Mademoiselle Christina

De Mircea Eliade. L’Herne, 1978. Fantastique. Bonne lecture. [282 p.]

Titre original : Domnisoara Christina, 1935, trad. par Claude Levenson

mllechristinaRésumé : « Une famille isolée au bord du Danube subit l’influence maléfique d’une ancêtre disparue. Mademoiselle Christina hante les chambres des occupants, vampire à l’apparence séductrice, elle charme Egor et enlève petit à petit toute vie dans la demeure austère. Sous la lumière blafarde de la lune, les ombres trahissent la présence d’un autre monde, effrayant, celui des âmes damnées. Entre deux soupirs de Sanda, jeune fille exsangue, un silence de mort s’installe dans le récit. »

J’avais lu un peu de Mircea Eliade il y a quelques années, notamment son essai le Sacré et le Profane, qui m’avait passionné. J’ai lu récemment qu’il est décrié dans certains cercles spécialisés comme étant dépassé, et certes c’est un écrivain qui commence à dater un peu, mais je continue de le trouver fascinant dans son approche des choses surnaturelles et mythiques. Je savais qu’il avait également un ou plusieurs romans à son actif et c’est une fois de plus Lynnae qui m’a prêté celui-ci.

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Le Jardin des secrets

De Kate Morton. Pocket, 2009. Roman. Très bonne lecture. [691  p.]

Titre original : The Forgotten Garden, trad. par Hélène Collon, 2008

jardinsecretsRésumé : « 1913. Sur un bateau en partance pour l’Australie se trouve une petite fille de quatre ans, seule et terrorisée. Le navire lève l’ancre et elle se retrouve à Brisbane. Si le secret de son débarquement est religieusement gardé par ses parents adoptifs, ceux-ci décident, le jour de ses 21 ans, de révéler à Nell les circonstances étranges de son arrivée dans la famille. Les questions se bousculent : qui est-elle ? D’où viennent ses souvenirs ? Que représente le livre trouvé dans sa petite valise, seule relique d’un passé perdu ? Bouleversée, ce n’est que des années plus tard qu’elle entreprend le voyage vers ses origines. Une quête difficile pour lever le voile sur près d’un siècle d’histoire familiale…« 

Quelle bonne surprise que cette lecture ! Je me souvenais avoir lu de bons avis dessus, et je m’y suis mise tête baissée sans même trop savoir de quoi ça allait retourner (j’ai simplement jeté un œil très rapide au résumé). Je me réjouissais du côté saga familiale car j’aime assez ce genre d’intrigue dans les genres que je lis, et j’attendais un soupçon, ou beaucoup plus, de merveilleux s’invitant dans l’histoire avec l’irruption d’éléments m’y faisant penser, très tôt dans le livre.

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3 fois plus loin

De Nathalie Hug et Jérôme Camut. Le Livre de poche, 2009. Thriller/Aventure. Très bonne lecture. [501 p]

3foisplusloinRésumé : « Dans les années 50, quatre scientifiques traversent la jungle vénézuélienne en quête d’une espèce de singes muets. Ce qu’ils vont découvrir va changer le cours de leur vie. /  Amazonie, de nos jours Nina Scott dirige une équipe de cueilleurs d’essences rares pour l’industrie américaine dans une région contrôlée par les braconniers et les trafiquants de drogue. / En s’éloignant du groupe, Nina découvre les vestiges d’un site magnifique, où les singes sont silencieux et les arbres recouvrent des charniers. / Alors que la mort frappe ses compagnons, elle est miraculeusement épargnée. / Des mines d’émeraudes colombiennes aux bidonvilles de Caracas, des palaces de la Côte d’Azur aux confins du désert marocain, Nina va alors s’embarquer dans une aventure qui pourrait mettre en péril sa vie et bien plus encore.« 

L’histoire se déroule en deux temps alternés, entre Robert Ravenne, scientifique de l’après-guerre, et Nina Scott, botaniste contemporaine. Je ne saurais dire celui que j’ai préféré, les deux types de récits étant assez différents dans leur style mais aussi leurs apports narratifs. Lire la suite

Les Cantos d’Hypérion 2 : La Chute d’Hypérion

De Dan Simmons. Pocket SF, 1992. Science-fiction. Excellente lecture. [300 + 346 p.]

