Psychose

De Robert Bloch. Éditions Gérard, 1960. Thriller. Bonne lecture. [248 p.]

Collection : Marabout géant

Titre original : Psycho, 1959.

psychoseRésumé : « Mary vient de dérober 40 000 dollars à son patron. Partie retrouver son fiancé, elle s’arrête pour la nuit dans un motel isolé. Le propriétaire, un grand garçon à l’air timide, finit, par accepter de lui donner une chambre. Épuisée par dix-huit heures de route, elle décide de s’accorder une douche bien méritée… « 

Mention spéciale à l’auteur du résumé sur Babelio – ou bien un certain éditeur, je ne sais pas, qui avant d’écrire ces quelques lignes qui correspondent effectivement au début de l’intrigue, nous spoile tout le fun du bouquin ! 😡

Entre l’adaptation du livre par Hitchcock en 1960, la réputation du bouquin comme un grand classique de policier horrifique et le fait que l’auteur ait été un ami de Lovecraft et écrive également des choses qualifiées de fantastique il y avait toutes les chances du monde pour que ce livre se retrouve un jour ou l’autre dans ma PàL.

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Le Mystère Sherlock

De J. M. Erre. Pocket, 2012. Policier humoristique. Très bonne lecture. [260 p.]

9782266233552Résumé : « Meiringen, Suisse. Les pompiers dégagent l’accès à l’hôtel Baker Street, coupé du monde pendant trois jours à cause d’une avalanche, et découvrent un véritable tombeau. Alignés dans la chambre froide reposent les cadavres de dix universitaires qui participaient à un colloque sur Sherlock Holmes. Le meilleur d’entre eux devait être nommé titulaire de la toute première chaire d’holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer… Hommage à Sherlock Holmes et à Agatha Christie, rebondissements, suspense et humour (anglais) : « Élémentaire, mon cher Watson ! »« 

 

Un pastiche d’enquête de Sherlock Holmes, voilà qui m’a parlé tout de suite. En fait je me demande si je n’avais pas déjà croisé le livre sur les étagères de la médiathèque il y a quelques années – je devais avoir trop de livres en main déjà à ce moment, j’imagine !

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Le Sang du temps

De Maxime Chattam. Michel Lafon, 2005. Thriller historique. Très bonne lecture. [369 p.]

chattam-tempsRésumé : « Automne 2005. Marion doit fuir Paris dans l’urgence. Il y va de sa vie. Des hommes de la DST la déposent au Mont-Saint-Michel, où l’accueille une communauté religieuse. Très vite, Marion se sent espionnée…// Mars 1928. Au Caire, des enfants disparaissent en pleine nuit, on retrouve leurs corps meurtris dans les nécropoles environnantes. Une rumeur se propage : le monstre des Mille et Une Nuits, la terrible Goule, serait de retour. Le détective Matheson n’y croit pas…« 

Chattam ne m’a pas toujours convaincue par ses intrigues ou développement – même si je ne le déconseille pas non plus dans l’ensemble – mais il a là pour une fois signé un roman qui m’a beaucoup plu.

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Lasser, Détective des Dieux, T.1 : Un Privé sur le Nil

De Sylvie Miller et Philippe Ward. Editions Critic, 2012. Polar / Fantasy. Une déception.
lasserRésumé : « 1935 Le Caire. Jean-philippe Lasser, détective privé de seconde zone, hante le bar de l’hôtel où il a posé ses valises et ses bureaux, en attendant le coup qui rapportera gros. Pour le moment, il ne décroche que des petites affaires, celles que tous ses confrères ont refusées… La dernière en date pourrait bien changer la donne : la déesse Isis en personne vient lui demander de retrouver le très convoité manuscrit de Thot. Or, si l’opportunité peut le rendre plein aux as, elle peut aussi le laisser sur le carreau. Malgré ses réticences, il n’est pas en mesure de refuser dans cette Égypte pharaonique où les dieux marchent parmi les hommes, quand les premiers ordonnent, les seconds obéissent. Délaissant son précieux seize ans d’âge, il se lance dans une succession d’enquêtes rocambolesques qui le verra peut-être devenir le seul, l’unique, détective des dieux !« 
Je ne lirais pas la suite des aventures du privé Jean-Philippe Lasser. J’ai arrêté ma lecture page 275, à la fin d’une des enquêtes qui constituent le livre, délaissant la dernière car cela faisait déjà au moins 7 fois que je regardais où j’en étais dans le bouquin, et que pour être franche rien ne m’a réellement divertie dans le livre, mis à part quelques rares situations qui tiennent en moins de deux pages.

