L’Ombre du vent

De Carlos Ruiz Zafón. Le Livre de Poche, 2011. Roman. Très bonne lecture. [637 p.]

Titre original : La Sombra del viento, trad. de l’espagnol par François Maspero

L’Ombre du vent fait partie du « cycle » du Cimetière des Livres Oubliés, d’après ce que je lis sur la Toile c’est le premier opus que l’auteur a écrit dans cet univers mais les autres titres sont indépendants et peuvent se lire dans le désordre.

ombreduventRésumé : « Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant est ainsi convié par son père à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’Ombre du vent. Avec ce tableau historique, roman d’apprentissage évoquant les émois de l’adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l’Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s’emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafón mêle inextricablement la littérature et la vie« 

J’avais lu quelques ouvrages jeunesse de Ruiz Zafon : Marina, le Palais de minuit et les Lumières de septembre, tous trois de belles lectures qui m’ont donné envie de continuer à découvrir l’auteur.

Je ne sais pas trop pourquoi je m’attendais à un texte au moins partiellement fantastique, mais en fait si j’ai ressenti une atmosphère de mystère très plaisante, si le roman a un aspect fantastique, il ne l’est pas vraiment. Seul le Cimetière des Livres Oubliés a un air étrange, mais rien de vraiment surnaturel ne se passe tout au long du roman.

Ceci dit ça a été une très bonne lecture : déjà l’auteur est une pointure, j’aime beaucoup sa manière d’écrire, que je trouve de qualité, les phrases et paragraphes s’enchaînent en toute fluidité et l’intrigue suit tout à fait.

J’ai adoré l’intrigue : un petit garçon (puis un jeune homme), tourmenté plus ou moins, comme beaucoup, par les aléas de son adolescence et ses premiers émois amoureux, se voit confier par son père un livre pris au hasard – mais est-ce vraiment du hasard ? – au milieu des étagères labyrinthiques du Cimetière des Livres Oubliés, là où sont rassemblés tous les titres que personne ne lit plus, que le public boude, dont les lecteurs n’ont plus aucun souvenir, que les éditeurs ne vendent plus. Etant libraire, M. Sempere connaît bien ce lieu étrange et mystérieux et est conscient que chaque page peut mener le bon lecteur sur le bon chemin.

Lorsque Daniel jette son dévolu sur L’Ombre du Vent, de Julian Carax, il va non seulement se passionner pour le livre mais aussi et surtout pour son auteur. Qui était-il ? Qu’est-il devenu ? Est-il mort, comme certains le prétendent ? Dans quelles circonstances exactement ? C’est une véritable enquête qui va s’ouvrir à lui, sur les traces de l’énigmatique et élusif Carax, qui le conduira à explorer Barcelone tout en découvrant d’autres lieux et d’autres temps.

J’ai également beaucoup aimé comment le texte mêle humour et drame, quotidien et mystère, ainsi que la diversité des personnages, que ce soit ceux que l’on suit tout au long de l’histoire et qui accompagnent le héros dans sa quête ou bien les « témoins du passé » qu’il va rechercher.

Il n’y a pas de langues mortes, il n’y a que des cerveaux engourdis. ~ p. 25

Je ne connaissais pas encore le plaisir de lire, d’ouvrir des portes et d’explorer son âme, de s’abandonner à l’imagination, à la beauté et au mystère de la fiction et du langage. ~ p. 39

La question me prit au dépourvu, désarmé, ahuri de constater avec quelle facilité l’antipathie que l’on ressent pour son ennemi peut disparaître dès que celui-ci cesse de se comporter comme tel. ~ p. 44

Les gens caquettent à qui mieux mieux. L’homme ne descend pas du singe, il descend de la poule. ~ p. 166

 

Chroniques d’ailleurs : Blog-O-Livre, Falaise Lynnaenne

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4 réflexions au sujet de « L’Ombre du vent »

  1. Un livre envoutant, dans lequel on ne sait plus très bien où réalité et fantastique commencent ou finissent. J’ai été complètement emportée par l’histoire. J’ai aussi beaucoup appris sur l’histoire espagnole. Je ne savais pas que ce livre faisait partie d’une série, est-ce que tu sais si les autres livres ont déjà été écrits et/ou publiés?

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