Codex, le manuscrit oublié

De Lev Grossman. 2007. Roman à intrigue. Lecture passable. [329 p.]
Titre original : Codex, 2004.
codexRésumé : « Edward Wozny est un jeune banquier new-yorkais à qui tout réussit. Il est enfin sur le point de prendre des vacances bien méritées quand son patron exige de lui une dernière mission : aider un des clients les plus importants de la banque à ranger et trier sa bibliothèque laissée à l’abandon ! C’est bien la peine d’être un banquier de haut vol pour se retrouver à classer des papiers poussiéreux. Mais Edward n’a guère le choix. On lui demande surtout de rechercher un vieux manuscrit datant du XIVe siècle dont on n’est même pas sûr de l’existence mais qui serait d’une très grande valeur ! Et il se fait aider par une étudiante revêche et érudite, Margaret Napier. Parallèlement à sa recherche, il se prend de passion pour un jeu vidéo. À sa stupéfaction, il découvre des similitudes étranges entre ce jeu et la légende du manuscrit disparu. Il se plonge alors dans une enquête passionnante qui va peu à peu l’amener à douter de tout, avant de percer le secret magistral du Codex…« 
J’ai emprunté ce livre sans en attendre beaucoup, et j’ai bien fait. Il s’agit là d’un ouvrage distrayant, sans plus, avec pas mal de défauts et quelques points forts, que je ne recommanderai vivement ni ne déconseillerai non plus.
Je trouve les appellations « polar » ou « thriller » un peu tirées par les cheveux, car, d’enquête ou de poursuite effrénées, il s’agit plutôt de simplement résoudre une énigme – rechercher un vieux manuscrit, qui n’existe peut-être même pas, avec quelques pressions extérieures et quelques personnages qui ont une part sombre, mais sont très loin d’être de véritables tueurs ou malfrats ! Du suspense, oui, un peu, mais pas de frissons dignes de ce nom. 😉
J’ai failli ne pas du tout m’attacher au héros, Edward, et finalement j’ai réussi au fil du roman à lui trouver quelques aspects intéressants ou intrigants. L’arrivée de Margaret a été un véritable bonheur car c’est une fana de livres, et de nombreuses références m’ont fait penser à mes cours de DUT. 🙂 L’aspect reliure, par contre… je n’y connais quasiment rien, et certains passages m’ont semblé occultes au possible. J’ai aussi remarqué quelques descriptions qui faisaient mouche, me transportaient dans des endroits très tranquilles, au charme vieillot et reposant. (ou alors c’est parce qu’il n’y a pas un bruit dans la maison en ce moment, et ça a influencé ma lecture)
Le résumé de l’éditeur nous promet tout de même une intrigue riche et complexe, alors que l' »action » de l’histoire repose surtout sur les choix d’Edward, sa vie quotidienne, ses interrogations, et son travail avec Margaret dans les différentes bibliothèques – mon cerveau a fini par suivre simplement ce qu’il se passait dans l’histoire au fil des pages, mais j’imagine qu’il est facile de lire le résumé, de s’en faire de grandes idées, et d’être finalement très déçu. (La dernière phrase de la 4e est particulièrement fausse à tous points de vue !) :/
Pour le reste, tout est moyen : l’intrigue, les personnages secondaires, le rythme, le style – ce n’est ni génial ni très mauvais, ou parfois un peu déséquilibré au gré des pages et passages. Cela ne m’a pas trop dérangée dans ma lecture, mais j’imagine sans peine que d’autres lecteurs puissent être moins tolérants, puisque ces faiblesses sont bel et bien là.
La fin m’a paru trop précipitée, et je n’ai pas aimé la manière dont ça se finissait, même si d’un point de vue scénaristique ça se tenait.
Un livre distrayant, mais vraiment juste distrayant.
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La Vallée des disparus

De Bente Porr. 2012. Roman à suspense. Très bonne lecture. [225 p.]
Titre original : Moriac, 2008.
Vallee-des-disparusRésumé : « Trois amis, tombés en panne sur une petite route provençale, sont bloqués quelques jours dans le village de Moriac, où ils prennent connaissance d’une inquiétante légende. Au pied du village se niche une mystérieuse vallée. Ceux qui s’y sont aventurés, dit-on, n’en sont jamais revenus. Au total, une douzaine de disparitions inexpliquées en deux siècles. Quel secret cache cet endroit sinistre ? Intrigué, l’un des trois voyageurs décide de mener l’enquête…« 
Ce livre a été pour moi une agréable surprise. Je l’ai choisi dans le rayon « polars », et en fait ce n’est pas vraiment du policier ; je m’attendais à quelque chose entre médiocre et bien, et j’ai trouvé certains points géniaux, et le livre très bon dans l’ensemble. Pour un premier roman c’est une belle réussite, c’est très équilibré de bout en bout.