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Les Enquêtes d’Hector Krine, T.2

Titre du tome : L‘Affaire Jonathan Harker. De Stéphane Tamaillon. 2011. Aventure science-fiction (hybride, à tendance steampunk mais aussi fantasy) historique jeunesse*. Pas mal, voire bien pour découvrir Londres et une certaine culture anglaise.
*désolée, mais c’était ça ou « mélo-mélo de genres, jeunesse »
T.1 : Les Pilleurs de cercueils.
krine2Résumé : « Londres, 1890. Le détective Hector Krine est engagé par Abraham Stoker, l’administrateur du plus grand théâtre de la ville, pour enquêter sur des vols mystérieux commis durant les représentations. Mais l’affaire ne s’annonce pas de tout repos. Au cours de ses investigations, Krine va croiser l’homme invisible, des vampires, déjouer un attentat contre la reine et faire face à une révolte des Grouillants. »
J’ai à très peu de chose près la même opinion de ce tome-ci que du premier. J’ai trouvé que l’auteur avait une plume un peu plus maîtrisée – son style, toujours parsemé de curiosités linguistiques parfois étrangement insérées, est un peu plus fluide.
Les bons côtés restent les mêmes : un fond humoristico-aventureux, dans un environnement résolument réaliste, et décidément bien documenté… en ce qui concerne Londres et la vie de sa société à cette époque. On ne s’ennuie pas, et on apprend des petites choses (ou des grandes) en passant.
Les points moins bons restent aussi les mêmes : comme je le disais au-dessus, et dans l’autre critique, l’auteur utilise parfois du vocabulaire rare, désuet, littéraire – pas du tout en raccord avec ses aventures et son style léger. Je pourrais aussi prendre l’autre versant du problème : on trouve fréquemment des scènes à la « WTF » – dans un langage plus châtié : absolument pas crédibles – dans cet environnement qui est soigneusement construit pour l’être, malgré l’existence de créatures surnaturelles. J’ai été au moins deux ou trois fois brutalement arrêtée dans ma lecture avec un peu la même impression que si Vil Coyote passait en poursuivant Beep-Beep au milieu d’un épisode de Sherlock : « Mais n’importe quoi !!! » Du coup, je suis coupée, frustrée, et j’ai du mal à reprendre la suite. J’ai aussi été coupée quelquefois par une mauvaise utilisation de vocabulaire (qui semble pourtant si cher à l’auteur !), ou des erreurs / maladresses.
Après vérification :
– un grizzly fait bien presque 3m de haut en station debout, pas « avoisinant 2 »
– je n’ai pas résolu le mystère des « débris » de l’arme factice de la pièce de théâtre (jetée par terre) ; soit ils ont utilisé un fusil en argile, soit le sol était en pierre explosive, soit le comédien avait une force absolument surhumaine ! En tous cas le terme fait bien référence à : « Restes inutilisables d’une chose ou d’un ensemble de choses diverses », ce qui n’est pas cohérent avec la scène, et n’a pas d’explication ultérieure.
Enfin, bien que ce soit sympathique et rigolo d’avoir des personnages connus, j’aimerais que l’auteur en utilise un peu plus de son cru, que ce soit dans les noms ou les personnages eux-mêmes. Et surtout, j’aimerais qu’il donne plus de substance à ceux qui sont déjà là. Jekyll, par exemple : que fait-il de sa vie ? Quels sont ses passions, ses amis, ses habitudes ? Plus que dans le premier j’ai cette impression très nette que, bien que le cadre soit très travaillé, et « marche » très bien, les personnages ne sont tous qu’une bande de fantoches que l’auteur manipule de façon visible. J’aimerais un peu moins me demander ce que l’auteur va faire d’eux, et plutôt, comme dans plein de livres, ce qu’ils vont faire. Ces personnages creux sont je trouve une des plus grandes lacunes de la série, un de ses plus gros défauts. J’ai passé sur le « détail » en découvrant le premier tome, mais maintenant je commence à en attendre plus ! Déjà qu’il s’empare sans vergogne de tous les stéréotypes possibles et imaginables, au niveau scénaristique...
Un livre certes distrayant et agréable, mais qui comporte quantité de paradoxes. A lire sans grandes espérances*.
* Voilà : comme ça ça vous donne un échantillon de ce que vous allez y trouver :p (la référence est de Charles Dickens, également un Londonien du XIXe, pour ceux qui ne suivraient pas)

