Pourquoi je préfère les livres papier aux e-books

J’ai eu connaissance de cette idée de billet sur le blog de Latetedansleslivres, qui elle-même l’a repris d’autres personnes :
« J’ai découvert le Top Ten Tuesdays sur le blog de Iani qui l’a repris du blog The Broke and the Bookish! »
[Je ne veux pas créer de section « rendez-vous littéraires » pour le moment car je ne suis pas du tout sûre de tenir un tel « engagement », j’ai tendance à ne pas blogger autant selon les semaines et les jours – de plus je ne suis pas sûre de pouvoir trouver des « top ten » pendant très longtemps ! :p]
livreebookE-books VS Livres papier, c’est un sujet d’actualité, et pourtant plus si nouveau, avec l’arrivée massive des tablettes et liseuses sur le marché depuis déjà – combien ? Un an, plus ? Je ne vais pas me lancer dans une grosse polémique dans ce sujet, je vais juste suive l’idée de base qui est de partager mes raisons d’aimer le livre papier, parce que je la trouve sympathique, et que même si on a tous des raisons qui sont assez communes, nous ne l’expliquons ni ne le vivons pas tout à fait de la même manière.
1. J’aime tenir un livre entre mes mains
Un livre c’est un objet unique, avec un poids, un format, une texture, une densité qui lui est propre. Tous ces critères vont pour moi de pair avec le titre, l’auteur et l’histoire, et si j’ai eu le livre de différentes éditions entre les mains, il devient « multiple » dans mon esprit. Avoir touché, tâté, lu, ou possédé des objets-livres différents sont des souvenirs, des donnés perceptives aussi différentes que de contempler le même ou différents paysages sous des lumières ou à des saisons différentes.
2. L’odeur du papier
Outre ses caractéristiques physiques comparables à celles d’un bout de bois, ou de n’importe quel autre objet, chaque livre dégage une odeur qui non seulement est aussi assez unique, mais varie avec le temps, et aussi selon son histoire (l’histoire de l’objet, pas celle qu’il y a dedans). On sent s’il s’agit de papier de bonne ou mauvaise qualité, l’odeur plus ou moins forte de colle, parfois même on distingue des notes de composants un peu inhabituels ; on sent s’il s’agit d’un livre très neuf, ou d’un vieux, ou d’un ancien livre mais très bien conservé. Le livre peut aussi garder des odeurs des endroits où il a été conservé.
3. La texture de la lecture
Lorsqu’on ouvre un livre on trouve des caractéristiques physiques qu’on n’avait pas forcément deviné simplement en l’attrapant (1.) : la souplesse ou la rigidité de la reliure, dépendant souvent des éditions : Gallimard Folio Junior a tendance à s’épanouir naturellement, à se pâmer presque entre nos mains ! – Pocket poche craque, résiste, se casse parfois 😦 – l’Atalante, malgré une certaine résistance naturelle, est plus souple qu’on le croirait. On sent aussi la texture, le grain, l’épaisseur des pages. Certains livres très agressifs essaient de vous couper sans cesse ; d’autres sont doux à l’intérieur, ou un peu récalcitrants, ou râpeux, ou trop transparents. Parfois, juste en ouvrant un livre, je sens que la lecture va être physiquement casse-pieds, ou au contraire adoucie par le confort du tournage de pages – peu importe le contenu.
4. L’emballage
Au point de vue esthétique, c’est toujours un plaisir de voir, lire ou posséder des beaux livres, avec des belles couleurs, des lettrines de caractères, des couvertures bien exécutées. Je sais bien qu’on peut avoir des illustrations sur un e-book, mais impossible de tous les exposer dans sa bibliothèque ! Je mettrais la taille du livre dans ce même point : j’aime avoir des livres différents, et que ce soit visible, car c’est aussi sur ce critère de comparaison que je les choisis moi-même.
5. La possibilité de feuilleter
C’est le gros point noir que j’ai trouvé aux liseuses : impossible d’aller, en deux secondes, de mémoire, à moins de 20 pages du paragraphe que je cherche pour me remémorer un détail. Impossible de feuilleter rapidement l’ouvrage à la recherche de… parfois on n’est même plus sûr de savoir quoi !
6. Les mots sur papier ont plus de relief
C’est probablement presque impossible à justifier, mais quand je lis sur écran, j’ai l’impression que l’histoire est prisonnière du cadre et de l’écran. Quand je lis sur papier les mots sont vraiment à portée d’yeux, ils sont plus libres, plus réels.
7. On peut s’en servir comme support
Écrire sur un bout de papier en s’aidant d’un livre, même si ça tire des frissons à certaines personnes qui s’imaginent des tas de griffures dans le dos de la couverture (ce qui peut effectivement arriver, mais j’essaie de ne pas appuyer sur mon stylo comme une furie, rassurez-vous :p), c’est ce qu’il y a de plus confortable au monde !
8. Son poids en fait un meilleur compagnon
D’accord, la tablette c’est pratique quand on aime voyager léger, mais j’aime autant sentir le poids du livre dans mon sac que de le lire. Comme ça, je sais qu’il est là 🙂 Et quand y’en a plusieurs, je le sens aussi !
