L’Enfant des cimetières

De Sire Cédric. Le Pré au Clercs, 2009. Thriller gothique. Bof. [525 p.]

Enfant_des_cimetieres_Ed_FLRésumé : « Lorsque sa collègue Aurore l’appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d’une folie hallucinatoire vient de massacrer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort. 
Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d’un hôpital et tue Kristel, la compagne de David. Mais qui est à l’origine de cette épidémie meurtrière? 
Est-ce un homme ou un démon? Le journaliste, qui n’a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l’enfant des cimetières, jusqu’aux confins de l’inimaginable… « 

Quand j’ai vu ce livre je ne sais plus où en occasion j’ai sauté dessus : chouette, du Sire Cédric, auteur largement vanté parmi les fans de thrillers, et chouette un résumé qui en promet !

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Je suis ton ombre

De Morgane Caussarieu. Mnémos, 2016. Fantastique horrifique Excellente lecture. [330 p.]

Collection : Hélios.

Première édition : 2014 (page éditeur)

jesuistonombreRésumé : « Dans un village du Sud-Ouest de la France, un jeune garçon vivant avec son père handicapé, seul, malheureux, en échec scolaire, souffre-douleur de ses camarades, fait de son mieux pour survivre dans le désordre de sa vie. Le jour où il trouve un étrange carnet dans une maison calcinée, peut-être hantée, sa vie va basculer encore un peu plus dans l’horreur. Fasciné par ce petit livre, il l’ouvre et voit sur la première page : « Si tu lis ces lignes, prie pour que je ne sois pas déjà mort sinon c’est toi qui mourras. » Intrigué autant qu’effrayé, il continue sa lecture…« 

« Je suis ton ombre est un roman sombre, totalement atypique et l’un des meilleurs dans son genre. » nous vend l’éditeur, et je ne peux qu’être d’accord, encore que j’aie lu trop peu d’horreur / épouvante (bien peu de choses à côté de Stephen King) pour comparer ce roman à ses pairs.

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Démons et Merveilles

De H.P. Lovecraft. Éditions 10/18, 1955. Nouvelles fantastiques. Bonne lecture. [250 p.]

51aUfRM576L._SL500_SY344_BO1,204,203,200_Résumé : «  » Comparé à ces contes, Poe ressemble à de la musique de chambre « , a écrit Daniel George. On sait maintenant que Howard Phillips Lovecraft est le premier romancier moderne dans l’ordre du fantastique. Les récits qui composent Démons et merveilles sont autant de voyages hallucinants et angoissés à travers cet inconnu que les découvertes scientifiques modernes n’ont réussi qu’à multiplier. »

Je ressors de ce recueil plutôt soulagée – d’habitude j’apprécie autant le Lovecraft qui nous écrit des récits d’horreur que celui qui se prend à rêver à des contrées inconnues (les Chats d’Ulthar, Polaris, font partie des textes que j’ai retenus comme très beaux), mais ici ma lecture a été très clairement usante sur la fin !

Pourtant, cela ne démarrait pas si mal… Et je ne retiens pas non plus que du mauvais.

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Night Ocean et autres nouvelles

De H. P. Lovecraft. Éditions J’ai Lu, 2005. Recueil de nouvelles. Excellente lecture [250 p.]
Titre original : The Night Ocean, 1936 (pour la nouvelle éponyme ; 1919-193? pour les autres)
nightoceanRésumé : « Océans qui ne sont pas de ce monde, eaux maudites par la lune, lugubres rivages et, dans le mystère des profondeurs, l’innommable… Pourtant, réduire Lovecraft aux indicibles horreurs qui hantent les nouvelles liées au mythe de Cthulhu -dont certaines sont incluses dans le présent recueil – serait erroné. Car Lovecraft fut aussi un maître de l’onirisme poétique, influença les œuvres de nombreux écrivains en herbe, collabora avec plusieurs de ses contemporains publiés, tout comme lui, dans les  » pulps « , ne rechigna pas à écrire des textes empreints d’un humour absurde, pour le moins étonnant sous sa plume, et fut un essayiste au sens critique et à l’esprit analytique des plus affûtés. Découvrez ici toutes ces facettes peu connues de son talent…« 
De tous les recueils que j’ai pu trouver ou lire sur le Rêveur de Providence, en voilà un à la fois très bon, très intéressant et très varié ! Je suis tout à fait d’accord avec le résumé de l’éditeur, Lovecraft ne se résume pas plus à Cthulhu* que Tolkien aux Elfes, même si on les aborde souvent par ces deux points respectifs. J’ai ce recueil dans ma bibliothèque depuis assez longtemps pour ne plus savoir avec certitude d’où je le tiens (Imaginales 2011 ? Stand du village du Livre de Fontenoy-la-Joute ? ou pas), c’est je crois le seul livre de Lovecraft que je détiens en français – malgré le titre trompeur au premier abord – et d’ailleurs je ne peux m’empêcher de « lire l’anglais derrière » à certains passages (certains verront de quoi je parle), étant une habituée du style et du vocabulaire de l’auteur. Plusieurs des textes présents ici ont également été écrits à quatre mains, ou plus (avec R. H. Barlow surtout), et certains sont de véritables exercices de style.