Titre original : The Hyperion Cantos – The Fall of Hyperion, 1990.

/!\ Spoilers sur la première partie (cachés) dans le résumé.

hyperionRésumé : « L’Hégémonie gouverne plus de trois cents mondes. Quant aux Extros, ils ont pris le large après l’Hégire. Reviendront-ils ? Un de leurs essaims, depuis trois cents ans, se rapproche d’Hypérion. Les habitants de cette planète ont fini par devenir nerveux ; ils réclament l’évacuation. Pour l’Hégémonie, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Mais, sur la même planète, on annonce l’ouverture prochaine des Tombeaux du temps. Le Techno-Centre n’arrive pas à produire des prévisions fiables à ce sujet. Alors, l’Hégémonie agit : elle envoie sept pèlerins sur Hypérion. Drôles de pèlerins ! Celui-ci n’arrive pas à se débarrasser d’un parasite de résurrection ; celui-là écrit un poème qui, selon lui, infléchira le cours des événements. Deux d’entre eux veulent tuer le gritche ; un autre hésite à lui sacrifier sa propre fille, qui naîtra dans trois jours. Et le dernier semble trahir tout le monde, ce qui étrangement ne trouble personne. Bref, l’Hégémonie en fait le minimum ; qu’est-ce qui se cache là-dessous ?« 

J’aime beaucoup le style des couvertures de l’ensemble du cycle ; la première est clairement le (Tombeau du) Sphinx tel que décrit dans le livre, avec cette singularité familière ; cependant je ne vois pas ce que vient faire ici un archer dénudé, bien que bel homme !

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Le Secret des glaces

De Philip Carter. Robert Laffont*, 2011. Thriller ésotérique. Bonne lecture. [689 p.]

* Réédité par France Loisirs. Chut.

Titre original : Altar of Bones, 2011.

le-secret-des-glaces-571732-250-400Résumé : « Aux origines, au plus profond de la Sibérie : Un secret ancestral, protégé par une lignée d’élues, convoité par des hommes prêts à tout pour se l’accaparer.  De nos jours, en Californie : Quand Zoé découvre qu’elle est la nouvelle héritière de cette lignée, il est trop tard. Les tueurs l’ont déjà identifiée et sont à ses trousses. Le temps presse : lancée dans une incroyable course-poursuite à travers le monde, elle doit déchiffrer énigmes et mystères afin de retrouver le secret, avant qu’il ne tombe entre de dangereuses mains. Dans sa quête, elle sera aidée par un agent spécial. Mais est-il vraiment son allié ? Une élue ne peut faire confiance à personne … Qui s’emparera du secret ? Qui sera tué ? Qui survivra ?« 

J’ai acheté ce livre en m’attendant à un sympathique thriller tout au moins, et on peut dire de ce thriller qu’il est tout du moins sympathique, c’est donc une bonne pioche !

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La Fille de l’alchimiste

De Kai Meyer. Le Livre de Poche, 2011. Fantasy. Coup de coeur. [626 p.]

kaimeyerRésumé : « Fin du XIXe siècle. Aura Institoris a grandi dans le labyrinthe de couloirs obscurs du château de ses ancêtres, bâti sur un récif de la Baltique. Lorsque son père, l’alchimiste Nestor Nepomuk Institoris, est assassiné sur l’ordre de son plus vieux rival, la jeune fille se trouve entraînée malgré elle au cœur d’un conflit dont les racines remontent au Moyen Âge. Aux côtés de son frère adoptif, elle décide d’affronter le meurtrier de son père. S’initiant à son tour aux terribles secrets de l’alchimie, elle va braver les intrigues et les dangers, et partir sur la piste du plus grand mystère de l’humanité : l’immortalité…« 

Évitez de lire le résumé chez les Éditions du Rocher, ils vous dévoilent la moitié du livre ! (contre 10% ici)

A mi-chemin entre la Fantasy et le roman d’aventures ésotérique, Kai Meyer nous propose un voyage à travers l’Europe mais aussi à travers le temps. Si le lecteur est d’abord plongé dans l’Allemagne du XIXe siècle, gothique et austère, il va très vite se faire entraîner beaucoup plus loin, dans les souterrains de Paris ou sur les hauteurs des Carpathes, alors que les héros du début n’en étaient même pas encore au stade d’idée dans la toile du Temps.

