La Fille de l’alchimiste

De Kai Meyer. Le Livre de Poche, 2011. Fantasy. Coup de coeur. [626 p.]

kaimeyerRésumé : « Fin du XIXe siècle. Aura Institoris a grandi dans le labyrinthe de couloirs obscurs du château de ses ancêtres, bâti sur un récif de la Baltique. Lorsque son père, l’alchimiste Nestor Nepomuk Institoris, est assassiné sur l’ordre de son plus vieux rival, la jeune fille se trouve entraînée malgré elle au cœur d’un conflit dont les racines remontent au Moyen Âge. Aux côtés de son frère adoptif, elle décide d’affronter le meurtrier de son père. S’initiant à son tour aux terribles secrets de l’alchimie, elle va braver les intrigues et les dangers, et partir sur la piste du plus grand mystère de l’humanité : l’immortalité…« 

Évitez de lire le résumé chez les Éditions du Rocher, ils vous dévoilent la moitié du livre ! (contre 10% ici)

A mi-chemin entre la Fantasy et le roman d’aventures ésotérique, Kai Meyer nous propose un voyage à travers l’Europe mais aussi à travers le temps. Si le lecteur est d’abord plongé dans l’Allemagne du XIXe siècle, gothique et austère, il va très vite se faire entraîner beaucoup plus loin, dans les souterrains de Paris ou sur les hauteurs des Carpathes, alors que les héros du début n’en étaient même pas encore au stade d’idée dans la toile du Temps.

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Anno Dracula 1918 : Le Baron rouge sang

De Kim Newman. Bragelonne, 2013. Fantasy uchronique. Très bonne lecture. [518 p.]
Titre original : The Bloody Red Baron, 2012
baronrougeRésumé : « 1918. L’Europe est aux mains des vampires. Commandant en chef des armées d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie, le comte Dracula a juré d’anéantir l’Angleterre. Mais le conflit opposant les grandes puissances est aussi une guerre entre les sang-chauds et les non-morts. Pris dans la mêlée, Charles Beauregard, ennemi de longue date de Dracula, son protégé Edwin Winthrop et l’intrépide journaliste vampire Kate Reed se mesurent à la terrible menace volante qu’est le Baron rouge sang…« 
Le roman « Le Baron rouge sang » ne fait en fait que 362 pages. Les 156 restantes sont consacrées à une histoire postérieure, « Anno Dracula 1923 : une romance vampire », mettant en scène certains personnages des deux romans précédents.
J’ai dans l’ensemble beaucoup aimé le Baron rouge sang – le roman et le personnage, ce à quoi je ne m’attendais pas (je ne vous en dit pas plus…) ! Le style d’écriture est bien entendu le même qu’Anno Dracula, qu’il vaut carrément mieux que vous ayiez lu avant sous peine de vous spoiler la moitié. L’environnement fantastico-historique est également toujours présent, avec de petits décrochages ou décalages, des personnages célèbres qui sont là où ils n’ont peut-être jamais mis les pieds, apportant donc un (plus que) certain intérêt historique et culturel, mais à prendre avec des pincettes puisque l’irruption des vampires dans la société a forcément créé des différences avec notre jambe du Pantalon du Temps* !
(En lisant les notes de fin je me rends compte que le Baron et son entourage sont aussi des « célébrités historiques » – je ne les connaissais pas du tout, même pas de nom. J’ai donc dû rater une tonne de références !)
Le thème de la Grande Guerre est particulièrement d’actualité, mais ce n’était pas un choix volontaire de ma part car je ne suis pas spécialement férue de cette époque du point de vue militaire. Pourtant je ne me suis pas du tout ennuyée sur le livre, la narration dynamique alterne toujours avec des dialogues entraînants et des descriptions loin d’être ennuyeuses, et encore une fois je suis arrivée à la fin très rapidement.
J’ai eu plus de mal avec la novella, ou le court roman, présent à la fin du volume. Geneviève, ok, c’est un personnage que j’adore. Winthrop, pourquoi pas. Mais qu’est-ce que c’est que cette pimbêche d’adolescente hormonisante de série girly ??? Mais qu’est-ce qu’elle fout là ??? Passé cette première surprise je me suis rendue compte qu’elle servait justement de parodie du genre (elle et son environnement), et j’ai pu tant bien que mal m’accrocher entre les chapitres sur les « adultes » (oh, cool, une histoire à la Agatha Christie finalement), et les tribulations de miss Lydia avec son vampire. J’avoue que je n’ai pas vu venir le dénouement, ni l’autre dénouement. C’était quand même plutôt bien trouvé, même si j’ai beaucoup moins accroché à l’atmosphère de cette deuxième histoire, toute entrecoupée qu’elle était, et un peu longuette à se mettre en place.
J’aime toujours plutôt bien les notes de fin de volume qui recensent les références, quoique j’apprécierais que certaines soient plus élaborées (par exemple celle sur le titre de chapitre qui emprunte à deux œuvres japonaises… mais encore ? D’accord, je googlerai les titres.) Je remarque aussi que les notes sont à rapprocher d’un contexte anglo-saxon : l’explication des mots Poilu et Boche m’a fait sourire, tant ils nous sont familiers ! Et encore une fois je suis un peu perdues dans toutes ces références de cinéma, que d’autres trouveront certainement plus intéressantes (parce qu’il y en a énormément et elles semblent toucher à des genres divers)! 🙂 Dans ma tête j’ai imaginé une autre référence, qui n’est pas relevée par l’auteur, et peut-être (probablement, vu qu’elle n’apparaît pas avec le reste) même qu’il n’a pas fait exprès : un jeune soldat gisant sur le front français, ramené par une infirmière, appelant « Edith » – vu le contexte uchronique s’autorisant de légers décalages de temps et de lieu sans tomber dans l’excès, il aurait pu s’agir du tout jeune John « Ronald » Tolkien, qui n’avait encore rien publié de connu à l’époque. 😉 Bon, ok, je rêve. :p Je suis allée vérifier dans ses Lettres et je n’ai rien trouvé de plus (en tous cas pas la phrase que le soldat du livre prononce : « C’est la plaine de l’enfer ».) Tant pis ! J’aurais rigolé toute seule sur un détail imaginaire.
* Pratchett : en résumé toutes les possibilités temporelles s’expliquent par la théorie du Pantalon du Temps : soit vous prenez une jambe, soit l’autre.

