Le Mystère Sherlock

De J. M. Erre. Pocket, 2012. Policier humoristique. Très bonne lecture. [260 p.]

9782266233552Résumé : « Meiringen, Suisse. Les pompiers dégagent l’accès à l’hôtel Baker Street, coupé du monde pendant trois jours à cause d’une avalanche, et découvrent un véritable tombeau. Alignés dans la chambre froide reposent les cadavres de dix universitaires qui participaient à un colloque sur Sherlock Holmes. Le meilleur d’entre eux devait être nommé titulaire de la toute première chaire d’holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer… Hommage à Sherlock Holmes et à Agatha Christie, rebondissements, suspense et humour (anglais) : « Élémentaire, mon cher Watson ! »« 

 

Un pastiche d’enquête de Sherlock Holmes, voilà qui m’a parlé tout de suite. En fait je me demande si je n’avais pas déjà croisé le livre sur les étagères de la médiathèque il y a quelques années – je devais avoir trop de livres en main déjà à ce moment, j’imagine !

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La Fille de l’alchimiste

De Kai Meyer. Le Livre de Poche, 2011. Fantasy. Coup de coeur. [626 p.]

kaimeyerRésumé : « Fin du XIXe siècle. Aura Institoris a grandi dans le labyrinthe de couloirs obscurs du château de ses ancêtres, bâti sur un récif de la Baltique. Lorsque son père, l’alchimiste Nestor Nepomuk Institoris, est assassiné sur l’ordre de son plus vieux rival, la jeune fille se trouve entraînée malgré elle au cœur d’un conflit dont les racines remontent au Moyen Âge. Aux côtés de son frère adoptif, elle décide d’affronter le meurtrier de son père. S’initiant à son tour aux terribles secrets de l’alchimie, elle va braver les intrigues et les dangers, et partir sur la piste du plus grand mystère de l’humanité : l’immortalité…« 

Évitez de lire le résumé chez les Éditions du Rocher, ils vous dévoilent la moitié du livre ! (contre 10% ici)

A mi-chemin entre la Fantasy et le roman d’aventures ésotérique, Kai Meyer nous propose un voyage à travers l’Europe mais aussi à travers le temps. Si le lecteur est d’abord plongé dans l’Allemagne du XIXe siècle, gothique et austère, il va très vite se faire entraîner beaucoup plus loin, dans les souterrains de Paris ou sur les hauteurs des Carpathes, alors que les héros du début n’en étaient même pas encore au stade d’idée dans la toile du Temps.

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Le Mystère du trésor englouti

De Stéphane Tamaillon. Imaginemos, 2013. Aventure jeunesse. Bancal. [149 p.]

Lu dans le cadre d’une Masse Critique organisée par Babelio

mysteretamaillon

Résumé : « Et dire que Jules, qui déteste la plage, avait peur de s’ennuyer, sans ordi, sans télé, sans copains ! Ses vacances vont vite se transformer en une incroyable chasse au trésor quand il découvrira ce que cachent le musée, le phare, la forêt, la dune, les blockhaus engloutis. Mais saura-t-il déchiffrer le code secret ? Vite, on plonge dans l’aventure…« 

Je pense que je vais définitivement arrêter de me faire du mal en lisant cet auteur, ça ne colle pas entre nous.

J’ai lu ce livre il y a une semaine et j’en ressors encore de la frustration. Au vu du résumé, de la couverture, du genre, j’étais pourtant très bien partie : les romans d’aventure jeunesse c’est quelque chose qui passe toujours bien, même encore maintenant que je n’ai plus l’âge de m’asseoir par terre dans le rayon pour bouquiner et pousser des exclamations d’excitation quand le groupe de jeunes aventuriers trouve le trésor ou un indice d’importance (mais j’apprécie quand même lire ou fouiner à l’étage jeunesse pour ne pas trop me contraindre me comporter comme une adulte rigide, silencieuse et posée ! ça y dérange moins).

