W3, T.1: Le Sourire des pendus

De Jérôme Camut et Nathalie Hug. 2013. Thriller. Excellente lecture. [750 p.]
w3Résumé : « Lara Mendès, jeune chroniqueuse télé, enquête sur le marché du sexe et ses déviances. Elle disparaît sur un parking d’autoroute… Désemparés par la lenteur de l’enquête, ses proches reçoivent le soutien de Léon Castel, fondateur d’une association de victimes.
Sa fille Sookie, policière hors norme, a enquêté sur une triple pendaison qui semble liée à cette affaire. Qui a enlevé Lara ? Pourquoi ? Où sont passés ces enfants et ces jeunes femmes dont les portraits s’affichent depuis des mois, parfois des années, sur les murs des gares et des commissariats ? Réseaux criminels ou tueurs isolés ? Partout, le destin d’innocents est broyé sans pitié.« 
Arrivée à la moitié du livre, j’étais prête à lui mettre un « excellent », mais étant donné que j’ai trouvé que les 200 dernières pages faisaient un tant soit peu retomber le soufflé et qu’en plus je suis frustrée de découvrir que ce n’est pas un one shot malgré ses 750 pages, ce sera seulement une « très bonne lecture ». Je suis faible, ils le méritent bien, leur « Excellent » ! 🙂
Dans l’ensemble, j’ai adoré le livre, autant que j’avais adoré leur saga composée de Prédation, Stigmate, et Instinct (et Rémanence, viens-je juste d’apprendre). On retrouve un maximum d’éléments de leur « univers » thrilleresque, et aussi des clins d’œil au moins à la série précédemment citée ainsi qu’à Malhorne, une série fantasy de Jérôme Camus (« bien mais spécial » m’a dit mon frère qui l’a lu – moi je n’y ai pas encore mis le nez).
C’est toujours plutôt horrible et malsain, donc je continue de déconseiller ces auteurs aux personnes qui seraient vraiment sensibles – en plus ça ne se finit pas en conte de fées, les méchants s’en sortent même parfois pas forcément si mal. Question horreurs gore, sévices sexuels, ou même concepts psychologiques on est toujours servis, même si dans l’ensemble j’ai trouvé ça moins terrible qu’Instinct, qui m’avait véritablement retourné l’esprit et les sens pendant quelques temps après ma lecture. Bref, on est bien dans du thriller et pas dans du roman policier avec enquête pépère autour d’un crime somme toute pas si horrible que ça. (Mon point de vue de lectrice, n’assassinez pas votre voisin fêtard, même proprement et même si vous avez des excuses :p)
Je passe vite fait sur le style, toujours aussi bon et qui me fait toujours penser à d’autres écrivains également pleins de talent, tels Grangé ou Chattham pour en citer deux qui font aussi dans le sanglant-tordu-journalistique. Même chose pour le rythme de l’histoire, mis à part le petit bémol cité au début – et qui se justifie par, donc, l’existence à venir (vite j’espère, et pas suivi d’un autre ! J’aime déjà pas attendre entre deux livres d’une série, mais vu qu’en plus là il y a enquête…)
Ce qui m’a le plus marquée dans cette lecture, ce sont les personnages. Pour un roman de cette catégorie, aucun n’a été laissé pour compte. Vous avez le choix entre la jeune fliquette en proie à un espèce de syndrome psychiatrique de rangement mental particulier et plutôt pratique, la journaliste pas si classique que ça, son « petit » frère bâti comme Hulk – de qui il partage aussi le caractère, le Papy réac du fin fond des Vosges consanguines*, l’idiot du village (en parlant de consanguinité) qui aime manger – et les chiens – et qui n’est pas si stupide que ça, le couple d’homos stars sur le déclin qui ont des problèmes de couple, de vie, d’identité, etc. Bref c’est plutôt la foire et donne l’occasion aux auteurs de ne pas voler trop au-dessus des pâquerettes quand il est question d’humour – et ça fait du bien entre deux séquences sordides (ou au milieu, n’est-ce pas « Pierre » ?). Bon, et ça c’est juste les personnages principaux. En fait, fait rarissime quand je lis ce genre de littérature, j’ai réussi à véritablement m’attacher aux personnages, à avoir envie d’encourager Lara à tenir bon, à regretter que Léon ne soit que fictif tellement il sonne vrai et que le monde aurait  besoin de plus de caractères comme lui, à espérer pouvoir aider Sookie, à imaginer Guernica « en vrai », à rire aux blagues des garçons (Valentin, Arnault, Egon) en ayant l’impression d’être dans la même pièce qu’eux.