 

The Night Circus

D’Erin Morgenstern. 2011. Roman merveilleux jeunesse. Coup de cœur. [490 p.]
Titre français : Le Cirque des rêves.
nightcircusRésumé : Ceci n’est pas un livre, c’est un spectacle.
Munis de votre billet d’entrée, laissez-vous tenter par un chocolat chaud accompagné de beignets à la crème chantilly, choisissez une des nombreuses tentes rayées de noir et blanc qui vous entourent, comme autant d’îlots mystérieux au milieu d’odeurs de pop-corn et de caramel chaud, et savourez le spectacle quel qu’il soit : entrez dans l’atmosphère en deux tons du Cirque des Rêves*…
Ce livre a été une claque comme je n’en ai pas eu depuis un bail, et sur un thème qui m’a ramené presque 15 ans en arrière, à l’époque où je découvrais avec fascination les aventures d’un petit sorcier dans un monde plein de magie étrange à tous les tournants… La même année, ou la suivante, suivant toujours le filon Gallimard Folio Junior du CDI, je suis tombée sur les Mondes de Crestomanci (+ Ma soeur est une sorcière, Les Magiciens de Caprona, et heu, au moins un autre dont j’oublie toujours le titre il me semble), de Diana Wynne Jones – et même si c’était pas autant une claque j’ai également apprécié trouver, dans ces livres, une magie en même temps douce et violente, présente un peu partout, et dévoilée petit à petit. Pensez aussi Contes de Terremer d’Ursula le Guin, ou simplement la poésie subtile et détaillée de la plupart de films de Miyazaki, et vous aurez peut-être une idée pas trop fausse de l’endroit où cette histoire peut vous emmener, et de quelle manière. J’ai aussi pensé à Philip Pullman (A la croisée des mondes, Sally Lockhart) pour la manière dont la romance est amenée et utilisée à l’intérieur de l’intrigue, et aussi d’autres détails, personnages ou concepts.

