De l’arsenic pour le goûter

De Robin Stevens. Flammarion, 2017. Policier jeunesse. Très bonne lecture. [345 p.]

Série : Les enquêtes trépidantes du club de détectives Wells & Wong, T.2

Titre original : Arsenic for Tea, 2015 ; trad. de Faustina Fiore

arsenicgouterRésumé : « «Je n’aimais pas du tout ce grossier Mr Curtis, et d’après les vibrations de colère que je percevais chez Daisy, j’ai compris qu’elle partageait mon opinion. Son rire contenu, comme s’il lançait des plaisanteries que les autres ne pouvaient pas comprendre… Les joues roses de Lady Hastings… Pas de doute, il se passait quelque chose.» Nouvelle affaire pour les détectives privées Daisy et Hazel ! Daisy fête son anniversaire avec la famille au grand complet dans sa maison de Fallingford. Mais l’ambiance est étrange : M. Curtis, un invité surprise que tout le monde déteste, ne semble vraiment pas digne de confiance. Le thé est servi, M. Curtis tombe gravement malade, empoisonné. Que s’est-il passé ? Difficile d’enquêter quand on imagine que tout le monde a une bonne raison d’être coupable…« 

Je remercie les éditions Flammarion jeunesse pour cet envoi bien choisi !

C’est au terme d’une journée assez éprouvante que j’ai découvert avec plaisir ce sympathique ouvrage dans ma boite aux lettres, la suite d’un premier opus qui rentrait tout à fait dans mes goûts et que j’ai trouvé très bien écrit.

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The Miniaturist

De Jessie Burton. Picador, 2014. Fantastico-historique. Très bonne lecture. [424 p.]

Titre français :  Miniaturiste, 2015

miniaturistRésumé : « On an autumn day in 1686, eighteen-year-old Nella Oortman arrives at a grand house in Amsterdam to begin her new life as the wife of wealthy merchant Johannes Brandt. Though curiously distant, he presents her with an extraordinary wedding gift: a cabinet-sized replica of their home. It is to be furnished by an elusive miniaturist, whose tiny creations ring eerily true. As Nella uncovers the secrets of her new household she realizes the escalating dangers they face. The miniaturist seems to hold their fate in her hands – but does she plan to save or destroy them?« 

J’ai acheté ce livre à Londres, au 219 A Baker Street, à deux pas du musée Sherlock Holmes (devant lequel il y avait une queue pas possible – ce sera pour une autre fois), en juillet. En fait il y avait une promotion sur les romans demi-format comme celui-ci, et après m’être emparée sans hésiter de Uprooted de Naomi Novik, qui s’est révélé être un coup de coeur (bonne pioche ! 😉 ) j’ai un peu tourné autour des autres titres bien que j’eusse déjà repéré celui-ci. Je ne sais même plus où j’en avais entendu parler, peut-être une chronique sur un blog que je suis ? Bref j’avais en tête : contexte historique réaliste agrémenté de fantastique, et c’est exactement ce que j’ai retrouvé dans le résumé de 4e.

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Les Yeux d’Harry

De Nathalie Hug et Jérôme Camut. Le Livre de Poche, 2010. Thriller/Aventure. Excellente lecture. [440 p.]

yeuxdharryRésumé : « Inde, Etat du Kerala. Jan Craven, un ex-journaliste, tombe malencontreusement dans un trou masqué par des branchages. Alors qu’il se désespère, un être hirsute, au langage incompréhensible, surgit et repart sans lui apporter aucune aide. Sorti d’affaire des heures plus tard, Jan retrouve la trace d’Harry, un étrange individu qui vit dans les arbres. Intrigué, il s’attache à ses pas, renouant ainsi avec son instinct de journaliste. Très vite les deux hommes sont pourchassés, menacés de mort. Mais qui est Harry ? Comment a-t-il perdu ses capacités mentales ? Pourquoi cherche-t-on à l’éliminer ? De l’Inde au Sri Lanka, des îles anglo-normandes à Paris, une quête haletante au dénouement glaçant.« 

Wouhouh ! Je viens de courir trois fois autour de la Terre et je me sens prête à repartir ! Je viens de refermer ce livre et j’en veux encore, du Harry, des péripéties, d’autres lignes et d’autres livres de ce fabuleux duo d’auteurs qui se nomme lui-même JCHN parce que ça s’engloutit comme du chocolat noir et que toute amertume ou effet crispant trouvée dans les intrigues fait partie de leur saveur.