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The Walking Dead – L’Ascension du Gouverneur

De Robert Kirkman et Joe Bonansinga. Le Livre de Poche, 2012. Roman post-apocalyptique / horreur. Bonne lecture. [350 p.]
Titre original : The Walking Dead – Rise of the Governor, 2011
ascensionRésumé : « Dans le monde de The Walking Dead, envahi par les morts-vivants où quelques-uns tentent de survivre, il n’y a pas plus redoutable que le Gouverneur. Ce tyran sanguinaire qui dirige la ville retranchée de Woodbury a son propre sens de la justice, qu’il organise des combats de prisonniers contre des zombies dans une arène pour divertir les habitants, ou qu’il tronçonne les extrémités de ceux qui le contrarient. Mais pourquoi est-il si méchant ? Dans L’Ascension du Gouverneur, le lecteur découvre pour la première fois comment et pourquoi Philip Blake est ce qu’il est, ce qui l’a conduit à devenir… le Gouverneur.« 
Je me rends compte que je mets « bonne lecture » à des œuvres qui m’affectent de manière très diverse, du divertissement agréable et bien tourné à des choses qui auraient pu être excellentes mais qui souffrent de trop nombreux défauts. Celle-ci appartient plutôt à la première catégorie : je n’ai pas réussi à passer de moments euphoriques sur ma lecture, mais je la trouve très équilibrée et assez cohérente de façon interne.
Mon attrait pour The Walking Dead, très bonne voire excellente (avis de non-spécialiste du genre, je précise :p) série sur le thème de l’invasion zombie menant à l’écroulement de la civilisation (américaine, précisons encore !), est quelque peu atténué par la dureté du thème, la violence et la perversité qui se dégage de l’univers créé. Je suis consciente d’une certaine justesse dans le choix du point de vue, des réactions des personnages et des intrigues menées, mais cela ne me rend pas la lecture plus agréable pour autant. (Bien sûr, vous tombez toujours sur les planches ou passages les plus rudes ou trash juste avant de manger.) Néanmoins j’aime bien le concept général, j’arrive à m’attacher à un certain nombre de personnages, et je suis assez curieuse de connaître la fin de la série. Je surmonte donc mon dégoût passager et/ou l’ambiance malsaine, et je continue.
Ce roman, co-écrit par les deux auteurs du comics, reprend sans surprise le ton et le genre d’idées développées dans l’autre support (au cas où vous auriez des doutes :p). En fait je m’attendais à avoir un « manque » d’images au début de ma lecture, et il n’en a rien été : les auteurs ont parfaitement réussi à nous replonger dans l’univers en deux pages – au milieu d’une action, tant qu’à faire, de sorte que je n’ai pas eu du tout l’impression d’être dépaysée. La psychologie des différents personnages est toujours autant développée (sauf les quelques-uns qui vont mourir vite :p)
J’ai aussi remarqué que, bien que cette histoire se déroule en parallèle et aussi avant la série principale, elle n’en dévoile rien, sinon l’existence et les habitudes des morts-vivants. Autrement dit, vous pouvez la lire avant, après, ou en même temps que les comics (ou que la série TV – je n’ai aucune idée quant à savoir s’ils en ont intégré des bouts ou pas). J’étais assez curieuse de connaître le passé du Gouverneur, personnage phare de quelques chapitres de la série – et cette préquelle a en même temps répondu à mes interrogations et en a créé d’autres. En effet on suit la chute psychologique d’un personnage SPOILER , pour se rendre compte au bout que ce n’est pas lui le Gouverneur, ce que j’ai trouvé à la fois génial et extrêmement frustrantSECOND SPOILER le retournement de situation final ne me semble juste pas crédible. Le coup de reprendre la psyché entière de quelqu’un… heu, en plus de la part d’un perso qui semble n’avoir rien suivi ou presque ? Non. Pas comme ça, pas aussi facilement (ou alors c’est moi qui ai raté quelque chose ?). En fait si jamais il y a un autre bouquin derrière ils arriveront peut-être à l’expliquer, mais pour moi là c’est le « Retournement de situation gratuit » type « haha, ami lecteur, on t’a bien eu ». En tous cas ce point m’a paru très superficiel par rapport au « sérieux » qui se dégage de toute la série. Cependant, cela pourrait expliquer une différence entre les deux personnages : Philip, bien qu’ayant dépassé les limites de l’humainement acceptable, cherche toujours malgré tout à protéger ou à venger ses amis et sa famille ; le Gouverneur lui paraît simplement sadique de manière universelle.
Je ne vois pas trop quoi vous dire de plus – le genre contient pas mal de codes convenus, d’où plein d’évènements dont on attend très vite la venue tout en étant certains qu’ils vont se produire – je vous laisse donc découvrir les premières pages par vous-mêmes (si vous souhaitez lire le roman) puisque c’est à peu près le seul moment du livre où vous aurez quelques vraies surprises. 😉 Néanmoins l’atmosphère glauque et oppressante est toujours bien présente, et les auteurs nous offrent une nouvelle brochette de personnages intéressants et variés.

