Je suis à l’Est !

De Josef Schovanec. Pocket, 2013. Témoignage. Très bonne lecture. [281 p.]

jesuisalestRésumé : « Josef Schovanec n’est pas fou. Ni luxembourgeois, tchèque ou plutonien. Il n’est pas non plus un génie. Il est autiste. Diplômé de Sciences-Po, docteur en philosophie, Josef maîtrise une dizaine de langues, mais n’a pas parlé pendant plusieurs années. À huit ans, il était capable de présenter un exposé d’astronomie mais restait presque inapte au discours social. Est-ce son intelligence, la vivacité de son esprit, son sens de l’humour ? Josef est spécial… comme tout un chacun. Un témoignage salutaire qui contribue à changer notre regard sur l’autisme.« 

J’ai piqué ce livre à un membre de ma famille concerné par l’autisme, à qui je l’avais offert il y a quelques années – je l’ai lu, corné de partout pour repérer des passages, et je lui ai racheté un exemplaire neuf pour me garder celui-ci dans ma bibliothèque parce qu’il m’a fasciné et que je compte le relire un jour, et/ou le prêter.

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Moment de lassitude et frustration

lapinaliceJ’essaie de suivre un certain rythme de parution et je pense avoir réussi à maintenir l’illusion ces dernières semaines tant bien que mal, mais force m’est de constater que j’ai plus de difficultés à tenir le blog ces dernières semaines que les deux ans passés. Avec le boulot je lis un peu moins (la Controverse de Valladolid dans le bus : moyen pour se concentrer !), et surtout je suis plus fatiguée quand je rentre, et j’ai plus envie de m’avachir devant mon fil d’actu Facebook pour regarder les photos de lézards prises par une copine d’Arizona et les dernières actus insolites plutôt que de me mettre à écrire quelque chose de réfléchi.

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Talk to the Snail

De Stephen Clarke. Black Swan, 2007. Essai humoristique. Très bonne lecture. [258 p.]
Sous-titre : Ten Commandments for Understanding the French
Titre français : Français, je vous haime : Ce que les rosbifs pensent vraiment des froggies, 2009
snail

(Parfois une image vaut mieux qu’un résumé)

Allez, pour une fois je commence par les mauvais points, histoire d’arrêter de vous faire penser que je déteste en fait secrètement la moitié de ce que je lis en vous laissant sur des conclusions pinailleuses !

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La Force des introvertis

De Laurie Hawkes. Eyrolles, 2013. Documentaire. Très bonne, voire excellente, lecture. [170  p.]
la-force-des-introvertisRésumé : « On vous reproche votre réserve, un goût pour l’isolement, votre exigence pour la réflexion… Dans une société qui valorise l’extraversion, les introvertis sont jugés trop sérieux, peu charismatiques, faibles, voire arrogants. L’introversion serait-elle un handicap ?
Hypersensibles aux stimuli extérieurs, les introvertis ont en fait besoin de solitude pour se protéger et se ressourcer. Or leur difficulté à nouer des liens spontanés nuit à leur image sociale, ralentit leur intégration au groupe, disqualifie leur voix lorsque d’autres sont prompts à s’arroger une place et à s’exprimer impulsivement. Ce manque apparent de compétence dans les rapports humains masque pourtant une richesse intérieure, une qualité de concentration et d’analyse, une créativité féconde pour des liens authentiques et une vie pleine. Ce livre invite chacun à cultiver sa singularité comme une force, à apprendre à connaître l’autre plutôt que de chercher à se transformer soi-même.« 
Cela fait plus d’un mois que j’ai fini ce livre, mais je traîne à faire ma critique car ce livre m’a quelque peu chamboulée et j’avais envie de pousser un peu plus ma réflexion avant de pondre quoi que ce soit.
Il y a deux choses qui m’ont particulièrement plu dans ce livre : il est très dense, très détaillé, beaucoup plus que je ne m’y attendais ; et il est complet dans sa manière d’étudier ce trait de personnalité car non seulement il examine les stéréotypes, les démonte ou explique leur origine, mais il donne en plus beaucoup d’informations et d’exemples / de témoignages. Sans avoir lu pour le moment d’autres livres sur le sujet (seulement des articles beaucoup plus courts), il m’apparaît donc comme un ouvrage de référence. Je note également les 4 pages de bibliographie en fin d’ouvrage.
L’auteur a un style très pédagogique, très clair, qui sera certainement accessible au plus grand nombre. Les quelques termes utilisés : extraversion et introversion surtout, sont clairement définis dès le début du livre, et peaufiné par la suite : c’est l’un des axes majeurs du livre, que je synthétiserai par :
– qui sont les introvertis ? / être introverti, qu’est-ce que ça signifie au juste ?
– c’est grave docteur ?
– comment s’adapter à une société qui encourage l’extraversion ?
Autrement dit c’est plus qu’un simple livre de bien-être comme on en trouve à tous les coins de rayon ces temps-ci. Laurie Hawkes m’a donné l’impression de quelqu’un qui a creusé son sujet, s’est renseignée auprès de nombreuses personnes, et a finalement rédigé un genre de « rapport » sur l’état des personnes dites introverties à l’heure actuelle, « preuves à l’appui ».
En complément de cet ouvrage j’aimerai jeter un œil aux travaux de Susan Cain et Sophia Dembling, entre autres. En tous cas je vais certainement continuer à mettre mon nez dans ce sujet.

