L’Héritage des Templiers

De Steve Berry. Le cherche-midi, 2007. Thriller historique. Très bonne lecture. [557 p.]
Titre original : The Templar Legacy, 2007
lheritageRésumé : « L’auteur du Troisième Secret nous offre, avec ce thriller ésotérique remarquablement conçu, un roman riche en détails historiques, qui développe une étonnante hypothèse quand à la vraie nature du fameux trésor des Templiers.
1118, Jérusalem, Terre sainte. Neuf chevaliers créent un ordre militaire, les « Pauvres Chevaliers du Christ ». Le roi Baudoin II de Jérusalem leur cède pour résidence une partie de son palais, bâti sur les ruines du Temple de Salomon. Ils deviennent les « Chevaliers du Temple », puis les « Templiers ».
1307 : Jacques de Molay, le grand maître de l’ordre des Templiers, est arrêté sur ordre de Philippe le Bel et livré à l’Inquisition. Il garde le silence sur le déjà célèbre trésor des Templiers.
2006 : Cotton Malone, ex-agent du département de la Justice américaine, et son amie Stéphanie Nelle entrent en possession de documents troublants relatifs à la nature du trésor des Templiers. Commence alors une quête à la fois historique, érudite et périlleuse, qui les mènera à Rennes-le-Château, cœur du mystère.
Plus de 2 millions d’amateurs de thrillers et de passionnés d’histoire ont déjà plébiscité à travers le monde ce roman, salué par Dan Brown et Katherine Neville, où ésotérisme, action et suspense se conjuguent à merveille.« 
J’aurais lu ce pavé en moins de temps que d’autres livres bien plus petits ! 🙂 J’ai beaucoup aimé le livre dans son ensemble, et ne lui ai pas trouvé autant de défauts qu’il est souvent attendu de livres de ce type, sur ce genre de sujet.
Par exemple, hormis le caractère « légendaire » de l’Ordre du Temple qui amène quelques lieux communs et personnages archétypes, point de complot international, point de secret ésotérique immémorial, aucune relique occulte… tout reste très réaliste, très proche de l’Histoire. J’ai d’ailleurs été très étonnée en lisant la postface de l’auteur : apparemment quasiment tout le côté « documentaire » du livre est fondé d’une manière ou d’une autre, ce qui est rarissime quand on prend un livre avec « Templiers » dans le titre (ou autres) dans le rayon « thriller » comme je l’ai fait ! Du coup j’ai vraiment envie de lire d’autres livres du même auteur, même si ce n’est pas sur le même sujet, car j’aime toujours avoir le sentiment de m’enrichir en lisant un ouvrage divertissant. Avec du recul je suis un peu estomaquée de n’avoir jamais moi-même remarqué certaines incohérences du Nouveau Testament, que j’ai pourtant entendu maintes et maintes fois (éducation religieuse dans mon enfance/adolescence), et lu une ou deux fois au moins. Je suppose que je n’avais jamais eu de regard littéraire critique sur ces œuvres, et Steve Berry a su aiguiser ma curiosité sur ce point plus que par exemple Dan Brown. Bon, j’ai d’autres choses à lire et relire pour le moment que la Bible, mais je garde un certain nombre des commentaires et hypothèses de l’auteur – même si, et surtout parce qu’elles ne sont pas toutes de lui au départ – dans un coin de ma tête ; d’un point de vue intellectuel c’est intéressant et ça va un peu plus loin que ce que j’ai l’habitude d’entendre ou de lire – même chez les gens qui se font un malin plaisir de « démonter les théories religieuses » – ceux qui se targuent d’en savoir le plus (dans mon entourage, en tous cas) se nourrissent souvent de choses en fait assez peu creusées. 😉
Concernant les personnages c’est peut-être ce qui m’a le moins surprise dans le livre : sympathiques et globalement convaincants mais tout de même assez caricaturaux dans leurs êtres et relations entre eux, que ce soit du côté des « gentils » ou des « méchants ». Rien de notable, quoi.
La plume de l’auteur est du même acabit : même tenu compte de la traduction, je n’imagine pas que l’auteur ait un style particulier : c’est bien écrit dans l’ensemble, avec des descriptions utiles et jolies (et pas trop longues pour ceux qui se poseraient la question), et un rythme trépidant caractéristique du genre, c’est tout. On rencontre des énigmes plutôt bien amenées, avec un minimum de fausses pistes là aussi convaincantes dans l’ensemble même si certains détails manquent un peu d’originalité (mais peut-être pour mieux coller à l’Histoire, je n’en sais rien). Contrairement à d’autres récits j’ai trouvé que la résolution des énigmes et mystères était assez bien équilibrée, ni trop tardive (irritant le lecteur qui a trouvé depuis 250 p.), ni trop rapide (lui faisant penser que le cryptologue était stupide, ou les héros vraiment trop intelligents) – de même les énigmes en elles-mêmes m’ont parues plus crédibles, moins tirées par les cheveux que ce sur quoi on tombe parfois !
Je n’ai pas trouvé de grandes qualités littéraires à ce livre, mais en tant que thriller il m’a bien plu, grâce à deux points majeurs forts : ses mystères bien dosés et maîtrisés, et un fond historique apparemment bien documenté et ramené à un discours pédagogique clair et fouillé.