 

Ce livre m’a été prêté, ce qui est suffisamment rare pour que je le note ! 🙂 Non pas que je déteste emprunter des livres, c’est juste que j’ai une médiathèque municipale à ma disposition et je n’en n’a lu que 2,51 % approximativement, donc je n’ai pas l’habitude ni le besoin compulsif de courir après les gens pour leur kidnapper leurs possessions*. J’ai prêté un ouvrage qui parlait déjà de zombies à quelqu’un de passage à la maison** ; s’est ensuivi un échange de bouquins en rapport avec le genre de manière très large (les deux autres sont de la S-F, mais peut-être pas sur le thème des zombies).
* mais je ne vais pas  refuser non plus quand on me propose, hein.
** dit comme ça on a l’impression que c’était un plombier*** ou un vendeur d’assurances, mais en fait il s’agissait d’un ami de mon homme. (C’est bien aussi de savoir que vous avez une chance de récupérer vos prêts / de rendre les emprunts)
*** ceci dit si un jour je  deviens pote avec un plombier électricien témoin de Jéhovah représentant Coca-Cola**** (fi des stéréotypes !) je ne serais pas contre lui prêter des bouquins non plus.
**** cet exemple fortuit n’a strictement rien à voir avec certaines affiliations familiales.

 

Chroniques d’ailleurs :  La biblio de Gaby, Inspirer et partager

L’Évangile cannibale

De Fabien Clavel. ActuSF, 2014. Horreur – zombies. Très bonne lecture. [283 p.]
evangilecannibaleRésumé : « Aux Mûriers, l’ennui tue tout aussi sûrement que la vieillesse. Matt Cirois, 90 ans et des poussières, passe le temps qu’il lui reste à jouer les gâteux. Tout aurait pu continuer ainsi si Maglia, la doyenne de la maison de retraite, n’avait vu en rêve le fléau s’abattre sur le monde. Et quand, après quarante jours et quarante nuits de réclusion, les pensionnaires retrouvent la lumière et entrent en chaises roulantes dans un Paris dévasté, c’est pour s’apercevoir qu’ils sont devenus les proies de créatures encore moins vivantes qu’eux. Que la chasse commence…
Fabien Clavel, lauréat d’une douzaine de prix et auteur d’une vingtaine de romans, est l’une des voix les plus connues de l’imaginaire. Sa plume caméléon s’adapte à sa volonté d’en explorer tous les sous-genres. Avec L’Évangile cannibale, il revisite le mythe du zombie et du survival dans un roman court, rythmé et caustique.« 
L’auteur ne mâche pas ses mots, ou plutôt il nous les crache à la figure. C’est brut, cruel, vulgaire même. On entre dans l’histoire via les pensées de Matt Cirois, pensionnaire de 90 ans aux Mûriers, et c’est pas joli-joli. « Tout est sale, à l’intérieur comme à l’extérieur », dit-il de son environnement physique et humain – et cela semble être très applicable à lui-même également. Et pourtant je ne peux m’empêcher de ressentir de la pitié, de l’amusement et même de la tendresse à l’égard de cet être humain entièrement révolté, fermement décidé à ne pas « se laisser crever » sans résistance, devenu paranoïaque et méfiant à force de côtoyer déchéance, mépris et stupidité.