Bah, j’ai même pas envie de vous parler de l’intrigue, ça se déroule comme je l’avais pensé en lisant le résumé, sur la trame de fond tout au moins, avec développements à la clé que je ne vais pas vous dévoiler. Je ne me suis pas du tout ennuyée, et même si là tout de suite je suis frustrée et sur ma faim car la conclusion n’est pas tout à fait… conclue, du coup, ça reste une lecture fabuleuse, plus que distrayante, et ça ne m’arrive pas si souvent de pouvoir dire ça en lisant des thrillers !
* Blague lorraine / et pis d’abord c’est eux qui l’ont dit dans le livre :p
Chroniques d’ailleurs : Avides Lectures
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Forteresse digitale

De Dan Brown. 2006. S-F / Thriller technologique. Pas trop mauvais, mais pas de la grande littérature non plus.
Titre original : Digital Fortress (1998)
forteressedigitaleRésumé : « Lorsque le super-ordinateur de décryptage de la NSA ne parvient pas à déchiffrer un code, l’agence appelle à la rescousse sa cryptanalyste en chef, Susan Fletcher, une belle et brillante mathématicienne. Ce que va découvrir Susan ébranle tous les échelons du pouvoir : la NSA est prise en otage – non sous la menace d’une arme ou d’une bombe, mais par un système de cryptage inviolable qui, s’il était mis sur le marché, pulvériserait tout le renseignement américain ! Prise dans un tourbillon de secrets et de faux-semblants, Susan se bat pour sortir l’agence de ce piège. Trahie de tous côtés, il ne s’agit bientôt plus seulement pour elle, de défendre son pays mais de sauver sa propre vie, ainsi que celle de l’homme qu’elle aime.« 
Le premier roman de Dan Brown. En gros l’intrigue est assez simple, sans trop de choses entremêlées, mais l’auteur la tient bien jusqu’au bout, du coup. La plupart des rebondissements sont attendus, mais rigolos et pas trop mal gérés. Je plains un peu David qui s’en prend pas mal dans la tronche, parfois il n’est pas très doué mais on lui pardonne un peu, parce que ce n’est qu’un cryptologue. Avec le cadre technologique on dirait un peu du vieux Crichton, avec les questions éthiques se heurtant aux questions technologiques et sécuritaires. En ce sens, je le trouve plus intéressant que Da Vinci Code. Et terriblement d’actualité. http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-23023576
En effet, une fois de plus, Dan Brown nous montre à quel point les cryptologues sont des gens qui vivent dans un monde « tour d’ivoire », beaucoup trop complexe pour arriver à gérer la vie de tous les jours dès qu’elle déborde de trop, les petites aventures, etc. J’aime lire du Dan Brown en particulier pour ça : me moquer des personnages qui n’arrêtent pas de se retrouver dans des situations idiotes et ont plutôt du mal à s’en sortir.
Et puis il y a toute le paradoxe des cryptogrammes. Je crois que Dan Brown essaie en même temps d’entrer suffisamment dans les détails pour attirer le lecteur, mais pas trop, pour ne pas le perdre, et en même temps en ce qui concerne la résolution d’énigmes, si ça se passait trop vite il n’y aurait pas autant de suspense, non ? Du coup en plus des scènes à la James Bond ratées, – parce que pas de James Bond mais seulement des cryptologues pas doués – on a aussi l’incroyable temps de suspense dû à la Résolution de l’Enigme, qui n’est pas forcément tellement plus poussée que les choses qu’on trouve dans Mickey Parade, mais que les pros vont mettre des pages et des pages à craquer, toujours je pense pour que le lecteur puisse participer, ce qui ne serait probablement pas le cas si c’était des énigmes haut de gamme, tout en maintenant un certain suspense. Bref. Le plus magnifique exemple, je l’ai trouvé dans Anges et Démons, que j’ai commencé il y a longtemps mais pas terminé encore, avec une écriture à l’envers (genre miroir) : deux pages de « je ne connais pas cette écriture », « quel code avancé, on n’y comprend rien », etc. Très drôle. Ici, on en a une un peu plus complexe, mais quand même. Avec un peu de culture générale et/ou un bac scientifique et/ou un intérêt pour la physique c’est gérable (j’avais mon idée 2 min après avoir lu le truc), mais eux vont mettre 14 pages, et chercher bien trop loin, avant de trouver la réponse qui n’est pas si compliquée.
Toujours un bon moment de rigolade. Encore une lecture de vacances.