Lettres de l’Atlantide

De Robert Silverberg. J’ai Lu, 1992. Science-Fiction. Bonne lecture. [159 p.]

Titre original : Letters from Atlantis, 1990 ; trad. de l’américain par Frédéric Lasaygues

lettres-de-l-atlantideRésumé : « L’Atlantide, île radieuse… Mythe ou réalité ? En ce XXIème siècle, la grande révolution de l’exploration temporelle est enfin venue. Et c’est ainsi que Roy Colton est « transféré » dans l’esprit du prince Ram, l’héritier du trône atlante. Ce qu’il découvre dépasse la légende. Tandis qu’en Europe les hommes chassent les derniers mammouths à l’aide de haches de pierre, les Atlantes sillonnent les mers à bord de navires propulsés par des turbines et s’éclairent à l’électricité ! Qui sont ces bâtisseurs ? Comment une civilisation aussi avancée a-t-elle pu disparaître sur cette île perdue au milieu de l’Atlantique Sud ? Roy découvrira le secret des Atlantes. Mais il connaît aussi leur avenir tragique. Comment ne pas révéler au prince ce qui l’attend ? Peut-on défier le destin ? Sauver l’Atlantide ?« 

Une fois n’est pas coutume, je commence ma chronique par une citation.

[…] Tout individu ayant vécu sur cette terre n’a plus de secrets pour les voyageurs temporels que nous sommes. On pourrait nous appeler les visiteurs-fouineurs du vingt-et-unième siècle. D’un autre côté puisque nous ne pouvons voyager dans le temps que sous la forme – ou plutôt la non-forme – d’impulsions électriques intangibles, nous n’avons guère le choix. L’exploration du passé permet de mettre la main sur quantité de connaissances qui autrement seraient perdues à jamais. Faudrait-il laisser se perdre le patrimoine culturel de l’humanité ? ~ p. 37

Roy Colton est un explorateur temporel, un « archéologue » du futur, qui grâce aux avancées technologiques du XXIe siècle a été transféré dans l’esprit d’un prince atlante précisément en 18 862 avant J.-C., afin d’en apprendre plus sur la civilisation atlante, ses origines et sa chute. Le lecteur suit ses actions et découvertes à travers les lettres qu’il envoie à Lora, sa compagne, qui a elle aussi été envoyée à la même époque, mais dans l’esprit d’une personne très éloignée géographiquement, dans les terres d’Europe du Nord.

Je ne suis pas spécialement friande de romans épistolaires mais cela change un peu et j’ai trouvé que dans ce cas précis c’était très efficace sur le plan narratif : en effet Roy non seulement relate ses avancées ou ses difficultés dans ses recherches mais il se confie également beaucoup sur ses doutes, ses remises en question ou l’affection qu’il développe à la fois pour le prince Ram et son peuple, les Athilantéens. Malgré son rôle « d’espion », d’intrus dans la tête de quelqu’un d’autre, le héros m’est apparu comme très sympathique et très humain ; ce qu’il fait le fascine et le répugne à la fois, il tente de mener à bien sa mission tout en préservant son hôte, et Silverberg met immédiatement en place un genre de tension morale qui donne du relief au texte qui par ailleurs n’est pas très touffu ni forcément très surprenant.

En effet si l’auteur prend bien entendu des libertés qui lui sont propres concernant le pourquoi du comment (et ça m’a plutôt plu, je vous laisse les découvrir si vous le souhaitez), il n’en reste pas moins que l’on sait, et Roy également dès le départ, que l’Atlantide/Athilan (à mon sens, très pertinent que de déformer le mot, d’un point de vue linguistique c’est rare que rien ne bouge en 18 000 ans !) va être détruite. On part aussi avec le postulat que c’est un pays qui possède des avancées technologiques aberrantes comparé au reste des peuples de l’époque. Pourtant je ne me suis pas ennuyée même sur ces développements et descriptions, non seulement grâce à quelques originalités ici et là mais aussi grâce à l’écriture de Silverberg qui est très bien passée, soignée mais très fluide, avec pas mal de passages « oraux » (Roy Colton écrit à sa compagne, pas à ses supérieurs), et aussi beaucoup d’humour.

Je me sens plus proche de lui que je ne l’ai jamais été d’aucun autre être humain. Je sais de quel côté de la bouche il préfère mâcher ses aliments, le nom du dieu qu’il blasphème quand il se cogne le doigt de pied contre une racine et toutes les mauvaises blagues qu’il faisait à son petit frère quand il était gamin. ~ p. 76

Un court texte fort sympathique, efficace et fidèle dans ce qu’il annonce.

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2 réflexions au sujet de « Lettres de l’Atlantide »

  1. J’aime beaucoup Silverberg, j’ai lu je ne sais combien de romans et de nouvelles de lui et son imagination combinée à son écriture font que je ne me suis pratiquement jamais ennuyé. Il est considéré comme un des grands de la SF, et ce n’est vraiment pas pour rien.

    Je ne connaissais pas ce roman précis, par contre, je croyais avoir lu tout ce qu’il avait écrit dans le registre du voyage temporel, et du coup je suis très intéressé. Merci beaucoup pour ta critique 🙂

    • Tu me donnes envie d’en lire plus ! Je crois que j’en ai récupéré un autre récemment, je ne sais plus le titre. J’ai constaté que ce pauvre livre avait reçu des notes extrêmement basses sur Livraddict (il était à 8), et les quelques personnes qui ont voté n’ont même pas mis de critiques associées ! Je peux comprendre qu’on lui trouve quelques faiblesses mais de là à le descendre complètement, j’aurais bien voulu savoir pourquoi.
      Je suis ravie de te dénicher un titre que tu n’as pas lu, même si c’est un complet hasard. 🙂

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