9. Je ne peux pas imaginer de bibliothèques virtuelles
Ce que je veux dire par là, c’est que me retrouver dans une bibliothèque avec des tas d’écrans sans volume qui ne sentent rien, ce serait un cauchemar pour moi ! Impossible de les cerner d’un seul regard (afficher des chiffres indiquant le nombre de pages serait juste horrible ! J’ai besoin de le voir), de les feuilleter, de les manipuler…
10. C’est un objet qui se suffit à lui-même
Pas besoin d’appareil, de piles, de batteries, de branchement, d’accès Internet pour avoir accès à d’autres titres. Si j’ai une méga-panne de courant ou que je suis en pleine campagne je peux toujours compter sur les « vieux » livres papier ! Aucune chance que ça tombe en panne ou que ça vous en efface une partie.
Pour le moment je n’ai testé que deux ou trois fois des liseuses (de plusieurs modèles) en démonstration dans des magasins. Le concept ne m’a pas attirée, et j’ai même trouvé des inconvénients auxquels je n’avais pas pensé en les manipulant. Je reconnais le côté pratique et léger qui fait son succès, mais je n’en ai pour le moment ni l’utilité, ni l’envie d’investir dans le produit. De plus, je me suis rendu compte que je lisais à peu près deux fois moins vite sur écran (de mon ordinateur) que sur papier.
Voir aussi : Un top 10 des raisons d’aimer les e-books.
Et vous ? Papier, numérique, ou les deux ?
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Forteresse digitale

De Dan Brown. 2006. S-F / Thriller technologique. Pas trop mauvais, mais pas de la grande littérature non plus.
Titre original : Digital Fortress (1998)
forteressedigitaleRésumé : « Lorsque le super-ordinateur de décryptage de la NSA ne parvient pas à déchiffrer un code, l’agence appelle à la rescousse sa cryptanalyste en chef, Susan Fletcher, une belle et brillante mathématicienne. Ce que va découvrir Susan ébranle tous les échelons du pouvoir : la NSA est prise en otage – non sous la menace d’une arme ou d’une bombe, mais par un système de cryptage inviolable qui, s’il était mis sur le marché, pulvériserait tout le renseignement américain ! Prise dans un tourbillon de secrets et de faux-semblants, Susan se bat pour sortir l’agence de ce piège. Trahie de tous côtés, il ne s’agit bientôt plus seulement pour elle, de défendre son pays mais de sauver sa propre vie, ainsi que celle de l’homme qu’elle aime.« 
Le premier roman de Dan Brown. En gros l’intrigue est assez simple, sans trop de choses entremêlées, mais l’auteur la tient bien jusqu’au bout, du coup. La plupart des rebondissements sont attendus, mais rigolos et pas trop mal gérés. Je plains un peu David qui s’en prend pas mal dans la tronche, parfois il n’est pas très doué mais on lui pardonne un peu, parce que ce n’est qu’un cryptologue. Avec le cadre technologique on dirait un peu du vieux Crichton, avec les questions éthiques se heurtant aux questions technologiques et sécuritaires. En ce sens, je le trouve plus intéressant que Da Vinci Code. Et terriblement d’actualité. http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-23023576
En effet, une fois de plus, Dan Brown nous montre à quel point les cryptologues sont des gens qui vivent dans un monde « tour d’ivoire », beaucoup trop complexe pour arriver à gérer la vie de tous les jours dès qu’elle déborde de trop, les petites aventures, etc. J’aime lire du Dan Brown en particulier pour ça : me moquer des personnages qui n’arrêtent pas de se retrouver dans des situations idiotes et ont plutôt du mal à s’en sortir.
Et puis il y a toute le paradoxe des cryptogrammes. Je crois que Dan Brown essaie en même temps d’entrer suffisamment dans les détails pour attirer le lecteur, mais pas trop, pour ne pas le perdre, et en même temps en ce qui concerne la résolution d’énigmes, si ça se passait trop vite il n’y aurait pas autant de suspense, non ? Du coup en plus des scènes à la James Bond ratées, – parce que pas de James Bond mais seulement des cryptologues pas doués – on a aussi l’incroyable temps de suspense dû à la Résolution de l’Enigme, qui n’est pas forcément tellement plus poussée que les choses qu’on trouve dans Mickey Parade, mais que les pros vont mettre des pages et des pages à craquer, toujours je pense pour que le lecteur puisse participer, ce qui ne serait probablement pas le cas si c’était des énigmes haut de gamme, tout en maintenant un certain suspense. Bref. Le plus magnifique exemple, je l’ai trouvé dans Anges et Démons, que j’ai commencé il y a longtemps mais pas terminé encore, avec une écriture à l’envers (genre miroir) : deux pages de « je ne connais pas cette écriture », « quel code avancé, on n’y comprend rien », etc. Très drôle. Ici, on en a une un peu plus complexe, mais quand même. Avec un peu de culture générale et/ou un bac scientifique et/ou un intérêt pour la physique c’est gérable (j’avais mon idée 2 min après avoir lu le truc), mais eux vont mettre 14 pages, et chercher bien trop loin, avant de trouver la réponse qui n’est pas si compliquée.
Toujours un bon moment de rigolade. Encore une lecture de vacances.