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Northanger Abbey

De Jane Austen. Flammarion, 2015. Comédie romanesque. Très bonne lecture. [248 p.]

Titre original : Northanger Abbey, 1817.

9782081344648Résumé : « Catherine Morland est une jeune fille dont l’esprit déborde d’imagination. Passionnée de littérature gothique, elle brûle de découvrir le monde, qu’elle se figure identique à ses rêveries. L’occasion se présente quand elle est conviée à séjourner dans la ville de Bath par ses voisins, Mr et Mrs Allen. Catherine prend alors conscience des tourments de la vie mondaine mais fait la rencontre du bel Henry Tilney. Quand ce dernier l’invite à passer quelque temps dans la demeure familiale, l’antique Abbaye de Northanger, Catherine est aux anges. Ses espoirs si romanesques seront-ils déçus?« 

Lu dans le cadre d’un partenariat. 

Lorsque j’ai reçu la dernière sélection Flammarion jeunesse je n’ai pas longtemps hésité à choisir ce classique parmi les autres titres (je trouve en plus l’édition très jolie). Même si pendant de longues années je n’avais pas envie de découvrir les écrits de Mlle Austen, les prenant pour des romances peu susceptibles de m’intéresser, ma première rencontre avec la grande dame anglaise a finalement été un moment très plaisant et beaucoup plus drôle que je ne l’aurais parié. Une seconde lecture de ce nom s’imposait donc !

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Le Mystère du trésor englouti

De Stéphane Tamaillon. Imaginemos, 2013. Aventure jeunesse. Bancal. [149 p.]

Lu dans le cadre d’une Masse Critique organisée par Babelio

mysteretamaillon

Résumé : « Et dire que Jules, qui déteste la plage, avait peur de s’ennuyer, sans ordi, sans télé, sans copains ! Ses vacances vont vite se transformer en une incroyable chasse au trésor quand il découvrira ce que cachent le musée, le phare, la forêt, la dune, les blockhaus engloutis. Mais saura-t-il déchiffrer le code secret ? Vite, on plonge dans l’aventure…« 

Je pense que je vais définitivement arrêter de me faire du mal en lisant cet auteur, ça ne colle pas entre nous.

J’ai lu ce livre il y a une semaine et j’en ressors encore de la frustration. Au vu du résumé, de la couverture, du genre, j’étais pourtant très bien partie : les romans d’aventure jeunesse c’est quelque chose qui passe toujours bien, même encore maintenant que je n’ai plus l’âge de m’asseoir par terre dans le rayon pour bouquiner et pousser des exclamations d’excitation quand le groupe de jeunes aventuriers trouve le trésor ou un indice d’importance (mais j’apprécie quand même lire ou fouiner à l’étage jeunesse pour ne pas trop me contraindre me comporter comme une adulte rigide, silencieuse et posée ! ça y dérange moins).

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Pot-pourri de mars (et début avril) : 48h BD, nouvelles, tolkieneries

Bonjour tout le monde,
Mars s’est achevé il y a quelques jours et, si le bilan du mois n’est pas assez touffu pour en faire un vrai bilan, il y a tout de même quelques petites choses dont je souhaiterais vous parler.
* * *
Tout d’abord deux mini-chroniques sur deux albums achetés lors des 48h de la BD : le Top du Chat, et Batman Vendetta. Mini, car je ne me considère pas comme une spécialiste de la BD (même à titre amateur !), et honnêtement je me pose rarement beaucoup de questions d’ordre stylistique lorsque je dévore une BD : ça va trop vite pour moi par rapport à un roman, je connais moins le support en termes techniques, et j’en lis principalement pour me divertir. J’ai d’ailleurs, dans la sélection de cette année, choisi le Batman parce que si ça devait ne pas trop me plaire (j’ai déjà eu quelques déceptions en lisant des comics, principalement dues au vieillissement des thèmes et personnages, je crois) mon copain est un grand fan du personnage ; et le Chat je connais bien et ça « passe » toujours très bien. 🙂

