Le Passager

De Jean-Christophe Grangé. Le Livre de poche, 2014. Thriller. Excellente lecture. [977 p.]

Première parution : Albin Michel, 2011.

lepassager

 

Résumé : « Je suis l’ombre.
Je suis la proie.
Je suis le tueur.
Je suis la cible.
Pour m’en sortir, une seule option : fuir l’autre.
Mais si l’autre est moi-même ?…« 

Je trouve que les éditeurs de Grangé jouent la facilité depuis quelques œuvres : privilégier les phrases courtes, choc, avec le moins de mots possible. :p Mais ce n’est que mon avis. Si au moins ça pouvait leur éviter de balancer des spoilers comme avec Miserere… que je m’étonne de ne pas trouver dans mes chroniques, j’ai vraiment lâché cet auteur ces dernières années, alors que je l’aimais beaucoup au début – je pense que c’est dû aux quelques déceptions que j’ai eu avec des titres comme la Ligne noire (gore mais pas franchement trépidant – je l’ai trouvé franchement longuet et le héros bêtasse comme c’est pas permis), ou la Forêt des Mânes (hyper bizarre). Pourtant je trouve qu’il rebondit correctement avec cet opus, qui m’a énormément plu !

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Comment Blandin fut perdu

De Jean-Philippe Jaworski. Folio, 2016. Nouvelles. Excellente lecture. [132 p.]

Première édition chez les Moutons électriques, 2009, in Récits du Vieux Royaume.

A46839_Comment_Blandin_fut_perdu.inddRésumé : « Pour avoir dessiné encore et encore, avec un talent ensorcelant, le visage de madone d’une jeune moniale aux yeux verts, le novice Blandin est chassé du monastère de Havreval. Le jeune enlumineur entame alors sur les routes du Vieux Royaume son apprentissage auprès d’Albinello, talentueux peintre sur fresque itinérant. Blandin dépassera-t-il son obsession amoureuse? Et l’élève surpassera-t-il le maître? « 

Ce court recueil comporte deux nouvelles : Montefellóne (45 p.), et Comment Blandin fut perdu.

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Le Chuchoteur

De Donato Carrisi. Calmann-Lévy, 2010. Thriller. Très bonne lecture. [433 p.]

Titre original : Il Suggeritore, 2009. Traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

lechuchoteurRésumé : « Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche. Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs. Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…« 

Que d’encre, matérielle ou virtuelle, ce livre a fait couler ! Il y a quelques temps j’avais l’impression que tout le monde l’avait lu et adoré. Une explication au phénomène, outre la qualité indéniable du livre, serait peut-être qu’il s’agit d’un premier roman. Il signore Carrisi s’est depuis distingué un peu plus en tant qu’incontournable littéraire avec d’autres titres, dont la Femme aux fleurs de papier que j’ai des chances de me procurer un jour rien que pour voir comment il traite le Titanic et ses passagers historiques.

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Les Yeux d’Harry

De Nathalie Hug et Jérôme Camut. Le Livre de Poche, 2010. Thriller/Aventure. Excellente lecture. [440 p.]

yeuxdharryRésumé : « Inde, Etat du Kerala. Jan Craven, un ex-journaliste, tombe malencontreusement dans un trou masqué par des branchages. Alors qu’il se désespère, un être hirsute, au langage incompréhensible, surgit et repart sans lui apporter aucune aide. Sorti d’affaire des heures plus tard, Jan retrouve la trace d’Harry, un étrange individu qui vit dans les arbres. Intrigué, il s’attache à ses pas, renouant ainsi avec son instinct de journaliste. Très vite les deux hommes sont pourchassés, menacés de mort. Mais qui est Harry ? Comment a-t-il perdu ses capacités mentales ? Pourquoi cherche-t-on à l’éliminer ? De l’Inde au Sri Lanka, des îles anglo-normandes à Paris, une quête haletante au dénouement glaçant.« 

Wouhouh ! Je viens de courir trois fois autour de la Terre et je me sens prête à repartir ! Je viens de refermer ce livre et j’en veux encore, du Harry, des péripéties, d’autres lignes et d’autres livres de ce fabuleux duo d’auteurs qui se nomme lui-même JCHN parce que ça s’engloutit comme du chocolat noir et que toute amertume ou effet crispant trouvée dans les intrigues fait partie de leur saveur.

