Strange Superstitions and Curious Customs of the Ancient World

De Alicia et Matheos Chrysostomou. Mercier Press, 2006. Anthologie. Bonne lecture. [122 p.]

Version française : pas trouvée, n’existe probablement pas

strangesuperstitionsRésumé : « When husbands from the oriental province of Pem left home on a journey of longer than twenty days duration, their wives were entitled to take another husband in the interim. *** According to the ancient Irish Brehon laws, a wife could annul her marriage if her husband was obese, or if he was a gossip who would brag of his bedroom antics.  *** Spartans going into battle ensured their hair was combed and well groomed as they considered it improper to die with untidy hair.  *** The Romans used a plaster composed of spiders’ webs soaked in oil and vinegar to staunch the flow of blood from minor gashes.  *** In one ancient Ethiopian tribe, the wives of tribal members were shared. Anyone committing adultery with the wife of the tribal chief, however, was fined a sheep.  *** A compilation of the oddest, most eccentric and truly bizarre customs, laws and superstitions of our forefathers. Alicia and Matheos Chrysostomou have combed the planet to bring you the very best of the very odd.« 

Lorsque j’ai vu ce livre dans la pile des désherbés de Lynnae, je lui ai plus ou moins sauté dessus : les cultures et superstitions étrangères, la période antique, la langue anglaise, le format court… tout me laisser présager un très bon moment.

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10 Nouvelles fantastiques de l’Antiquité à nos jours

Prés. par Alain Grousset. Flammarion Jeunesse. Nouvelles. Très bonne lecture. [132 p.]

nouvellesfantRésumé : « De Pline le Jeune à Stephen King, en passant par Edgar Poe ou Guy de Maupassant, on retrouve ce même goût du frisson. Depuis l’Antiquité, les hommes aiment se raconter des histoires pour se faire peur. Des récits de fantômes, de diables, mais aussi de téléphones portables machiavéliques ! Ces dix nouvelles nous font trembler et découvrir toutes les facettes du Fantastique…« 

J’ai tout de suite beaucoup aimé le principe de faire découvrir au lecteur les racines du fantastique, même sous forme aussi réduite, puisque pensée pour la jeunesse.

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Medieval Romances

Éd. par Roger et Laura Loomis. Modern Library College Editions, 1957. Anthologie. Bonne lecture. [424 p.]

NB : romance signifie plutôt roman (de chevalerie, d’aventures souvent en contact avec le surnaturel) en littérature médiévale. 😉 Il s’agit souvent de textes beaucoup plus courts que les romans modernes, mais pas toujours. Certains romances sont effectivement également des romances, comme Tristan et Iseut ou Aucassin et Nicolette.

medromancesJ’ai trouvé ce livre en occasion je ne sais plus où, peut-être bien à l’une des ventes annuelles organisées par la American Library in Nancy qui en profite pour se débarrasser de ses ouvrages doubles ou trop vieux, trop peu empruntés (comme quoi le désherbage c’est cool !) à des prix totalement dérisoires. Jusqu’à l’année dernière il était rangé au fond de l’étagère, dans la deuxième rangée, vous savez, celle où dorment les livres oubliés. Lorsque j’ai voulu tenter de lister les ouvrages de ma bibliothèque l’année dernière je l’avais ressorti pour justement le lire sans trop tarder.

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Thorn et autres récits

De Robert Holdstock. Denoël, 2003. Nouvelles Fantasy. Bonne lecture. [142 p.]

thorn

 

Résumé : Pas de résumé sur la 4e de couverture de ce petit recueil promotionnel proposé par la collection Lunes d’Encre, et traduit par l’excellent Philippe Gindre. Il contient quatre nouvelles et un catalogue de la collection.

