The Miniaturist

De Jessie Burton. Picador, 2014. Fantastico-historique. Très bonne lecture. [424 p.]

Titre français :  Miniaturiste, 2015

miniaturistRésumé : « On an autumn day in 1686, eighteen-year-old Nella Oortman arrives at a grand house in Amsterdam to begin her new life as the wife of wealthy merchant Johannes Brandt. Though curiously distant, he presents her with an extraordinary wedding gift: a cabinet-sized replica of their home. It is to be furnished by an elusive miniaturist, whose tiny creations ring eerily true. As Nella uncovers the secrets of her new household she realizes the escalating dangers they face. The miniaturist seems to hold their fate in her hands – but does she plan to save or destroy them?« 

J’ai acheté ce livre à Londres, au 219 A Baker Street, à deux pas du musée Sherlock Holmes (devant lequel il y avait une queue pas possible – ce sera pour une autre fois), en juillet. En fait il y avait une promotion sur les romans demi-format comme celui-ci, et après m’être emparée sans hésiter de Uprooted de Naomi Novik, qui s’est révélé être un coup de coeur (bonne pioche ! 😉 ) j’ai un peu tourné autour des autres titres bien que j’eusse déjà repéré celui-ci. Je ne sais même plus où j’en avais entendu parler, peut-être une chronique sur un blog que je suis ? Bref j’avais en tête : contexte historique réaliste agrémenté de fantastique, et c’est exactement ce que j’ai retrouvé dans le résumé de 4e.

Cependant tranchons tout de suite la tête à ce qui dépasse : le fantastique est vraiment très léger et en fait assez peu important dans le récit – j’ai d’ailleurs eu l’impression qu’on avait laissé cet élément de côté vers la fin du livre, tant l’action se focalise sur les aspects sociaux et « familiaux » du livre. Ne vous précipitez donc pas dessus en vous attendant à une plongée dans le surnaturel, vous seriez forcément déçu-e sur ce point.

Même si ce fut une petite déception de constater cela au fil des pages – j’aurais bien aimé lire une histoire plus axée sur cet élément en particulier qui me semblait tout à fait approprié et intéressant – j’ai tout de même apprécié ma lecture, car si le fantastique n’est pas très présent l’auteure a tout de même plein de sujets à traiter, et son style m’a beaucoup plu même si je ne saurais dire exactement pourquoi : c’est juste bien écrit, très fluide, propre, net et détaillé, et j’ai lu les 200 premières pages quasiment d’une traite dans l’Eurostar.

L’intrigue du roman m’a très vite happée par son efficacité simple : une jeune fille de la campagne, Nella Oortman, a été mariée à un homme d’une trentaine d’années pour des raisons de fortune et de titres. Son époux, qu’elle n’a croisé que deux fois dont une à l’occasion d’une cérémonie de mariage vite expédiée, est un homme d’affaires de la fameuse et très puissante Compagnie des Indes Orientales, qui vit dans une belle demeure de la bouillonnante Amsterdam du XVIIe siècle. Bouillonnante, et un peu sulfureuse aussi. En effet, Nella va très vite se rendre compte que son cher mari (souvent absent) a de très bonnes raisons de ne pas s’intéresser à elle, ce qui la vexe quelque peu et la perturbe beaucoup, même si sur un plan humain et social c’est un homme plutôt bon et honnête qui la traite correctement dès le départ.

En fait, j’ai bien aimé la manière dont Jessie Burton nous présente des personnages tous très humains, avec leurs qualités et défauts, et comment ils tentent d’évoluer  et d’influer sur leur destinée chacun à leur manière.