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Fractures

De Frank Thilliez. 2009. Thriller. Excellente lecture. 🙂
fracturesRésumé : « Face à la tombe de sa sœur jumelle Dorothée, décédée dix ans auparavant, Alice Dehaene s’interroge : à quoi rime cette photo de Dorothée, prise il y a peine six mois, qu’elle a récupérée des mains d’un immigré clandestin ?
Alice sait que quelque chose ne tourne pas rond dans sa tête. Son psychiatre à l’hôpital de Lille, Luc Graham, doit lui révéler le résultat d’un an de psychothérapie, lui apporter cette lumière qu’elle recherche depuis si longtemps. Mais les événements étranges que se multiplient autour de la jeune femme vont l’en empêcher : son père, agressé chez lui à l’arme blanche, et qui prétend avoir tenté de se suicider ; ce chemisier ensanglanté qu’elle découvre dans sa douche, à propos duquel elle n’a pas le moindre souvenir ; et cet homme retrouvé nu à un abri de bus qui semble avoir vu le diable en personne.« 
Un super polar ! Un super auteur également, si j’en crois les chroniques et critiques que je croise, et d’après donc cette première expérience de sa plume. Je ne me suis pas du tout ennuyée, me suis posée plein de questions, me suis laissée balader jusqu’à la moitié du bouquin avant de commencer à comprendre où il allait en venir, et même alors j’ai encore eu quelques surprises et détails qui ne m’étaient pas venus à l’esprit dans les derniers chapitres !
Le seul point vaguement négatif que j’ai à préciser ce sont les quelques premières pages : deux prologues, une introduction, et enfin l’arrivée d’Alice – pendant quelque temps je me suis demandée à quoi ça rimait, et quel était le lien entre ces différents temps, lieux, et personnages, car ça n’était au départ pas du tout explicite ! Mais finalement l’auteur nous donne les ficelles sans trop tarder (avant que le lecteur s’énerve pour de bon et envoie valser le bouquin 🙂 ).
Après, bien sûr, l’aspect surprenant d’un thriller c’est toujours assez subjectif, ça dépend de vos lectures, mais sincèrement je pense que celui-ci pourrait plaire à un grand nombre, parce qu’il n’est pas mal ficelé du tout, Thilliez aime nous perdre dans les détails et intrigues « secondaires », fait intervenir les personnages comme il faut, et crée une atmosphère qui retient l’attention du lecteur en lui dévoilant des choses petit à petit ! Je n’ai pas noté de temps mort dans l’histoire ; le fait d’avoir plusieurs pistes de réflexion et de questionnement nous permet d’avoir toujours quelque chose à cogiter, à déduire, à observer sans savoir quoi en faire tout de suite. J’ai plusieurs fois pensé à Grangé, autre auteur de thrillers français, à cause de la recherche d’identité d’Alice – son passé, son présent, qu’est-ce qui lui échappe exactement ? Cependant c’est assez rare que je devine grand chose dans les Grangé, alors qu’ici en même temps que de me faire tranquillement illusionner par Thilliez j’ai aussi pu récolter pas mal d’indices et avoir l’impression de pouvoir moi aussi faire ma petite enquête ! Le côté psychologique est très important, même s’il y a de l’action, on est sans cesse en train de remettre en question ce que l’on sait, ce que l’on sait vraiment, ce que savent les différents personnages ou ce qu’ils se contentent de relater.
Dans ce livre on suit donc principalement Alice, qui est suivie par un psychiatre (= mise en doute dès le départ d’un certain nombre de choses bwahahahaha), et dont l’existence déjà perturbée bascule un peu plus à cause d’évènements inexpliqués. A côté on suit le docteur Luc Graham, son praticien, mais également Julie, une assistante sociale en psychiatrie, qui a trouvé un homme nu en état de catatonie. J’ai de manière générale beaucoup aimé les personnages, même si je me suis plus facilement identifiée à certains qu’à d’autres. J’aurais aimé avoir un chouïa plus de détails sur Mirabelle, toutefois. Vu leur nombre relativement limité (ce qui permet d’avoir une histoire qui sonne de manière assez réaliste, et des interactions entre eux renforcées tout au long du livre, je ne m’en plains pas !), j’ai fini par identifier le meurtrier avant le dénouement – mais bon c’était pas trop gênant c’était vraiment sur la toute fin du livre, et il restait d’autres questions à résoudre !
Donc voilà, première rencontre avec Frank Thilliez, et j’espère bien qu’on se reverra encore ! 😀
Chroniques d’ailleurs : Le Boudoir des Livres, Lectures Trollesques, Pouvoir des MotsPlaisir de lire, Les mots de Mélo