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Les Cantos d’Hypérion 1 : Hypérion

De Dan Simmons. Robert Laffont (Pocket SF), 1991. Science-fiction. Excellente lecture. [282+296 p.]
Titre original : Hyperion, 1989.
hyperionRésumé : « Quand les sept pèlerins se posent à Hypérion, le port spatial offre un spectacle de fin du monde. Des millions de personnes s’entassent derrière les grilles : les habitants de la planète sont sûrs que le gritche va venir les prendre et ils veulent fuir. Mais l’hégémonie ne veut rien savoir. Une guerre s’annonce et les routes du ciel doivent être dégagées. Et tout ce que le gouvernement a trouvé, c’est d’envoyer les sept pèlerins. La présidente le leur dit d’emblée : « Il est essentiel que les secrets des Tombeaux du Temps soient percés. C’est notre dernière chance. » Mais les pèlerins n’y comprennent rien : c’est tout simple, ils ne se connaissent même pas entre eux ! Heureusement, le voyage leur permettra de se rapprocher. Chacun raconte son histoire, et l’on s’aperçoit vite que nul n’a été pris par hasard. Celui qui a fait la sélection, au fil des confidences, paraît bien avoir fait preuve d’une lucidité… diabolique. Et d’une cruauté… raffinée !« 
Vous me voyez bien embêtée : Hypérion ne possède pas de fin réelle. En effet ces deux tomes, dans cette édition, ne sont que la première partie de la série Les Cantos d’Hypérion, qui continue avec Les Chants d’Hypérion, eux aussi souvent trouvables en deux tomes. Je vois que Endymion et l’Éveil d’Endymion (même remarque quant aux éditions) feraient eux aussi partie de la saga des Cantos, reste à voir si c’est un deuxième cycle dans la série, donc lisible à part de Hypérion, ou si c’est encore une suite directe avec une intrigue en lien avec nos sept pèlerins. Autrement dit je n’aurai plus qu’à revenir à cette chronique pour la finir lorsque j’aurais lu la suite, à moins que je n’en écrive une deuxième si celle-ci devient trop longue !

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Le Château des Carpathes

De Jules Verne. Le Livre de Poche, 1966. Roman fantastique. Très bonne lecture. [241 p.]
Première édition : 1892
chateaujvJ’ai entamé ce roman sans avoir trop d’idées sur ce que j’allais trouver exactement puisque l’édition que j’avais en main ne comportait aucun résumé. Cependant il me semblait que je l’avais déjà lu une fois, et effectivement une fois lancée dans ma lecture beaucoup d’éléments me sont revenus en mémoire. L’histoire se situe dans un endroit reculé, rural, des Carpathes, dans un petit village peuplé de ses archétypes attendus : le docteur, le berger, les deux jeunes amoureux, l’aubergiste… Un jour Frik le berger remarque de la fumée au-dessus du vieux château à l’écart du village. Pourtant, l’endroit est censé être désert depuis des décennies. En mal de curiosité une expédition se forme, y va, revient amochée : c’est certain, le château est hanté ! D’autres personnages, des visiteurs venus de loin, font finalement irruption dans l’histoire en amenant leur propre passé et début de réponses.