 

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Le Philosophe ignorant

Par Voltaire. 1766, édition de 2008. Essai philosophique. Excellente lecture.
philosopheRésumé : « Voltaire est âgé de 72 ans en 1766 lorsque paraît Le Philosophe ignorant, malicieuse invitation à un voyage autour du monde de la philosophie. Raillant Descartes, Spinoza et Leibniz – la volonté n’est pas plus libre qu’elle n’est bleue ou carrée, oppose-t-il au premier -, louant les analyses de Pierre Bayle et de John Locke, Voltaire critique avant tout l’esprit de système des philosophes, que guettent les travers de son Pangloss. Contrairement à eux, le philosophe ignorant qu’est Voltaire ne dissimule pas ses contradictions : oui, on peut être à la fois déiste et profondément sceptique ; oui, on peut soutenir que les principes de la morale, comme toutes les idées, s’acquièrent par les sens, et néanmoins affirmer qu’il existe une morale universelle et naturelle fondée en Dieu. Car le philosophe ignorant ne cesse de rechercher la vérité. Tel est l’autoportrait que nous livre ici Voltaire. »
Qu’on aime ou pas Voltaire, il reste un philosophe plutôt accessible à tous : un vocabulaire assez simple, des phrases claires, et malgré quelques contradictions (plein en fait) un fil de pensée assez facile à suivre. Ce texte est à la fois court (100 pages), en forme de liste, et essaye de définir entre autres choses ce qu’est un philosophe et qui est Voltaire. C’est non seulement intéressant mais en plus, de mon point de vue, un ouvrage que je recommanderais à ceux qui ne sont pas (ou peu) habitués à lire de la philosophie, dont certains textes sont, il faut le dire, carrément abscons.
J’ai énormément apprécié la manière dont se place Voltaire dans la société de l’époque. Il écrit sur des choses et des gens (auteurs) qui lui sont contemporains, et aussi d’autres qu’il a lu car c’était des « best-sellers philosophiques » à l’époque (Locke, Hobbes, Descartes…), et il critique les uns et les autres en expliquant en quoi il est d’accord avec les uns mais pas du tout avec les autres, et aussi comment il a changé d’avis sur certains sujets et points philosophiques. C’est quelqu’un de très critique mais aussi de très direct, qui aime même ponctuer son discours de traits d’humour, ce qui rend la lecture dynamique et absolument pas ennuyeuse. Ce trait est accentué par la liste dont je parlais plus haut, qui concerne beaucoup de sujets qui se suivent, et donc changent au fil des pages, une raison de plus pour ne pas se lasser !
Le petit plus : la préface de Véronique Le Ru, qui m’a paru bonne et intéressante de mon point de vue curieux mais pas spécialiste, et le glossaire + dossier à la fin, qui amènent quelque 30 pages d’informations complémentaires permettant de resituer certaines choses, et de se faire une idée de certains textes dont Voltaire parle dans l’ouvrage.
Un excellent livre très abordable, dans le ton de beaucoup d’ouvrages poche de Gallimard (oui, je sais, les petites éditions, gnagnagna, mais bon, il faut reconnaître que les grands éditeurs ont parfois aussi du bon 😉 )