Les Enquêtes d’Hector Krine, T.1

Titre du tome : les Pilleurs de cercueils. De Stéphane Tamaillon. 2010. Aventure / enquête science-fiction (hybride, à tendance steampunk mais aussi fantasy) historique jeunesse*. Pas mal, voire très bien pour découvrir Londres et une certaine culture anglaise.
*désolée, mais c’était ça ou « mélo-mélo de genres, jeunesse »
T.2 : L’Affaire Jonathan Harker
pilleurscercueilsRésumé : « Londres, 1889. Le détective privé Hector Krine est chargé d’élucider une mystérieuse histoire de vols de cadavres. Son enquête le mène jusqu’au coeur des quartiers populaires de la capitale anglaise, où s’entassent les miséreux et les Grouillants, des créatures surnaturelles débarquées des quatre coins de l’Europe, fuyant les persécutions. Quand la nécromancienne Hécate, son amour de jeunesse, est assassinée, l’affaire prend pour Krine une tournure très personnelle. Qui est vraiment Matthew ? Que lui veulent cette meute de loups-garous et cet étrange colosse coiffé d’un chapeau melon ? Quels liens les unissent aux pilleurs de cercueils ? Pour le découvrir, Krine va devoir se confronter à son passé et accepter ses origines… »
J’ai commencé à lire ce roman d’un œil assez sceptique : style parfois hésitant, utilisation de certains mots rares ou inusités au milieu de phrases très communes, voire de paragraphes sans rien de très percutant ni poétique ; énième utilisation du Londres victorien comme décor (danger ! ça devient courant, je ne peux m’empêcher d’établir des comparaisons surtout que je commence à avoir lu pas mal de choses semblables), détective habitant au 221A Baker Street (pouin pouin pouin), intégration de figures mythiques ou totalement stéréotypées sans vraiment de personnalité propre.
Finalement, il n’est pas si mal passé.
Le style ne casse effectivement pas de briques, si ce n’est le persillage de quelques mots ronflants de-ci, de-là (« faix » pour « fardeau » entre autres °_°) ; cependant c’est fluide et entraînant. On ne perd pas trop de temps en descriptions (ce qui est un peu dommage mais à mon sens colle bien à l’ensemble du livre), c’est vraiment écrit dans le plus pur style « aventure », avec pas mal de personnages qui semblent se démener dans tous les sens, et des péripéties à la pelle.
Un très bon point : on n’a pas le temps de s’ennuyer.
Par contre ce qui me chiffonne un peu c’est le mélange des références, et la façon dont elles sont traitées : je l’avais déjà senti dans ma lecture, et j’en ai eu confirmation en lisant le « making-of » du livre, en annexe.
Cet auteur a visiblement plein de références, du People of the Abyss, de London, que j’ai étudié en M1 d’Anglais et qui est assez hard à lire (même si c’est du London, ce n’est pas vraiment un livre très grand public), aux vieux films fantastiques des années 70 (que je n’ai en gros pas vus, je sais c’est une grosse lacune), à la culture mythologique**, et à tout un tas d’autres choses pas toujours très liées entre elles mais qu’il va tout de même réussir à caser tant bien que mal dans son livre. Bref, toutes ces références apparaissent sous forme très restreinte, très survolée. Je pense que pour ceux qui ne les connaissent pas c’est assez rigolo, voire intéressant, mais moi j’y ai vu énormément de superficialité, tout du long ; j’aurais aimé qu’il en utilise certaines de manière plus approfondie, et aussi qu’il en supprime, ou rallonge le livre, car ça en fait juste trop pour un bouquin si court et dans lequel en plus il se passe plein de choses dans la trame du récit, nonobstant la passion de l’auteur pour Londres qu’il veut nous transmettre (ce qui est à mon sens très louable). En fait, se concentrer exclusivement sur Londres aurait été à mon sens plus productif.
**Je note en passant que pour moi Prométhée avait été puni parce qu’il avait volé le feu aux dieux, pas parce qu’il avait construit un homme en argile, mais bon : comme c’est de la mythologie grecque et que je n’ai pas encore été vérifié, je lui accorde le bénéfice du doute de l’existence de deux versions, ou d’une version avec les deux faits. Et puis dans le livre c’est carrément un détail, c’est pour ça que je vous spoile allégrement :D.
En fait, j’y vois un peu un ouvrage pour enfants, mais écrit à la manière YA, avec plus de références « débrouille-toi avec ce magnifique symbole archi-connu que je t’offre parce que c’est cool » que de vraies explications à but informatif. Heureusement qu’il a fait cette annexe au livre, ça en apporte autant que les 200 pages précédentes. Cependant c’est aussi intéressant d’avoir toutes ces pistes de recherche, même si le livre reste résolument du divertissement dans sa manière d’amener les choses.
Un drôle d’hybride tout public, qui certainement distraira les uns et passionnera les autres, même si ce n’est pas le livre de l’année sur aucun des sujets qu’il aborde.