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L’Héritage des Templiers

De Steve Berry. Le cherche-midi, 2007. Thriller historique. Très bonne lecture. [557 p.]
Titre original : The Templar Legacy, 2007
lheritageRésumé : « L’auteur du Troisième Secret nous offre, avec ce thriller ésotérique remarquablement conçu, un roman riche en détails historiques, qui développe une étonnante hypothèse quand à la vraie nature du fameux trésor des Templiers.
1118, Jérusalem, Terre sainte. Neuf chevaliers créent un ordre militaire, les « Pauvres Chevaliers du Christ ». Le roi Baudoin II de Jérusalem leur cède pour résidence une partie de son palais, bâti sur les ruines du Temple de Salomon. Ils deviennent les « Chevaliers du Temple », puis les « Templiers ».
1307 : Jacques de Molay, le grand maître de l’ordre des Templiers, est arrêté sur ordre de Philippe le Bel et livré à l’Inquisition. Il garde le silence sur le déjà célèbre trésor des Templiers.
2006 : Cotton Malone, ex-agent du département de la Justice américaine, et son amie Stéphanie Nelle entrent en possession de documents troublants relatifs à la nature du trésor des Templiers. Commence alors une quête à la fois historique, érudite et périlleuse, qui les mènera à Rennes-le-Château, cœur du mystère.
Plus de 2 millions d’amateurs de thrillers et de passionnés d’histoire ont déjà plébiscité à travers le monde ce roman, salué par Dan Brown et Katherine Neville, où ésotérisme, action et suspense se conjuguent à merveille.« 
J’aurais lu ce pavé en moins de temps que d’autres livres bien plus petits ! 🙂 J’ai beaucoup aimé le livre dans son ensemble, et ne lui ai pas trouvé autant de défauts qu’il est souvent attendu de livres de ce type, sur ce genre de sujet.
Par exemple, hormis le caractère « légendaire » de l’Ordre du Temple qui amène quelques lieux communs et personnages archétypes, point de complot international, point de secret ésotérique immémorial, aucune relique occulte… tout reste très réaliste, très proche de l’Histoire. J’ai d’ailleurs été très étonnée en lisant la postface de l’auteur : apparemment quasiment tout le côté « documentaire » du livre est fondé d’une manière ou d’une autre, ce qui est rarissime quand on prend un livre avec « Templiers » dans le titre (ou autres) dans le rayon « thriller » comme je l’ai fait ! Du coup j’ai vraiment envie de lire d’autres livres du même auteur, même si ce n’est pas sur le même sujet, car j’aime toujours avoir le sentiment de m’enrichir en lisant un ouvrage divertissant. Avec du recul je suis un peu estomaquée de n’avoir jamais moi-même remarqué certaines incohérences du Nouveau Testament, que j’ai pourtant entendu maintes et maintes fois (éducation religieuse dans mon enfance/adolescence), et lu une ou deux fois au moins. Je suppose que je n’avais jamais eu de regard littéraire critique sur ces œuvres, et Steve Berry a su aiguiser ma curiosité sur ce point plus que par exemple Dan Brown. Bon, j’ai d’autres choses à lire et relire pour le moment que la Bible, mais je garde un certain nombre des commentaires et hypothèses de l’auteur – même si, et surtout parce qu’elles ne sont pas toutes de lui au départ – dans un coin de ma tête ; d’un point de vue intellectuel c’est intéressant et ça va un peu plus loin que ce que j’ai l’habitude d’entendre ou de lire – même chez les gens qui se font un malin plaisir de « démonter les théories religieuses » – ceux qui se targuent d’en savoir le plus (dans mon entourage, en tous cas) se nourrissent souvent de choses en fait assez peu creusées. 😉
Concernant les personnages c’est peut-être ce qui m’a le moins surprise dans le livre : sympathiques et globalement convaincants mais tout de même assez caricaturaux dans leurs êtres et relations entre eux, que ce soit du côté des « gentils » ou des « méchants ». Rien de notable, quoi.
La plume de l’auteur est du même acabit : même tenu compte de la traduction, je n’imagine pas que l’auteur ait un style particulier : c’est bien écrit dans l’ensemble, avec des descriptions utiles et jolies (et pas trop longues pour ceux qui se poseraient la question), et un rythme trépidant caractéristique du genre, c’est tout. On rencontre des énigmes plutôt bien amenées, avec un minimum de fausses pistes là aussi convaincantes dans l’ensemble même si certains détails manquent un peu d’originalité (mais peut-être pour mieux coller à l’Histoire, je n’en sais rien). Contrairement à d’autres récits j’ai trouvé que la résolution des énigmes et mystères était assez bien équilibrée, ni trop tardive (irritant le lecteur qui a trouvé depuis 250 p.), ni trop rapide (lui faisant penser que le cryptologue était stupide, ou les héros vraiment trop intelligents) – de même les énigmes en elles-mêmes m’ont parues plus crédibles, moins tirées par les cheveux que ce sur quoi on tombe parfois !
Je n’ai pas trouvé de grandes qualités littéraires à ce livre, mais en tant que thriller il m’a bien plu, grâce à deux points majeurs forts : ses mystères bien dosés et maîtrisés, et un fond historique apparemment bien documenté et ramené à un discours pédagogique clair et fouillé.

