De fièvre et de sang

De Sire Cédric. Le Pré aux Clercs, 2010. Thriller fantastique. Bonne lecture. [447 p.]

* * *

defievreRésumé : « Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle…
Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. Ensemble, ils vont tenter de remonter la piste d’un tueur en série qu’ils croyaient mort et qui a pour habitude de vider entièrement ses victimes de leur sang. S’agit-il d’une réincarnation, d’un spectre, d’un homme, d’une femme, d’une créature d’un autre monde ? Suspense, angoisse, horreur, sensations étranges, crises de démence, folie meurtrière, rite satanique… Un thriller oppressant qui entraîne ses lecteurs au-delà de la raison.« 

* * *

   J’ai entendu beaucoup de bien de cet auteur depuis pas mal d’années maintenant (je l’ai aussi aperçu aux Imaginales, il faut dire qu’il est repérable ! ^^). En tant qu’amatrice de thrillers bien sombres et bien ficelés, de fantastique, et même d’un peu d’horreur pourquoi pas de temps en temps, j’ai assez vite pensé qu’il fallait que je tente la lecture d’au moins une de ses œuvres, sans grand risque de déception !
   Finalement je n’ai pas été déçue, mais je n’ai pas non plus compris la passion générale pour cet auteur, en tous cas pas avec ce seul et premier livre.

    On entre dans l’histoire en pleine action, et très vite le côté fantastique de l’enquête s’impose au lecteur : indices plutôt clairs, allusions de la part de l’auteur – si jamais vous êtes passés à côté de la couverture ou du phénomène Sire Cédric vous êtes tout de même clairement prévenus, l’intrigue va sortir, très vite, des sentiers de la rationalité. