Little Lord Fauntleroy

De Frances Hodgson Burnett. Penguin Books, 1995. Roman jeunesse. Très bonne (re)lecture. [176 p.]

Première édition : 1886.

littlelordRésumé : « And so Cedric Errol – seven years old and living with his widowed mother in genteel poverty in New York – is swept away from his friends, the the grocer Mr Hobbs and Dick the boot-black boy. He is now Lord Fauntleroy, and must live in a castle in England with his rich, important and bad-tempered old grandfather who has a particular dislike of Americans. And the worst of it is that he will be parted from his dearest mamma. But Cedric will soon show his grandfather that the Old World has much to learn from the New.« 

Ce livre est un classique de la littérature jeunesse des temps anciens, et je ne me suis jamais complètement lassée ni de la plume de l’auteur ni de ses récits enfantins réconfortants. D’elle j’ai également lu et relu Le Jardin secret, et je connais la Petite Princesse grâce à son adaptation japonaise « Princesse Sarah » ; j’aimerais lire le livre un jour à l’occasion.

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Les Aventures de Pinocchio

De Carlo Collodi. Éditions de Crémille, 1973. Conte / récit d’aventures jeunesse. Bonne lecture. [247 p.]
Titre original : Le avventure di Pinocchio, storia di un burattino, 1881-1883 (parution en feuilleton)
pinocchioRésumé : Pinocchio est un pantin parlant et bougeant, créé à partir d’une bûche de bois quelconque par un artisan démuni. Cela ne l’empêche pas de vouloir se comporter en petit garçon, avec toutes les difficultés du monde pour s’intégrer au monde des hommes à cause de son manque total de moralité, de volonté ou de gentillesse. Son caractère, qu’il désire pourtant changer, va lui causer maints tracas et mésaventures.
Encore un ouvrage de cet éditeur suisse qui m’est complètement inconnu mais qui publie (publia ?) des jolis petits classiques qui se tiennent bien en main, ont une mise en page très agréable, des dessins un peu partout (un peu vieillots à mon goût mais aussi assez en phase avec le contexte de l’histoire !), et sont reliés (simili- ?)cuir pour ne rien gâcher. Bref, de beaux objets à avoir dans sa bibliothèque !

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Contes du Moyen-Âge

Raconté par Karel Dvorák. Gründ, 1982. Contes. Très bonne lecture [199 p.]
contesJe n’ai pas encore chroniqué beaucoup de recueils de contes ici, pourtant c’est un genre que je lis depuis toute petite, ayant commencé comme beaucoup de lecteurs par les traditionnels contes de Perrault et de Grimm, puis m’étant plongée dans la mythologie gréco-romaine : après tout mythe et conte sont cousins proches. Plus grande j’ai fini par faire le tour de France avec cette collection reliée, poche, épaisse, à la tranche rayée, dont je suis incapable de me rappeler l’éditeur, mais qui est toujours très présente dans les rayonnages des bibliothèques, et qui me revient particulièrement en mémoire à l’instant car elle correspond assez aux types de contes que vous allez pouvoir retrouver dans ce recueil. Enfin mes pérégrinations à la recherche de l’oral écrit (vous me suivez ?) m’ont conduite très loin, en Chine, au Japon, dans le Pacifique, en Afrique, voire même en Amérique du Sud, là où les gens racontent des histoires très différentes des nôtres, sur un ton également différent. Je crois que j’ai encore chez moi un livre énorme (grand format, genre 2 kilos), qui contient des contes indiens, peut-être tirés en fait de la mythologie autour du… heu enfin d’un texte indien fondateur que je connais malheureusement très mal, mais que j’ai brièvement rencontré lors de mes lectures de cette année. (Le Brahma… machinchose peut-être 🙂 Désolée !) Si ça dit quelque chose à quelqu’un c’est l’histoire d’une fratrie, dont l’aîné est super fort.
Donc le livre que je chronique aujourd’hui se situe lui dans nos latitudes ; il ne contient malheureusement pas de sources précises quant à l’origine de tel ou tel texte, textes que je situe d’après mes lectures précédentes en Europe plutôt qu’en France uniquement, même si certains y sont probablement nés ou y sont arrivés un jour, sous cette forme ou une autre légèrement différente. La présente édition trouve son origine à Prague.
J’y ai retrouvé beaucoup de « classiques » – entendez par là des contes faciles à retrouver dans les recueils quels qu’ils soient : les Sept Cygnes, les histoires de voleurs ou de filous qui trompent / sont trompés, certaines fables/fabliaux comme le Rat des villes et le Rat des champs ou le Lion et le Rat ; ainsi que des personnages récurrents dans les contes européens de cette époque comme le Diable, Saint-Pierre, Dieu, les valets, les marchands, les voleurs ou les nobles.
La plupart des contes sont assez courts, entre une demi-page et deux pages – même en grand format cela reste des textes qui se lisent vite, et le recueil en compte donc un plutôt grand nombre (70 à la louche d’après le sommaire). J’aime lire des textes courts de temps en temps, contes ou nouvelles, ou même chapitres courts, ça me permet d’arrêter ma lecture à peu près n’importe quand sans me couper dans une action, c’est quelque chose de rare dans les romans et ce changement de rythme est appréciable. Je pense aussi aux conteurs oraux de notre époque : ce livre est un ouvrage que je conseillerais à des buts de lecture à haute voix ou théâtralisation quelconque non seulement de par la longueur des contes qu’il propose, mais aussi de par son style, traditionnel mais fluide.
De même le ton et le but des histoires alterne entre l’humour franc, la moralité parfois un peu sèche, les aventures et tribulations de certains personnages, ou bien ce que j’aurais envie d’appeler les récits spirituels, se situant autour du personnage de Dieu / du Diable, des anges, des saints, etc.
Un livre que je recommande aux amateurs de contes tout comme à ceux qui veulent en découvrir.