Le Scarabée

De Richard Marsh. 2006 (réédition). Fantastique. Excellente lecture.
Titre original : The Beetle, 1897.
scarabéeRésumé : « À Londres, à la fin du XIXe siècle, une créature mystérieuse venue du fond de l’Egypte antique apporte l’épouvante et la mort. Quelle horrible vengeance poursuit-elle pour assouvir sa haine meurtrière ? Paul Lessingham, jeune politicien de talent, semble bien être au coeur de l’énigme. Rattrapé brutalement par son passé, il entraîne ses proches à son insu dans un cauchemar hors du temps.
Construit en forme de roman policier avant l’heure, Le scarabée invite le lecteur à assembler les éléments d’un puzzle démentiel où s’affrontent malédiction d’un autre âge et rationalité moderne. »
« Le scarabée est l’œuvre la plus célèbre de l’auteur anglais Richard Marsh (1857-1915). Cité par Lovecraft parmi les plus grands thrillers fantastiques, ce roman connut en son temps le même remarquable succès populaire que Dracula de Bram Stoker, paru lui aussi en 1897. »
Je découvre avec ce livre un auteur dont je n’avais pas encore entendu parler (ou je ne m’en souviens plus), et que pourtant j’aurais apparemment eu maintes occasions de croiser, que ce soit au cours de mes lectures ou de mes recherches ! Je l’ai d’ores et déjà classé dans ma liste de « Wanted » : les auteurs durs à trouver (dans les bibliothèques de France*…) mais néanmoins super intéressants d’un point de vue stylistique et historique.

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L’Étrange affaire de Spring Heel Jack

(Titre complet : « Burton & Swinburne dans… ») De Mark Hodder. 2013. Thriller steampunk / uchronico-fantastique. Excellente lecture.
Titre original : The Strange Affair of Spring Heel Jack, 2010.
springheeljackRésumé : « Londres, 1861.
Sir Richard Francis Burton. Un grand explorateur et un érudit de talent. Sa réputation a été salie et sa carrière ruinée. Il est dans de sales draps.
Algernon Charles Swinburne. Un jeune poète prometteur et avide de sensations fortes, disciple du marquis de Sade. Le cognac causera sa perte. C’est le cadet de ses soucis.
Les deux hommes sont au cœur d’un empire déchiré par les conflits. D’extraordinaires machines envahissent un monde soumis à des lois des plus répressives. Tandis que certains défendent une société fondée sur le génie créateur, d’autres repoussent les limites de la conscience en ayant recours aux drogues, à la magie et à l’anarchie. Lorsque des loups-garous terrorisent l’East End londonien et que des jeunes filles deviennent la proie d’une effroyable créature nommée Spring Heeled Jack, le duo n’a plus d’autre choix que d’agir. Au plus vite. Tous deux se trouvent confrontés à l’un des événements les plus décisifs de cette époque. Mais la pire de leurs découvertes pourrait bien provoquer la fin du monde tel qu’ils le connaissent… Quand une poignée d’hommes change l’Histoire, l’Histoire change tous les autres. »
J’ai emprunté ce livre sans grandes attentes ni craintes.
En fait, je l’ai adoré et dévoré en très peu de temps tant tout m’a plu dedans. Le genre steampunk (époque victorienne reprise partiellement, avec des machines et des technologies plus avancées que ce qui fut réellement) est quelque chose de très à la mode, dont j’entends régulièrement parler, mais que je n’ai encore que très peu lu. Je n’ai rien contre à la base, mais je ne suis tout simplement pas encore trop tombée sur des ouvrages de ce genre qui me donnaient envie de les lire, faisant mes choix tout autant par rapport aux thèmes qu’en fonction des scénarios, styles littéraires et auteurs.
Je pense que je vais m’en tenir à une critique assez courte, puisque l’essentiel de l’intérêt de cette lecture réside dans la découverte à la fois de l’univers mais aussi des personnages et du déroulement de l’intrigue.
Londres, l’époque victorienne, les drôles d’inventions, les savants fous, les mystères, les allées sombres de l’East End dans l’imagerie de Gustave Doré, Jack l’Eventreur… si ce type de sujet vous fait rêver, foncez ! C’est très bien écrit, prenant, dynamique, bien décrit (mais pas trop non plus) ; les personnages sont intéressants, fascinants, drôles, loufoques et vivent des trucs de fou qui pourtant s’enchaînent avec précision et de façon bien huilée.
Attention cependant : ce livre est une fiction ; bien qu’il reprenne tout un tas de gens fameux (Gustave Doré, Darwin, Swinburne & Burton, Oscar Wilde, Jack…), ce n’est la plupart du temps que pour en détourner la véritable histoire !
Une superbe fresque aventureuse sise dans le Londres de la fin du XIXe, reprenant des fragments d’Histoire pour mieux la mêler de fantastique, de science-fiction, et de fantaisie*.
* à ne pas confondre avec la fantasy.
Une autre chronique plus détaillée et un peu moins enthousiaste : celle de BlackWolf.