 

Sadako

De Kôji Suzuki. Fleuve Noir, 2014. Épouvante. Moyen, voire pas terrible. [359 p.]
Titre original :  S, 2012
sadakoRésumé : « Takanori Andô, graphiste spécialiste de l’analyse d’image, reçoit une vidéo amateur montrant un suicide à l’intérieur d’un appartement banal. Son client souhaite déterminer s’il s’agit d’un véritable suicide ou d’une mise en scène de génie. À chaque visionnage de la vidéo, Takanori se rend compte que le cadre de l’image se décale très légèrement, permettant de voir jusqu’au visage du suicidé : Seiji Kashiwada. Ce dernier est un serial killer condamné à la peine de mort pour le meurtre de quatre fillettes, douze ans plus tôt, et dont l’exécution a eu lieu peu de temps auparavant…
Takanori se lance dans une enquête effrayante tandis que d’étranges phénomènes envahissent sa vie et celle de sa compagne.

Kôji Suzuki est considéré comme le « Stephen King japonais ». Sa série Ring ainsi que Dark Water ont été adaptés au cinéma et ont connu un succès international.

« 
J’ai emprunté ce livre cet après-midi et l’ai déjà fini, il est en fait assez court car écrit très gros, et se lit très rapidement. Le style ne m’a pas marqué particulièrement, c’est parfois vaguement poétique, ou peut-être est-ce le regard japonais qui me donne une impression d’exotisme ? Les phrases et enchaînements de paragraphes, bien que très fluides, ne m’ont pas paru empreint d’aucun style particulier.
En le lisant j’ai compris qu’il se voulait une suite de « Ring« , dont je n’ai vu que l’adaptation cinématographique, d’un œil, en essayant de ne pas voir le « flippant » (raté j’ai enlevé mes mains au mauvais moment) – et je ne sais même plus laquelle ! (il n’y avait pas une sombre histoire de version US vs version J ?) De toutes manières Sadako rappelle les évènements de l’histoire de Ring (le livre), c’est clair même si ça dévoile l’histoire en entier (je la connaissais en gros, je n’ai pas eu de surprise) – donc je conseillerais à ceux qui seraient passés totalement à côté de Ring de ne pas lire ce roman en premier s’ils souhaitent découvrir l’intrigue « de base ».
Le côté épouvante… ne m’a pas épouvantée du tout. Mais alors vraiment pas. On voit tout arriver de très très loin, même si parfois c’est par étapes que ça se passe, et hormis un vague malaise à certains moments (l’atmosphère reste toute de même déplaisante) je n’ai franchement rien ressenti du tout. Je précise en passant que je trouve les Chair de Poule flippants. Certains m’ont même collé des cauchemars à 12 ans. J’ai lu quelques King et certains m’ont moins plu que d’autres, mais dans l’ensemble il arrive au moins à créer une atmosphère bien malsaine, un sentiment de tension chez le lecteur (parfois frustré en fin de compte, je n’ai plus de titres précis mais j’ai eu quelques semi-déceptions). Ici – rien, ou quasiment rien. J’aurais pu lire un roman d’aventures, ou à énigmes.
Je ne me suis pas vraiment ennuyée non plus car il se passe des choses dans le livre et j’ai apprécié les relations entre les différents personnages. J’ai aussi pu remarquer certaines différences de pensées, propres peut-être aux Japonais, ou en tous cas différentes de ce qu’on aurait pu lire dans un roman français ou américain. Néanmoins si le but du roman était de créer une atmosphère de terreur, je trouve que c’est tombé à plat.

