Les Cantos d’Hypérion 1 : Hypérion

De Dan Simmons. Robert Laffont (Pocket SF), 1991. Science-fiction. Excellente lecture. [282+296 p.]
Titre original : Hyperion, 1989.
hyperionRésumé : « Quand les sept pèlerins se posent à Hypérion, le port spatial offre un spectacle de fin du monde. Des millions de personnes s’entassent derrière les grilles : les habitants de la planète sont sûrs que le gritche va venir les prendre et ils veulent fuir. Mais l’hégémonie ne veut rien savoir. Une guerre s’annonce et les routes du ciel doivent être dégagées. Et tout ce que le gouvernement a trouvé, c’est d’envoyer les sept pèlerins. La présidente le leur dit d’emblée : « Il est essentiel que les secrets des Tombeaux du Temps soient percés. C’est notre dernière chance. » Mais les pèlerins n’y comprennent rien : c’est tout simple, ils ne se connaissent même pas entre eux ! Heureusement, le voyage leur permettra de se rapprocher. Chacun raconte son histoire, et l’on s’aperçoit vite que nul n’a été pris par hasard. Celui qui a fait la sélection, au fil des confidences, paraît bien avoir fait preuve d’une lucidité… diabolique. Et d’une cruauté… raffinée !« 
Vous me voyez bien embêtée : Hypérion ne possède pas de fin réelle. En effet ces deux tomes, dans cette édition, ne sont que la première partie de la série Les Cantos d’Hypérion, qui continue avec Les Chants d’Hypérion, eux aussi souvent trouvables en deux tomes. Je vois que Endymion et l’Éveil d’Endymion (même remarque quant aux éditions) feraient eux aussi partie de la saga des Cantos, reste à voir si c’est un deuxième cycle dans la série, donc lisible à part de Hypérion, ou si c’est encore une suite directe avec une intrigue en lien avec nos sept pèlerins. Autrement dit je n’aurai plus qu’à revenir à cette chronique pour la finir lorsque j’aurais lu la suite, à moins que je n’en écrive une deuxième si celle-ci devient trop longue !

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Espionne de Sa Majesté

De Mary Hooper. 2010. Aventure historique jeunesse. Bonne lecture. [287 p.]
Titre original : By Royal Command, 2008.
Appartient à une série de trois titres :
1. La Maison du Magicien
2. Espionne de sa Majesté
3. La Trahison
espion10Résumé : « Nommée espionne de Sa Majesté Elizabeth 1re après lui avoir sauvé la vie, Lucy attend avec impatience de se voir confier sa première mission. Tandis que grondent des rumeurs de complot venues d’Écosse, d’étranges soupirs se font entendre dans la maison du magicien. Un fantôme hante-t-il les lieux ? Lucy réussira-t-elle à percer les sombres secrets qui s’y trament ?« 
Un nouvel opus pas bien différent du précédent. Lucy prend ses marques, à la fois dans sa nouvelle maison et dans la société, disons, « intermédiaire », ni très pauvre ni très riche. On retrouve à peu près tous les personnages qu’on avait quittés à la fin du tome 1, la couverture est toujours aussi WTF par rapport au ton de l’histoire et au public ciblé, et je suis toujours aussi contente d’avoir ces petites touches d’Histoire au milieu des aventures qu’on pourrait qualifier d’un peu simples de cette jeune fille. Non pas que je trouve le livre trop simpliste, mais – faut-il encore le dire ? – il s’agit bien de lecture jeunesse, réaliste, et non pas d’un trépidant récit d’aventures YA des temps modernes sur fond de fantastique sombreux et passionné. (Quoi ? ma chronique va être courte, laissez-moi au moins m’amuser avec :p)