« Nettoie les chiottes et le vieux assis dessus. Je suis sûr que certaines [aide-soignantes] aimeraient bien nous passer au jet d’eau en même temps que la salle de bains. C’est à peine si on ne nous essuie pas avec la serpillière qu’on passe sur le sol. »
J’ai remarqué qu’il n’y a pas de majuscules aux noms des résidents et personnel de la maison de retraite. Vu le systématisme je pense que c’est voulu, toujours dans ce but de déconstruction et de dépersonnalisation que l’auteur semble suivre depuis le début. (Point confirmé par l’interview de l’auteur présente à la fin)
Je me suis laissée prendre à l’histoire, dont la première moitié consiste surtout à mettre en scène l’environnement et les personnages, nous les présenter, nous installer dans le quotidien physique et mental de ces vieux. C’est très original, ça change effectivement beaucoup des ados boutonneux en mal d’amour et d’identité partant à la conquête du monde (qui me fatiguent parfois même si j’aime en retrouver de temps en temps) – les identités sont déjà définies, et pourtant elles sont redéfinies (ou à redéfinir) en partie tout simplement par les évènements déclencheurs des péripéties, du mouvement du groupe de personnes âgées hors de leur établissement. Le thème du corps est extrêmement employé et exploité, jusqu’à la nausée, jusqu’à un certain anéantissement – sans vous spoiler. Bien sûr le passage, ou plutôt la succession de passages qui m’a définitivement coupée toute sympathie pour les « héros » est arrivée pendant que je déjeunais. Ça m’apprendra à lire en mangeant. Évidemment, je déconseille ce livre à toute personne particulièrement sensible, jeune ou moins jeune. C’est horrible par moments, et je ne parle pas seulement de zombies ou de violence.
Je ressors de ma lecture dégoûtée, mais pas au point de m’arrêter là avec Fabien Clavel. Je pense même que je retrouverais avec plaisir son style, ou un autre, dans d’autres de ses ouvrages – après tout la moitié de ce qu’il nous raconte dans ce livre est dégueulasse, alors si je ressors avec un sentiment de répulsion, c’est qu’il a parfaitement réussi son coup ! Cependant je n’avais pas remarqué grand’chose de ce qu’il raconte dans l’interview finale, les parallèles avec la Bible et tout – j’ai vaguement noté les noms mais franchement je doute que beaucoup de lecteurs fassent plus le rapprochement que moi : il faut pour ça avoir l’Apocalypse et l’évangile de Matthieu en tête, et pour ma part ce ne sont pas des choses que je relis tout les jours ! Bravo tout de même pour la conception de l’idée.
Un livre qui sort des sentiers battus (de mon point de vue de novice en zombies), sombre et glauque.
Chroniques d’ailleurs :  Avides Lectures, Blog-O-Livre

Tentacules : de la science à la fiction

De Pierre-Yves Garcin et Michel Raynal. Editions Gaussen, 2011. Documentaire. Très bonne lecture. [143 p.]