Lord Arthur Savile’s Crime and Other Stories

D’Oscar Wilde. 1887-1891. Recueil de contes et nouvelles. Très bonne lecture.  [192 p.]
Résumé : « These eight high-spirited stories were written at the height of Oscar Wilde’s creative power, between 1887 and 1891, when he delighted polite society with the epigram and controversy which flowed from his pen. « Lord Arthur Savile’s Crime » is a masterpiece of polished cynicism, in which poison, explosive clocks and finally murder forerun married bliss; and « The Canterville Ghost » is a venerable – and resourceful – family spook thoroughly unhorsed by his new American owners. Two of Wilde’s best-loved stories for children are also included, together with « The Portrait of Mr W. H. », a masterly example of scholarly detection, and three rare pieces by the man for whom, above all, there was « no Mystery so great as Misery ».« 
Je retrouve avec plaisir l’excellent style de Wilde, ses idées parfois baroques et sa manie de se moquer du monde à tout va. Cependant ce recueil de textes est aussi l’occasion de se confronter à divers genres et humeurs de l’auteur. En clair, il y a tant de choses différentes dans ce livre que chaque lecteur y trouvera probablement son compte de temps en temps tout en ne le trouvant pas à chaque fois, à moins d’être vraiment très éclectique dans ses lectures.

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The Picture of Dorian Gray

D’Oscar Wilde. 1890. Roman fantastique. Très, très bonne lecture. [240 p.]
pictureofRésumé : « The Picture of Dorian Gray is the only published novel by Oscar Wilde. It tells of a young man named Dorian Gray, the subject of a painting by artist Basil Hallward. Basil is impressed by Dorian’s beauty and becomes infatuated with him, believing his beauty is responsible for a new mode in his art. Talking in Basil’s garden, Dorian meets Lord Henry Wotton, a friend of Basil’s, and becomes enthralled by Lord Henry’s world view. Espousing a new hedonism, Lord Henry suggests the only things worth pursuing in life are beauty and fulfilment of the senses. Realising that one day his beauty will fade, Dorian cries out, expressing his desire to sell his soul to ensure the portrait Basil has painted would age rather than himself. Dorian’s wish is fulfilled, plunging him into debauched acts. The portrait serves as a reminder of the effect each act has upon his soul, with each sin displayed as a disfigurement of his form, or through a sign of aging. »
(Après avoir lu le livre je trouve la plupart des résumés « éditeurs » très réducteurs ou peu pertinents ; du coup l’image est celle de l’édition que j’ai lue (1993), mais le résumé appartient à une autre édition.)