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Tunnels

De Roderick Gordon et Brian Williams. 2007-2013. S-F / aventure jeunesse. Excellente lecture, un de mes coups de cœur de ces dernières années !
Série constituée de 6 tomes :
T.1 : Tunnels [Tunnels // The Highfield Mole: The Circle in the Spiral – titre 2005 quand il a été auto-publié]
T.2 : Profondeurs [Deeper]
T.3 : Chute libre [Free Fall]
T.4 : Plus proche [Closer]
T.5 : Spirale [Spiral]
T.6 : Armageddon [Terminal]
Attention : Les tomes se suivent directement – l’action s’arrête parfois même sur des cliffhangers* ; c’est une histoire complète sectionnée, pas du tout un ensemble de tomes lisibles séparément !
tunnels-1Résumé : « Will Burrows, un jeune garçon de quatorze ans, vit à Londres avec sa famille. Mais lui et les siens ont peu de choses en commun. Il partage cependant une passion avec son père : ensemble, ils adorent creuser des tunnels. Lorsque Mr Burrows disparaît brutalement au fond d’une galerie inconnue, Will décide de mener l’enquête avec l’aide de son ami Chester. C’est ainsi que nos deux héros se retrouvent bientôt dans les lointaines profondeurs de la terre. Là les attend un terrible et sombre secret qui pourrait bien leur coûter la vie.« 
J’ai collé mon homme sur cette série, et du coup j’ai été prise d’une irrépressible envie de la relire (1ère relecture), parce que ça m’avait tellement plu ! Du coup là c’est foutu, je commence cette critique alors que je suis en plein dedans, toute excitée, en manque du tome 4 qu’on n’a pas encore (ré)emprunté ! ça me plait toujours autant, aujourd’hui j’ai lu tout le tome 3. *** MODE FAN ***
Je ne me rappelais plus que l’histoire commençais si lentement, cependant. Il ne se passe que très peu de choses dans les 150 premières pages. Mais franchement, si le style et les personnages ne vous rebutent pas, accrochez-vous jusqu’à ce moment au moins. 🙂 Après, si le tome 1 vous déplaît, n’insistez peut-être pas.
Ce qu’on aime :
      Les personnages ados MAIS pas neuneus, pas gagas, et pas totalement cons ni immatures – heureusement, parce que Will et Chester sont les deux personnages principaux dans toute la série et que ça deviendrait lourd, sinon. La foultitude d’adultes qui les entourent et contribuent aussi à l’atmosphère particulière, les aident à l’occasion, etc. Les personnages en général sont multiples en nombre et en type psychologique, et ont quasiment tous de la substance. On a même parfois quelques grosses (bonnes) surprises, un personnage qui paraissait secondaire qui se retrouve au cœur de l’action, tandis que d’autres s’effacent pour des raisons logiques. On apprécie aussi d’avoir des vrais méchants, eux non plus pas idiots, bien retors, et paranoïaques. Après tout c’est bien le minimum requis pour se montrer mégalo, ça permet d’avoir un vrai fil conducteur, et encore une fois d’instaurer une ambiance un brin tendue, au lieu d’avoir un bête livre d’aventures un peu creux.
     Le fait que les personnages en prennent plein les dents : après tout, en étant tour à tour et régulièrement en même temps pourchassés et dans un environnement hostile, le contraire n’aurait pas été crédible. En parlant de crédibilité, les évènements / personnages / péripéties sont de manière générale plutôt bien justifiés, construits, et approfondis. Une des choses que j’ai le plus appréciées c’est les limites de la littérature jeunesse, que je trouve que ces auteurs repoussent : oui, ce sont des ados, oui le style est plutôt jeunesse qu’adulte, mais franchement c’est parfois hard – beaucoup plus que la moitié des ouvrages jeunesse ou même YA, appellation d’origine contrôlée ou pas ! Des morts, des blessés, des scènes horribles, des thèmes comme la maladie, le cannibalisme, la vieillesse, la folie, sont traités sans plaisir évident ni tartinage à qui-mieux-mieux, mais sans vraiment de gants non plus. On se trouve dans un univers sombre, au milieu du danger, et les Styx ne sont pas des Bisounours, donc pas de raison de censurer des choses qui sont en fait en adéquation avec ce qu’on sait. Je ne dis pas que j’aime lire ce genre de choses (qui empirent je trouve un peu à partir du tome 4), mais vu l’univers décrit ici je trouve que ça aide tout simplement à se mettre dans l’ambiance, à donner un fond réaliste.
      Le style en lui-même est excellent, très fluide, plutôt trépidant, mais avec suffisamment de pauses également, que ce soit dans la narration, l’enchaînement des péripéties (très nombreuses), ou le choix des scènes/personnages (on alterne entre différents groupes dans chaque livre, comme les personnages se séparent et se retrouvent).
      L’humour : pas possible d’en intercaler dans chaque page, bien sûr, car la série ne se veut visiblement pas comique, mais pourtant il y en a, que ce soit dans les dialogues, dans les situations ou certains personnages, et c’est très appréciable.
      Personnellement j’apprécie aussi qu’on ait gardé les noms anglais.
Ce qu’on (peut) regrette(r)
      Le début de l’histoire, un peu longuette à se mettre en place. Will découvre la Colonie vers la page 170 du tome 1.
      Les descriptions des paysages souterrains qui sont parfois mal fichues, qu’on a du mal à se représenter. Heureusement ça ne dure jamais trop de lignes, mais c’est tout de même dommage parce qu’il y a des moments où c’est juste pas possible d’imaginer ce qu’ils veulent dire (ou alors c’est la traduction ?…).
     Certains personnages semblent increvables, même si c’est souvent justifié je comprendrais que certains lecteurs puissent s’en plaindre. Pareil avec les personnages qui sont censés être morts ou disparus et qui reviennent dans l’action. Je trouve qu’ils n’en abusent pas trop, mais sur l’ensemble de la série c’est tout de même quelque chose qui se répète.
      On peut aussi, hélas, regretter le tournant final de l’histoire. Cependant j’avais aussi été déçue (et agacée) par certains aspects de Harry Potter sur la fin, et pourtant les deux restent de très bonnes séries jeunesse que je ne peux pas décemment déconseiller juste parce que je trouve que les auteurs ont quelque peu dérapé dans la dernière ligne droite *soupir*.
* cliffhanger : action stoppée en plein milieu, souvent dans un contexte de suspense, par exemple quelqu’un tire sur quelqu’un d’autre et… rendez-vous à l’épisode suivant pour savoir si la personne en face est morte, blessée, ou a esquivé au dernier moment 😉 (Etymologie: se tenir suspendu à une falaise)