 

tentaculesRésumé : « Les pieuvres et calmars géants ont été une source d’inspiration pour des écrivains classiques comme Jules Verne (20000 Lieues sous les mers), ou Victor Hugo (Les Travailleurs de la mer), comme pour des auteurs populaires contemporains : Peter Benchley (La Bête), Arthur C. Clarke (Les Prairies bleues et Le Fantôme venu des profondeurs) ou encore Michael Crichton (Sphère). De nombreux films, dont beaucoup de séries B, les mettent en scène. Tentacules apporte au public ce qui manquait à la question. Préfacé par Jean-Jacques Barloy et co-écrit par Pierre-Yves Garcin et Michel Raynal, fondateur de l’Institut virtuel de cryptozoologie, cet ouvrage présente les céphalopodes géants du point de vue de la science et de la fiction. Dans une première partie, les auteurs mènent l’enquête sur la réalité de ces animaux. L’existence du calmar géant, le fameux «Kraken» qui alimente les légendes depuis l’Antiquité, est avérée. Pour ce qui est du poulpe colossal, les témoignages suggèrent qu’il existe, mais le manque de preuves laisse le mystère entier. Un chapitre est consacré à l’étude du célèbre cas du «monstre de Floride», soupçonné pendant longtemps d’être un poulpe géant. Les auteurs s’intéressent ensuite aux tentacules littéraires et cinématographiques, réalistes ou fruits de la créativité des écrivains et metteurs en scène. Les tentacules sont un archétype de l’imaginaire collectif, et trouvent leur place auprès des «sales bêtes» plus ou moins fabuleuses comme le requin ou le monstre du Loch Ness. En témoigne la riche iconographie de ce livre composée d’extraits de films, de couvertures de pulps et de journaux à sensation, de produits dérivés de films tels que 20000 Lieues sous les mers ou It Came from Beneath the Sea, très recherchés des collectionneurs.« 
Dans la catégorie des mots-clés qui pourraient m’amener plus de termes de recherche étranges, ajoutons donc « cryptozoologie » !
 En effet, et c’est un point non négligeable, le livre se propose de faire la part des choses entre ce que la science a pu prouver en matière de mythe, les mythes, et l’utilisation des deux « côtés » dans la culture populaire. Autrement dit, le point principal du débat est la taille de la bête, et, de façon secondaire, son comportement envers l’homme.
     J’aurais vraiment apprécié avoir ne serait-ce qu’une page pour en savoir un petit peu plus sur l’animal et sa vie, peut-être avec une photo de calamar plus petit qu’on aurait bien vu (parce que le calmar moisi dans son formol c’est moyen pour se représenter la bête, surtout quand on lit plus loin qu’ils ont des couleurs magnifiques de leur vivant, qui disparaissent vite après la mort), ou les espèces cousines, ou leur mode de reproduction (surtout quand on entend parler de maman calmar plus loin) – juste un petit peu plus que les mensurations, la catégorie phylogénétique (céphalopodes – octopodes ou décapodes) et leur environnement de prédilection (les calmars sont pélagiques, donc aiment les grands fonds et la pleine eau, tandis que les poulpes sont benthiques, donc vivent près des fonds rocheux et près des côtes). Un peu moyen donc pour le côté strictement zoologique.
Question taille on est servi, avec détails, batailles de preuves, noms et dates à la clé. Les amateurs cryptozoologues et les amoureux des records du monde animal trouveront donc ici certainement un bel os à ronger. Dans le tas j’aurais appris qu’on mesure un cal(a)mar de la queue (« os de seiche ») aux bras, et non pas aux fouets, autrement on gagne la moitié de la taille de la bestiole en plus à chaque coup ! Le poulpe ou pieuvre est lui mesuré en envergure, ou en longueur de tentacule (l’envergure divisée par deux, pour ceux qui ne suivraient pas). Et « tentacule » c’est masculin, comme un autre mot qui lui ressemble beaucoup (et qui ne se trouve pas dans le premier Alexia Tarabotti).
     Revenons à nos Architeuthis* et poulpes colossaux (ou pas, c’est là la question) : un des énormes points forts du livre à mon avis réside dans la pléthore d’illustrations, gravures, photos, couvertures de pulps, estampes, peintures et pochettes de film. C’est juste incroyable, on baigne dans les céphalopodes à chaque page, c’est magnifique ou drôle, et le grand format et la qualité du papier et de l’impression permettent de les apprécier pleinement.
* nom générique des calamars géants
La couverture utilise le célèbre « poulpe de Montfort », du nom du naturaliste qui a le premier revendiqué l’existence de trucs marins balèzes à tentacules. calmar_munster
  Avant lui les illustrations de telles créatures donnaient des choses plutôt du type de Münster (1556) – ceci (^) est un calamar mais je suis sûre que vous voyez ce que je veux dire.

poulpinet

  Autrement, les poulpes, ça peut être vraiment adorable.
J’ai cette photo sur mon bureau (PC), quand je me sens en manque d’affection je la regarde et c’est comme les chatons c’est magique. Tout est dans le regard.

