Comme des fantômes

De Fabrice Colin. Folio, 2011. Recueil de nouvelles. Excellente lecture. [474 p.]
Sous-titré : Histoires sauvées du feu. Première publication aux Moutons électriques, 2008.
Comme-des-fantomes-Colin-fabriceRésumé : « Que se passe-t-il quand un auteur abandonne ses personnages ? Quand l’Alice de Lewis Carroll oublie de fêter ses 130 ans ? Quand Peter Pan entend vous faire payer ses orientations sexuelles ? Que se passe-t-il lorsqu’un lecteur est pris au piège d’un cadavre d’histoire, qu’un détective devient fabriquant de spectres ou que la mort d’un poète fait surgir une forêt ? Expert en fantômes et en fées, docteur ès faux semblants et machinations troubles, Fabrice Colin possédait sur ces questions – et sur d’autres – des avis très personnels. C’était avant 2005 : avant qu’un incendie accidentel ne mette un terme brutal à ce qu’il appelait lui-même  » ma petite carrière d’ombres « . Ce recueil de nouvelles se veut hommage autant qu’étude ; s’y dévoile par à-coups une personnalité tourmentée et complexe dont les textes ici présentés ne sauraient suffire à épuiser pleinement le mystère. Suicide ou disparition ? Mythomanie chronique ou soif d’histoires compulsive ? La réponse, si elle existe, se trouve à l’intérieur.« 

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Lord Arthur Savile’s Crime and Other Stories

D’Oscar Wilde. 1887-1891. Recueil de contes et nouvelles. Très bonne lecture.  [192 p.]
Résumé : « These eight high-spirited stories were written at the height of Oscar Wilde’s creative power, between 1887 and 1891, when he delighted polite society with the epigram and controversy which flowed from his pen. « Lord Arthur Savile’s Crime » is a masterpiece of polished cynicism, in which poison, explosive clocks and finally murder forerun married bliss; and « The Canterville Ghost » is a venerable – and resourceful – family spook thoroughly unhorsed by his new American owners. Two of Wilde’s best-loved stories for children are also included, together with « The Portrait of Mr W. H. », a masterly example of scholarly detection, and three rare pieces by the man for whom, above all, there was « no Mystery so great as Misery ».« 
Je retrouve avec plaisir l’excellent style de Wilde, ses idées parfois baroques et sa manie de se moquer du monde à tout va. Cependant ce recueil de textes est aussi l’occasion de se confronter à divers genres et humeurs de l’auteur. En clair, il y a tant de choses différentes dans ce livre que chaque lecteur y trouvera probablement son compte de temps en temps tout en ne le trouvant pas à chaque fois, à moins d’être vraiment très éclectique dans ses lectures.

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Le Trône de fer

De G.R.R. Martin. 2010. Fantasy. Lecture inachevée. [785 p. intégrale tome 1]
Titre original :  A Song of Ice and Fire
martinLu jusqu’à la page 121. (en juin 2013)
Le style d’écriture me va (syntaxe, vocabulaire, dynamisme de la langue), mais non seulement c’est très violent / amoral (ce que j’aurais peut-être pu supporter quelques dizaines ou centaines de pages de plus, ou pas ?), mais surtout je m’ennuie profondément. J’ai l’impression qu’on m’a déjà présenté 150 personnages primaires et secondaires, et tertiaires, et aussi des morts depuis des siècles, et aussi des cousins de tantes d’autres familles que celles que je n’arrive déjà pas à retenir !! Bref, c’est assez.
De plus je n’arrive pas non plus à me prendre des repères sur les cartes, et l’auteur ne m’aide pas beaucoup, trop occupé à me rappeler pourquoi tel personnage n’aime pas l’autre, parce qu’un troisième a subi un affront de la part d’un cinquième qu’un quatrième a honteusement couvert, il y a de cela des décennies quand les dynasties X et Y se faisaient la guerre à cause de… Bref, j’ai un peu l’impression de lire une encyclopédie, plus qu’un roman. Et puis j’aime trop peu de personnages au milieu de tous ces mécréants, ces vicieux, ces putains, ces pauvres gosses, etc. Pas un univers pour moi, et pas amené assez progressivement pour que j’aie même envie de m’accrocher.
Et je ne parle même pas du fil conducteur, qui s’il existe, est noyé dans l’avalanche d’informations. Au revoir, M. Martin. Vu que la série est dite pire encore (je n’ai pas testé, mais tout le monde a l’air d’accord sur ce point), je pense que je vais simplement me blaser de ne pas comprendre toutes les allusions au TdF/GoT, et continuer d’en faire sur Tolkien que lesdits gens ne suivent pas toujours non plus. Mouahahahaha.
Peut-être qu’un jour je retenterais, ou pas.