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Anne… la maison aux pignons verts

De Lucy Maud Montgomery. France Loisirs (Julliard), 1987. Très bonne lecture. [278 p.]
Titre original : Anne of the Green Gables, 1908
annegreengablesRésumé : « Dans l’île du Prince-Edouard près du golfe du Saint-Laurent, Marilla,— une vieille fille un peu acariâtre, —vit avec son frère Matthew. Ils décident d’adopter un orphelin pour les aider à la ferme. Sur le quai de la gare, le petit garçon attendu se présente sous les traits d’une fillette à la chevelure flamboyante, au visage constellé de taches de rousseur et aux grands yeux verts pétillants. Anne,— cette enfant douée d’une imagination poétique exceptionnelle,— est d’abord accueillie à contrecœur par Marilla. Mais, peu à peu, elle va réussir à capter l’affection de ces deux célibataires endurcis. Ils apprendront avec elle à s’émerveiller devant la nature, à jouir de la magie des mots, à rire de leurs propres manies… et tout simplement à vivre.« 
J’ai découvert avec Lucy Maud Montgomery un classique à côté duquel j’ai pourtant bien failli passer ! Il aura fallu une fois de plus des bavardages avec Lynnae pour que j’attrape ce livre alors que je passais devant lors d’un don public de livres (chose rare s’expliquant par le surplus d’une association dédiée à la lecture), un peu par hasard.
Ce roman se présente comme beaucoup d’autres plus ou moins classiques de la fin du XIXe / mi-XXe : les aventures familiales, parfois extra-familiales (pas trop ici), d’enfants dans un environnement socio-culturel particulier, raconté de façon optimiste et humoristique, avec quelques accents dramatiques selon les livres et auteurs. C’est assez différent de la littérature jeunesse actuelle, entre autres à cause du temps qui nous sépare et donc également du langage et des codes utilisés.

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Sur la route de Blue Earth

De Joseph Monninger. Flammarion [Tribal], 2014. Roman jeunesse / ado. Lecture distrayante. [251 p.]
Titre original : Finding Somewhere, 2011
surlarouteblueearthRésumé : « Hattie et Dolorès s’ennuient ferme dans leur petite ville du New Hampshire. Lorsqu’elles apprennent que Speed, un vieux cheval, doit être euthanasié le lendemain, les deux amies décident de le sauver.
Au volant d’un van, les voilà embarquées dans un road trip à travers les Etats-Unis pour lui trouver un endroit serein pour mourir. Un voyage parsemé de rencontres au détour du chemin.« 
Je remercie les éditions Flammarion de m’avoir envoyé ce livre.
Encore une fois j’avais des a priori sur cette lecture, tout autant que sur Lune Mauve, et dans l’ensemble j’avais bien ciblé les deux livres.
Ce livre est en effet un exemple typique de littérature légère pour jeunes adolescent(e)s : deux adolescentes (16 et 18 ans en fait, mais le texte peut s’adresser à largement plus jeune, je dirais vers 12 ans sans souci) qui partent pour un road trip à travers l’Amérique pour garantir une retraite à un cheval moribond.

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Morwenna

De Jo Walton. Denoël, 2014. Fantastique. Coup de cœur pour ce bon bouquin. [334 p.]
Titre original : Among Others, 2010.
COUV_morwenna.inddRésumé : « Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.« 
Je me suis sentie très proche de cette jeune fille un peu solitaire, bibliophile convaincue et passionnée de science-fiction. Dans ce livre il y a énormément de choses que j’aurais moi-même aimé exprimer, ou exprimer plus souvent, ou mieux, ou plus tôt.

