Le Sang du temps

De Maxime Chattam. Michel Lafon, 2005. Thriller historique. Très bonne lecture. [369 p.]

chattam-tempsRésumé : « Automne 2005. Marion doit fuir Paris dans l’urgence. Il y va de sa vie. Des hommes de la DST la déposent au Mont-Saint-Michel, où l’accueille une communauté religieuse. Très vite, Marion se sent espionnée…// Mars 1928. Au Caire, des enfants disparaissent en pleine nuit, on retrouve leurs corps meurtris dans les nécropoles environnantes. Une rumeur se propage : le monstre des Mille et Une Nuits, la terrible Goule, serait de retour. Le détective Matheson n’y croit pas…« 

Chattam ne m’a pas toujours convaincue par ses intrigues ou développement – même si je ne le déconseille pas non plus dans l’ensemble – mais il a là pour une fois signé un roman qui m’a beaucoup plu.

J’apprécie presque toujours d’avoir deux intrigues en parallèle, même si ici c’est Matheson que l’on suit le plus, à travers la lecture de son journal intime tombé dans les mains de Marion en 2005 au Mont-Saint-Michel. Bien que Normande de naissance je ne connais pas le rocher ni son histoire, et si Chattam en dresse un portrait bien austère et solitaire j’aimerais toujours bien le visiter à l’occasion. Il y met en place une atmosphère assez particulière, légèrement oppressante, utilisant énormément les éléments naturels (vent, pluie, mer), peut-être un peu en écho aux inquiétudes de Marion qui se pose pas mal de questions sans pouvoir obtenir de réponses. La découverte du journal de Matheson va lui amener des troubles additionnels mais va aussi lui permettre, avec le lecteur, de s’évader dans une enquête égyptienne du début du XXe siècle.

Le cadre du Caire de 1928 est, j’ai trouvé, encore plus détaillé que le cadre contemporain du roman. Tensions et manifestations nationalistes, pauvreté, sordidité, manque de moyens de la police locale, encore plus face à des meurtres horribles et absurdes ; paradoxes avec la haute société britannique dans son fief colonial. Les personnages m’ont quelque part rappelés ceux d’Agatha Christie*, à cause du cadre spatio-temporel bien évidemment, car ils sont dans l’ensemble beaucoup plus torturés que ceux de la grande dame anglaise. Je les ai tous trouvés intéressants, chacun a son rôle, sa place et son caractère particulier.

*N’allez pour autant pas croire que les deux auteurs sont comparables : ils écrivent dans deux styles et genres très différents.

J’ai trouvé que Chattam était plutôt doué pour nous rendre l’effervescence cairote, les odeurs, chaleur, textures de la ville et de son quotidien – l’illusion est bien là. D’ailleurs je trouve que c’est dans les descriptions que son style s’exprime le mieux ; ailleurs je lui trouve une plume assez banale même si pas mauvaise.

Pallister cherchait un repère. Celui qui distinguait l’homme de la bête, le repère qui brille en permanence comme une borne rouge sur le bas-côté de la conscience, et qui se dresse devant celle-ci lorsque la pensée va trop loin.

J’avais repéré quelques points et détails qui auraient pu me donner la solution de l’enquête, mais finalement je me suis gentiment laissée entraîner par l’auteur jusqu’au bout, même si je ne me suis pas laissée prendre par toutes ses fausses pistes !

Un bon thriller assaisonné d’Histoire, plein de péripéties et d’intrigues, dont je ressors divertie et satisfaite.

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