Mademoiselle Christina

De Mircea Eliade. L’Herne, 1978. Fantastique. Bonne lecture. [282 p.]

Titre original : Domnisoara Christina, 1935, trad. par Claude Levenson

mllechristinaRésumé : « Une famille isolée au bord du Danube subit l’influence maléfique d’une ancêtre disparue. Mademoiselle Christina hante les chambres des occupants, vampire à l’apparence séductrice, elle charme Egor et enlève petit à petit toute vie dans la demeure austère. Sous la lumière blafarde de la lune, les ombres trahissent la présence d’un autre monde, effrayant, celui des âmes damnées. Entre deux soupirs de Sanda, jeune fille exsangue, un silence de mort s’installe dans le récit. »

J’avais lu un peu de Mircea Eliade il y a quelques années, notamment son essai le Sacré et le Profane, qui m’avait passionné. J’ai lu récemment qu’il est décrié dans certains cercles spécialisés comme étant dépassé, et certes c’est un écrivain qui commence à dater un peu, mais je continue de le trouver fascinant dans son approche des choses surnaturelles et mythiques. Je savais qu’il avait également un ou plusieurs romans à son actif et c’est une fois de plus Lynnae qui m’a prêté celui-ci.

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Walhalla

De Graham Masterton. 1996. Horreur/Epouvante. Distrayant.
Titre original : The House that Jack Built*, 1994
*Je crois qu’il s’agit d’une référence à une comptine, ou une chanson populaire.
walhallaRésumé : « Séduits par le charme délabré d’une maison victorienne, Walhalla, Craig et sa femme Effie en font l’acquisition. Mais ils ne tardent pas à devenir les otages de ce manoir qui a appartenu à un milliardaire diabolique et excentrique qui s’est suicidé. Craig, de plus en plus violent, ira jusqu’au meurtre alors qu’Effie est l’objet d’effroyables visions qui la traumatisent…« 
(Je remarque une fois de plus un curieux estampillage sur la première de couv. : « roman », simplement.)
Je ne me suis pas ennuyée sur ce livre, mais si quelqu’un me disait qu’il n’aimait pas le livre ou l’auteur, je ne suis pas sûre d’arriver à trouver des arguments en leur faveur…
Le genre horrifique est respecté de bout en bout, avec des éléments très classiques : l’élément déclencheur, la montée de la tension, le cadre (maison type manoir, très grande et ancienne, qui renferme de sombres secrets), et des personnages que j’ai trouvés assez typiques de l’univers américain à suspense : le couple qui a des soucis, la femme trop conciliante, le mari pareil sans le -ciliant, la vieille folle hippie qui connait tous les trucs ésotériques de magie blanche, le gosse bizarre mais gentil… Idem pour les personnages du passé. Je m’y attendais un peu, donc je n’ai pas été déçue – mais je n’ai par conséquent pas été emballée non plus !
Le « méchant » est cependant bien détestable, à tous points de vue je pense, et plus que l’environnement un peu trop cliché à mon goût c’est lui qui m’a fait le plus ressentir de frissons et de répulsion.
Malgré le fait que cela s’explique dans l’intrigue et sa résolution, certaines scènes – de sexe ou de mort – sont très crues, très violentes (alors que le reste du récit est relativement neutre, et que l’auteur utilise peu de vocabulaire familier, et s’abstient du vulgaire, hormis donc dans ces quelques pages). Tomber sur la description d’une mort horrible qui prend deux pleines pages, alors que rien ne me le laisser présager, était une expérience de lecture peu agréable pour moi. Vers le milieu du livre des éléments horribles commencent à se mettre en place, alors ça m’a moins gênée ; mais les premiers sont je trouve amenés de manière très violente et soudaine pour le lecteur.
J’aurais aimé que l’intrigue, ou bien sa résolution, soit plus poussée. Ici j’ai eu l’impression de lire un « simple » roman d’horreur, avec ce qu’il faut en choses désagréables, mais qui manquait un peu de piment, de surprise. De plus j’ai trouvé le style tout à fait conventionnel – je n’ai rien noté d’intéressant ou d’original dans la manière d’écrire de l’auteur.
Peut-être que je n’aime tout simplement pas ce genre, ça je ne sais pas trop – c’est vrai que j’ai lu assez peu de romans classés en « Horreur » qui ne soient pas aussi des enquêtes type thriller.
De manière générale je n’ai absolument pas eu de surprises avec ce livre – l’auteur choisit parfois des voies qui lui sont personnelles, mais on le voit venir de très très loin, et l’ensemble du livre reste très classique pour le genre.
Le petit bonus qui n’a rien à voir : tiens, il y a Lucie Duff-Gordon, ou plutôt Lady Cosmo Duff-Gordon tel que j’ai plutôt retenu son nom, qui est citée en préface ! 😀 – d’ailleurs il s’agirait plutôt de « Lucy », je ne sais pas pourquoi son nom a été francisé. Autrement je n’avais aucun souvenir qu’elle écrivait quoi que ce soit, c’était juste drôle de voir son nom apparaître comme ça. ^^
/mode fan off.

The Turn of the Screw

De Henry James. 1898. Nouvelle / court roman fantastique. Lecture fastidieuse.
Titre français : Le Tour d’écrou*.
* On note la traduction littérale perdant tout le double sens original, et même son sens tout court. *soupir*
turnscrewRésumé : « Widely recognized as one of literature’s most gripping ghost stories, this classic tale of moral degradation concerns the sinister transformation of two innocent children into flagrant liars and hypocrites. The story begins when a governess arrives at an English country estate to look after Miles, aged ten, and Flora, eight. At first, everything appears normal but then events gradually begin to weave a spell of psychological terror.
One night a ghost appears before the governess. It is the dead lover of Miss Jessel, the former governess. Later, the ghost of Miss Jessel herself appears before the governess and the little girl. Moreover, both the governess and the housekeeper suspect that the two spirits have appeared to the boy in private. The children, however, adamantly refuse to acknowledge the presence of the two spirits, in spite of indications that there is some sort of evil communications going on between the children and the ghosts.
Without resorting to clattering chains, demonic noises and other melodramatic techniques, this elegantly told tale succeeds in creating an atmosphere of tingling suspense and unspoken horror matched by few other books in the genre. Known for his probing psychological novels dealing with the upper classes, James in this story tried his hand at the occult—and created a masterpiece of the supernatural that has frightened and delighted readers for nearly a century. « 
Malgré ses 87 pages cette lecture n’a pas tellement été de courte durée. D’abord le rythme est lent, l’histoire s’étire, bien entendu pour préserver le suspense, mais contrairement à d’autres écrits j’ai ici ressenti cette lenteur, et ça n’a pas toujours été très agréable.
De plus le style d’écriture de l’auteur est lui aussi plutôt lourd ; autant j’ai apprécié les quelques irréprochabilités grammaticales que j’ai croisées, en connaisseur, autant j’aurais aimé que toutes les phrases ne fussent pas aussi alambiquées ni aussi longues.
Finalement je n’ai même rien à dire sur l’environnement ou les personnages ; après avoir lu la Dame en blanc de Collins je peux dire que j’ai nettement moins apprécié la prose de James, même si je reconnais ici une bonne qualité littéraire.
Peut-être que si j’avais été plus en forme ou que ma lecture se fût moins étalée sur de si nombreux jours j’aurais pu plus l’apprécier !

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