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Pensées pour moi-même

De Marc-Aurèle. Flammarion, 1999. Philosophie. Excellente lecture. [222 p.]
marc1Résumé : « « On sent en soi-même un plaisir secret lorsqu’on parle de cet empereur ; on ne peut pas lire sa vie sans une espèce d’attendrissement ; tel est l’effet qu’elle produit qu’on a meilleure opinion de soi-même parce qu’on a meilleure opinion des hommes. » – Montesquieu.« 
Je découvre ici un petit bijou philosophique, dont on je n’avais jamais entendu parler, et pourtant ! Je suis tout à fait d’accord avec Montesquieu. 🙂
La première chose qui m’a frappée c’est la facilité avec laquelle ce recueil de pensées se lit. La traduction y est peut-être pour quelque chose, mais on sent tout de même une pensée très nette, claire, posée et concise. Il s’agit principalement de petites maximes, de conseils, de réflexions souvent toutes bêtes sur la vie. Il parle d’Épicure, et en effet j’ai retrouvé ici un peu de la philosophie des Anciens, que ce soit Aristote, Platon, Socrate ou Épicure (de ce que je connais, de mon impression, de ce que j’en ai retenu – j’espère ne pas faire bondir de philosophe aguerri par cette comparaison ^^). Je pense spécifiquement à ces auteurs à cause de leur pragmatisme, de leur idéalisme dans certains cas, et de leur modération et positivisme toujours.

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Les Contes noirs – frayeur populaire

De Jacques Collin de Plancy*. 2012. Contes. Bonne lecture.
* Sous le pseudonyme de J.s.C.  de Saint-Albin (1794-1881)
contes-noirsRésumé : « Ces contes ouvrent le lecteur sur l’intrusion du surnaturel, il s’agit de récits fantastiques liés à une atmosphère particulière. Le lecteur sera vite saisi par une sorte de crispation due à la rencontre de l’impossible. La peur est souvent présente, on la retrouvera chez le héros, mais aussi chez le lecteur, car l’auteur n’a pas manqué de provoquer l’angoisse chez celui qui parcours ses écrits… A l’instar de son Dictionnaire infernal, les Contes noirs de Collin du Plancy nous présentent « des êtres, des personnages, des faits et des choses qui tiennent aux apparitions, à la magie, au commerce de l’enfer, aux divinations, aux sciences secrètes, aux grimoires…»« 
Les contes… je commence à en avoir lu suffisamment pour ne plus trouver de recueil sans aucune histoire qui m’est connue, d’une version ou d’une autre ! Mais cela fait partie du principe d’oralité et de la survie même des contes, et peut-être bien que vous aussi vous aurez plaisir à relire une histoire familières, à en découvrir de partiellement ou totalement nouvelles pour vous, mais également à savourer le talent de conteur de cet auteur, qui aime particulièrement nous servir les détails croustillants ou absurdes qui font l’enchantement, dans tous les sens du terme, du conte ou de l’anecdote.
Avant de lire la 4e de couverture j’avais remarqué le style légèrement ampoulé, vieillot, des « temps anciens ». Effectivement ces contes n’ont rien de très moderne, et ça a été pour moi un plaisir supplémentaire de me perdre dans le cadre et la société d’une époque révolue avec cette musique langagière pour bien aller avec.
Les contes de ce recueil mettent en scène principalement soit le Diable, soir des fantômes de quelque sorte que ce soit. Néanmoins certains sont réellement à visée effrayante pendant que d’autres sont burlesques. De même, le ton est parfois moralisateur mais aussi parfois franchement cynique. Il s’agit donc d’un joyeux pot-pourri de contes effectivement plutôt sombres de par leur thème (la mort / la mauvaise morale), mais pas forcément de par leur déroulement ou leur chute.
J’ai par contre regretté le manque de savoir-faire de l’équipe éditoriale concernant l’usage des majuscules, et parfois de la ponctuation. Des choses étranges mais récurrentes de correction un peu trop absolue :
« Rome » => « pRomesse », « pRomettre »
« Paul » => « éPaule », « éPauler »
« Pierre » => « Il trouva une Pierre sur le chemin »
« Roger » => « abRoger » (si je me souviens bien)
J’ai fini par en rire, bien obligée, car on retrouve des mots avec des majuscules inopportunes dans dans TOUT le livre.
Un bon recueil dans l’ensemble.