 

 

Robert Holdstock est un nom de Fantasy/fantastique (il me semble qu’il joue sur les deux tableaux mais peut-être me trompé-je) que je connais depuis un moment sans mettre grand’chose dessus mis à part le titre la Forêt des Mythagos. Tomber sur ce petit volume dans une vente d’occasion en était une de découvrir cet auteur dans le texte.
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La religion grecque

De Fernand Robert. PUF (Que Sais-Je ?), 1988. Synthèse. Excellente lecture. [123 p.]
religion grecqueLes ouvrages de cette célèbre collection ne semblant pas faire l’objet de résumés, je me suis jetée à l’eau sans idée plus précise que je risquais d’avoir affaire autant au panthéon grec qu’aux Mystères d’Éleusis et de Delphes. Sur ces deux points j’avais raison, mais pas tout à fait dans le sens auquel je m’attendais le plus. En effet, bien loin d’être un ouvrage sur la mythologie grecque, cette étude se propose de définir les rites et symbolismes de la vie hellène du point de vue quotidien, en se basant sur des conclusions archéologiques qui m’étaient globalement inconnues. Ce fut donc une découverte quasi-totale, passionnante et enrichissante, que je relirai certainement.
Fernand Robert introduit son écrit par la délimitation très claire de deux champs d’étude, voire même deux niveaux distincts : la religion, c’est-à-dire les rites et leur symbolisme découverts par l’archéologie ; et la mythologie qui s’occupe, en conséquence, de fournir des figures mythiques et les histoires qui vont bien avec, parfois même sans lien avec les croyances réelles des populations performant les rites originels ! On a donc droit à toute une partie sur la conception des « temples » grecs, et un sacré nombre de soucis de vocabulaire en lien avec un sens religieux bien différent de celui que l’on peut avoir en France au XXe siècle ou même au XXe. Par exemple je ne savais pas que la plupart des rites se faisaient en extérieur, ni que la fonction de prêtre est plus proche de celle d’un adjoint municipal que celle d’un évêque aujourd’hui, au contraire des devins, « cassant » ainsi le modèle tripartite proposé par Georges Dumézil (un grand bonhomme en étude des civilisations et rites indo-européens), qui base la plupart des sociétés sur trois « castes » au sens large du terme, un partage entre les fonctions religieuse, économique et militaire. Il semblerait donc que l’essentiel des rites en Grèce antique ait été orchestré et mis en œuvre par monsieur tout-le-monde (madame peut-être pas, ils étaient un peu machos à l’époque), qui pouvait se charger de cette fonction parmi d’autres, sur un laps de temps court et au vu de tout le monde la plupart du temps, pendant qu’à côté se déroulaient les « Mystères » et autres absconsités (ce mot n’existe pas semble-t-il), scindant donc la fonction religieuse en diverses organisations très différentes.
Quand je dis que ce livre ne traite pas de la mythologie grecque c’est un peu faux – simplement il est à mille lieues de ces livres que j’avais dévorés enfant puis adolescente qui présentaient une généalogie précise des liens entre les dieux et déesses, leurs attributs respectifs ou leurs animaux fétiches dans des listes claires et nettes. En effet, après cette lecture je ressors convaincue que cela n’a rien d’aussi délimité ni étriqué, et quelque part d’un point de vue quotidien cela fait tout autant, si ce n’est plus, sens à mes yeux. D’après l’auteur ce choix de classer les dieux grecs dans d’abusives petites cases date des années 70, et ne reflète aucune exactitude historique (même si c’est amusant).
Un des exemples donnés qui m’a le plus frappé est celui d’Athéna : déesse adoptée par Athènes, ça c’est certain, mais à multiples facettes : la protection, la guerre, les sciences, mais aussi la santé, ou même d’autres choses, sous la forme d’épiclèses – des épithètes en raccord avec une fonction précise à un moment donné (qu’on invoque quand on en a besoin): Athéna Polias, protectrice de la cité ; Niké, victorieuse ; Promachos, combattante en sentinelle ; Enhoplos, en armes ; Ergané, ouvrière ; Hygieia, en rapport avec la santé – comme le dit l’auteur il est presque plus simple de définir ce qu’elle ne recouvre pas ! J’ai pris beaucoup de plaisir à voir le texte parsemé de termes grecs, qui sont d’ailleurs suffisamment définis pour ne pas perdre le non-hélléniste en route. Ci-dessus je retrouve des racines de « hoplite », « ergonomie », « hygiène » – sans parler du Niké ou Nikè, qui me rappelle des souvenirs de lycée : une célèbre marque de chaussures et d’articles de sport (au départ) a repris le nom, ainsi que le « v » de « victoire », traduction directe du grec, en tant que logo… 😉 (Oui j’avais une prof qui pouvait se montrer très cool et très intéressante). Artémis quant à elle portait la double casquette de vierge et mère, alors que Poséidon luttait avec Athéna pour des rôles un peu semblables (et en aucun cas limité à la seule mer), aboutissant finalement à une certaine trêve et régnant tous les deux sur le Parthénon. Apollon, Aphrodite et Héphaïstos ne seraient carrément pas Grecs pour un euro… mais ont plus ou moins acquis leur nouvelle nationalité sur le tard.
Bien que l’ouvrage soit fouillé et la langue châtiée, je ne l’ai pas trouvé dur à lire à proprement parler, même si beaucoup de choses et de concepts étaient nouveaux pour moi. Fernand Robert sait se faire comprendre, il part du principe que le lecteur a un certain bagage culturel mais n’hésite néanmoins jamais à rappeler de quoi il parle, même brièvement, mais de façon qui m’a semblé claire ; si jamais vous hésitez vous pouvez feuilleter l’ouvrage ici et vous faire votre propre opinion. En tous cas c’est un ouvrage que je recommande au moins à ceux qui s’intéressent à l’Histoire aussi bien qu’à l’Antiquité ou à la Grèce de façon générale.
J’espère ne pas avoir raconté de bêtises là-dessus, j’ai toujours cette crainte d’avoir mal compris ou mal ressorti quelque chose lorsque je lis des choses complexes, ça peut aller très vite. Toutefois j’imagine que cela vous donnera toujours les grandes lignes de l’ouvrage, et, pourquoi pas, l’envie de mettre vous aussi votre nez dedans.:)