L’héroïne n’est pas tombée dans la maisonnée la plus classique ni la plus heureuse de la bonne société d’Amsterdam : le maître de maison est un intellectuel distant, sa sœur apparaît au début comme une espèce de mégère qui va tenter de pourrir la vie de Nella, les deux domestiques sont une jeune servante peu sympathique au service de Madame, et un Noir – Nella n’ayant jamais eu l’occasion de voir de personnes de couleur, habitant à la campagne, cela la perturbe également, surtout qu’en cette période de l’histoire du monde on est quand même en plein essor du trafic d’esclaves… Et bien sûr tous les personnages ou presque ont de gros secrets à cacher – d’ailleurs on pourrait regretter cette accumulation de sujets « tabous » (à l’époque) et autres mystères au sein de la même famille.

Finalement au fil des pages elle apprend à connaître tout ce petit monde et leurs difficultés avec le monde extérieur et la société auxquels ils sont pourtant bien obligés de se confronter.

L’élément fantastique est entremêlé dans cette trame narrative principale : Johannes Brandt offre à Nella en cadeau de mariage un cabinet, une maison de poupées : une reproduction à l’échelle de sa propre maison, qu’elle peut faire remplir de réductions de meubles, objets et personnes de son choix. Il s’agit à la fois d’un objet de décoration, de loisir et d’instruction, qui a réellement existé – l’histoire est basée sur une de ces pièces de musée ayant appartenu effectivement à une Petronella Oortmann – je n’ai aucune idée d’où démarre exactement la fiction ensuite, une large partie du livre pouvant appartenir à l’Histoire, ou bien à l’histoire. Toujours est-il que le miniaturiste auquel Nella adresse ses premières commandes semble étrangement bien connaître la maison et ses aménagements, ainsi que les relations entre les personnes et leur entourage, quand il n’envoie pas de créations aux allures prémonitoires…

La synthèse de ce roman pourrait paraître un peu trop banale, qui pourrait confiner à l’ennui, mais j’ai trouvé le texte au contraire assez nerveux : les événements s’enchaînent assez vite, entrecoupés régulièrement de passages où l’on est plutôt focalisé sur les pensées de l’héroïne ; et si je n’étais pas souvent d’accord avec ses réactions ou initiatives, et que je ne me suis globalement pas vraiment identifiée à elle, je me suis relativement attachée à cette pauvre Nella qui tombe un peu en oie blanche dans un certain nœud de vipères, et doit s’adapter très vite à de grandes nouveautés pour elle.

Un bon roman historique, qui ne rentre pas tout à fait dans les catégories vers lesquelles je vais le plus souvent, mais qui m’a beaucoup plu.

Chroniques d’ailleurs : La tête dans les livres, Appuyez sur la touche « Lecture »

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6 réflexions au sujet de « The Miniaturist »

  1. ça fait plaisir de voir un autre blogueur qui lit (et critique) de la SF / Fantasy / fantastique en VO. Ce n’est finalement pas si courant que ça (ça l’est plus sur Amazon, par exemple, mais dans la blogosphère, pas vraiment). Je me sens moins seul, du coup.

    • il faut que je te présente d’autres bloggeurs, alors ! 🙂 Je ne suis pas seule à lire en VO dans mon petit cercle de connaissances. Tu peux aller voir sur Blog-O-Livre et Falaise lynnaenne, au moins (Lynnae aime aussi se jeter sur l’italien ou l’allemand quand ça lui prend). Je suis sûre que j’en connais d’autres mais pour le moment ce sont les deux qui me viennent en tête de façon sûre.
      J’avais commencé un blog miroir en VO pour faire profiter plus de personnes de mes lectures VO, mais en fait traduire ou recracher les mêmes chroniques en anglais ça m’a vite lassée – trop long et répétitif. Tant pis, certains de mes amis allophones arrivent à suivre quand même.
      Par contre c’est vrai que certains ne mettent pas du tout en relief les lectures VO, du coup c’est vrai que quand tu arrives sur les blogs et que les dernières chroniques sont des titres français tu ne peux pas deviner. Pour le moment je colle des astérisques dans mon index de chroniques, mais j’aimerais créer une rubrique spéciale quand j’aurai le temps.

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