La Différence invisible

De Julie Dachez, illustré par Mademoiselle Caroline. Delcourt, 2016. BD. Très bonne lecture. [96 p.]

differenceRésumé : « Marguerite a 27 ans, en apparence rien ne la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Pourtant, elle est différente. [Elle] se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables,  proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.« 

Une fois n’est pas coutume (mais serait-ce un mal si ça ne devenait ?) je vous présente une bande dessinée.

J’ai vu tourner ce titre pas mal de fois sur la blogo, avec toujours des avis enthousiastes ou au moins positifs, depuis sa sortie l’année dernière. J’ai profité de mes chèques cadeaux de Nowel (merci le boulot !) pour me l’offrir, avec un autre titre plus léger dont je vous reparlerai dans probablement pas trop longtemps.

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La Force des introvertis

De Laurie Hawkes. Eyrolles, 2013. Documentaire. Très bonne, voire excellente, lecture. [170  p.]
la-force-des-introvertisRésumé : « On vous reproche votre réserve, un goût pour l’isolement, votre exigence pour la réflexion… Dans une société qui valorise l’extraversion, les introvertis sont jugés trop sérieux, peu charismatiques, faibles, voire arrogants. L’introversion serait-elle un handicap ?
Hypersensibles aux stimuli extérieurs, les introvertis ont en fait besoin de solitude pour se protéger et se ressourcer. Or leur difficulté à nouer des liens spontanés nuit à leur image sociale, ralentit leur intégration au groupe, disqualifie leur voix lorsque d’autres sont prompts à s’arroger une place et à s’exprimer impulsivement. Ce manque apparent de compétence dans les rapports humains masque pourtant une richesse intérieure, une qualité de concentration et d’analyse, une créativité féconde pour des liens authentiques et une vie pleine. Ce livre invite chacun à cultiver sa singularité comme une force, à apprendre à connaître l’autre plutôt que de chercher à se transformer soi-même.« 
Cela fait plus d’un mois que j’ai fini ce livre, mais je traîne à faire ma critique car ce livre m’a quelque peu chamboulée et j’avais envie de pousser un peu plus ma réflexion avant de pondre quoi que ce soit.
Il y a deux choses qui m’ont particulièrement plu dans ce livre : il est très dense, très détaillé, beaucoup plus que je ne m’y attendais ; et il est complet dans sa manière d’étudier ce trait de personnalité car non seulement il examine les stéréotypes, les démonte ou explique leur origine, mais il donne en plus beaucoup d’informations et d’exemples / de témoignages. Sans avoir lu pour le moment d’autres livres sur le sujet (seulement des articles beaucoup plus courts), il m’apparaît donc comme un ouvrage de référence. Je note également les 4 pages de bibliographie en fin d’ouvrage.
L’auteur a un style très pédagogique, très clair, qui sera certainement accessible au plus grand nombre. Les quelques termes utilisés : extraversion et introversion surtout, sont clairement définis dès le début du livre, et peaufiné par la suite : c’est l’un des axes majeurs du livre, que je synthétiserai par :
– qui sont les introvertis ? / être introverti, qu’est-ce que ça signifie au juste ?
– c’est grave docteur ?
– comment s’adapter à une société qui encourage l’extraversion ?
Autrement dit c’est plus qu’un simple livre de bien-être comme on en trouve à tous les coins de rayon ces temps-ci. Laurie Hawkes m’a donné l’impression de quelqu’un qui a creusé son sujet, s’est renseignée auprès de nombreuses personnes, et a finalement rédigé un genre de « rapport » sur l’état des personnes dites introverties à l’heure actuelle, « preuves à l’appui ».
En complément de cet ouvrage j’aimerai jeter un œil aux travaux de Susan Cain et Sophia Dembling, entre autres. En tous cas je vais certainement continuer à mettre mon nez dans ce sujet.

 

Loin de la ville en flammes

De Michael Morpurgo. 2010. Historique jeunesse. Très bonne lecture.
Titre original : An Elephant in the Garden, 2010.
loindelavilleRésumé : « Elizabeth et Karli habitent à Dresde, en Allemagne, avec leur mère. Leur père, mobilisé, se bat toujours sur le front. La plupart des villes ont été bombardées et, bientôt, la famille doit fuir à son tour. La petite troupe a recueilli Marlène, l’éléphante du zoo, et s’enfonce courageusement dans l’hiver glacé, avec l’animal qui changera leur vie…

La Seconde Guerre mondiale, du côté des vaincus. Le destin d’une famille prise dans la tourmente. Une histoire de courage et d’humanité par l’inimitable conteur Michael Morpurgo.« 

A chaque fois que je lis du Morpurgo j’aimerais avoir un enfant pas loin à qui conseiller ma lecture. Non pas que je pense qu’il ne s’adresse pas également aux adultes, mais simplement parce que j’ai aimé lire des auteurs de cette trempe quand j’étais (bien) plus jeune, et que je crois sincèrement que ce genre de lecture est particulièrement enrichissante et pleine d’enseignements, en plus d’être un bon livre à dévorer sous sa couette un après-midi d’hiver.
L’auteur a une manière bien à lui de rendre aventureux tout côté de l’existence pourtant presque banale, et souvent tragique, de ses personnages. Quand on le lit, on a envie d’être à leurs côtés, de se battre comme eux, de les accompagner, de les encourager, d’être aussi simplement là, plus près, dans le livre, pour écouter leur histoire et leurs ressentis.
Comme souvent, même si rien n’est dévoilé au début de la narration, je sens venir la « grosse » histoire, le thème important ; parfois c’est le même que dans d’autres histoires de l’auteur, parfois c’en est un nouveau. En fait, c’est moyennement important. La focalisation, à chaque fois, s’effectue sur un ou quelques personnages et leur propre façon de vivre les évènements qui leur tombent dessus, ou qu’ils prennent sur eux de déclencher ou d’affronter.