 

Chroniques d’ailleurs :  Inspirer et Partager

Codex, le manuscrit oublié

De Lev Grossman. 2007. Roman à intrigue. Lecture passable. [329 p.]
Titre original : Codex, 2004.
codexRésumé : « Edward Wozny est un jeune banquier new-yorkais à qui tout réussit. Il est enfin sur le point de prendre des vacances bien méritées quand son patron exige de lui une dernière mission : aider un des clients les plus importants de la banque à ranger et trier sa bibliothèque laissée à l’abandon ! C’est bien la peine d’être un banquier de haut vol pour se retrouver à classer des papiers poussiéreux. Mais Edward n’a guère le choix. On lui demande surtout de rechercher un vieux manuscrit datant du XIVe siècle dont on n’est même pas sûr de l’existence mais qui serait d’une très grande valeur ! Et il se fait aider par une étudiante revêche et érudite, Margaret Napier. Parallèlement à sa recherche, il se prend de passion pour un jeu vidéo. À sa stupéfaction, il découvre des similitudes étranges entre ce jeu et la légende du manuscrit disparu. Il se plonge alors dans une enquête passionnante qui va peu à peu l’amener à douter de tout, avant de percer le secret magistral du Codex…« 
J’ai emprunté ce livre sans en attendre beaucoup, et j’ai bien fait. Il s’agit là d’un ouvrage distrayant, sans plus, avec pas mal de défauts et quelques points forts, que je ne recommanderai vivement ni ne déconseillerai non plus.
Je trouve les appellations « polar » ou « thriller » un peu tirées par les cheveux, car, d’enquête ou de poursuite effrénées, il s’agit plutôt de simplement résoudre une énigme – rechercher un vieux manuscrit, qui n’existe peut-être même pas, avec quelques pressions extérieures et quelques personnages qui ont une part sombre, mais sont très loin d’être de véritables tueurs ou malfrats ! Du suspense, oui, un peu, mais pas de frissons dignes de ce nom. 😉
J’ai failli ne pas du tout m’attacher au héros, Edward, et finalement j’ai réussi au fil du roman à lui trouver quelques aspects intéressants ou intrigants. L’arrivée de Margaret a été un véritable bonheur car c’est une fana de livres, et de nombreuses références m’ont fait penser à mes cours de DUT. 🙂 L’aspect reliure, par contre… je n’y connais quasiment rien, et certains passages m’ont semblé occultes au possible. J’ai aussi remarqué quelques descriptions qui faisaient mouche, me transportaient dans des endroits très tranquilles, au charme vieillot et reposant. (ou alors c’est parce qu’il n’y a pas un bruit dans la maison en ce moment, et ça a influencé ma lecture)
Le résumé de l’éditeur nous promet tout de même une intrigue riche et complexe, alors que l' »action » de l’histoire repose surtout sur les choix d’Edward, sa vie quotidienne, ses interrogations, et son travail avec Margaret dans les différentes bibliothèques – mon cerveau a fini par suivre simplement ce qu’il se passait dans l’histoire au fil des pages, mais j’imagine qu’il est facile de lire le résumé, de s’en faire de grandes idées, et d’être finalement très déçu. (La dernière phrase de la 4e est particulièrement fausse à tous points de vue !) :/
Pour le reste, tout est moyen : l’intrigue, les personnages secondaires, le rythme, le style – ce n’est ni génial ni très mauvais, ou parfois un peu déséquilibré au gré des pages et passages. Cela ne m’a pas trop dérangée dans ma lecture, mais j’imagine sans peine que d’autres lecteurs puissent être moins tolérants, puisque ces faiblesses sont bel et bien là.
La fin m’a paru trop précipitée, et je n’ai pas aimé la manière dont ça se finissait, même si d’un point de vue scénaristique ça se tenait.
Un livre distrayant, mais vraiment juste distrayant.

