Le Huit

De Katherine Neville. Pocket, 2004. Thriller ésotérique. Très bonne lecture. [957 p.]

Titre original : The Eight, 1988 ; trad. par Evelyne Jouve

lehuitRésumé : « New York, 1972. Alors qu’elle s’apprête à gagner le Maghreb, Catherine Velis apprend d’un mystérieux antiquaire qu’elle court un grand danger : dans la désolation du Sahara, l’attendrait depuis toujours un fabuleux jeu d’échec d’origine mauresque. Un jeu qui, en 782, envoûta dangereusement Charlemagne avant d’exciter onze siècles durant la convoitise de Richelieu, Robespierre, Catherine de Russie et Napoléon. Tous voulurent le mettre au service de leurs funestes desseins car selon la légende, il ferait de son détenteur l’égal de Dieu… En Afrique du Nord, la jeune femme, plongée dans une quête où se joue l’avenir même de l’humanité, découvrira qu’elle n’est pas la seule à vouloir percer le secret du jeu maudit…« 

Le Huit est un livre que j’avais envie de lire depuis très longtemps, autant parce que c’est un thriller et que j’aime le genre tout court, que parce qu’il a eu, à une époque (de sa reparution chez Pocket justement ?) des tas de critiques très positives et était cité partout comme LE thriller à lire absolument. Quand j’en ai trouvé un exemplaire tout dépenaillé (sans couverture et sale :D) dans une boite à livres je l’ai donc rapidement sauvé et lu quasiment juste après.

Au final je pense que mes attentes étaient peut-être un petit peu hautes, et si je ressors satisfaite de ma lecture je suis aussi un tout petit peu déçue.

Côté péripéties on est servis, les personnages secondaires et mystères sont suffisamment dévoilés petit à petit et assez développés pour nous tenir en haleine sur 900 pages, et comme d’habitude quand je lis mon pavé dans la semaine je peux dire que le livre n’est pas mauvais. D’ailleurs je me suis relativement attachée à plusieurs personnages, ce qui n’est pas toujours évident dans le genre, et j’ai totalement adhéré à cette folle histoire d’échecs.

En effet Neville a complètement intriqué les échecs dans sa trame narrative, et même si j’imagine que ça peut sembler parfois un peu forcé (thriller éso oblige, je dirais !) ça marche plutôt bien et surtout c’est tenu jusqu’au bout – je vous laisse découvrir comment, car personnellement c’est une des choses qui m’a paru le plus original dans ce livre.

Je disais que j’avais apprécié les personnages, en particulier l’héroïne de notre temps : elle n’est pas trop passive, doute régulièrement de ce qu’on lui raconte, est la reine du sarcasme, sait réfléchir et relier les éléments entre eux, et sait aussi se bouger lorsque sa vie semble vraiment en danger. Du coup c’est bien, c’est équilibré, elle n’apparaît ni comme une godiche ni comme une super héroïne aux capacités extraordinaires qui avait justement attendu toute sa vie pour vivre de palpitantes aventures – ce qui m’agace toujours un peu quand ça arrive et peut m’empêcher de rentrer dans l’histoire. Sa compagne de voyage m’a également beaucoup fait rire, je n’aimais pas trop ce personnage au début mais finalement elle me plaît assez.

Ce que j’aime toujours dans ce type de texte c’est le voyage : en effet c’est assez courant que les auteurs emmènent leurs personnages au moins à travers l’Europe, voire plus, et j’aime bien, il y a un côté « aventuriers de l’arche perdue ».

Dans les points moins bons j’avoue que j’ai lâché un « encore ! » lorsque le pot aux roses a été dévoilé, assez tôt dans le livre : arrêtez, s’il vous plaît. Il y a une quantité phénoménale de mythes et artefacts, alors essayez de trouver autre chose que la pierre philosophale. Autant je m’attends à la trouver dans certains romans car l’intrigue s’y prête vraiment et le contexte aussi, autant là ça m’a légèrement agacée sans que je puisse trouver l’idée plus crédible que quelque chose de complètement inventé par l’autrice – qui me serait en fait très bien allé, dans la lignée des échecs.

La deuxième chose qui m’a un peu ennuyée sont les innombrables (bon j’exagère, mais nombreux) personnages historiques plus ou moins (plutôt plus) connus qui sont comme par hasard 1. sur le chemin de l’héroïne, même si dans le contexte des Lumières je dois dire que c’est possible qu’elle en croise plus d’un une fois introduite dans certains cercles ou à certaines personnes 2. impliquées dans le mystère. Un ou deux me vont, mais après je ne trouve plus ça très crédible.

Mis à part un ou deux points que j’ai trouvés « de trop », risque que l’on prend toujours lorsqu’on lit ce genre de choses, c’est un thriller ésotérique tout à fait bon, dans la lignée du genre, et avec des éléments que j’ai trouvés même assez originaux.

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