 

Plus de documentaires et essais sur La Rentrée des Cartables

Night Ocean et autres nouvelles

De H. P. Lovecraft. Éditions J’ai Lu, 2005. Recueil de nouvelles. Excellente lecture [250 p.]
Titre original : The Night Ocean, 1936 (pour la nouvelle éponyme ; 1919-193? pour les autres)
nightoceanRésumé : « Océans qui ne sont pas de ce monde, eaux maudites par la lune, lugubres rivages et, dans le mystère des profondeurs, l’innommable… Pourtant, réduire Lovecraft aux indicibles horreurs qui hantent les nouvelles liées au mythe de Cthulhu -dont certaines sont incluses dans le présent recueil – serait erroné. Car Lovecraft fut aussi un maître de l’onirisme poétique, influença les œuvres de nombreux écrivains en herbe, collabora avec plusieurs de ses contemporains publiés, tout comme lui, dans les  » pulps « , ne rechigna pas à écrire des textes empreints d’un humour absurde, pour le moins étonnant sous sa plume, et fut un essayiste au sens critique et à l’esprit analytique des plus affûtés. Découvrez ici toutes ces facettes peu connues de son talent…« 
De tous les recueils que j’ai pu trouver ou lire sur le Rêveur de Providence, en voilà un à la fois très bon, très intéressant et très varié ! Je suis tout à fait d’accord avec le résumé de l’éditeur, Lovecraft ne se résume pas plus à Cthulhu* que Tolkien aux Elfes, même si on les aborde souvent par ces deux points respectifs. J’ai ce recueil dans ma bibliothèque depuis assez longtemps pour ne plus savoir avec certitude d’où je le tiens (Imaginales 2011 ? Stand du village du Livre de Fontenoy-la-Joute ? ou pas), c’est je crois le seul livre de Lovecraft que je détiens en français – malgré le titre trompeur au premier abord – et d’ailleurs je ne peux m’empêcher de « lire l’anglais derrière » à certains passages (certains verront de quoi je parle), étant une habituée du style et du vocabulaire de l’auteur. Plusieurs des textes présents ici ont également été écrits à quatre mains, ou plus (avec R. H. Barlow surtout), et certains sont de véritables exercices de style.