 

     La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée à la fiction tentaculaire – je n’y ai pas trouvé Lovecraft, probablement parce qu’il ne fait aucune référence à un « réel » poulpe ou calamar, juste à des choses pourvues de tentacules qui n’ont rien de très terrestre [voir référence imagée en fin d’article]. J’ai néanmoins noté quelques noms que je connais déjà, que j’ai parfois lus et appréciés, ou que je me réserve pour des PàL futures : Jules Verne et Victor Hugo, Charles Hope Hodgson (La Chose dans les algues), Arthur C. Clarke (The Deep Range / Les Prairies bleues, Le Fantôme venu des profondeurs), Michael Crichton (Sphère, je ne me souvenais même plus qu’on y croisait un céphalopode – invisible dans le film), Peter Benchley (Jaws / Les Dents de la mer, mais aussi plein d’autres récits horrifiques autour de la mer). Vient ensuite une liste d’adaptations cinématographiques, de qualité parfois, de mauvaise qualité le plus souvent ! L’occasion pour l’auteur de décompresser (par paliers) : « Les dimensions de cette très grosse pieuvre sont difficiles à apprécier. Elle émet curieusement un cri ou plutôt un bruit assez proche de celui d’une ventouse pour déboucher les siphons des toilettes. » (Je vous ai coupé la fin du paragraphe évoquant le chat avec la queue coincé dans une porte et le rot de Darth Vader). Je n’ai noté aucun titre ici, retenant que de manière extrêmement générale tout film ayant l’air à petit budget et contenant un poulpe ou un calamar est certainement tout sauf terrifiant – à moins que l’on s’attende à quelque chose de qualité, bien évidemment !

 

Hello_cthulhu

Le site* : www.hello-cthulhu.com**

 

* référence n’ayant donc que les tentacules en rapport avec le livre chroniqué ci-dessus
** Note explicative : Prenez Hello Kitty, mignonne, gentille et rose, et tous ses amis également très gentils et très colorés-bonbon-bisounours. Prenez le Grand Cthulhu, abomination gigantesque et monstrueuse assimilée à un dieu ancien voulant asservir l’humanité, sorti de l’imagination malade et morbide de Howard Philips Lovecraft, et tous ses… heu… colocataires des espaces non-euclidiens pas plus sympathiques. Confrontez les deux camps dans des comic strips (BD). Voyez qui perd sa santé mentale le plus vite.

 

Prédateurs

De Maxime Chattham. 2007. Thriller. Bonne lecture. [459 p.]
predateursRésumé : « Ils sont déjà parmi nous…Une guerre sans nom. De jeunes soldats sauvagement mutilés dans des mises en scène effroyables. Mais l’ennemi n’est pas le coupable. Pour le lieutenant Frewin, fasciné par le langage du sang, il ne peut s’agir que d’un psychopathe, un monstre de ruse et sadisme, un prédateur cruel et archaïque qui va les décimer un par un… Renouant avec la veine de sa Trilogie du Mal, Maxime Chattam nous propulse dans un vortex de terreur, imposant une fois encore son univers mystérieux et sanglant.« 
Après avoir lu plus d’une dizaine de ses bouquins, et n’arrivant jamais à tomber totalement d’accord avec les nombreux lecteurs et bloggeurs qui l’encensent, j’ai fini par mettre le doigt sur ce qui ne va pas : il me manque quelque chose chez Maxime Chattham.

