Oraisons

De Samantha Bailly. Bragelonne, 2013. Fantasy. Bonne lecture. [716 p.]

oraisonsRésumé : « En Hélderion, la mort peut rapporter beaucoup… surtout à la famille Manérian, qui procède aux oraisons, les rites funéraires du royaume. Mais la réalité de la mort les frappe de plein fouet lorsqu’on retrouve le corps de leur plus jeune fille dans une ruelle sordide.
Tout désigne les clans, ces dangereux rebelles qui s’opposent à Hélderion. Aileen, prête à tout pour venger sa cadette, se lance dans une enquête qui la mettra à rude épreuve.
Noony, leur soeur aînée, se retrouve quant à elle aux premières loges de l’entrée en guerre de son pays contre le continent voisin. Mais elle est bien décidée à s’opposer à ce conflit qui pourrait tourner en véritable massacre.
Prises dans des intrigues dont les enjeux les dépassent, les deux soeurs devront affronter le système qui les a forgées.« 

J’étais ressortie de cette lecture avec un sentiment mitigé ; non seulement ce n’est pas forcément tout à fait ma tasse de thé, mais de plus le moment était assez mal choisi pour certains thèmes.

Cependant tentons de voir les choses de manière objective…

Le monde de Samantha Bailly, s’il ne m’a pas autant fasciné que d’autres dans lesquels j’ai plongé tête la première, est néanmoins loin d’être inintéressant : si le thème de la commercialisation de la mort ou des rites funéraires a déjà été traité il est ici bien exploité, omniprésent, de même que la religion (l’Astrascisme, on notera la proximité sonore avec « ostracisme ») qui est un sacré nid de politiciens, de gens louches et peu sympathiques autant que de personnes gentiment et sincèrement impliquées dans leurs croyances.

Suivre une fratrie m’a plutôt plu, même si j’avoue que je n’avais pas très envie de lire l’évolution adolescente de jeunes filles en fleur (qui compte quand même pour une partie non négligeable du roman – amitiés, inimitiés, premières amours et tutti quantti) au moment de découvrir ce livre – et j’avoue d’ailleurs que ce point m’incite à classer ce livre en « YA/ado », avec d’autres qui suivront. Les autres personnages m’ont également plu dans l’ensemble, même si je n’ai pas trop trop aimé Heptiel, et que j’ai un peu crisé sur la conclusion de l’histoire d’Alexian parce que j’ai eu une impression de choix un peu gratuit de la part de l’auteure, sans très bien arriver à le justifier autrement que par l’aspect romance qui se dégage quand même pas trop mal de l’ensemble de ces 700 pages (+1 pt YA ?), même si l’aventure et les intrigues restent au rendez-vous.

Si le monde est, comme je le disais, relativement correctement développé sur plein de points qui m’ont été très plaisants et qui ont permis une immersion plutôt réussie, là aussi il m’a manqué un petit truc, ou quelque chose m’a fortement fait penser à des lectures ados. Un certain manichéisme / une dualité trop présente ? Rien de terrible, franchement, mais là encore je n’étais pas trop d’humeur et je n’aime pas non plus toujours trop ça. (Quoique, étonnamment, je remarque que ça passe beaucoup mieux avec certains auteurs ou titres alors que j’ai plus de mal avec d’autres !)

Quelques points très positifs : la sexualité des (jeunes) femmes, le handicap (et la sexualité des handicapés), le racisme/tolérance, la religion sont autant de thèmes que j’ai vu traités d’une manière que j’ai trouvé en même temps juste et très positive, et ça c’est cool ! Les personnages principaux apparaissent en même temps comme très humains, avec leurs faiblesses et leurs forces, et aussi très libres de leur choix de vie dans une certaine mesure, et c’est selon moi une des grandes forces de ce livre.

L’écriture est plutôt jolie, même si là encore j’ai l’impression qu’elle convient mieux à du jeunesse ou à de la romance qu’à de la Fantasy épique (et ça tombe bien, ce n’est pas là-dedans que je classerais Oraisons !).

En conclusion, un roman Fantasy axé apprentissage du héros/YA qui plaira sans doute plus à certains lecteurs qu’à d’autres, mais qui, s’il ne me convenait peut-être pas parfaitement par certains aspects, a certainement pas mal de qualités.

 

Chroniques d’ailleurs : La tête dans les livres, Encres et Calames, Avides Lectures

 

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6 réflexions au sujet de « Oraisons »

  1. C’est marrant, mais c’est une auteure dont on parle beaucoup, et pourtant chaque fois que je vois passer une critique (par quelqu’un de fiable, hein, pas par un fanboy transi qui n’a aucun sens critique), que ce soit sur le volet littérature générale ou SFF de son oeuvre, ça finit toujours par « mouais, bof ». C’est vraiment à se demander pourquoi il y a un tel buzz autour de cette jeune femme (précocité ? éventail de genres -et éditeurs- balayés ? éventail d’activités -elle est scénariste, depuis peu, et a des fonctions au syndicat de la littérature jeunesse ou je ne sais quoi- ? Dans l’air du temps avec ses histoires d’ados ou de très jeunes adultes ?).

    • J’ai l’impression que ce qu’elle écrit et la façon dont elle écrit convient au plus grand nombre, particulièrement à ce que je suis tentée d’appeler lecteurs « éclectiques mais grand public ». Personnellement ça ne me dérange pas, il en faut pour tous les goûts, et comme je disais ce n’est pas franchement mauvais non plus.
      C’est vrai qu’elle est très visible ; en même temps comme tu dis elle a écrit son premier livre assez jeune et ça a très bien fonctionné (c’est celui-ci) – je me demande s’il a pas eu un prix, ou a été au moins nominé genre aux Imaginales lycéennes. Bragelonne est également un éditeur qui sait rendre visible ses auteurs. Et puis elle a son blog, fait des vidéos et est souvent présente ou invités de conférences et autres. En même temps même si je ne suis pas fan de son oeuvre littéraire pour le moment je trouve qu’elle passe très bien à l’écran / radio.
      Bref je comprends ton agacement face à d’autres auteurs que tu trouves plus talentueux et qui sont moins représentés au niveau médiatique, mais sérieusement pour S. Bailly je comprends tout à fait. (Et au moins elle n’a pas l’air comme un certain BW d’Apporter son Eminente et Illustre Oeuvre à l’Univers)

  2. Pour l’instant, les retours que je lis au sujet de l’auteur ne me convainquent pas entièrement. Il y a toujours un élément qui casse la dynamique pour moi. Pour Oraison, malgré les aspects positifs et la belle plume, je pense être une lectrice trop exigeante. Et cela va trop vers du YA.

    • Je n’aurais pas été vers cette autrice pour les mêmes raisons (avec plus ou moins de raison, semble-t-il !), mais une amie me l’a collé dans les mains. ^^ Ce qui est bien c’est que comme on a un peu les mêmes goûts mais en même temps pas on se fait découvrir des trucs vers lesquels on n’irait pas toutes seules ! Parfois ce sont de bonnes surprises, parfois non. J’aime bien ma zone de confort (et j’ai environ 5648217 titres à y lire) mais je ne regrette pas d’en sortir non plus de temps à autre. Là je suis sur Blade Runner, c’est plus ma tasse de thé. 🙂

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