La Différence invisible

De Julie Dachez, illustré par Mademoiselle Caroline. Delcourt, 2016. BD. Très bonne lecture. [96 p.]

differenceRésumé : « Marguerite a 27 ans, en apparence rien ne la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Pourtant, elle est différente. [Elle] se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables,  proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.« 

Une fois n’est pas coutume (mais serait-ce un mal si ça ne devenait ?) je vous présente une bande dessinée.

J’ai vu tourner ce titre pas mal de fois sur la blogo, avec toujours des avis enthousiastes ou au moins positifs, depuis sa sortie l’année dernière. J’ai profité de mes chèques cadeaux de Nowel (merci le boulot !) pour me l’offrir, avec un autre titre plus léger dont je vous reparlerai dans probablement pas trop longtemps.

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La Vallée des disparus

De Bente Porr. 2012. Roman à suspense. Très bonne lecture. [225 p.]
Titre original : Moriac, 2008.
Vallee-des-disparusRésumé : « Trois amis, tombés en panne sur une petite route provençale, sont bloqués quelques jours dans le village de Moriac, où ils prennent connaissance d’une inquiétante légende. Au pied du village se niche une mystérieuse vallée. Ceux qui s’y sont aventurés, dit-on, n’en sont jamais revenus. Au total, une douzaine de disparitions inexpliquées en deux siècles. Quel secret cache cet endroit sinistre ? Intrigué, l’un des trois voyageurs décide de mener l’enquête…« 
Ce livre a été pour moi une agréable surprise. Je l’ai choisi dans le rayon « polars », et en fait ce n’est pas vraiment du policier ; je m’attendais à quelque chose entre médiocre et bien, et j’ai trouvé certains points géniaux, et le livre très bon dans l’ensemble. Pour un premier roman c’est une belle réussite, c’est très équilibré de bout en bout.
Quelques mots sur le genre d’abord : il y a mystère dans la vallée, et anguille sous roche à propos de phénomènes inexpliqués. On le sait dès le début, et ce côté sombre, étrange, fantastique est largement exploité ne serait-ce que dans l’atmosphère. Les personnages sont pris dedans, et on trouve quelques scènes typiques du genre, avec des allusions ou comparaisons qui appartiennent au surnaturel. Autrement, le héros prend la décision de retrouver les disparus, ce qui nous mène effectivement dans une petite enquête – mais rien de très exploité en fait, de ce côté-là.
Le gros du livre, de ce que j’en ai ressenti, se concentre en fait sur les relations entre les personnages. La vallée énigmatique, le petit village champêtre, le voyage même n’apparaissent finalement que comme des excuses, une manière de mettre les trois personnes – Curt (le narrateur), Germer (son meilleur ami), et Fee (la fiancée de ce dernier) – dans une situation de huis-clos tendu où les faux-semblants, les hypocrisies latentes, les tolérances poussées à bout, les incompréhensions vont finalement éclater au grand jour. C’est le gros point fort du livre – je n’ai pas l’habitude de lire des drames psychologiques ou des romans contemporains ; celui-ci n’en est pas vraiment un, comme je l’ai précisé ci-dessus, on va dire que c’est du roman contemporain* mâtiné de fantastique, ou le genre de roman fantastique qu’on peut trouver au XIXe siècle, où l’atmosphère et les décisions et réactions des personnages priment très largement sur le surnaturel « pur » ! En tous cas, ça m’a beaucoup plu. 🙂
* L’histoire se passe dans les années 30, ce qui ajoute un certain charme 🙂
Bref, double (bonne) surprise : j’ai trouvé les évènements et évolution des personnages très bien amenés, tout en finesse, avec ce qu’il faut de prémonitoire (pour le lecteur), quelques temps forts ou « dérapages » nets, et un rythme constant que ce soit dans la montée en tension ou dans l’écriture globale, ce qui a été très appréciable. Le style n’a rien de très original, ça se lit bien, c’est bien écrit, rien de spécial à en dire. C’est plutôt de la bonne qualité toutefois.
Le fait qu’il n’y ait que trois personnages principaux et que toute l’action se déroule autour et à travers eux donne une force particulière au récit, écrit de plus à la première personne. J’ai été immédiatement plongée dans les pensées et dans la vie de Curt, ce qui n’a pas toujours été agréable, et même parfois franchement horrible ! Je ne m’attendais pas tout à fait à la fin – mais en fait, avec le recul, j’aurais pu ! Je l’ai trouvé à la hauteur du reste du livre – glauque. Mais un glauque littérairement appréciable. 😉
Ce livre n’aurait pas été rangé dans « polars », je n’aurais probablement pas mis le nez dedans, et ça aurait été dommage ! Pourtant il ne s’agit pas vraiment d’un roman policier mais plutôt de fantastique, en toile de fond d’un bon roman à tendance classique/suspense.
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