La Manade du centaure

De Louise Perrot. Flammarion, 1999. Jeunesse fantastique. Moyen. [182 p.]

Collection : Castor Poche

manadecentaureRésumé : « Dans le train qui l’emporte vers la Camargue et vers Laurence, Antoine trouve un bien étrange grimoire, clé de cette région fière et sauvage qu’il va découvrir. Pourquoi le baye-gardian de la manade porte-t-il le même nom que son cheval  ? Quel secret cachent les ruines interdites, et pourquoi attirent-elles irrésistiblement un jeune cavalier qui porte, lui aussi, le même nom que son cheval  ?« 

J’ai pioché ce titre dans la boite à livres de la Vieille Ville, où j’ai déjà déniché Psychose et un ou deux autres titres prometteurs. Un petit jeunesse avec de la mythologie dedans, pas trop de risques, non ? En fait j’ai été assez déçue globalement.

D’abord, les personnages m’ont tous parus insipides, que ce soit Antoine, un garçon lambda qui le reste jusqu’au bout ; Laurence, son amie-presque-petite-amie-mais-pas-tout-à-fait ; les canassons centaures, qui sont, bah, des centaures ; ou les quelques personnages secondaires que j’ai déjà oubliés alors que j’ai lu le livre il y a trois jours. Peut-être, je dis bien peut-être, que j’attends trop d’un Castor poche, qui se veut avant tout une collection accessible aux plus jeunes et dont les volumes dépassent rarement les 300 pages et n’ont donc pas forcément le temps de développer les personnages. Cependant, et comme je le dis toujours, il y a de très bonnes choses en jeunesse, donc je suis régulièrement déçue par les choses disons moins travaillées. De plus si l’on part du principe que la collection s’adresse à des 6-8 ans, il y a quelques détails qui me dérangent un crin poil : que ce soit Laurence qui craque pour un homme de quarante ans (elle en a 13, ou 15, je ne sais plus !) ou la mention des centaures enlevant les jeunes filles… on ne précise pas pourquoi dans l’histoire mais la mythologie ne nous dit pas que c’était pour leur tresser des fleurs. Quelques scènes ou idées sont également assez violentes, sans être choquantes non plus. Du coup je me suis pas mal demandée à quel public s’adressait exactement ce livre, qui tantôt en dit trop et tantôt pas assez. Les scènes d’action et les parties mythologiques sont à mon sens plutôt pour des enfants pas trop jeunes, mais les dialogues sont tantôt mièvres et un peu simplistes et tantôt philosophiques, les réactions des personnages sont tantôt violentes tantôt stéréotypées ou très gentillettes, bref je me suis sentie perdue.

L’élément mythologique ne m’a qu’à moitié convaincue, aussi : probablement en partie parce que je n’ai pas aimé les éléments énoncés ci-dessus, je l’ai trouvé mal amené, entre pédagogie poussée et détaillée et indices gros comme ma main dans ta figure, avec des jeux de mots ou références bien mignonnes, où l’on ne peut s’empêcher de se dire que les jeunes héros sont complètement aveugles même après s’être documentés sur le sujet. les parties purement mythologiques sont aussi étrangement focalisées sur quelques détails poussés (la violence des centaures, leur propension à l’alcoolisme et au harcèlement sexuel – non dit mais référencé, comme je le disais plus haut), mais occultent complètement d’autres informations sur la créature, que j’aurais bien aimé voir également traitées. Bien sûr je comprends quelque part ce choix, mais encore une fois j’ai trouvé cela un peu maladroit.

Le style est un autre point que je n’ai que moyennement apprécié dans cette histoire : trop classique, vieillissant par moments, avec une maîtrise assez relative de la narration, sans être carrément mauvaise non plus.

Néanmoins, même si mon expérience n’a pas été folichonne, je ne peux pas clôturer ma chronique sur ces nombreux points que je considère comme potentiellement ratés, ou peu réussis. Je suis consciente de mes exigences et connaissances, et si cette lecture ne m’a pas trop plu je pense sincèrement qu’elle pourrait tout à fait être au moins distrayante pour pas mal de lecteurs : déjà, pour un novice en mythologie grecque, le thème des centaures reste plutôt largement traité, et cela dans un cadre de fiction et non de documentaire, ce qui me semble plus rare que d’autres créatures plus généralement reprises ici et là ; le style littéraire, à défaut d’être époustouflant, est limpide et facile d’accès ; les personnages sont loin d’être uniquement des stéréotypes et s’ils n’ont que peu de substance ils restent plutôt crédibles dans l’ensemble ; enfin, et c’est un point positif que j’ai exprès gardé pour la fin, on visite la Camargue et ce n’est pas mal du tout même si encore une fois je suis un peu restée sur ma faim. Et j’ai appris ce qu’était une manade. 🙂

En conclusion si cette lecture n’a pas été une réussite pour moi je pense que ce livre peut plaire à des novices en mythologie grecque, ou simplement des amateurs de littérature jeunesse, à condition de ne pas avoir trop d’exigences.

Publicités

Déposer un petit caillou blanc

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s