La Vallée des disparus

De Bente Porr. 2012. Roman à suspense. Très bonne lecture. [225 p.]
Titre original : Moriac, 2008.
Vallee-des-disparusRésumé : « Trois amis, tombés en panne sur une petite route provençale, sont bloqués quelques jours dans le village de Moriac, où ils prennent connaissance d’une inquiétante légende. Au pied du village se niche une mystérieuse vallée. Ceux qui s’y sont aventurés, dit-on, n’en sont jamais revenus. Au total, une douzaine de disparitions inexpliquées en deux siècles. Quel secret cache cet endroit sinistre ? Intrigué, l’un des trois voyageurs décide de mener l’enquête…« 
Ce livre a été pour moi une agréable surprise. Je l’ai choisi dans le rayon « polars », et en fait ce n’est pas vraiment du policier ; je m’attendais à quelque chose entre médiocre et bien, et j’ai trouvé certains points géniaux, et le livre très bon dans l’ensemble. Pour un premier roman c’est une belle réussite, c’est très équilibré de bout en bout.
Quelques mots sur le genre d’abord : il y a mystère dans la vallée, et anguille sous roche à propos de phénomènes inexpliqués. On le sait dès le début, et ce côté sombre, étrange, fantastique est largement exploité ne serait-ce que dans l’atmosphère. Les personnages sont pris dedans, et on trouve quelques scènes typiques du genre, avec des allusions ou comparaisons qui appartiennent au surnaturel. Autrement, le héros prend la décision de retrouver les disparus, ce qui nous mène effectivement dans une petite enquête – mais rien de très exploité en fait, de ce côté-là.
Le gros du livre, de ce que j’en ai ressenti, se concentre en fait sur les relations entre les personnages. La vallée énigmatique, le petit village champêtre, le voyage même n’apparaissent finalement que comme des excuses, une manière de mettre les trois personnes – Curt (le narrateur), Germer (son meilleur ami), et Fee (la fiancée de ce dernier) – dans une situation de huis-clos tendu où les faux-semblants, les hypocrisies latentes, les tolérances poussées à bout, les incompréhensions vont finalement éclater au grand jour. C’est le gros point fort du livre – je n’ai pas l’habitude de lire des drames psychologiques ou des romans contemporains ; celui-ci n’en est pas vraiment un, comme je l’ai précisé ci-dessus, on va dire que c’est du roman contemporain* mâtiné de fantastique, ou le genre de roman fantastique qu’on peut trouver au XIXe siècle, où l’atmosphère et les décisions et réactions des personnages priment très largement sur le surnaturel « pur » ! En tous cas, ça m’a beaucoup plu. 🙂
* L’histoire se passe dans les années 30, ce qui ajoute un certain charme 🙂
Bref, double (bonne) surprise : j’ai trouvé les évènements et évolution des personnages très bien amenés, tout en finesse, avec ce qu’il faut de prémonitoire (pour le lecteur), quelques temps forts ou « dérapages » nets, et un rythme constant que ce soit dans la montée en tension ou dans l’écriture globale, ce qui a été très appréciable. Le style n’a rien de très original, ça se lit bien, c’est bien écrit, rien de spécial à en dire. C’est plutôt de la bonne qualité toutefois.
Le fait qu’il n’y ait que trois personnages principaux et que toute l’action se déroule autour et à travers eux donne une force particulière au récit, écrit de plus à la première personne. J’ai été immédiatement plongée dans les pensées et dans la vie de Curt, ce qui n’a pas toujours été agréable, et même parfois franchement horrible ! Je ne m’attendais pas tout à fait à la fin – mais en fait, avec le recul, j’aurais pu ! Je l’ai trouvé à la hauteur du reste du livre – glauque. Mais un glauque littérairement appréciable. 😉
Ce livre n’aurait pas été rangé dans « polars », je n’aurais probablement pas mis le nez dedans, et ça aurait été dommage ! Pourtant il ne s’agit pas vraiment d’un roman policier mais plutôt de fantastique, en toile de fond d’un bon roman à tendance classique/suspense.
Chroniques d’ailleurs :   Bazar de la littérature