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Ganesha

De Xavier Mauméjean. Mnémos, 2014. Fantastique policier. Excellente lecture. [314 p.]

ganeshaRésumé : « Londres, fin du XIXe siècle. Qui est réellement Joseph Merrick, celui qu’on surnomme « l’Homme-Éléphant » ? Homme ou bête ? Monstre de foire ou curiosité scientifique ? Une simple anomalie de la nature ou… un dieu ? Lorsqu’il rédige ses Mémoires, il n’a pas trente ans et réside depuis peu à l’hôpital de Whitechapel sous la protection du médecin Frederick Treves. Un refuge qui lui permet d’observer splendeurs et misères de la capitale, et d’enquêter : quatre affaires, autant de saisons dans une année. De leur résolution dépendra peut-être plus que son destin, car « le monde s’efface dans les rêves de l’éléphant… »« 

Coïncidence amusante en vérité que ce livre soit publié chez un éditeur qui s’appelle Mnémos ; en termes de mémoire Joseph Merrick nous est introduit comme un maître en son humble demeure terrestre de Whitechapel’s Hospital : il voit tout, analyse tout, se fait rapporter les éléments manquants. L’autre habitant du XIXe siècle – lui fictif de son état – auquel vous fait probablement vous aussi penser cette description fera d’ailleurs dans le livre une apparition aussi brève qu’à peine voilée, comme un reflet évanescent du narrateur. Étonnant et fascinant reflet « en chair et en os » des capacités mentales de Merrick, lui qui évite les miroirs comme la peste !

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Question de valeur…

(…linguistique)
1. Point de départ
De nos jours dans le monde francophone tout le monde répète à l’envi la désormais fameuse performance d’Andy Serkis en tant que Gollum sur le mode de « mon Précccieux… ». Cela fait maintenant plus de 10 ans, et cela semble n’avoir choqué personne. Pire encore, dans les films, les autres personnages reprennent une ou deux fois ce terme eux aussi.
Pourtant, avant 2001, qui aurait utilisé cette formule pour parler d’un bien chéri ? Que ramassent les enfants ? Des « trésors », pas des « précieux » (sic) !

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Grimoire des loups-garous

« … Suivi d’autres traités fameux de lycanthropie ».
Par Édouard Brasey. 2010. Documentaire / Contes. Très bonne lecture. [431 p.]

 