Pharaon

De David Gibbins. 2013. Thriller/aventures historique. Mauvais. Lecture inachevée.
AVERTISSEMENT : malgré une couverture alléchante et un résumé enthousiasmant ce livre est véritablement mauvais. Lecteurs sensibles, s’abstenir.
pharaonRésumé : « 1334 ans avant J-C, Akhénaton règne sur l’Égypte, tandis que le jeune Toutânkhamon se prépare à lui succéder. Mais Akhénaton disparaît… et, avec lui, son héritage, qui serait mystérieusement englouti par les sables gisant sous le site du Caire actuel et les grandes pyramides de Gizeh… 1885 après J-C. Un homme à moitié fou affirme l’existence d’un labyrinthe enfoui sous Le Caire, et d’un réseau de canaux, palaces et tombes.
On ne le croira pas pendant près de 30 ans… jusqu’à la découverte du tombeau de Toutânkhamon en 1924. De nos jours. L’archéologue Jack Howard et son équipe fouillent l’un des plus impressionnants sites sous-marins jamais découverts. C’est alors qu’ils entendent parler de l’histoire de l’ingénieur fou. Le début d’une formidable aventure qui nous plonge au coeur des mystères du Nil, dans un monde vieux de 3000 ans, au sein d’un peuple qui a juré de garder le plus grand secret de tous les temps… »
C’est la première fois (ici en tous cas) que je qualifie un livre de « mauvais ». Celui-ci m’a déçu à tant de reprises que je ne sais pas trop par où commencer.
Le résumé me faisait au contraire penser que l’énigme et son déroulement pouvaient être excellente ; en plus l’Egypte antique c’est quelque chose qui me plaît. Ensuite, ceci est le 6e roman de l’auteur. Maintenant je me demande comment est-ce qu’il a réussi à se faire publier – j’avais secrètement espéré que c’était son premier, vous savez, celui qui parfois est plus ou moins le brouillon des autres. Hélas.
Je dois dire que je ne sais pas en quelle proportion la traduction a pu empirer les choses, mais sincèrement je n’ai quasiment rien à dire de bon sur cette lecture, que j’ai décidé d’abréger (ma lecture et mes souffrances) p.72 après 40 pages de « Noooooon… », de « c’est pas crédible, ça », voire de rires hystériques tellement certaines choses ne vont pas ou sont mal tournées.

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Le Magicien des morts

De F.E. Higgins. 2008. Roman jeunesse à tendance fantastique. Bonne lecture.
Titre original : The Bone Magician.
Autres livres tournant autour du même univers : Le Livre noir des secrets ; un autre publié après (?)
magicienmortsRésumé : « Pin Carpue découvrira-t-il la vérité sur la disparition de son père, accusé de meurtre ? Percera-t-il le secret de Bénédict Pantagus, l’homme qui fait parler les morts Et reverra-t-il bientôt Juno, cette mystérieuse jeune fille dont les parfums ensorcellent. Pour Pin, le temps presse. Car, sur les bords du Foedus qui traverse cette ville de cauchemar, rôde le tueur à la pomme d’argent, en quête de nouvelles victimes. Et s’il croisait le chemin de Pin Et si ce tueur était son père ? »

