Zombies : sociologie des morts-vivants

De Vincent Paris*. Editions XYZ, 2013. Essai. Excellente lecture ! [180 p.]
*Qui, comme son nom ne l’indique pas, est canadien.
zombies_sociologieRésumé : « Que cela vous plaise ou pas, les zombies sont parmi nous. Ils font partie de notre « culture populaire ». Ils ont envahi les écrans, les jeux vidéo et même les bandes dessinées. Les classiques de la littérature n’ont pas échappé à la contamination par le virus : Orgueil et préjugés et zombies, parodie du célèbre roman de Jane Austen, a été un best-seller. Taper le mot «zombie» dans Google devrait finalement vous convaincre de l’ampleur du phénomène, qui méritait bien un ouvrage. Qu’est-ce qu’un zombie ? D’où vient le phénomène ? Pourquoi le zombie est-il si populaire et fascine-t-il autant de nos jours ? Si l’épidémie se produisait vraiment, quelles seraient les conséquences sur le plan sociologique ?
« Vincent Paris réussit le tour de force de prendre les zombies au sérieux sans jamais prendre ses lecteurs pour des créatures décérébrées. Comme dans les meilleurs films de zombies, son essai-fiction contient des descriptions apocalyptiques à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Et il prend les morts-vivants comme prétexte pour parler essentiellement de… nous-mêmes. »
Samuel Archibald
« À l’heure de parler des morts-vivants, la sociologie est sans doute l’une des disciplines les plus appropriées – car s’il est possible de tout et rien dire sur ce phénomène, il est au moins une affirmation que l’on puisse faire sans risquer de se tromper : un zombie ne vient jamais seul. Le mort-vivant, bestiole sociale entre toutes. »
Nicolas Dickner   « 
Voici un ouvrage que j’ai saisi avec le sourire, me disant que ça pouvait être « rigolo », et qui m’a totalement enchantée et convaincue ! Pourtant, les zombies, je ne suis pas spécialement mordue.
Mention spéciale à la préface de Nicolas Dickner, dont vous avez un extrait ci-dessus, et qui m’a littéralement fait éclater de rire plusieurs fois en deux pages seulement, ce qui m’arrive rarement en lisant. 🙂

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Tentacules : de la science à la fiction

De Pierre-Yves Garcin et Michel Raynal. Editions Gaussen, 2011. Documentaire. Très bonne lecture. [143 p.]

 

