Lontano

De Jean-Christophe Grangé. Albin Michel, 2015. Thriller. Très bonne lecture. [777 p.]

/!\ L’intrigue se continue dans Congo Requiem.

Mise en page 1Résumé : « Le père est le premier flic de France. Le fils aîné bosse à la Crime. Le cadet règne sur les marchés financiers. La petite sœur tapine dans les palaces. Chez les Morvan, la haine fait office de ciment familial. Pourtant, quand l’Homme-Clou, le tueur mythique des années 70, resurgit des limbes africaines, le clan doit se tenir les coudes. Sur fond d’intrigues financières, de trafics miniers, de magie yombé et de barbouzeries sinistres, les Morvan vont affronter un assassin hors norme, qui défie les lois du temps et de l’espace. Ils vont surtout faire face à bien pire : leurs propres démons. Les Atrides réglaient leurs comptes dans un bain de sang. Les Morvan enfouissent leurs morts sous les ors de la République.« 

Je l’ai déjà indiqué plusieurs fois : Grangé fait partie de mes auteurs préférés, même si tous ses romans ne sont pas équivalents en terme de qualité (pas duuuuu tout, parfois 😉 ) je trouve qu’il lui arrive régulièrement de sortir de très bonnes choses, bien ficelées, bien documentées, avec un rythme haletant et/ou des relances d’intrigue suffisamment bonnes pour qu’on ne lâche pas le bouquin avant de l’avoir fini.

Lontano fait partie de ces titres qui me rappellent les qualités que j’avais trouvées au Vol des Cigognes : une intrigue qui s’éparpille en plusieurs axes, des personnages très vite totalement dépassés par des événements ou autorités sur lesquels ils n’ont qu’une influence toute relative, nonobstant leur statut ou compétences, souvent des têtes brûlées qui vont néanmoins se jeter dans la gueule du loup couteau au poing, sur fond de pays étranger (là aussi, encore en Afrique), dans un contexte social, économique, militaire désastreux ou du moins compliqué. Je me souviens avoir lu que Grangé a travaillé comme reporter, même si je ne sais pas où il a voyagé exactement, et j’ai toujours l’impression qu’il s’inspire parfois énormément de ses expériences (si ce n’est pas le cas je suis suffisamment novice en la matière pour être convaincue) – en tous cas il donne suffisamment de détails et d’explications sur sa République Démocratique du Congo (RDC) pour d’une part m’en apprendre pas mal, mais aussi parfois me perdre un peu (parce que je n’y connais rien de rien), et m’envoyer sur Internet chercher un peu plus de choses, réaliser que oui, bien sûr, un certain nombre de personnages présentés comme importants ne peuvent être que fiction dans le cadre du roman puisqu’il les tue, et les relie ou non à l’intrigue principale. Et pourtant en arrière-plan, servant de cadre, semble apparaître un réel Congo, dans lequel je n’ai pas du tout envie de passer mes vacances, mais sur lequel je suis bien contente d’avoir l’occasion de me cultiver, et qui fournit à l’intrigue un cadre formidable qui tour à tour fascine et horrifie les Morvan qui y sont confrontés.

Je rappelle pour ceux qui ne connaîtraient pas l’auteur qu’il aime assez faire dans le thriller fourmillant de péripéties et de courses-poursuites, avec quasiment toujours un assassin qui tue de manière gore et le plus souvent rituelle, et un héros sans peur mais pas forcément sans reproches qui va aller au charbon bille en tête. Si le genre ne vous convient pas vous pouvez passer votre chemin sur sa bibliographie complète, ou au contraire foncer si ça correspond à vos attentes. 😉

J’ai particulièrement aimé sa petite famille de névrosés (à chacun sa tare et ses secrets), que l’on suit tour à tour et qui vont tous servir l’intrigue à leur manière. Ou peut reprocher à l’auteur un certain sens du drama ou de la surenchère dans la construction de ses personnages, en particulier de ses héros ; personnellement j’ai accepté cela comme faisant partie de son style, et même du genre thriller moderne dans sa globalité., et en même temps je trouve qu’il décrit et justifie sans trop de mal les comportements et caractéristiques souvent borderline de ses personnages, contrairement à d’autres auteurs que j’ai pu lire. J’apprécie au moins qu’il nous construise des personnages en demi-teinte, qui sont rarement tout blancs ou tout noirs, et j’ai éprouvé pas mal de sympathie pour cette famille « à problèmes » qui malgré tout se serre les coudes tout en se faisant un certain nombre de coups dans le dos selon leurs motivations.

Erwan n’avait pas insisté. Il devait rentrer à Paris au plus vite. Pour embrasser sa petite sœur qui lui cracherait au visage. Calmer son père qui l’écouterait le doigt sur la détente. Jouer les arbitres dans cette famille de cinglés toujours au bord de l’explosion.

NB : Si Congo Requiem reprend effectivement l’histoire quasiment là où elle s’arrête dans Lontano, j’ai tout de même eu la bonne surprise d’avoir une « vraie » conclusion à ce dernier. Vous pouvez donc vous abstenir d’avoir Congo Requiem sous la main et finir tranquillement votre livre. 😉 Par contre si vous lisez Congo en premier, alors vous allez vous spoiler une grande partie de Lontano.

 

Chroniques d’ailleurs : Blog-O-Livre, Appuyez sur la touche « Lecture »

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2 réflexions au sujet de « Lontano »

  1. Alors je ne sais pas si tu as lu Congo Requiem, pour ma part je viens de le terminer il j’ai l’impression d’être passé en partie à côté. L’auteur n’a pas, pour moi, trouver le juste milieu.

    • Oui, j’ai enchaîné les deux, la chronique arrive ! 😉 Je l’ai trouvé globalement un peu en-dessous, la « relance » de l’intrigue m’a paru un peu tirée par les cheveux, ainsi que la fin (mais WTF ??), et quelques longueurs dans le texte.

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