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Sur la route de Blue Earth

De Joseph Monninger. Flammarion [Tribal], 2014. Roman jeunesse / ado. Lecture distrayante. [251 p.]
Titre original : Finding Somewhere, 2011
surlarouteblueearthRésumé : « Hattie et Dolorès s’ennuient ferme dans leur petite ville du New Hampshire. Lorsqu’elles apprennent que Speed, un vieux cheval, doit être euthanasié le lendemain, les deux amies décident de le sauver.
Au volant d’un van, les voilà embarquées dans un road trip à travers les Etats-Unis pour lui trouver un endroit serein pour mourir. Un voyage parsemé de rencontres au détour du chemin.« 
Je remercie les éditions Flammarion de m’avoir envoyé ce livre.
Encore une fois j’avais des a priori sur cette lecture, tout autant que sur Lune Mauve, et dans l’ensemble j’avais bien ciblé les deux livres.
Ce livre est en effet un exemple typique de littérature légère pour jeunes adolescent(e)s : deux adolescentes (16 et 18 ans en fait, mais le texte peut s’adresser à largement plus jeune, je dirais vers 12 ans sans souci) qui partent pour un road trip à travers l’Amérique pour garantir une retraite à un cheval moribond.

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Morwenna

De Jo Walton. Denoël, 2014. Fantastique. Coup de cœur pour ce bon bouquin. [334 p.]
Titre original : Among Others, 2010.
COUV_morwenna.inddRésumé : « Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.« 
Je me suis sentie très proche de cette jeune fille un peu solitaire, bibliophile convaincue et passionnée de science-fiction. Dans ce livre il y a énormément de choses que j’aurais moi-même aimé exprimer, ou exprimer plus souvent, ou mieux, ou plus tôt.
Est-ce que ce livre est excellent ? Peut-être pas non plus ; même si je ne me suis pas ennuyée une seule fois dessus j’imagine qu’on peut en attendre plus, le style n’est pas extraordinaire bien que tout à fait correct, j’ai relevé quelques typos, et le fantastique est exploité de manière irrégulière selon l’avancement des évènements, et pas tout à fait dans la direction que nous indique le résumé, ou pas seulement. J’imagine très bien que certains lecteurs ne vont peut-être pas trop se retrouver dans le personnage principal ou vont attendre qu’elle entame un combat contre sa mère au bout de 30 pages, mais non, en fait le fantastique est bien là mais de façon assez limitée, c’est un élément du livre, certes, mais il est surtout présenté comme un moyen de plus pour Morwenna, 15 ans, dont on suit le journal intime, de comprendre le monde et de l’associer avec des analyses et conclusions plus générales, même si il y a quelques passages clairement merveilleux. A ce sujet j’ai beaucoup aimé la notion de magie et de fées chez Jo Walton, on revient à quelque chose de proche du folklore, avec les incompréhensions entre les deux mondes, les dangers, le côté « brut » sans tomber dans l’horreur non plus !
Cependant si l’on se penche sur la vie de cette jeune fille et son rapport au monde, j’ai trouvé qu’il sonnait vrai. Enfin une adolescente pas nunuche, consciente de son potentiel de manière générale malgré ses hésitations, qui a la tête sur les épaules et se pose de bonnes questions. Enfin un point de vue qui ne tourne pas seulement autour de sa petite personne mais qui englobe le vaste monde, la société, des concepts comme la religion, le sexe, le temps, l’espace, les relations aux autres. Qui ne s’est jamais posé ces questions à cet âge ? Morwenna cherche à comprendre ce qui l’entoure, tout ce qui l’entoure, et aussi elle-même, et j’ai trouvé cet axe extrêmement intéressant et juste, peut-être parce que je faisais exactement pareil à son âge, et que je me suis également beaucoup servi de mes lectures pour m’aider à définir quantité de choses, même si je suis loin d’avoir lu autant de SF qu’elle.
En fait, et c’est là un autre point particulièrement fort de ce roman, Jo Walton réhabilite la science-fiction (mais pas que, on parle aussi beaucoup d’autres auteurs et titres qui n’en sont pas du tout), genre souvent considéré soit comme futile soit comme élitiste. Morwenna dévore quantité de Heinlein, Asimov, Delany, Zelazny et plein d’autres dont je ne connais pas toujours ni les noms ni les titres, et nous en donne ses ressentis, ou certaines clés. Je ne suis probablement pas la seule lectrice à sortir de cette lecture avec des envie de livres de poche argentés, de replonger dans les tribulations de savants ou d’aventuriers curieux, observateurs, pionniers, ou d’auteurs qui présentent d’autres alternatives et grilles de lecture à ce monde-ci, ou en se servant d’autres. Après avoir lu Morwenna je suis convaincue (ou je me rappelle avoir ressenti cette conviction) que de ne pas lire (assez) de science-fiction c’est se priver d’une source presque inépuisable (puisqu’on continue d’en écrire) d’idées, d’hypothèses, d’analyses possibles sur à peu près tout et n’importe quoi, et que cette lacune devrait être comblée pour le plus grand bien, le plus vite possible, et de la façon la plus variée possible.