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Lady Grace, T.9

De Jan Burchett et Sara Vogler. 2012. Aventure / enquête jeunesse. Excellente lecture.
Titre du tome : L’Énigme de la Clé d’Or.
Titre original : The Lady Grace Mysteries – Intrigue, 2008
ladygRésumé : « Je suis au comble de l’excitation : la reine nous emmène voir une pièce de théâtre ! Le beau et célèbre Fitzgrey y joue un comte qu’on assassine et le public doit résoudre le mystère. Mais un véritable meurtre est commis juste sous nos yeux ! Un innocent sera pendu si le vrai coupable n’est pas démasqué… Aucune énigme ne me résistera. Foi de Lady Grace ! »
J’aime énormément cette série. Bien sûr, dans l’absolu, j’aurais préféré la découvrir quand j’avais entre 6 et 10 ans, mais c’est tellement bien écrit, fouillé, décrit, et aussi drôle, que je suis cette série du haut de mes 26 ans sans aucun mal, et même avec plus de plaisir que certains auteurs « adultes ».
Chaque tome de la série présente une nouvelle enquête de Lady Grace, demoiselle d’honneur de la reine Elisabeth 1ère, qui bien sûr ne saurait se satisfaire de paraître simplement à la Cour comme il sied à une jeune fille à l’époque, mais aime se mêler de tout et résoudre les problèmes quand il s’en présente.
J’aime beaucoup l’immersion dans l’Angleterre élisabéthaine. Il y a beaucoup de détails sur les mœurs et habitudes de l’époque, les auteurs s’efforcent d’utiliser un vocabulaire un peu vieillot et châtié – d’où un intéressant glossaire à la fin de chaque livre, mais après quelques tomes on s’en passerait presque ! L’héroïne, bien qu’un peu rebelle, est tout de même montrée comme relativement bien intégrée à son cercle social, et fait preuve d’une maturité et d’une inventivité qui me semble cohérente avec ses 14 ans. En plus elle est sympathique, ainsi que ses amis et les personnages secondaires récurrents. Le seul défaut que je leur trouve est que tout le monde ou presque est assez, voire carrément, stéréotypé.
Les énigmes elles aussi sont à la fois relativement simples mais bien menées, et le style dynamique de l’écriture en fait à la fois une lecture divertissante et enrichissante.
Prenez le premier tome : si ça vous plaît, foncez, sinon laissez tomber.

Les Enchantements d’Ambremer

De Pierre Pevel. 2007. Fantasy. Très bonne lecture, très distrayante.
enchantementsRésumé : « Paris, 1909. La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes… et une ligne de métro relie la ville à l’OutreMonde, le pays des fées, et à sa capitale Ambremer. Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens. Chargé d’enquête sur un trafic d’objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. L’affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers : un puissant sorcier, d’immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l’association forcée avec Isabel de Saint-Gil, que le mage ne connaît que trop bien…« 
Petit historique : J’avais commencé ma lecture des œuvres de Pierre Pevel, que j’ai eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises, par la série Les Lames du Cardinal, que je conseille à quiconque aime les romans d’aventures, de mystère, et de cape et d’épée, sans être pour autant totalement allergique aux éléments fantasy. J’avais acheté les Enchantements au Livre sur la Place (tous les ans en septembre à Nancy), il y a quelques années (2009, 2010 ?), et comme la moitié des livres que j’achète je l’avais soigneusement rangé dans ma bibliothèque, sans le lire sur le coup. Pour ma défense, 95% des livres que j’achète sont des choses que j’ai déjà lues, et compte relire :D.
Le mois dernier mon homme s’est décidé à quitter sa console quelques heures par semaine pour se cultiver littérairement à côté (c’est pas une critique, hein, avec mes 700+ heures sur Diablo III je ne pourrais pas me le permettre !) – disons que d’habitude il lit assez peu, malgré une vitesse de lecture tout à fait honorable. Il m’a donc réclamé ledit livre, que j’ai exhumé de sous les Lovecraft, Tolkien, et quelques autres auteurs (il n’était pas si loin après tout), me sentant vaguement coupable d’avoir acheté le livre, souri à l’auteur, demandé un autographe, pour ne même pas lire son ouvrage la première ! Quand il a entamé les Lames juste après j’ai décidé de rattraper mon retard, quitte à ce que le bouquin soit sorti autant qu’il serve un max avant de regagner ses paisibles pénates. 🙂
Critique : C’est un petit livre (one-shot de 300 pages), très facile à lire, car s’il use d’un vocabulaire divers et châtié très agréable à trouver au milieu des médiocrités contemporaines malheureusement trop communes, Sieur Pevel sait aussi très bien se faire comprendre, et assurer un style fluide et entraînant, teinté d’un humour léger, piquant, et dosé avec tact. L’histoire et l’environnement son à mon sens du même ordre : simple sans être simpliste, juste assez compliqué pour attiser la curiosité du lecteur sans le perdre dans des détails lourds et inutiles. Le côté léger de la lecture n’empêche pas la présence d’intrigues, qui sans dépareiller le monde de féérie sont parfois traitées sur un ton grave.
Je ne peux m’empêcher de rapprocher ce livre d’un certain type de contes ou de nouvelles fantastiques (bien qu’il s’agisse bien ici plutôt de fantasy/merveilleux), assaisonné d’Arsène Lupin. C’est vraiment une lecture qui pourrait convenir à un très grand public, grâce à tous ses atouts bien dosés. Bien qu’il ne soit pas classé en « jeunesse », et n’a pas certains des aspects et éléments typiques des ouvrages jeunesse, je n’ai rien vu dans ma lecture qui pourrait la déconseiller à des jeunes lecteurs.
J’ai dit que c’était un one-shot, car il peut effectivement se lire seul, mais les plus avisés sauront qu’il existe une suite aujourd’hui aussi introuvable que l’OutreMonde lui-même : l’Elixir d’oubli. Espérons qu’il soit un jour réédité…