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Résumés des autres tomes
(Je ne conseille pas trop de mettre le nez dedans d’un coup car il se passe beaucoup de choses dans chaque tome, dont des retournements de situation, apparition/disparition de personnages, etc. donc vous risquez de vous spoiler – lisez plutôt au fur et à mesure : le résumé du tome 2 quand vous avez fini le 1, et ainsi de suite ;))
Tunnels2T.2 : « L’aventure Tunnels est loin d’être terminée pour le jeune archéologue Will Burrows. Alors qu’il est toujours à la recherche de son père, Will s’enfonce de plus en plus dans les profondeurs souterraines. Et comme si les choses n’étaient pas assez compliquées, il fait la découverte d’un complot des Styx qui pourrait avoir de terribles conséquences pour le monde d’en haut. Sa sœur n’en a décidément pas encore fini avec lui…« 
tunnels3T.3 : « Will, le jeune archéologue, cherche toujours à retrouver son père dans les profondeurs de la terre quand lui et ses amis dégringolent au fond d’un gouffre. Un monde terrifiant s’ ouvre alors à eux. Des araignées géantes et carnivores, de dangereux Lumineux… Et, pire encore, des jumelles démoniaques qui veulent leur régler leur compte, une fois pour toutes.« 
tunnel4T.4 : « Au centre de la Terre, Will pense être à l’abri du danger. Ce nouveau monde où règne étrangement la lumière s’ouvre à lui comme une promesse. Mais il ne semble pas être le premier à fouler le sol de cette florissante jungle souterraine… Pendant ce temps, les Styx poursuivent leur traque pour prendre leur revanche. Alors que ses compagnons sont disséminés entre les entrailles de la Terre et le monde d’en haut, Will pourra-t-il empêcher ses ennemis de lancer leur plan de destruction massive contre la race humaine ? Il lui faudra faire vite pour retrouver la Surface et tenter de contrer leurs desseins diaboliques…« 
tunnels5T.5 : « Sortis des profondeurs de la Terre, Will Burrows et ses amis pensaient être enfin libres de rentrer chez eux. Mais leur répit est de courte durée. Les Styx s’apprêtent à déployer une terrifiante armée de soldats hybrides pour conquérir le reste du monde. Abandonnés par le gouvernement, les jeunes explorateurs trouvent le soutien d’un étrange réseau de résistants. Cet appui imprévu leur sera utile, car les femmes styx, encore plus dangereuses que leurs compagnons, sont sur le point de se réveiller… Will va devoir se battre jusqu’au bout pour protéger la Surface et sauver ceux qu’il aime.« 
tunnels6T.6 : « Les Styx, accompagnés de leur terrible progéniture, les Armagi, parcourent l’Angleterre, semant mort et destruction dans leur sillage. Rien ne semble pouvoir arrêter ces guerriers invincibles et seul un miracle pourrait sauver la Terre. Or, très loin dans les profondeurs, alors qu’ils errent dans la jungle oppressante de la Nouvelle-Germanie, Will et Elliott découvrent d’antiques secrets qui sont peut-être à la source de toute vie, qu’elle soit humaine ou styx. Pourraient-ils être la clé pour empêcher l’extinction de la race humaine ?« 