Les Voies de l’ombre, T.2 : Stigmate

De Jérôme Camut et Nathalie Hug. 2007. Thriller. Excellente lecture mais très dérangeante.
(Suite de 3 romans : T.1 Prédation, et T.3 Instinct, tous déjà parus)
stigmateRésumé : « Quand un monstre fascinant et obscène prend la parole et surgit à nouveau face à ses anciennes victimes, elles n’ont pour seules issues que la fuite, la mort… ou les « voies de l’ombre », le système implacable d’un criminel qui leur dévoile en chuchotant les secrets de sa folie.
« J’ai de l’amour pour mes chiens d’attaque. Certains il a fallu les tabasser, d’autres pas.
Il n’y a pas de règles. C’est ça l’extraordinaire chimie de la nature humaine. C’est passionnant.
Approche-toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. Il est temps que je me présente et que j’offre ma réflexion à la multitude. » »
Tout d’abord c’est la suite directe de Prédation, donc si vous ne l’avez pas lu ne lisez pas celui-ci en premier. On retrouve les mêmes personnages, la même idée de fond (plus poussée vu qu’ils sont dans le tome 2), etc. – sans compter qu’en fait la fin de Prédation n’est qu’une demi-fin, ce qui permet aux auteurs de reprendre directement dans un certain vif du sujet.
Ensuite si vous avez trouvé que le tome 1 était déjà trop dur, trop violent, trop poussé pour vous, il est peut-être temps de s’arrêter. Autant Prédation ne m’avait pas dérangé plus que ça, autant ce livre-ci frôle mes limites en termes de perversité et d’atmosphère malsaine. Oui, il y a toujours des meurtres et crimes plus ou moins sanglants, mais en fait c’est quelque part beaucoup plus facile à lire et à accepter – dans l’histoire – que le pourquoi du comment, les motivations du « méchant », les répercussions psychologiques et renversements moraux qu’il provoque. C’est difficile d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue ou certains tournants du récit, mais la manière dont c’est amené, le déroulement des évènements… On voit, on sent les personnages basculer, glisser dans l’abîme, c’est vraiment horrible. Du coup je dirais que paradoxalement c’est très bien écrit, car c’est rare que je ressente de telles choses en lisant. J’avais pris le tome 1 pour une histoire relativement affreuse, mais je ne m’attendais pas du tout à ce que ça prenne un tour aussi sombre dans la suite. J’attends toujours, quelque part, un genre de « happy end », une fin qui ramène un genre de justice dans le tome 3, mais je n’en suis plus aussi sûre que ça.
Un des buts de cette série semble être une réflexion sur l’esprit humain, sa « normalité » et ses limites, ainsi que des réflexions assez semblables sur la société. Je pense que c’est justement ça qui est le plus dérangeant : ce n’est pas de la SF, ça n’appartient pas forcément au passé ; et même si c’est de la fiction c’est tout de même quelque chose d’un peu trop réel, décrit par des esprits un peu trop lucides pour le confort du lecteur.
Le livre dans le livre
Cette série se base en grande partie sur un livre dont j’ai pas mal entendu parler, sans l’avoir lu : Heart of Darkness, de Joseph ConradAu cœur des ténèbres, en français. Il paraît que le film Apocalypse Now en reprend pas mal d’idées, mais encore une fois je ne l’ai pas vu non plus. Heart of Darkness est apparemment un classique anglais (écrit en 1899), et traite de la dichotomie conceptuelle civilisation / sauvagerie, des méthodes et effets néfastes (à défaut d’un mot plus fort) de la colonisation, et de la folie. Un professeur à la fac, quand j’étais en L3 (3e année de Licence) d’Anglais, nous a à demi-mot recommandé de ne pas le lire, ou en tous cas d’être prêts à lire des choses horribles, si vraiment on voulait se lancer dedans. C’était fou ! Il avait vraiment l’air secoué, alors qu’il nous a fait lire des textes plutôt documentaires, et sur d’autres sujets pas drôles non plus (j’ai un souvenir très vif, par exemple, d’un témoignage d’un journaliste quelques jours après Hiroshima). Bref, maintenant que Hug et Camut m’ont mis dans le bain, je me demande si ce n’est pas le moment d’aller découvrir cet horrible roman (court, heureusement) pour satisfaire ma curiosité intellectuelle.
Je repense aussi à cette phrase de Nietzsche (je crois) : « Si tu regardes l’abysse, l’abysse regardera également en toi » (ma reformulation de « If you look into the abyss, the abyss looks into you » – je n’ai pas la phrase allemande ni les capacités de la traduire, je pense, si c’est bien de Nietzsche)