Je note qu’il est dédicacé à Claude Seignolle ; il me semblait me souvenir que ce monsieur écrit de la littérature de terroir, mais apparemment c’est aussi (surtout ?) un folkloriste et écrivain fantastique. Je dois le confondre avec quelqu’un d’autre (Christian Signol peut-être ?), ce ne serait pas la première fois !
Grimoire-des-loups-garousRésumé : « Quelles sont les origines des loups-garous ? Comment les reconnaît-on ? Est-il possible de s’en débarrasser ?
C’est à ces questions que répond cet ouvrage de référence sur toutes les représentations des loups-garous à travers la littérature, le folklore et les légendes. Ce mythe fantastique très populaire qui remonte à l’Antiquité a traversé toutes les époques, marquant le Moyen Âge et la Renaissance avec les procès en garouage, où des hommes ont été condamnés pour sorcellerie et brûlés sur le bûcher.
D’anciens traités et contes abordent les diverses croyances et superstitions, comme Légendes rustiques de George Sand ou Littérature orale de l’Auvergne de Paul Sébillot.
Ce grimoire révélera tout ce qu’il est indispensable de savoir au sujet des loups-garous et les moyens de s’en préserver.« 
Ma première impression sur ce livre c’est que c’est un bel objet : relié, illustré, avec des pages de papier épais vaguement jauni et parfois mal coupé – tout ce qu’on pourrait attendre d’un grimoire ! (Même s’il faudrait sans doute, à des fins de peaufinage, le laisser quelques années dans un grenier plein de moisissures – mais il s’agit là d’un ouvrage emprunté à la médiathèque, je ne peux donc pas me permettre de le customiser).
L’ouvrage est divisé en grandes parties, elles-mêmes segmentées en chapitres. On peut donc choisir de lire les parties folkloriques, ou littéraires, ou médicinales comme on le souhaite, surtout que le sommaire est extrêmement pointu et donne même des titres d’extraits d’œuvres présents dans lesdits chapitres, ou les sujets précis qui vont être traités à chaque fois. Un très bon point donc, également, pour l’aspect usuel de ce livre, qui a été non seulement pensé comme tel mais réalisé en ce sens. 🙂
Je tombe aussi, malheureusement, sur des blancs entre parenthèses – décidément, je ne dirais jamais assez combien je trouve de coquilles ou erreurs chez le Pré aux Clercs, malgré le fait qu’ils éditent principalement des ouvrages sur des thèmes qui m’intéressent, et souvent de très beaux bouquins ! (voir ci-dessus) 😡 Je n’aurais pas d’explication supplémentaire sur le vrykolakas grec, qui « désigne tour à tour le loup-garou et le vampire ». Dommage. (Les recherches d’encre invisible n’ont rien donné non plus). Donc voilà, je fais comme d’habitude : je m’énerve sur la page incriminée, je soupire, et je poursuis quand même ma lecture avec intérêt !
Autrement le livre dans son ensemble est bien ce que je m’attendais à trouver : composé comme un essai, ou un documentaire sur le sujet, entrecoupé d’extraits de contes ou de contes entiers, avec sources citées (auteurs, dates parfois), et venant de différentes régions, « pays » ou villes de France aussi bien que de sources étrangères.
Je retrouve en passant une référence à Collin de Plancy. 🙂 George Sand est également citée, ainsi que d’autres auteurs qui ne me sont pas forcément familiers.
La partie historique est je trouve assez affreuse (en même temps qu’intéressante), il y a tout de même un bon nombre de gens qui soit se sont fait tuer de façon horrible*, prétendument par des loups-garous, mais également un certain nombre de personnes condamnées à mort car suspectées de lycanthropie (plutôt avant le XVIIe siècle, quand même).
On a aussi droit à un sympathique et détaillé lexique des différents garous recensés, où j’ai trouvé ça : « La barguest est un garou vivant dans le nord de l’Angleterre et de la Cornouailles [sic ?], qui prend l’apparence d’un grand chien noir pour hanter les campagnes du Lancashire où on la surnomme padfoot (pas feutré). » lol. Les lecteurs VO d’Harry Potter auront maintenant un début d’explication 😉 Et je ne trouve plus le surnom traduit de Sirius Black… Patmol ? Oui, peut-être. J’avais retenu que la bargeist (autre orthographe, mais je pense même créature) était un esprit, mais vu que le texte continue en disant qu’elle ne laisse pas d’empreintes, je suppose qu’elle appartient aux deux catégories selon les légendes et témoignages. Ah et puis tant qu’on y est vous (les mêmes) serez également aussi ravis d’apprendre que « les lubins et lupins sont des loups-garous charognards qui hantent les cimetières du centre de la France. »
Je remarque que beaucoup de légendes autour du garou évoquent un animal (humain transformé) qui ne dévore pas forcément sa victime, mais se perche sur son dos afin de la faire courir (d’où « courir la galipote / la birette / le varou »), de l’épuiser, de la torturer… et aussi souvent de l’étouffer sous son poids et ses maltraitances. Bon d’accord c’est pas mieux, mais c’est différent, non ? Encore une fois je vois là un lien avec certaines histoires d’esprits mauvais, qu’ils soient fantômes ou lutins (mais pas loups-garous).
La deuxième moitié du livre n’est pas de la plume de Brasey, mais regroupe d’autres documents, médicaux et littéraires.
En bref, une très bonne référence.
* J’ai passé un été de mon adolescence avec un journal local qu’une personne me passait après lecture pour que je puisse faire les jeux à la fin. Ben franchement, les faits divers locaux, ça ramène certains romans policiers à de la littérature terriblement réaliste ! (Oui, oui… Genre l’homme de 80 ans qui tue sa femme à coups de hache. Ou la femme qui empoisonne son mari. Ou le paysan qui chope son arme et déglingue quelqu’un. De quoi douter que les grands criminels soient vraiment un danger pour la population honnête et innocente – ahem. lol)

The Woman in White

De Wilkie Collins. 1860. Roman (~thriller psychologique). Excellente lecture.
Titre français : La Dame en blanc.
womaninwhiteRésumé : « Dans la fournaise de l’été, en ce milieu du XIXe siècle, William Hartright, jeune professeur de dessin émérite, s’apprête à quitter Londres pour enseigner l’aquarelle à deux jeunes filles de l’aristocratie, dans le Cumberland. Il laisse derrière lui la vie trépidante de la ville et ses étranges incidents, comme cette rencontre en pleine nuit avec une jeune femme terrorisée, toute de blanc vêtue, semblant fuir un invisible danger… Mais la campagne anglaise, malgré ses charmes bucoliques, n’apaise pas le jeune William autant qu’il le souhaiterait. La demeure de Limmeridge recèle en effet de bien lourds secrets, et lorsque resurgit la mystérieuse Dame en blanc, il est bien difficile d’affirmer qu’il ne s’agit pas d’un présage funeste… »
Une des forces de ce roman est son mélange des genres : il commence avec un air fantastique, dont les codes vont être repris de temps en temps par l’auteur à l’intérieur de l’intrigue, qui elle appartiendrait plutôt au genre « thriller » victorien (enquête, résolution d’un problème tordu), additionnée de romance mais aussi de développements sociaux et psychologiques. En fait d’un roman véritablement « fantastique », les aspects fantastiques ne sont là qu’en renfort du suspense qui se dégage du livre. Ce procédé sonne je trouve très juste, et est tout à fait en accord avec le cadre de l’histoire (bords de lac, vieux village…).