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1502

De Michael Ennis. Le Cherche-Midi, 2013. Roman historique policier. Excellente lecture. [569 p.]
Titre original : The Malice of Fortune, 2012
1502Résumé : « Les Borgia règnent sur l’Italie. Le pape Alexandre VI, de son vrai nom Rodrigo Borgia, apprend que l’on vient de retrouver un indice qui permettrait peut-être d’expliquer, cinq ans après les faits, le meurtre mystérieux de son fils ainé, Juan. Une amulette dont celui-ci ne se séparait jamais est en effet réapparue près du corps d’une inconnue assassinée à Imola, siège de la cour de son autre fils, le Prince César Borgia. Il charge alors Damiata, l’ex compagne de Juan, d’élucider ce mystère. À Imola, Damiata apprend que le cadavre de l’inconnue, atrocement mutilé, a été confié à l’ingénieur général auprès de César Borgia, un certain Léonard de Vinci, passionné d’anatomie et précurseur de la médecine légale. Alors qu’elle vient de faire la connaissance d’un diplomate florentin, Nicholas Machiavel, en mission secrète auprès du Prince, une seconde femme est retrouvée assassinée dans des conditions tout aussi atroces. Damiata, aidée de Leonard de Vinci, l’éminent scientifique, et de Machiavel, le fin connaisseur de l’âme humaine, se mettent alors sur la piste d’un tueur, dont l’intelligence et l’érudition n’ont d’égale que la perversité. Bien vite, il apparaît en effet que celui-ci agit selon un schéma bien précis, en forme d’énigme, comme un défi lancé aux plus grandes intelligences de son temps. Œuvre monumentale, qui a demandé à son auteur plus de dix ans de travail, 1502 fourmille de détails sur la vie de Léonard De Vinci, dévoile l’histoire secrète qui a inspiré à Machiavel son chef d’œuvre, Le Prince, et recrée avec un rare bonheur ce moment de l’histoire de l’humanité où l’esprit de l’homme – et sa dimension criminelle – est entré dans l’époque moderne. Il ravira autant les amateurs d’Histoire que de suspense.« 
J’ai commencé ce roman il y a près de deux mois, et ai achevé sa deuxième moitié cette après-midi ! Eh oui, je ne sais pas pourquoi mais j’ai eu énormément de mal à avancer dessus, tout en ne lui trouvant aucun défaut (ou très peu). Il faut croire que je n’avais tout simplement pas très envie de lire ce style de livre. Quoi qu’il en soit, je ressors de ma lecture enchantée, et encore un peu perdue dans les méandres politiques et la richesse intellectuelle de cette Italie post-Quattrocento.
Loin d’être un thriller historique, c’est plutôt un « simple » roman policier. Oui, il se passe des choses horribles et les héros sont en danger, mais le rythme reste assez lent et entrecoupé de moments qui sont soit politiques, soit romanesques, soit historiques… C’est super intéressant mais ça n’a rien à voir avec Grangé, Maxime Chattham ou même Dan Brown. Il n’y a pas quantité de péripéties, chacune se passe assez vite et n’apporte pas forcément de dévoilement de l’énigme sur l’instant, et les mystères mêmes sont en assez petit nombre. Le côté historique prime largement, les personnages ont peu de moyens d’enquêter, et donc galèrent pas mal ! 😉
