Le Château des Carpathes

De Jules Verne. Le Livre de Poche, 1966. Roman fantastique. Très bonne lecture. [241 p.]
Première édition : 1892
chateaujvJ’ai entamé ce roman sans avoir trop d’idées sur ce que j’allais trouver exactement puisque l’édition que j’avais en main ne comportait aucun résumé. Cependant il me semblait que je l’avais déjà lu une fois, et effectivement une fois lancée dans ma lecture beaucoup d’éléments me sont revenus en mémoire. L’histoire se situe dans un endroit reculé, rural, des Carpathes, dans un petit village peuplé de ses archétypes attendus : le docteur, le berger, les deux jeunes amoureux, l’aubergiste… Un jour Frik le berger remarque de la fumée au-dessus du vieux château à l’écart du village. Pourtant, l’endroit est censé être désert depuis des décennies. En mal de curiosité une expédition se forme, y va, revient amochée : c’est certain, le château est hanté ! D’autres personnages, des visiteurs venus de loin, font finalement irruption dans l’histoire en amenant leur propre passé et début de réponses.

Dès le début, l’auteur nous prévient de son intention de jouer avec nos certitudes, se défendant même d’écrire du fantastique (j’ai vu quelque part que le roman était dit « gothique », probablement à cause de son éloignement géographique[par rapport au lecteur visé] et aux éléments généalogiques – mais c’est bien un précurseur du fantastique si je me souviens de ce que j’ai lu récemment. ^^). En tout cas il m’a bien fait sourire dès le départ !
« Cette histoire n’est pas fantastique, elle n’est que romanesque. Faut-il en conclure qu’elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur.  Nous sommes d’un temps où tout arrive, – on a presque le droit de dire, où tout est arrivé. »
Ayant déjà lu le livre une fois, il y a eu quelques effets de « surprise » qui ont moins marché sur moi qu’à ma première lecture. Cependant c’est un bon livre, agréable à (re)lire – le vocabulaire recherché, local ou suranné certaines fois, a fait mouche sur moi. Peut-être qu’il enquiquinera certains lecteurs à la recherche de plus de simplicité ! La plume de l’auteur reste fluide et sa narration dynamique malgré ce point. Dans les éléments typiques du genre on retrouve aussi les descriptions détaillées, les métaphores et autres figures de style, le rythme moins rapide que dans d’autres ouvrages servant la mise en place d’une atmosphère particulière, d’une tension, que j’ai sentie comme une suspension temporelle dans cet ouvrage. On se situe entre deux époques, deux façons de penser différentes : le monde folklorique rural, ancien et potentiellement dangereux du point de vue de ses habitants qui tentent de s’en préserver tout en cohabitant avec une foultitude de croyances et de superstitions, et les « avis éclairés » des personnages venus de la ville / ayant eu accès à une éducation plus moderne, plus progressiste.
J’ai trouvé que Jules Verne se situait bien entre les deux, sans prendre aucun parti évident (il se moque parfois un peu d’un « camp » ou de l’autre, mais nous garde dans l’expectative), conservant son effet de surprise quant à la, ou plutôt aux différentes chutes du récit, même si le lecteur moderne au fait de ses écrits peut avoir sa petite idée quant aux directions que va prendre le fil. On pourra regretter, hormis les divers stéréotypes très forts, que les très rares personnages féminins ne servent vraiment à rien, la faute à l’époque ? Ou peut-être que non… Lisez donc le Rayon Vert du même auteur, vous serez peut-être aussi surpris que moi. 😉
* Le petit plus de l’édition : une biographie exhaustive de l’auteur en fin de volume, sur six pages bien serrées, qui m’a remis quelques pendules à l’heure et appris que Verne a vogué sur le Great Eastern, l’ancêtre des liners (paquebots de ligne, transatlantiques ou autres), et merveille technique à l’époque ! 🙂
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2 réflexions au sujet de « Le Château des Carpathes »

    • Oui je pense que c’est un auteur à lire, non seulement parce que c’est un « classique » mais aussi parce qu’il a écrit pas mal de choses différentes en thème et longueur, donc je pense que chacun peut trouver un Verne qui lui convient ! 🙂

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