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Celui qui a peur du loup

De Karin Fossum (Norvège). 2005. Policier. Bonne lecture.
Titre original : Den Som Frykter Ulven (ne me demandez pas si c’est bien traduit !!)
celuiquiRésumé : « Au cœur de la forêt, une vieille femme est retrouvée morte devant sa maison par Kannick, un pensionnaire de l’orphelinat local. Celui-ci raconte aussitôt à la police qu’il a aperçu un individu dissimulé entre les arbres, ressemblant fort à Errki Johrma, un jeune marginal échappé du centre psychiatrique. Le lendemain de cette découverte macabre, la banque de la ville est cambriolée. Le braqueur prend un jeune homme en otage et s’enfuit dans les bois. Le commissaire Konrad Sejer se doute qu’il existe un lien entre les deux affaires. Tout semble accuser l’énigmatique Errki, que -seule sa psychiatre juge incapable d’un tel acte. Au cœur de la forêt norvégienne, l’étau se resserre.  »
Je n’ai pas trop l’habitude de lire de la littérature nordique ; ma seule autre expérience notable a été les Arto Paasilinna, qui est finnois et n’écrit pas que du policier (s’il en écrit, je n’ai lu que de la littérature « générale » de lui). Pourtant comparé aux auteurs anglais, américains ou français que je lis d’habitude, je ne peux m’empêcher de tirer des comparaisons, des différences notables, qui semblent regrouper les auteurs du Grand Nord de l’Europe : le calme de l’écriture, du ton ; l’environnement très local, très limité ; l’omniprésence de la forêt, espace de silence, de quiétude, de fuite. Et aussi un certain goût pour l’étrangeté de certaines situations et de certaines personnes, auquel après tout il est si facile de s’habituer, surtout quand c’est si bien amené.
Tout ceci n’est qu’une impression, et je m’excuse d’avance de mettre finnois et norvégiens dans le même paquet, peut-être que d’autres lectures me feront faire la différence entre les deux de manière tout aussi claire que je la fais à présent entre ce type de littérature, et celles qui me sont habituelles. 😉
Cette lecture a été plaisante, et aussi assez dérangeante, dans le bon sens. Je me suis sentie totalement dépaysée, tout en suivant l’enquête qui se déroule de façon assez conventionnelle : interrogatoires, recherche de preuves, discussion entre enquêteurs…
J’ai dans l’ensemble beaucoup aimé les personnages, dont certains sortent du lot, et qui sont plutôt bien amenés et semblent tous très humains, avec leur complexité. J’ai eu l’impression d’une histoire courte, en une traite, pourtant le livre fait presque 400 pages.
Et là est la seule raison, ou presque, pour laquelle je n’ai mis qu’un « bonne » lecture : le rythme était un peu trop lent à mon goût, axé plutôt sur la psychologie que sur l’enquête ou les rebondissements. Cependant je dois reconnaître que c’est dans cette lenteur, cette langueur, cette torpeur qui se dégage du livre que l’auteur donne du sens à ses personnages.
Un très bon bouquin, donc, quelque part ; même si à moi il ne m’a pas tout autant plu que d’autres.

Le Promontoire du songe

De Victor Hugo. 1901 (1ère édition), 2012 (cette édition). Essai/poésie. 100 pages . Un Victor Hugo en forme. Que dire de plus ?
promontoireRésumé : (Il y en avait un pas mal au dos du livre, mais il est assez long). En très bref, Victor Hugo se retrouve un jour invité par un ami à l’Observatoire de Paris. Cet ami lui montre la Lune, grossie 400 fois nous dit le livre, et de là Hugo va complètement partir « en free style » comme il sait si bien le faire, en mélangeant lyrisme, emphase, astronomie et aussi mythologie et littérature, et nous expliquer en long, large et travers ce à quoi lui fait penser cette image de la Lune, en dérivant vers le songe, le rêve, propre à tous les hommes.
J’ai particulièrement apprécié le thème mythologique parcouru à travers les siècles, civilisations et auteurs classiques. La comète Hugo nous entraîne dans son sillage et nous profitons de toutes ces projections, ces souvenirs, ces lectures, ces analogies fulgurantes – un vrai bonheur. Deuxième temps fort pour moi : l’analyse et élégie du phénomène et de l’importance du songe, vers la fin du texte, qui m’a assez fait penser à « Du conte de Fées » [Of Faerie Stories], de Tolkien ; où Hugo se fait relativement posé et poétique plus que lyrique, Tolkien devient emphasique, ce qui fait qu’à mon sens les deux textes se répondent quelque peu, étant presque en harmonie stylistique, et abordant des thèmes parallèles (la création, le mythe).
De la découverte physique (perception visuelle) de ce « trou dans l’obscur » à un foisonnement intellectuel et spirituel typiquement hugolien, ce livre court mais éblouissant ravira certainement les amateurs de la poésie et de l’éloquence du Maître.