tentaculesRésumé : « Les pieuvres et calmars géants ont été une source d’inspiration pour des écrivains classiques comme Jules Verne (20000 Lieues sous les mers), ou Victor Hugo (Les Travailleurs de la mer), comme pour des auteurs populaires contemporains : Peter Benchley (La Bête), Arthur C. Clarke (Les Prairies bleues et Le Fantôme venu des profondeurs) ou encore Michael Crichton (Sphère). De nombreux films, dont beaucoup de séries B, les mettent en scène. Tentacules apporte au public ce qui manquait à la question. Préfacé par Jean-Jacques Barloy et co-écrit par Pierre-Yves Garcin et Michel Raynal, fondateur de l’Institut virtuel de cryptozoologie, cet ouvrage présente les céphalopodes géants du point de vue de la science et de la fiction. Dans une première partie, les auteurs mènent l’enquête sur la réalité de ces animaux. L’existence du calmar géant, le fameux «Kraken» qui alimente les légendes depuis l’Antiquité, est avérée. Pour ce qui est du poulpe colossal, les témoignages suggèrent qu’il existe, mais le manque de preuves laisse le mystère entier. Un chapitre est consacré à l’étude du célèbre cas du «monstre de Floride», soupçonné pendant longtemps d’être un poulpe géant. Les auteurs s’intéressent ensuite aux tentacules littéraires et cinématographiques, réalistes ou fruits de la créativité des écrivains et metteurs en scène. Les tentacules sont un archétype de l’imaginaire collectif, et trouvent leur place auprès des «sales bêtes» plus ou moins fabuleuses comme le requin ou le monstre du Loch Ness. En témoigne la riche iconographie de ce livre composée d’extraits de films, de couvertures de pulps et de journaux à sensation, de produits dérivés de films tels que 20000 Lieues sous les mers ou It Came from Beneath the Sea, très recherchés des collectionneurs.« 
Dans la catégorie des mots-clés qui pourraient m’amener plus de termes de recherche étranges, ajoutons donc « cryptozoologie » !
 En effet, et c’est un point non négligeable, le livre se propose de faire la part des choses entre ce que la science a pu prouver en matière de mythe, les mythes, et l’utilisation des deux « côtés » dans la culture populaire. Autrement dit, le point principal du débat est la taille de la bête, et, de façon secondaire, son comportement envers l’homme.
     J’aurais vraiment apprécié avoir ne serait-ce qu’une page pour en savoir un petit peu plus sur l’animal et sa vie, peut-être avec une photo de calamar plus petit qu’on aurait bien vu (parce que le calmar moisi dans son formol c’est moyen pour se représenter la bête, surtout quand on lit plus loin qu’ils ont des couleurs magnifiques de leur vivant, qui disparaissent vite après la mort), ou les espèces cousines, ou leur mode de reproduction (surtout quand on entend parler de maman calmar plus loin) – juste un petit peu plus que les mensurations, la catégorie phylogénétique (céphalopodes – octopodes ou décapodes) et leur environnement de prédilection (les calmars sont pélagiques, donc aiment les grands fonds et la pleine eau, tandis que les poulpes sont benthiques, donc vivent près des fonds rocheux et près des côtes). Un peu moyen donc pour le côté strictement zoologique.
Question taille on est servi, avec détails, batailles de preuves, noms et dates à la clé. Les amateurs cryptozoologues et les amoureux des records du monde animal trouveront donc ici certainement un bel os à ronger. Dans le tas j’aurais appris qu’on mesure un cal(a)mar de la queue (« os de seiche ») aux bras, et non pas aux fouets, autrement on gagne la moitié de la taille de la bestiole en plus à chaque coup ! Le poulpe ou pieuvre est lui mesuré en envergure, ou en longueur de tentacule (l’envergure divisée par deux, pour ceux qui ne suivraient pas). Et « tentacule » c’est masculin, comme un autre mot qui lui ressemble beaucoup (et qui ne se trouve pas dans le premier Alexia Tarabotti).
     Revenons à nos Architeuthis* et poulpes colossaux (ou pas, c’est là la question) : un des énormes points forts du livre à mon avis réside dans la pléthore d’illustrations, gravures, photos, couvertures de pulps, estampes, peintures et pochettes de film. C’est juste incroyable, on baigne dans les céphalopodes à chaque page, c’est magnifique ou drôle, et le grand format et la qualité du papier et de l’impression permettent de les apprécier pleinement.
* nom générique des calamars géants
La couverture utilise le célèbre « poulpe de Montfort », du nom du naturaliste qui a le premier revendiqué l’existence de trucs marins balèzes à tentacules. calmar_munster
  Avant lui les illustrations de telles créatures donnaient des choses plutôt du type de Münster (1556) – ceci (^) est un calamar mais je suis sûre que vous voyez ce que je veux dire.

poulpinet

  Autrement, les poulpes, ça peut être vraiment adorable.
J’ai cette photo sur mon bureau (PC), quand je me sens en manque d’affection je la regarde et c’est comme les chatons c’est magique. Tout est dans le regard.