Fractures

De Frank Thilliez. 2009. Thriller. Excellente lecture. 🙂
fracturesRésumé : « Face à la tombe de sa sœur jumelle Dorothée, décédée dix ans auparavant, Alice Dehaene s’interroge : à quoi rime cette photo de Dorothée, prise il y a peine six mois, qu’elle a récupérée des mains d’un immigré clandestin ?
Alice sait que quelque chose ne tourne pas rond dans sa tête. Son psychiatre à l’hôpital de Lille, Luc Graham, doit lui révéler le résultat d’un an de psychothérapie, lui apporter cette lumière qu’elle recherche depuis si longtemps. Mais les événements étranges que se multiplient autour de la jeune femme vont l’en empêcher : son père, agressé chez lui à l’arme blanche, et qui prétend avoir tenté de se suicider ; ce chemisier ensanglanté qu’elle découvre dans sa douche, à propos duquel elle n’a pas le moindre souvenir ; et cet homme retrouvé nu à un abri de bus qui semble avoir vu le diable en personne.« 
Un super polar ! Un super auteur également, si j’en crois les chroniques et critiques que je croise, et d’après donc cette première expérience de sa plume. Je ne me suis pas du tout ennuyée, me suis posée plein de questions, me suis laissée balader jusqu’à la moitié du bouquin avant de commencer à comprendre où il allait en venir, et même alors j’ai encore eu quelques surprises et détails qui ne m’étaient pas venus à l’esprit dans les derniers chapitres !
Le seul point vaguement négatif que j’ai à préciser ce sont les quelques premières pages : deux prologues, une introduction, et enfin l’arrivée d’Alice – pendant quelque temps je me suis demandée à quoi ça rimait, et quel était le lien entre ces différents temps, lieux, et personnages, car ça n’était au départ pas du tout explicite ! Mais finalement l’auteur nous donne les ficelles sans trop tarder (avant que le lecteur s’énerve pour de bon et envoie valser le bouquin 🙂 ).
Après, bien sûr, l’aspect surprenant d’un thriller c’est toujours assez subjectif, ça dépend de vos lectures, mais sincèrement je pense que celui-ci pourrait plaire à un grand nombre, parce qu’il n’est pas mal ficelé du tout, Thilliez aime nous perdre dans les détails et intrigues « secondaires », fait intervenir les personnages comme il faut, et crée une atmosphère qui retient l’attention du lecteur en lui dévoilant des choses petit à petit ! Je n’ai pas noté de temps mort dans l’histoire ; le fait d’avoir plusieurs pistes de réflexion et de questionnement nous permet d’avoir toujours quelque chose à cogiter, à déduire, à observer sans savoir quoi en faire tout de suite. J’ai plusieurs fois pensé à Grangé, autre auteur de thrillers français, à cause de la recherche d’identité d’Alice – son passé, son présent, qu’est-ce qui lui échappe exactement ? Cependant c’est assez rare que je devine grand chose dans les Grangé, alors qu’ici en même temps que de me faire tranquillement illusionner par Thilliez j’ai aussi pu récolter pas mal d’indices et avoir l’impression de pouvoir moi aussi faire ma petite enquête ! Le côté psychologique est très important, même s’il y a de l’action, on est sans cesse en train de remettre en question ce que l’on sait, ce que l’on sait vraiment, ce que savent les différents personnages ou ce qu’ils se contentent de relater.
Dans ce livre on suit donc principalement Alice, qui est suivie par un psychiatre (= mise en doute dès le départ d’un certain nombre de choses bwahahahaha), et dont l’existence déjà perturbée bascule un peu plus à cause d’évènements inexpliqués. A côté on suit le docteur Luc Graham, son praticien, mais également Julie, une assistante sociale en psychiatrie, qui a trouvé un homme nu en état de catatonie. J’ai de manière générale beaucoup aimé les personnages, même si je me suis plus facilement identifiée à certains qu’à d’autres. J’aurais aimé avoir un chouïa plus de détails sur Mirabelle, toutefois. Vu leur nombre relativement limité (ce qui permet d’avoir une histoire qui sonne de manière assez réaliste, et des interactions entre eux renforcées tout au long du livre, je ne m’en plains pas !), j’ai fini par identifier le meurtrier avant le dénouement – mais bon c’était pas trop gênant c’était vraiment sur la toute fin du livre, et il restait d’autres questions à résoudre !
Donc voilà, première rencontre avec Frank Thilliez, et j’espère bien qu’on se reverra encore ! 😀
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Le Scarabée