La Prophétie de Venise

De Moka*. 2012. Thriller ésotérique jeunesse. Avis mitigé. Plutôt bonne lecture tout de même.
* Elvire Murail, soeur de Marie-Aude et Lorris – ils sont tous trois des auteurs (jeunesse) ! Les gens de ma génération et d’avant sont probablement au courant 🙂
prophetieveniseRésumé : « 1996 : 12 adolescents sont assassinés à Venise? 2012 : Et si tout recommençait ? Engagé par le richissime Vianney de la Tour Audelange, le détective Maxime Dancourt rouvre le dossier du massacre de Venise. Quand il découvre que 2012 est une année bissextile à 13 lunes, comme 1996, la course contre la montre a déjà commencé… Le ciel serait-il la clé du mystère ? Quel étrange lien relie les crimes au Zodiaque ? Maxime et son fils Lubin vont découvrir que personne n’est innocent. « 
J’ai quelque part été très déçue. Le bouquin en lui-même est super, l’enquête très bien menée, avec multiples rebondissements et intrigues qui se mêlent, le style est toujours aussi bon (Moka est une référence pour moi, et je sais aussi pour plein de professionnels du livre, une vraie référence et pas juste un truc qui « marche »). De plus le couple de héros est original, réaliste, et pas infantilisant, ce qui n’était pas forcément évident à gérer. Les thèmes sont assumés (secte, lavage de cerveau, astrologie et croyances…) et traités de manière assez scientifiques tout le long de l’histoire… Bref, de manière générale, rien à redire.
… Alors non, je ne m’attendais pas à une fin comme ça. Pas vraiment. Le dénouement est bon, heureusement, mais il y a toute une partie descriptive et explicative à laquelle je n’ai pas été préparée à adhérer, et ça, ça m’a vraiment « coupée » dans ma lecture. Mais pourquoi ?? Pourquoi ? Il devrait y avoir tout un cercle de l’Enfer** réservé aux bons écrivains qui plantent leur fin ! 😉 (je suis sûre que même ceux qui aimeront cette fin-ci seront d’accord avec moi :p)
** Note : lire la Divine Comédie, pour le principe.
NB : mauvais point pour les éditions Play Bac : j’ai relevé au moins 5 typos dans le bouquin.