi pour éviter la survenue de complications. »
J’ai plus ou moins sauté sur ce livre par curiosité, et toujours à la recherche de pistes ou d’idées, ayant des problèmes de circulation veineuse. J’ai entamé ma lecture avec déjà un bon bagage d’information à ce sujet, et avec autant de recul que possible, puisque l’auto-médication est à la mode, avec toutes les conséquences néfastes que cela comporte.
Dans une grosse moitié du livre j’ai trouvé beaucoup de conseils qui ne m’ont pas paru dangereux, et même somme toute très communs, même si pas vraiment axés sur les problèmes de jambes. Manger, bouger, s’hydrater, etc. Bon. D’accord. Pas ce que j’attendais, mais pas complètement idiot.
Au bout d’un moment j’ai trouvé que quand même ce monsieur utilise beaucoup plus de « il faut/il faudrait » que de « vous pouvez », même quand il s’agit de détails, ou de points visiblement pas importants (il n’explique pas pourquoi) – de même à lire le bouquin ce n’est pas trop gênant de se bourrer d’huiles essentielles, de crèmes ou de plantes, parce que c’est bon pour la santé. Heu, qu’il liste ce qu’il est possible de faire, d’accord, mais je trouve que son livre ne comporte pas assez de mises en garde, et est même régulièrement rédigé à la manière de « absorbez ceci, tartinez-vous de cela, c’est bon pour vous. » Mouais. Pour un ouvrage grand public c’est vraiment pas génial.
Je passe sur le chapitre sur les médecines alternatives, qui contient pas mal de choses pas vraiment médicales, mais pourquoi pas.
Jusque-là j’avais eu quelques idées qui ne me semblent ni stupides ni dangereuses de massages, de gymnastique douce, et une liste exhaustive de médicaments ou éléments dont je ne compte pas me servir, ou de manière très très modérée par rapport à la tonne qu’il a donnée. Il ne parle que très très rarement des complications que de mauvais traitements, ou l’abus de traitements, peut donner.
En passant, j’ai fait une recherche Internet qui m’a informée que les flavonoïdes (vigne rouge, entre autres) n’étaient peut-être pas forcément si efficaces qu’on le prétend, d’où dé-remboursement récent de certains médicaments. D’accord, je n’ai pas vérifié « à fond » (un seul site qui semble officiel) – mais cela mérite réflexion, et, justement, vérification, étant donné que certaines plantes ne sont pas bénignes non plus. Encore une fois, aucune mention de cette histoire dans le livre. Gavez-vous, vous ne craignez rien, et surtout ne vous posez pas de questions, je suis là pour vous guider dans vos soins.
La dernière partie du livre me le fait classer définitivement dans la catégorie « attention, danger ».
Selon le Dr Bodin, [« les chaussettes et bas de contention sont souvent contre-indiqués, il ne faut pas en abuser. Par contre, ne pas hésiter à se faire retirer par chirurgie varicosités et plus grosses varices. »]
!!! J’entends exactement l’inverse depuis des années, avec preuves vivantes à l’appui dans la famille.
Alors d’accord, peut-être que certaines personnes ne doivent surtout pas mettre de contention, ou pas n’importe quoi – n’empêche que sur ce point précis j’ai toujours, mais alors toujours (et c’est un sujet auquel je m’intéresse depuis un moment), entendu et lu l’inverse, même si je ne suis pas moi-même médecin : les chaussettes de contention ne font pas de mal, à partir du moment où on les porte correctement (quand il y a effectivement besoin), et ce, même en tout début de symptômes variqueux. Justement, c’est une des choses conseillées au tout début, car cela soulage et freine la détérioration des vaisseaux ! Sachant que ce type de maladie ne se guérit pas, il est plutôt conseillé de s’en préoccuper avant que cela ne s’aggrave. Encore récemment, mon médecin me l’a redit : contention de toutes manières si on est prêt à « s’embêter » avec ; charcutage à voir. La chirurgie des veines des jambes peut être anodine, mais peut aussi entraîner fragilisation de la jambe, ce qui du coup au cours des années ne résout rien, et peut même accélérer la dégradation des veines restantes. De plus il me paraît évident que des chirurgies répétées (peu importe l’endroit du corps) ne sont pas à conseiller !
Tout n’est pas à jeter, mais certains conseils essentiels comme la modération manquent cruellement à cet ouvrage. De plus, il semblerait que ce médecin soit plutôt (carrément) spécialisé dans le traitement du cancer, et encore plus spécifiquement dans les traitements dit alternatifs (non médicaux).
Encore une fois : je ne suis pas une professionnelle de la santé, mais la simple expérience familiale et personnelle me fait douter de l’utilité, voire croire à une dangerosité relative de cet ouvrage. Je le conseille à des personnes plutôt déjà informées sur le sujet, et toujours, comme pour tous les sujets potentiellement dangereux, à croiser avec des sources professionnelles officielles, les conseils personnalisés des médecins, les héritages familiaux, etc.
Du coup cette critique va avoir le droit à la catégorisation « sujet sensible »… 😦