 

Chroniques d’ailleurs :  Plume de Cajou

Codex, le manuscrit oublié

De Lev Grossman. 2007. Roman à intrigue. Lecture passable. [329 p.]
Titre original : Codex, 2004.
codexRésumé : « Edward Wozny est un jeune banquier new-yorkais à qui tout réussit. Il est enfin sur le point de prendre des vacances bien méritées quand son patron exige de lui une dernière mission : aider un des clients les plus importants de la banque à ranger et trier sa bibliothèque laissée à l’abandon ! C’est bien la peine d’être un banquier de haut vol pour se retrouver à classer des papiers poussiéreux. Mais Edward n’a guère le choix. On lui demande surtout de rechercher un vieux manuscrit datant du XIVe siècle dont on n’est même pas sûr de l’existence mais qui serait d’une très grande valeur ! Et il se fait aider par une étudiante revêche et érudite, Margaret Napier. Parallèlement à sa recherche, il se prend de passion pour un jeu vidéo. À sa stupéfaction, il découvre des similitudes étranges entre ce jeu et la légende du manuscrit disparu. Il se plonge alors dans une enquête passionnante qui va peu à peu l’amener à douter de tout, avant de percer le secret magistral du Codex…« 
J’ai emprunté ce livre sans en attendre beaucoup, et j’ai bien fait. Il s’agit là d’un ouvrage distrayant, sans plus, avec pas mal de défauts et quelques points forts, que je ne recommanderai vivement ni ne déconseillerai non plus.
Je trouve les appellations « polar » ou « thriller » un peu tirées par les cheveux, car, d’enquête ou de poursuite effrénées, il s’agit plutôt de simplement résoudre une énigme – rechercher un vieux manuscrit, qui n’existe peut-être même pas, avec quelques pressions extérieures et quelques personnages qui ont une part sombre, mais sont très loin d’être de véritables tueurs ou malfrats ! Du suspense, oui, un peu, mais pas de frissons dignes de ce nom. 😉
J’ai failli ne pas du tout m’attacher au héros, Edward, et finalement j’ai réussi au fil du roman à lui trouver quelques aspects intéressants ou intrigants. L’arrivée de Margaret a été un véritable bonheur car c’est une fana de livres, et de nombreuses références m’ont fait penser à mes cours de DUT. 🙂 L’aspect reliure, par contre… je n’y connais quasiment rien, et certains passages m’ont semblé occultes au possible. J’ai aussi remarqué quelques descriptions qui faisaient mouche, me transportaient dans des endroits très tranquilles, au charme vieillot et reposant. (ou alors c’est parce qu’il n’y a pas un bruit dans la maison en ce moment, et ça a influencé ma lecture)
Le résumé de l’éditeur nous promet tout de même une intrigue riche et complexe, alors que l' »action » de l’histoire repose surtout sur les choix d’Edward, sa vie quotidienne, ses interrogations, et son travail avec Margaret dans les différentes bibliothèques – mon cerveau a fini par suivre simplement ce qu’il se passait dans l’histoire au fil des pages, mais j’imagine qu’il est facile de lire le résumé, de s’en faire de grandes idées, et d’être finalement très déçu. (La dernière phrase de la 4e est particulièrement fausse à tous points de vue !) :/
Pour le reste, tout est moyen : l’intrigue, les personnages secondaires, le rythme, le style – ce n’est ni génial ni très mauvais, ou parfois un peu déséquilibré au gré des pages et passages. Cela ne m’a pas trop dérangée dans ma lecture, mais j’imagine sans peine que d’autres lecteurs puissent être moins tolérants, puisque ces faiblesses sont bel et bien là.
La fin m’a paru trop précipitée, et je n’ai pas aimé la manière dont ça se finissait, même si d’un point de vue scénaristique ça se tenait.
Un livre distrayant, mais vraiment juste distrayant.