En fait le livre est très riche et touche à beaucoup de domaines, et j’ai véritablement senti les recherches effectuées par l’auteur. D’ailleurs je pense que le foisonnement de références et d’informations peut être vu comme une gêne autant que comme un plaisir : par exemple, l’auteur émaille son texte de mots italiens (en italique, hihi) : vecchia, designo (deux significations, il joue beaucoup avec d’ailleurs ! 😉 ), mappa, palazzo, ainsi que beaucoup d’autres. J’ai fait du latin et un peu d’italien, donc je reconnaissais la plupart des mots, qui sont de toutes façons explicités la première fois qu’ils apparaissent, dans leur majorité. Cependant j’imagine que ça peut perdre certains lecteurs – j’ai une expérience semblable assez mauvaise d’une trilogie de Arthuro Perez-Reverte : je ne conseille pas du tout ces livres à quelqu’un comme moi qui ne connaît rien de l’Espagne et s’en fiche assez royalement ! 1502 est aussi rempli de références intellectuelles et littéraires : le Prince, ainsi que les autres écrits de Machiavel, que je suis super contente d’avoir lu puisque ça m’a permis de relier plein de choses et de me remémorer la plume de cet auteur ; la Divine Comédie dont la lecture ardue a enfin pu également me servir à quelque chose 🙂 ; et tout un tas d’autres références à la mythologie latine, la culture romaine, les mœurs italiennes de la Renaissance, les Borgia, le fait que l’Italie n’était pas unifiée à l’époque mais constituée de différents Etats dépendant de villes (Venise, Florence…), les auteurs antiques classiques tant grecs que latins, les inventions de Leonardo da Vinci, les prémices de la médecine et de la psychologie/psychiatrie… Bien sûr je n’ai pas toutes ces références, et j’ai très bien suivi la plupart des propos de l’auteur (sauf, comme toujours, certains rouages politiques) – mais je pense que quelqu’un qui n’en connaîtrait aucune pourrait se retrouver perdu assez vite.
De même la langue est très riche, et bien que je n’ai pas eu de réelle difficulté à lire le livre je ne le qualifierais pas de lecture facile même au visu du style. J’ai d’ailleurs relevé quelques mots que j’aimerais rechercher dans le dictionnaire.
Je me suis très vite attachée aux personnages, qui ne sont en fait pas si nombreux. Simplement je me suis beaucoup perdue dans les liens politiques et familiaux, me référant souvent à l‘index des personnages sagement prévu par l’auteur au début du livre ! Bien sûr Damiata et Niccolò (Machiavelli, tous les personnages ont tendance à être appelés par leur prénom) ont ma préférence – j’ai juste eu un instant d’hésitation quand Machiavel est passé en tant que narrateur via la plume d’Ennis, vers le milieu du roman – et finalement je m’y suis faite et je l’ai même trouvé plutôt convaincant. J’ai également remarqué et apprécié les citations de l’historien données au début de chaque chapitre – pour moi Ennis lui a rendu dans cet ouvrage un très bel hommage, et je ne doute pas que certains lecteurs vont se tourner vers ses écrits ! J’ai eu nettement moins d’atomes crochus avec Leonardo (da Vinci), qui m’a paru plus proche du savant fou qu’autre chose, et carrément moins humain, tout simplement. On voit venir la romance de trèèèès loin, mais je l’ai trouvé bien intégrée à l’histoire, jolie, et n’empiétant pas trop sur le reste, en un schéma somme toute très classique.
A la fin de l’ouvrage l’auteur donne des précisions sur les faits réels dont il s’est inspiré, et la fiction qu’il y a ajouté. J’apprécie toujours le geste, je trouve que ça donne plus de valeur au livre. 🙂