De Richard Marsh. 2006 (réédition). Fantastique. Excellente lecture.
Titre original : The Beetle, 1897.
scarabéeRésumé : « À Londres, à la fin du XIXe siècle, une créature mystérieuse venue du fond de l’Egypte antique apporte l’épouvante et la mort. Quelle horrible vengeance poursuit-elle pour assouvir sa haine meurtrière ? Paul Lessingham, jeune politicien de talent, semble bien être au coeur de l’énigme. Rattrapé brutalement par son passé, il entraîne ses proches à son insu dans un cauchemar hors du temps.
Construit en forme de roman policier avant l’heure, Le scarabée invite le lecteur à assembler les éléments d’un puzzle démentiel où s’affrontent malédiction d’un autre âge et rationalité moderne. »
« Le scarabée est l’œuvre la plus célèbre de l’auteur anglais Richard Marsh (1857-1915). Cité par Lovecraft parmi les plus grands thrillers fantastiques, ce roman connut en son temps le même remarquable succès populaire que Dracula de Bram Stoker, paru lui aussi en 1897. »
Je découvre avec ce livre un auteur dont je n’avais pas encore entendu parler (ou je ne m’en souviens plus), et que pourtant j’aurais apparemment eu maintes occasions de croiser, que ce soit au cours de mes lectures ou de mes recherches ! Je l’ai d’ores et déjà classé dans ma liste de « Wanted » : les auteurs durs à trouver (dans les bibliothèques de France*…) mais néanmoins super intéressants d’un point de vue stylistique et historique.
* En effet seuls deux ou trois de ses ouvrages, en comptant celui-ci, seraient traduits.
Il semblerait que cet auteur ait été très prolifique, avec environ 70 romans à son actif, des thrillers essentiellement même si le fantastique est apparemment un genre qu’il affectionne aussi.
On trouve ce roman avec la mention « thriller fantastique », mais je trouve cette appellation plutôt impropre. Après tout, chez Stoker aussi, et Lovecraft, et bien d’autres encore (Sheffield me revient à l’esprit avec Erasmus Darwin, ou W.H. Hogdson avec son Carnacki, chasseur de fantômes – je les conseille tous les deux ! :)), on cherche à comprendre, expliquer, voire démystifier le surnaturel quand c’est possible. Autrement dit, si on va par là la moitié des romans fantastiques du XIXe- XXe sont des « thrillers »!
Je replonge avec plaisir dans un roman qui non seulement se déroule au tournant du siècle dernier, mais a bel et bien été écrit à cette époque, contrairement à d’autres livres que j’ai lus récemment. Pas de doute : cette écriture posée, subtile, recherchée, ces phrases soigneusement construites, ces paragraphes denses, ce vocabulaire choisi, tout ceci dénote indéniablement une recherche de qualité littéraire qui n’est plus aussi commune de nos jours ! Je m’en délecte toujours autant, quels que soient les sujets de ces désormais vieux ouvrages. De plus on retrouve beaucoup de détails concernant aussi bien l’atmosphère que le cadre, les personnages, ou simplement le système de pensée et de comportement de l’époque, qui nous met encore plus « dans le bain ».
En effet on se trouve ici face à du fantastique au sens le plus strict : des personnages très réalistes, quelque part très communs, se retrouvent confrontés à quelque chose qui les dépasse, et qu’ils cherchent à comprendre.
Le suspense est non seulement bien construit mais aussi correctement maintenu, jusqu’au bout de l’histoire ; les personnages m’ont globalement plu, même si je me suis attachée plus à certains d’entre eux qu’à d’autres (Lessingham et Marjorie m’ont plutôt énervée) – mais ils ont tous quelque chose d’intéressant, à défaut de sympathique. Bien que la tension ne soit pas créée uniquement par des éléments psychologiques (il y a bel et bien des choses étranges), j’ai eu la sensation que les personnages portaient une très grande partie du livre sur leurs épaules. On a des incursions brèves dans leur vie, leurs valeurs, leurs déboires du moment (quotidien, pas fantastique)… De plus l’auteur a décidé de changer de narrateur(s) au fur et à mesure du déroulement de l’histoire – et donc du dévoilement de l’intrigue, nous présentant tour à tour les personnages encore inconnus par les yeux des premiers « témoins ». J’ai beaucoup aimé ce procédé, et l’ai trouvé très efficace : malgré quelques répétitions de certaines scènes, le fait de changer complètement de point de vue était très distrayant, et amenait une tension différente à chaque fois, puisque les 4 ou 5 narrateurs sont très disparates, socialement et psychologiquement parlant. Cela permet aussi d’avoir des détails supplémentaires, et de s’immerger d’autant mieux dans leur esprit.
Un excellent roman fantastique dans une certaine veine « classique » du XIXe. A mettre entre toutes les mains. (Assez court, écriture fluide bien que soignée)