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L’Évangile cannibale

De Fabien Clavel. ActuSF, 2014. Horreur – zombies. Très bonne lecture. [283 p.]
evangilecannibaleRésumé : « Aux Mûriers, l’ennui tue tout aussi sûrement que la vieillesse. Matt Cirois, 90 ans et des poussières, passe le temps qu’il lui reste à jouer les gâteux. Tout aurait pu continuer ainsi si Maglia, la doyenne de la maison de retraite, n’avait vu en rêve le fléau s’abattre sur le monde. Et quand, après quarante jours et quarante nuits de réclusion, les pensionnaires retrouvent la lumière et entrent en chaises roulantes dans un Paris dévasté, c’est pour s’apercevoir qu’ils sont devenus les proies de créatures encore moins vivantes qu’eux. Que la chasse commence…
Fabien Clavel, lauréat d’une douzaine de prix et auteur d’une vingtaine de romans, est l’une des voix les plus connues de l’imaginaire. Sa plume caméléon s’adapte à sa volonté d’en explorer tous les sous-genres. Avec L’Évangile cannibale, il revisite le mythe du zombie et du survival dans un roman court, rythmé et caustique.« 
L’auteur ne mâche pas ses mots, ou plutôt il nous les crache à la figure. C’est brut, cruel, vulgaire même. On entre dans l’histoire via les pensées de Matt Cirois, pensionnaire de 90 ans aux Mûriers, et c’est pas joli-joli. « Tout est sale, à l’intérieur comme à l’extérieur », dit-il de son environnement physique et humain – et cela semble être très applicable à lui-même également. Et pourtant je ne peux m’empêcher de ressentir de la pitié, de l’amusement et même de la tendresse à l’égard de cet être humain entièrement révolté, fermement décidé à ne pas « se laisser crever » sans résistance, devenu paranoïaque et méfiant à force de côtoyer déchéance, mépris et stupidité.
« Nettoie les chiottes et le vieux assis dessus. Je suis sûr que certaines [aide-soignantes] aimeraient bien nous passer au jet d’eau en même temps que la salle de bains. C’est à peine si on ne nous essuie pas avec la serpillière qu’on passe sur le sol. »
J’ai remarqué qu’il n’y a pas de majuscules aux noms des résidents et personnel de la maison de retraite. Vu le systématisme je pense que c’est voulu, toujours dans ce but de déconstruction et de dépersonnalisation que l’auteur semble suivre depuis le début. (Point confirmé par l’interview de l’auteur présente à la fin)
Je me suis laissée prendre à l’histoire, dont la première moitié consiste surtout à mettre en scène l’environnement et les personnages, nous les présenter, nous installer dans le quotidien physique et mental de ces vieux. C’est très original, ça change effectivement beaucoup des ados boutonneux en mal d’amour et d’identité partant à la conquête du monde (qui me fatiguent parfois même si j’aime en retrouver de temps en temps) – les identités sont déjà définies, et pourtant elles sont redéfinies (ou à redéfinir) en partie tout simplement par les évènements déclencheurs des péripéties, du mouvement du groupe de personnes âgées hors de leur établissement. Le thème du corps est extrêmement employé et exploité, jusqu’à la nausée, jusqu’à un certain anéantissement – sans vous spoiler. Bien sûr le passage, ou plutôt la succession de passages qui m’a définitivement coupée toute sympathie pour les « héros » est arrivée pendant que je déjeunais. Ça m’apprendra à lire en mangeant. Évidemment, je déconseille ce livre à toute personne particulièrement sensible, jeune ou moins jeune. C’est horrible par moments, et je ne parle pas seulement de zombies ou de violence.
Je ressors de ma lecture dégoûtée, mais pas au point de m’arrêter là avec Fabien Clavel. Je pense même que je retrouverais avec plaisir son style, ou un autre, dans d’autres de ses ouvrages – après tout la moitié de ce qu’il nous raconte dans ce livre est dégueulasse, alors si je ressors avec un sentiment de répulsion, c’est qu’il a parfaitement réussi son coup ! Cependant je n’avais pas remarqué grand’chose de ce qu’il raconte dans l’interview finale, les parallèles avec la Bible et tout – j’ai vaguement noté les noms mais franchement je doute que beaucoup de lecteurs fassent plus le rapprochement que moi : il faut pour ça avoir l’Apocalypse et l’évangile de Matthieu en tête, et pour ma part ce ne sont pas des choses que je relis tout les jours ! Bravo tout de même pour la conception de l’idée.
Un livre qui sort des sentiers battus (de mon point de vue de novice en zombies), sombre et glauque.
Chroniques d’ailleurs :  Avides Lectures, Blog-O-Livre