Le Labyrinthe de Pharaon

De Serge Brussolo. Le Livre de Poche, 1999. Suspense. Bonne lecture. [315 p.]

labyrinthepharaon.jpgRésumé : « Anathotep, pharaon hérétique, n’entend pas laisser la mort le déposséder de sa puissance ; c’est pourquoi il prépare ses funérailles comme on organise une expédition militaire et transforme son tombeau en forteresse capable de résister aux violeurs de sépulture. Mais d’étranges complots se préparent dans le monde des morts. Les pillards se pressent au seuil du labyrinthe défensif, tandis que Anouna, jeune embaumeuse de troisième classe, découvre qu’elle détient le moyen d’accéder au trésor funéraire de Pharaon, et que ce pouvoir, bien encombrant, va désormais placer sa vie sous le signe du danger. Cependant, à trop vouloir forcer les portes du royaume d’en bas, ne risque-t-on pas d’en rester prisonnier… à jamais ? L’auteur de L’Armure de vengeance transporte ici dans l’Egypte antique les ressorts du thriller et les hantises de son oeuvre : la peur, les passions amoureuses les plus exacerbées. Ce roman envoûtant et sombre comme la pyramide d’Anathotep est sans conteste un de ses chefs-d’oeuvre.« 

Drôle d’impression que cette relecture…

J’avais découvert avec grand plaisir Brussolo vers la fin de mon adolescence, j’avais immédiatement et très fortement accroché, et je me retrouve à présent à limite désavouer mon attrait pour l’auteur ! Alors qu’est-ce qui ne va pas, ou ne va plus ?

Je ne peux déjà pas dire ni que je me suis ennuyée, ni que ma lecture m’a fondamentalement déplu : le rythme est très bon, l’écriture loin d’être mauvaise, le style plutôt littéraire, bref on part avec de bonnes choses techniques.

L’intrigue : un pharaon paranoïaque, une jeune embaumeuse « nez », des violeurs de sépulture, avait largement de quoi me plaire. Si certains ressorts sont du plus beau convenu d’autres sont un minimum recherchés, voire tirés par les cheveux – mais l’ensemble se tient très bien, il y a du frisson, de l’aventure, de la tension sexuelle…

Et c’est là que le bât a blessé, en même temps que je me laissais tout de même emporter par le tourbillon de péripéties : je crois que ce qui ne passe plus vraiment, c’est le genre. Si adolescente et très jeune adulte je me laissais volontiers entraîner par les aventures, dans tous les sens du terme, des héroïnes de Brussolo, je me rappelle à présent pourquoi j’avais fini par m’en lasser : si le cocktail horreur/suspense/sexe/aventure peut être efficace, et si je ne m’abuse est repris par beaucoup d’auteurs (un peu comme King que j’ai aussi plus ou moins lâché), j’en ai eu ma dose au bon moment, mais ce moment est passé. Si les avalanches de péripéties à suspense (pièges, trahisons), les personnages horrifiques ou étranges haut en couleur, les environnements cauchemardesques, les descriptions trash (parfois quand même bien trashouilles) relayées par quelques scènes de cul (ça reste quand même sobre même si c’est là, mais souvent c’est dans des contextes malsains, ce qui m’a aussi plus déplu qu’auparavant) m’ont tout à fait distraite et même happée il y a une dizaine d’années, ce n’est plus tout à fait le cas maintenant : je relève les « trop » – et dans ce type de livre il y en a beaucoup ! ; et le côté malsain, pervers, grâce auquel l’auteur plante son atmosphère lourde m’a mise assez mal à l’aise, comme si je lisais un truc un peu honteux, plus racoleur que vraiment bon.

Oui, je sais, sortir ça après ma chronique du Pennac c’est un peu fort :D. Mais bon je ne vais pas non plus ni vous raconter n’importe quoi, ni cacher mon ressenti de lecture, ni me forcer à relire du Brussolo ? Peut-être que j’aurais envie d’en relire un jour, qui sait. mais pour le moment ce n’était pas si cool que ça de se replonger dedans.

En conclusion : certainement très bien pour les amateurs du genre, mais pour ma part je reste sur d’autres types de lectures qui me parlent plus pour l’instant.

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3 réflexions au sujet de « Le Labyrinthe de Pharaon »

  1. Au bout d’un certain temps, question lectures, nous avons envie de passer à autre chose, plus de subtilité, plus de complexité (ou pas), le niveau au-dessus.
    Ton ressenti me rappelle pourquoi j’ai laissé tomber pendant un temps la fantasy, j’avais l’impression de lire les mêmes histoires peu ou prou. Et j’ai largement espacé ce qui est thriller policier car les ressorts finissent par sauter aux yeux.

    Pour le roman en lui même, c’est essentiellement l’aspect glauque sui me déplait et non ton avis mitigé et saturé.

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