Forteresse digitale

De Dan Brown. 2006. S-F / Thriller technologique. Pas trop mauvais, mais pas de la grande littérature non plus.
Titre original : Digital Fortress (1998)
forteressedigitaleRésumé : « Lorsque le super-ordinateur de décryptage de la NSA ne parvient pas à déchiffrer un code, l’agence appelle à la rescousse sa cryptanalyste en chef, Susan Fletcher, une belle et brillante mathématicienne. Ce que va découvrir Susan ébranle tous les échelons du pouvoir : la NSA est prise en otage – non sous la menace d’une arme ou d’une bombe, mais par un système de cryptage inviolable qui, s’il était mis sur le marché, pulvériserait tout le renseignement américain ! Prise dans un tourbillon de secrets et de faux-semblants, Susan se bat pour sortir l’agence de ce piège. Trahie de tous côtés, il ne s’agit bientôt plus seulement pour elle, de défendre son pays mais de sauver sa propre vie, ainsi que celle de l’homme qu’elle aime.« 
Le premier roman de Dan Brown. En gros l’intrigue est assez simple, sans trop de choses entremêlées, mais l’auteur la tient bien jusqu’au bout, du coup. La plupart des rebondissements sont attendus, mais rigolos et pas trop mal gérés. Je plains un peu David qui s’en prend pas mal dans la tronche, parfois il n’est pas très doué mais on lui pardonne un peu, parce que ce n’est qu’un cryptologue. Avec le cadre technologique on dirait un peu du vieux Crichton, avec les questions éthiques se heurtant aux questions technologiques et sécuritaires. En ce sens, je le trouve plus intéressant que Da Vinci Code. Et terriblement d’actualité. http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-23023576
En effet, une fois de plus, Dan Brown nous montre à quel point les cryptologues sont des gens qui vivent dans un monde « tour d’ivoire », beaucoup trop complexe pour arriver à gérer la vie de tous les jours dès qu’elle déborde de trop, les petites aventures, etc. J’aime lire du Dan Brown en particulier pour ça : me moquer des personnages qui n’arrêtent pas de se retrouver dans des situations idiotes et ont plutôt du mal à s’en sortir.
Et puis il y a toute le paradoxe des cryptogrammes. Je crois que Dan Brown essaie en même temps d’entrer suffisamment dans les détails pour attirer le lecteur, mais pas trop, pour ne pas le perdre, et en même temps en ce qui concerne la résolution d’énigmes, si ça se passait trop vite il n’y aurait pas autant de suspense, non ? Du coup en plus des scènes à la James Bond ratées, – parce que pas de James Bond mais seulement des cryptologues pas doués – on a aussi l’incroyable temps de suspense dû à la Résolution de l’Enigme, qui n’est pas forcément tellement plus poussée que les choses qu’on trouve dans Mickey Parade, mais que les pros vont mettre des pages et des pages à craquer, toujours je pense pour que le lecteur puisse participer, ce qui ne serait probablement pas le cas si c’était des énigmes haut de gamme, tout en maintenant un certain suspense. Bref. Le plus magnifique exemple, je l’ai trouvé dans Anges et Démons, que j’ai commencé il y a longtemps mais pas terminé encore, avec une écriture à l’envers (genre miroir) : deux pages de « je ne connais pas cette écriture », « quel code avancé, on n’y comprend rien », etc. Très drôle. Ici, on en a une un peu plus complexe, mais quand même. Avec un peu de culture générale et/ou un bac scientifique et/ou un intérêt pour la physique c’est gérable (j’avais mon idée 2 min après avoir lu le truc), mais eux vont mettre 14 pages, et chercher bien trop loin, avant de trouver la réponse qui n’est pas si compliquée.
Toujours un bon moment de rigolade. Encore une lecture de vacances.