 

     La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée à la fiction tentaculaire – je n’y ai pas trouvé Lovecraft, probablement parce qu’il ne fait aucune référence à un « réel » poulpe ou calamar, juste à des choses pourvues de tentacules qui n’ont rien de très terrestre [voir référence imagée en fin d’article]. J’ai néanmoins noté quelques noms que je connais déjà, que j’ai parfois lus et appréciés, ou que je me réserve pour des PàL futures : Jules Verne et Victor Hugo, Charles Hope Hodgson (La Chose dans les algues), Arthur C. Clarke (The Deep Range / Les Prairies bleues, Le Fantôme venu des profondeurs), Michael Crichton (Sphère, je ne me souvenais même plus qu’on y croisait un céphalopode – invisible dans le film), Peter Benchley (Jaws / Les Dents de la mer, mais aussi plein d’autres récits horrifiques autour de la mer). Vient ensuite une liste d’adaptations cinématographiques, de qualité parfois, de mauvaise qualité le plus souvent ! L’occasion pour l’auteur de décompresser (par paliers) : « Les dimensions de cette très grosse pieuvre sont difficiles à apprécier. Elle émet curieusement un cri ou plutôt un bruit assez proche de celui d’une ventouse pour déboucher les siphons des toilettes. » (Je vous ai coupé la fin du paragraphe évoquant le chat avec la queue coincé dans une porte et le rot de Darth Vader). Je n’ai noté aucun titre ici, retenant que de manière extrêmement générale tout film ayant l’air à petit budget et contenant un poulpe ou un calamar est certainement tout sauf terrifiant – à moins que l’on s’attende à quelque chose de qualité, bien évidemment !

 

Hello_cthulhu

Le site* : www.hello-cthulhu.com**

 

* référence n’ayant donc que les tentacules en rapport avec le livre chroniqué ci-dessus
** Note explicative : Prenez Hello Kitty, mignonne, gentille et rose, et tous ses amis également très gentils et très colorés-bonbon-bisounours. Prenez le Grand Cthulhu, abomination gigantesque et monstrueuse assimilée à un dieu ancien voulant asservir l’humanité, sorti de l’imagination malade et morbide de Howard Philips Lovecraft, et tous ses… heu… colocataires des espaces non-euclidiens pas plus sympathiques. Confrontez les deux camps dans des comic strips (BD). Voyez qui perd sa santé mentale le plus vite.

 

Le Vent se lève

De Hayao Miyazaki. 2014. Film d’animation. Grosse claque. [2h06]
Titre original : Kaze tachinu, 2013
leventseleveRésumé : « Dans les années 1920, le jeune Jiro Horikoshi, fasciné par le ciel et le vent, rêve de devenir pilote d’avion. Mais sa mauvaise vue l’en empêche. Il se fait alors embaucher dans une entreprise d’aéronautique : puisqu’il ne peut pas piloter, il dessinera le plus bel avion du monde…« 
Je sors tout juste de la séance – il était temps, je pense, car les horaires VO se réduisent de semaine en semaine, et je bosse (et je veux aller aux séances de 14h parce que c’est moins cher :p).
J’en suis encore positivement traumatisée. Je suis sortie du ciné avec cette étrange impression, que je vous souhaite avoir déjà expérimentée, que le monde réel n’est pas plus réel que celui dans lequel vous venez de vivre vos 10 dernières années 2 dernières heures – moins beau, moins fluide, un peu plus terne, moins éblouissant et étrangement familier.

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Django Unchained

De Quentin Tarantino. 2012. 2h44      
Image
Résumé : « Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.
Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves… »
(source : allociné http://www.allocine.fr)
        Il y a quelques années je ne connaissais Tarantino que de nom. Avant mes 12 ans je n’avais en gros ni lu ni regardé aucune œuvre qui soit violente mis à part le journal télévisé. J’ai ensuite commencé à lire quelques polars, voire même un peu d’horreur, encore que les Chair de Poule restent je crois une référence enfantine. Je n’ai jamais pu regarder de film d’épouvante ni  d’horreur – même en étant passé à des lectures de plus haut niveau d’intensité horrifique que la collection de R.L. Stine : Stephen King, Jean-Christophe Grangé, Thomas Harris (Le Silence des Agneaux)… Par contre, la violence ne me dérange pas (encore une fois, du moment que le reste, scénario, personnages, etc. est bon), ni quand il est question d’en lire ni quand il est question de voir des scènes d’action, de combat ou de guerre dans une œuvre cinématographique.

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