Le Philosophe ignorant

Par Voltaire. 1766, édition de 2008. Essai philosophique. Excellente lecture.
philosopheRésumé : « Voltaire est âgé de 72 ans en 1766 lorsque paraît Le Philosophe ignorant, malicieuse invitation à un voyage autour du monde de la philosophie. Raillant Descartes, Spinoza et Leibniz – la volonté n’est pas plus libre qu’elle n’est bleue ou carrée, oppose-t-il au premier -, louant les analyses de Pierre Bayle et de John Locke, Voltaire critique avant tout l’esprit de système des philosophes, que guettent les travers de son Pangloss. Contrairement à eux, le philosophe ignorant qu’est Voltaire ne dissimule pas ses contradictions : oui, on peut être à la fois déiste et profondément sceptique ; oui, on peut soutenir que les principes de la morale, comme toutes les idées, s’acquièrent par les sens, et néanmoins affirmer qu’il existe une morale universelle et naturelle fondée en Dieu. Car le philosophe ignorant ne cesse de rechercher la vérité. Tel est l’autoportrait que nous livre ici Voltaire. »
Qu’on aime ou pas Voltaire, il reste un philosophe plutôt accessible à tous : un vocabulaire assez simple, des phrases claires, et malgré quelques contradictions (plein en fait) un fil de pensée assez facile à suivre. Ce texte est à la fois court (100 pages), en forme de liste, et essaye de définir entre autres choses ce qu’est un philosophe et qui est Voltaire. C’est non seulement intéressant mais en plus, de mon point de vue, un ouvrage que je recommanderais à ceux qui ne sont pas (ou peu) habitués à lire de la philosophie, dont certains textes sont, il faut le dire, carrément abscons.
J’ai énormément apprécié la manière dont se place Voltaire dans la société de l’époque. Il écrit sur des choses et des gens (auteurs) qui lui sont contemporains, et aussi d’autres qu’il a lu car c’était des « best-sellers philosophiques » à l’époque (Locke, Hobbes, Descartes…), et il critique les uns et les autres en expliquant en quoi il est d’accord avec les uns mais pas du tout avec les autres, et aussi comment il a changé d’avis sur certains sujets et points philosophiques. C’est quelqu’un de très critique mais aussi de très direct, qui aime même ponctuer son discours de traits d’humour, ce qui rend la lecture dynamique et absolument pas ennuyeuse. Ce trait est accentué par la liste dont je parlais plus haut, qui concerne beaucoup de sujets qui se suivent, et donc changent au fil des pages, une raison de plus pour ne pas se lasser !
Le petit plus : la préface de Véronique Le Ru, qui m’a paru bonne et intéressante de mon point de vue curieux mais pas spécialiste, et le glossaire + dossier à la fin, qui amènent quelque 30 pages d’informations complémentaires permettant de resituer certaines choses, et de se faire une idée de certains textes dont Voltaire parle dans l’ouvrage.
Un excellent livre très abordable, dans le ton de beaucoup d’ouvrages poche de Gallimard (oui, je sais, les petites éditions, gnagnagna, mais bon, il faut reconnaître que les grands éditeurs ont parfois aussi du bon 😉 )