100 animaux mythiques de l’Histoire

De Caroline Triaud. 2011. Synthèse mythologique et culturelle. Livre mal fichu.
100animauxRésumé : « Depuis la préhistoire, l’animal a toujours accompagné l’homme, et nourri les imaginaires. Cet ouvrage regroupe 100 animaux mythiques, symboles d’une période historique ou d’une région du monde. Le Minotaure, le Sphinx, mais aussi la bête du Gévaudan, le Chat Botté, Idéfix ou Sophie la Girafe… tous sont témoins des relations entre l’homme et l’animal et de l’histoire des hommes et de leur imaginaire.« 
Ce livre présente toutes sortes de bestioles (le terme « animal » me semble peu approprié lorsqu’il s’agit de créatures qui prennent des formes multiples, et hybrides). Chaque créature a une page recto-verso dédiée, ni plus ni moins.
Déjà, à ce niveau, j’ai constaté des déséquilibres : en effet certains sont mieux connues que d’autres, ont une histoire plus étoffée ou plus de légendes dans lesquelles elles apparaissent que d’autres, ce qui entraîne tantôt une impression d’étirage en longueur, tantôt une accumulation de détails compressés et non explicités. Je souhaite bon courage par exemple à ceux qui n’auraient pas lu son histoire, pour suivre l’histoire de Pégase, parce qu’elle est farcie de références à plein d’autres personnages de la Grèce mythologique, qui sont eux très peu explicités (voire pas du tout).
Une petite chose qui m’énerve un peu aussi, c’est que l’auteur aime bien préciser que certaines créatures apparaissent dans « des mangas, des films, des jeux vidéos » – qu’elle ne cite pas – mais elle arrive toujours à caser des exemples de Pokémon ! Ok, Simiabraz est peut-être inspiré de Sun Wukong, mais d’après ce que je lis un peu partout s’il fallait citer des dérivations de ce personnage et de son mythe les séries Saiyuki ou Dragonball auraient sans doute été tout aussi pertinentes, et auraient surtout permis au lecteur de se diriger vers d’autres sources d’information… (fiche d’un Pokémon = 10 lignes pour ceux qui ne verraient pas de quoi je parle !)
En fait autant lorsqu’elle parle de mythologie et de vieux textes elle a l’air de bien respecter les détails et les noms, autant les parties « culture populaire » ont l’air d’avoir été ajoutées « parce qu’il le fallait », ne sont pas toujours pertinentes, et comportent des à-peu-près : « [Fenrir] est un personnage de la saga Harry Potter, où il est figuré sous la forme d’un loup-garou des Mangemorts de Valdemort. » (sic) On ajoutera Walt Disney comme troisième référence majeure destinée au grand public qui n’aurait pas lu les textes anciens… Ou peut-être plutôt aux érudits qui ne mettraient pas le nez hors des ouvrages universitaires !
Parfois il y a également des petites problèmes dans la rédaction, par exemple plus d’une fois un nom est parachuté ; en relisant je comprends qu’il s’agit d’une personne introduite dans le paragraphe précédent – mais pas nommée. J’aurais appris, en passant, que les hiboux ont « une aigrette sur le front » (sic).
Je regrette enfin l’absence d’illu- pardon, il y a en fait de toutes petites vignettes à moitié mangées par le bord de la page, à côté de chaque titre. Autant vous dire qu’elles sont en noir et blanc, et si petites qu’on ne voit en gros rien.
Faut-il pour autant jeter ce livre aux orties ? Peut-être pas. Les mythes sont quelque chose à quoi je m’intéresse depuis très jeune, j’ai donc accumulé suffisamment de lectures pour me montrer plutôt critique sur ce point. Je ne conseille pas spécialement cet ouvrage aux gens dans la même situation, mais je pense qu’il pourrait être attrayant aux yeux d’un novice en contes et légendes, ou quelqu’un qui cherche des sources sur le sujet, car les textes sacrés ou mythiques d’où sont issus les « animaux » sont dans l’ensemble cités.

La Tortue d’Eschyle et autres morts stupides de l’Histoire

Co-écrit à douze mains : David Alliot, Philippe Charlier et alii. 2012. Histoire / humoristique. Très bonne lecture.
tortuedeschyleRésumé : « Tué par une tortue tombée des serres d’un rapace, le tragédien grec Eschyle est l’une des plus anciennes personnalités victimes d’une mort stupide. après lui, le Romain Pline l’Ancien meurt d’avoir voulu observer de trop près l’éruption du Vésuve, l’empereur Frédéric Barberousse disparaît pour s’être baigné en armure, le roi de France Louis III se fracasse le crâne en poursuivant une femme et Adolphe-Frédéric de Suède expire en prenant pour la quatorzième fois du dessert…
Plus près de nous, Félix Faure, Lawrence d’Arabie, Durruti, le colonel Fabien, le général Patton et beaucoup d’autres ont payé de leur vie leurs appétits, leurs maladresses ou leurs marottes. De l’antiquité à nos jours, la grande et la petite histoire s’entremêlent, invitant à méditer sur la fragilité du destin. La plupart de ces personnages disparus prématurément, pour des causes stupides, auraient peut-être modifié la marche du monde s’ils avaient vécu plus longtemps.
On parle souvent de l’ironie de l’Histoire : ce livre montre que, dans le genre grinçant, elle n’a pas de limites. »
120 biographies de personnages célèbres et moins célèbres, tous morts dans des conditions cocasses, étranges ou ironiques.

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