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Loin de la ville en flammes

De Michael Morpurgo. 2010. Historique jeunesse. Très bonne lecture.
Titre original : An Elephant in the Garden, 2010.
loindelavilleRésumé : « Elizabeth et Karli habitent à Dresde, en Allemagne, avec leur mère. Leur père, mobilisé, se bat toujours sur le front. La plupart des villes ont été bombardées et, bientôt, la famille doit fuir à son tour. La petite troupe a recueilli Marlène, l’éléphante du zoo, et s’enfonce courageusement dans l’hiver glacé, avec l’animal qui changera leur vie…

La Seconde Guerre mondiale, du côté des vaincus. Le destin d’une famille prise dans la tourmente. Une histoire de courage et d’humanité par l’inimitable conteur Michael Morpurgo.« 

A chaque fois que je lis du Morpurgo j’aimerais avoir un enfant pas loin à qui conseiller ma lecture. Non pas que je pense qu’il ne s’adresse pas également aux adultes, mais simplement parce que j’ai aimé lire des auteurs de cette trempe quand j’étais (bien) plus jeune, et que je crois sincèrement que ce genre de lecture est particulièrement enrichissante et pleine d’enseignements, en plus d’être un bon livre à dévorer sous sa couette un après-midi d’hiver.
L’auteur a une manière bien à lui de rendre aventureux tout côté de l’existence pourtant presque banale, et souvent tragique, de ses personnages. Quand on le lit, on a envie d’être à leurs côtés, de se battre comme eux, de les accompagner, de les encourager, d’être aussi simplement là, plus près, dans le livre, pour écouter leur histoire et leurs ressentis.
Comme souvent, même si rien n’est dévoilé au début de la narration, je sens venir la « grosse » histoire, le thème important ; parfois c’est le même que dans d’autres histoires de l’auteur, parfois c’en est un nouveau. En fait, c’est moyennement important. La focalisation, à chaque fois, s’effectue sur un ou quelques personnages et leur propre façon de vivre les évènements qui leur tombent dessus, ou qu’ils prennent sur eux de déclencher ou d’affronter.

Le Briseur d’âmes

Roman policier allemand, de Sebastian Fitzek. 2012. Thriller psychologique. Pas mal du tout.
briseurd_amesRésumé : « Un psychopathe sévit dans les environs de Berlin. Lorsque la police retrouve ses victimes, elles sont vivantes et ne présentent pas la moindre trace de maltraitance physique. Mais elles sont psychiquement anéanties, comme privées de conscience… D’où le surnom que la presse lui a donné : le Briseur d’âmes. Caspar, un amnésique interné dans une clinique spécialisée, n’aurait jamais imaginé croiser son chemin.
Et pourtant, en cette veille de Noël, alors qu’au-dehors une tempête de neige fait rage, lui, le personnel médical et quelques patients se retrouvent enfermés dans l’établissement, coupés du monde, en compagnie du Briseur d’âmes. Et cette fois, il tue ! »
J’aime beaucoup l’intrigue dans l’intrigue, les histoires qui s’encastrent les unes dans les autres. Le rythme est bon, les indices laissés au compte-gouttes, l’intrigue très probablement résolvable à mi-lecture, mais hélas je suis trop bon public pour arriver à prendre du recul, me sortir de atmosphère oppressante, et y réfléchir sérieusement. Je me laisse bêtement happer par l’histoire, qui est assez prenante, et je me contente de sourire sadiquement quand le héros se prend les revers de médaille :D. Mais bien sûr ! C’était donc ça… Juste un bon livre.
Chroniques d’ailleurs : La tête dans les livres