Edit 2016 : l’Elixir d’Oubli a été réédité, et il est à présent agrémenté de sa suite ! Les trois opus sont disponibles en deux éditions au moins.

Chroniques d’ailleurs : Des livres ! des livres !

La Stèle maudite

De Matt Boudurant. 2006. « Thriller ». Roman contemporain. Étrange lecture, mais pas mauvaise.
stelemauditeRésumé : « «Cet écrit doit être lu trois fois. Jamais on n’a vu ou entendu son pareil depuis le temps de la divinité. Il est déposé dans le temple de Mout pour l’éternité.»
Depuis des décennies, les experts du British Museum tentent en vain de résoudre le mystère de la stèle de Paser, dont les hiéroglyphes du XIIe siècle av. J.-C. peuvent être lus de manière horizontale ou verticale.
Quelle est donc cette troisième grille de lecture dont il est fait mention ? Et que révèle ce message inscrit sur la stèle, qui pourrait ébranler bien des certitudes ?
Pour Walter Rothschild, cryptologue américain chargé par le musée londonien de résoudre l’énigme, la tâche s’annonce périlleuse. D’autant qu’une malédiction semble happer tous ceux qui s’approchent trop.
Brillant et érudit, ce roman fondé sur des faits réels entraîne Walter Rothschild dans les méandres d’un mystère de l’égyptologie… »
Que de mystères… Je vous souhaite cependant d’avoir d’autres intérêts de lire ce livre, ou sinon vous allez être déçus. En effet la mention « thriller » sur la couverture ne semble surtout être là que pour attirer des lecteurs. Oui, il y a une stèle égyptienne non déchiffrée. Je ne sais toujours pas trop à quoi ils font allusion en parlant de « malédiction » – ou alors, et c’est bien possible, il y a dans toute cette histoire un sens caché, une grille de lecture applicable que mon pauvre cerveau en recherche de thriller « classique » a tout simplement ignorée. Il y a des sacrées incursions dans le Londres moderne, la vie des gens, la vie de Rothschild (ex-femme, fille, colocataire, amis, collègues, la boulot de son père en Égypte quand il était très jeune), les pensées et sensations du héros, ses impressions face à la poésie égyptienne, ses questions sur la stèle. Tous ces points sont bien abordés, plutôt bien creusés, et je ne me suis pas ou peu ennuyée en les lisant. Par contre, du côté « thriller »… Sans spoiler tout ce que je peux dire c’est que même en cherchant du roman policier tout court vous n’allez pas trouver grand chose. Du côté étymologique de « thriller », faire frémir : rien du tout. Bref cette mention reste pour moi le plus grand mystère du roman, non élucidé en ce qui me concerne.