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Walhalla

De Graham Masterton. 1996. Horreur/Epouvante. Distrayant.
Titre original : The House that Jack Built*, 1994
*Je crois qu’il s’agit d’une référence à une comptine, ou une chanson populaire.
walhallaRésumé : « Séduits par le charme délabré d’une maison victorienne, Walhalla, Craig et sa femme Effie en font l’acquisition. Mais ils ne tardent pas à devenir les otages de ce manoir qui a appartenu à un milliardaire diabolique et excentrique qui s’est suicidé. Craig, de plus en plus violent, ira jusqu’au meurtre alors qu’Effie est l’objet d’effroyables visions qui la traumatisent…« 
(Je remarque une fois de plus un curieux estampillage sur la première de couv. : « roman », simplement.)
Je ne me suis pas ennuyée sur ce livre, mais si quelqu’un me disait qu’il n’aimait pas le livre ou l’auteur, je ne suis pas sûre d’arriver à trouver des arguments en leur faveur…
Le genre horrifique est respecté de bout en bout, avec des éléments très classiques : l’élément déclencheur, la montée de la tension, le cadre (maison type manoir, très grande et ancienne, qui renferme de sombres secrets), et des personnages que j’ai trouvés assez typiques de l’univers américain à suspense : le couple qui a des soucis, la femme trop conciliante, le mari pareil sans le -ciliant, la vieille folle hippie qui connait tous les trucs ésotériques de magie blanche, le gosse bizarre mais gentil… Idem pour les personnages du passé. Je m’y attendais un peu, donc je n’ai pas été déçue – mais je n’ai par conséquent pas été emballée non plus !
Le « méchant » est cependant bien détestable, à tous points de vue je pense, et plus que l’environnement un peu trop cliché à mon goût c’est lui qui m’a fait le plus ressentir de frissons et de répulsion.
Malgré le fait que cela s’explique dans l’intrigue et sa résolution, certaines scènes – de sexe ou de mort – sont très crues, très violentes (alors que le reste du récit est relativement neutre, et que l’auteur utilise peu de vocabulaire familier, et s’abstient du vulgaire, hormis donc dans ces quelques pages). Tomber sur la description d’une mort horrible qui prend deux pleines pages, alors que rien ne me le laisser présager, était une expérience de lecture peu agréable pour moi. Vers le milieu du livre des éléments horribles commencent à se mettre en place, alors ça m’a moins gênée ; mais les premiers sont je trouve amenés de manière très violente et soudaine pour le lecteur.
J’aurais aimé que l’intrigue, ou bien sa résolution, soit plus poussée. Ici j’ai eu l’impression de lire un « simple » roman d’horreur, avec ce qu’il faut en choses désagréables, mais qui manquait un peu de piment, de surprise. De plus j’ai trouvé le style tout à fait conventionnel – je n’ai rien noté d’intéressant ou d’original dans la manière d’écrire de l’auteur.
Peut-être que je n’aime tout simplement pas ce genre, ça je ne sais pas trop – c’est vrai que j’ai lu assez peu de romans classés en « Horreur » qui ne soient pas aussi des enquêtes type thriller.
De manière générale je n’ai absolument pas eu de surprises avec ce livre – l’auteur choisit parfois des voies qui lui sont personnelles, mais on le voit venir de très très loin, et l’ensemble du livre reste très classique pour le genre.
Le petit bonus qui n’a rien à voir : tiens, il y a Lucie Duff-Gordon, ou plutôt Lady Cosmo Duff-Gordon tel que j’ai plutôt retenu son nom, qui est citée en préface ! 😀 – d’ailleurs il s’agirait plutôt de « Lucy », je ne sais pas pourquoi son nom a été francisé. Autrement je n’avais aucun souvenir qu’elle écrivait quoi que ce soit, c’était juste drôle de voir son nom apparaître comme ça. ^^
/mode fan off.

Les Portes de l’interdit

De F. R. Tallis. 2012. Fantastique. Bonne lecture.
Titre original : The Forbidden
/!\ Contient des scènes et idées choquantes
portesinterditRésumé : « De retour à Paris après un séjour scientifique dans les Caraïbes, Paul Clément, médecin psychiatre à la Salpêtrière, poursuit le travail entrepris par son mentor sur le système nerveux et la réanimation. Mais bientôt, les souvenirs de son initiation aux pratiques vaudoues refont surface. De sombres créatures aux visages de gargouille hantent ses nuits… et lui confèrent un étrange pouvoir. « 
Une des particularités de ce roman est d’être extrêmement proche des contes fantastiques du XIXe siècle, en termes de structure, de personnages, de thèmes et symbolique utilisés.

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