State of Fear

De Michael Crichton. 2004. Science-fiction / Thriller scientifique*. Bonne lecture.
Titre fr :  Etat d’urgence (bien moins percutant voire pertinent que le titre original à mon sens ! 😦 )
Summary : « In Paris, a physicist dies after performing a laboratory experiment for a beautiful visitor.
In the jungles of Malaysia, a mysterious buyer purchases deadly cavitation technology, built to his specifications.
In Vancouver, a small research submarine is leased for use in the waters of New Guinea.
And in Tokyo, an intelligence agent tries to understand what it all means.« 
stateoffear
Résumé : « A San Francisco, le milliardaire George Morton s’écrase du haut d’une falaise à bord de sa Ferrari quelques minutes seulement après avoir annoncé qu’il retirait son soutien à un mouvement écologiste international… Avant de disparaître, George avait laissé un message énigmatique. Peter, son avocat, et Sarah, son assistante, le décryptent… et se trouvent emportés dans une course-poursuite qui va les précipiter des glaces de l’Antarctique aux forêts vierges de Mélanésie. Face à eux, un ennemi insaisissable prêt à détruire la planète pour prouver qu’elle est en danger. Tremblement de terre, tsunami, cyclone : si les idéalistes fous ne sont pas neutralisés, des milliers de gens vont mourir dans une série de catastrophes naturelles d’une ampleur sans précédent…« 
J’ai commencé ce livre sur une mauvaise impression : 150 pages d’énigmes faiblement lancées, à coup de paragraphes séparés (on comprend bien qu’il s’agit d’évènements liés, ainsi que le thème général du livre, mais on reste sur notre faim parce que ce n’est pas plus développé, et qu’il n’y a qu’un fil conducteur thématique), puis des histoires de firmes, de sous, de contrats, avec des avocats et des secrétaires en tête de liste concernant les personnages, plutôt que des scientifiques ! Pas vraiment ce à quoi Crichton m’a habituée dans ses meilleurs romans. J’ai donc mis plus de 10 jours (il y a plus d’un mois) à arriver là, et finalement j’ai lu quelques autres livres entre, parce que Crichton ou pas, je n’étais pas vraiment « dedans » à ce moment-là !
Finalement j’ai repris ma lecture il y a quelques jours, pour me rendre compte avec soulagement que ma patience était arrivée au bout juste au moment où les choses commençaient à bouger dans le roman ! Enfin, des aventures, des attentats, des mystères, des personnages intéressants ou les anciens qui commencent à se bouger les fesses !! En même temps j’ai pu entrer dans le vif de l’intrigue, qui soit dit en passant m’a beaucoup faire rire (cyniquement – comme c’est souvent le cas avec Crichton d’ailleurs, et c’est en grande partie pour ça que je l’aime <3). J’aime énormément comme il mêle réalité et fiction, tout en posant des questions intéressantes et dérangeantes.
Toutefois j’ai trouvé que ce livre n’était pas un de ses meilleurs ouvrages : trop de temps morts, personnages assez peu développés, « gros » sujet en opposition avec ces qualités littéraires plus faiblardes que dans d’autres ouvrages (ex : Jurassic Park – désolée de le citer encore, mais pour moi de tout ce que j’ai lu de C. ça reste son chef-d’oeuvre).
*NB : le sujet est assez polémique, et je suis à peu près certaine que la manière dont Crichton le traite dans le roman peut choquer, inquiéter voire énerver certaines personnes engagées d’une manière ou d’une autre. Si ce n’est  pas le cas, les notes de fin, qui se posent parfois en vis-à-vis de la fiction, peuvent également le faire. Pour ma part, je lis Crichton avant tout pour ses qualités de romancier, pas pour m’informer sur tout et n’importe quoi de manière scientifique et forcément vraie (même s’il a tendance à intégrer de « vraies » données dans ses œuvres au milieu de la fiction), ni prendre parti de son côté de manière automatique. 
Voir aussi l’article de la Wikipedia, qui parle pas mal des détracteurs du roman, et qui ne spoile pas tellement plus l’intrigue que le résumé français : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_d%27urgence_%28roman%29

Les Francs-maçons : une société secrète

De Marco Carini. 2013. Documentaire. Très bonne lecture.
fmsociétéRésumé : « Tout au long de son histoire, la franc-maçonnerie a suscité les interrogations et alimenté les fantasmes les plus divers. Du secret maçonnique aux multiples théories du grand complot, les idées reçues sur cette société secrète sont innombrables. Qui sont les Francs-maçons et d’où viennent-ils ? Ont-ils de l’influence et quelles relations entretiennent-ils avec l’Etat et avec l’Eglise ? Quelles personnalités célèbres sont ou ont été membres des loges maçonniques ? Les Francs-maçons, une société secrète retrace l’histoire de cette confrérie, de ses origines à nos jours, étudie ses symboles et ses rituels mystérieux, et apporte un éclairage sur ses objectifs, ses structures, ses modes de fonctionnement et ses obédiences. En levant le voile sur ce qui constitue les fondements de cette organisation, implantée dans le monde entier, cet ouvrage dresse le portrait d’un monde fascinant. »
Entre la série de Giacometti & Ravenne et quelques autres ouvrages, pas mal de livres traitant du sujet de près ou de loin me sont passés dans les mains ces quelques derniers mois. C’est donc plus ou moins naturellement que j’ai emprunté ce beau livre qui était exposé dans le présentoir « nouveautés » de la médiathèque. Il fait moins de 100 pages, est illustré, et aborde le sujet de manière à la fois synthétique et anecdotique, ce qui en fait une lecture que je conseille. J’ai aussi bien aimé le ton relativement neutre et les différents points de vue abordés. En bref, un bon documentaire à la hauteur de mes espérances vu son format.
NB : Je classe cet ouvrage dans « sujet sensibles », car ce peut en être un pour certaines personnes. Pour ma part, je suis simplement une petite curieuse qui aime lire et me documenter sur plein de sujets, sans pour autant prendre position de manière systématique. 😉