Manuel

D’après Épictète, écrit par Flavius Arrien. 1er siècle après J.-C. Philosophie. Très bonne lecture.
marc1Un vieux copain de la Terminale.
Encore un ouvrage qui mériterait d’être placé entre toutes les mains, non pour que tous acceptent sans faillir tous ses principes à la lettre, car mon avis est que toute philosophie est intéressante à lire, qu’on soit en accord ou en désaccord avec ce qu’elle propose, sans rien avoir à faire avec une quelconque adhésion – mais simplement parce qu’il n’est ni difficile à comprendre, ni bien long (20 pages !) D’où sa fréquente existence en compagnie d’autres œuvres, comme ici.
Je sais que j’ai déjà dit la même chose pour Épicure, mais ce texte-ci pourrait aussi être proposé en introduction à la philosophie, en lecture découverte, au moins concernant les premiers principes (l’ensemble est tout de même un peu plus ardu, et moins reliable à nos modes de vie, que la Lettre à Ménécée, je trouve). En relisant cette œuvre, j’ai retrouvé des conseils et valeurs éminemment stoïciens, que personnellement j’ai un peu (beaucoup) de mal à accepter même comme méritant réflexion, particulièrement vers la fin du Manuel. Autrement il se présente, tout comme les Pensées de Marc-Aurèle, en liste de petits paragraphes, facile à segmenter tout autant qu’à lire d’une traite. De plus, la plupart du texte s’attache au quotidien, à la vie et aux personnes « normales » – on sent que  déjà à l’époque il s’agissait de rendre l’ouvrage accessible au plus grand nombre.
Oui, c’est bien ça : il est en même temps facile à lire, tout en proposant/affirmant certaines choses qui vont certainement faire tiquer la majorité d’entre nous ! Mais dans l’ensemble ça vaut vraiment le coup d’être lu, au moins tout autant que certains ouvrages de « bien-être » vendus à des milliers d’exemplaires de nos jours, qu’on les lise pour le plaisir ou pour trouver… une nouvelle philosophie de vie ;).

 

Quelques extraits :
« A propos de tout objet d’agrément, d’utilité ou d’affection, n’oublie pas de te dire en toi-même ce qu’il est, à commencer par les moins considérables. Si tu aimes une marmite, dis : « C’est une marmite que j’aime ; » alors, quand elle se cassera, tu n’en seras pas troublé : quand tu embrasses ton enfant ou ta femme, dis-toi que c’est un être humain que tu embrasses ; et alors sa mort ne te troublera pas. »
« Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu’ils portent sur les choses. Ainsi la mort n’a rien de redoutable, autrement elle aurait paru telle à Socrate ; mais le jugement que la mort est redoutable, c’est là ce qui est redoutable. Ainsi donc quand nous sommes contrariés, troublés ou peinés, n’en accusons jamais d’autres que nous-mêmes, c’est-à-dire nos propres jugements.(…) »
« Ne t’enorgueillis d’aucun avantage qui soit à autrui. Si un cheval disait avec orgueil : « Je suis beau, » ce serait supportable ; mais toi, quand tu dis avec orgueil : « J’ai un beau cheval, » apprends que tu t’enorgueillis d’un avantage qui appartient au cheval. Qu’est-ce qui est donc à toi ? L’usage de tes idées. Quand tu en uses conformément à la nature, alors enorgueillis-toi ; car tu t’enorgueilliras d’un avantage qui est à toi. »