On pourrait penser que la science-fiction et la magie, ça ne va pas ensemble, et si vous le pensez c’est peut-être justement une excellente raison de vous plonger dans ce livre, qui discute ce point ainsi que bien d’autre, parfois en passant, mine de rien.
Citations et ressentis particuliers :
« (…) quand je regarde les autres, les autres filles de l’école, et que je vois ce qu’elles aiment, de quoi elles se contentent et ce qu’elles veulent, je n’ai pas l’impression d’appartenir à la même espèce. »
« Ce qu’il y a avec Tolkien, avec le Seigneur des Anneaux, c’est que c’est parfait. Tout cet univers, ce processus d’immersion, ce voyage. Ce n’est pas, j’en suis sûre, vraiment vrai, mais c’est d’autant plus étonnant que quelqu’un ait pu tout inventer. »
Merci pour les deux majuscules à « Seigneur des Anneaux. » A chaque fois que je lis « Seigneur des anneaux » (sic) je me demande si la personne a lu le même livre que moi : ce sont les Anneaux de Pouvoir, pas n’importe quoi ! Tolkien est quelqu’un de tellement précis, attentionné en ce qui concerne quantité de détails. Ce n’est pas lui rendre justice que d’encenser son œuvre en faisant preuve d’une telle inexactitude, d’une telle désinvolture.
Je suis absolument d’accord avec sa vision de Narnia : une fois l’allégorie découverte (dans ma première lecture, pour moi, aidée par un prologue qui disait explicitement que Lewis voulait faire de la propagande religieuse), le côté « magique » semble être une espèce de vernis un peu faux, craquelé, et c’est vraiment très dommage. J’aime bien l’auteur tout de même, mais franchement là il s’est un peu moqué du monde.
« Bibliotrope »- ah celui-ci je l’aime bien, je vais l’adopter. Pourquoi seuls les scientifiques et académiciens auraient le droit d’inventer de nouveaux mots en grec de cuisine ?
« 1980 sonne plus rond, et marron. C’est drôle comme la sonorité des mots évoque des couleurs. Personne sauf Mor ne l’a jamais compris. » C’est ce que l’on appelle la synesthésie phonème-couleur, j’imagine, vu que quand les lettres écrites évoquent des couleurs c’est « graphie-couleur ».
Je n’arrive pas à déterminer si j' »ai » celle-ci aussi ou pas, mais la fois où une amie est venue me demander si « moi je voyais les lettres en couleur » j’ai réalisé que beaucoup de gens les percevaient « sans », j’ai vaguement imaginé un océan de lettres désespérément grises ou noires sur blanc, et je me suis sentie désolée pour tous ces gens, quelque part. J’ai également discuté avec un ami qui nous racontait qu’une fille de sa promo ne pouvait pas finir ses calculs si le hasard des chiffres donnait des résultats esthétiquement horribles, je n’en suis heureusement pas à ce point-là mais je comprends très bien le principe. C’est une info en plus que le cerveau nous fournit, on ne peut pas en faire totalement abstraction.
« J’ai vu quelques fées se grouper. (…) On ne peut les voir que quand on y croit déjà, ce qui explique pourquoi les enfants sont plus susceptibles d’y arriver. Les gens comme moi ne cessent pas de les voir. Il serait idiot de ma part d’arrêter de croire en elles. »
Un super bonus pour les notions de karass et de grandfalloon. Vonnegut est désormais sur ma liste de lecture. J’aurais tout de même apprécié qu’on en sache plus sur ce mot plus tôt, j’ai passé 200 pages à m’en poser, des questions !
Ces histoires de passé et présent comme corollaires de la fantasy et de la science-fiction… c’était pas dans Of Fairy-stories que j’avais lu ça ?
Chroniques d’ailleurs :  Naufragés Volontaires, Blog-O-Livre, Livresse des Mots, Les Lectures de Xapur, Les lectures de Bouch’, Livrement, Avides Lectures, Bazar de la Littérature, Voyage au bout de la page, La tête dans les livres, l’Aléthiomètre, Let’s Be Extravagant
Ce livre est à l’origine du challenge Morwenna’s List.

Morwenna Jo Walton challenge