100 animaux mythiques de l’Histoire

De Caroline Triaud. 2011. Synthèse mythologique et culturelle. Livre mal fichu.
100animauxRésumé : « Depuis la préhistoire, l’animal a toujours accompagné l’homme, et nourri les imaginaires. Cet ouvrage regroupe 100 animaux mythiques, symboles d’une période historique ou d’une région du monde. Le Minotaure, le Sphinx, mais aussi la bête du Gévaudan, le Chat Botté, Idéfix ou Sophie la Girafe… tous sont témoins des relations entre l’homme et l’animal et de l’histoire des hommes et de leur imaginaire.« 
Ce livre présente toutes sortes de bestioles (le terme « animal » me semble peu approprié lorsqu’il s’agit de créatures qui prennent des formes multiples, et hybrides). Chaque créature a une page recto-verso dédiée, ni plus ni moins.
Déjà, à ce niveau, j’ai constaté des déséquilibres : en effet certains sont mieux connues que d’autres, ont une histoire plus étoffée ou plus de légendes dans lesquelles elles apparaissent que d’autres, ce qui entraîne tantôt une impression d’étirage en longueur, tantôt une accumulation de détails compressés et non explicités. Je souhaite bon courage par exemple à ceux qui n’auraient pas lu son histoire, pour suivre l’histoire de Pégase, parce qu’elle est farcie de références à plein d’autres personnages de la Grèce mythologique, qui sont eux très peu explicités (voire pas du tout).
Une petite chose qui m’énerve un peu aussi, c’est que l’auteur aime bien préciser que certaines créatures apparaissent dans « des mangas, des films, des jeux vidéos » – qu’elle ne cite pas – mais elle arrive toujours à caser des exemples de Pokémon ! Ok, Simiabraz est peut-être inspiré de Sun Wukong, mais d’après ce que je lis un peu partout s’il fallait citer des dérivations de ce personnage et de son mythe les séries Saiyuki ou Dragonball auraient sans doute été tout aussi pertinentes, et auraient surtout permis au lecteur de se diriger vers d’autres sources d’information… (fiche d’un Pokémon = 10 lignes pour ceux qui ne verraient pas de quoi je parle !)
En fait autant lorsqu’elle parle de mythologie et de vieux textes elle a l’air de bien respecter les détails et les noms, autant les parties « culture populaire » ont l’air d’avoir été ajoutées « parce qu’il le fallait », ne sont pas toujours pertinentes, et comportent des à-peu-près : « [Fenrir] est un personnage de la saga Harry Potter, où il est figuré sous la forme d’un loup-garou des Mangemorts de Valdemort. » (sic) On ajoutera Walt Disney comme troisième référence majeure destinée au grand public qui n’aurait pas lu les textes anciens… Ou peut-être plutôt aux érudits qui ne mettraient pas le nez hors des ouvrages universitaires !
Parfois il y a également des petites problèmes dans la rédaction, par exemple plus d’une fois un nom est parachuté ; en relisant je comprends qu’il s’agit d’une personne introduite dans le paragraphe précédent – mais pas nommée. J’aurais appris, en passant, que les hiboux ont « une aigrette sur le front » (sic).
Je regrette enfin l’absence d’illu- pardon, il y a en fait de toutes petites vignettes à moitié mangées par le bord de la page, à côté de chaque titre. Autant vous dire qu’elles sont en noir et blanc, et si petites qu’on ne voit en gros rien.
Faut-il pour autant jeter ce livre aux orties ? Peut-être pas. Les mythes sont quelque chose à quoi je m’intéresse depuis très jeune, j’ai donc accumulé suffisamment de lectures pour me montrer plutôt critique sur ce point. Je ne conseille pas spécialement cet ouvrage aux gens dans la même situation, mais je pense qu’il pourrait être attrayant aux yeux d’un novice en contes et légendes, ou quelqu’un qui cherche des sources sur le sujet, car les textes sacrés ou mythiques d’où sont issus les « animaux » sont dans l’ensemble cités.

Lasser, Détective des Dieux, T.1 : Un Privé sur le Nil

De Sylvie Miller et Philippe Ward. Editions Critic, 2012. Polar / Fantasy. Une déception.
lasserRésumé : « 1935 Le Caire. Jean-philippe Lasser, détective privé de seconde zone, hante le bar de l’hôtel où il a posé ses valises et ses bureaux, en attendant le coup qui rapportera gros. Pour le moment, il ne décroche que des petites affaires, celles que tous ses confrères ont refusées… La dernière en date pourrait bien changer la donne : la déesse Isis en personne vient lui demander de retrouver le très convoité manuscrit de Thot. Or, si l’opportunité peut le rendre plein aux as, elle peut aussi le laisser sur le carreau. Malgré ses réticences, il n’est pas en mesure de refuser dans cette Égypte pharaonique où les dieux marchent parmi les hommes, quand les premiers ordonnent, les seconds obéissent. Délaissant son précieux seize ans d’âge, il se lance dans une succession d’enquêtes rocambolesques qui le verra peut-être devenir le seul, l’unique, détective des dieux !« 
Je ne lirais pas la suite des aventures du privé Jean-Philippe Lasser. J’ai arrêté ma lecture page 275, à la fin d’une des enquêtes qui constituent le livre, délaissant la dernière car cela faisait déjà au moins 7 fois que je regardais où j’en étais dans le bouquin, et que pour être franche rien ne m’a réellement divertie dans le livre, mis à part quelques rares situations qui tiennent en moins de deux pages.

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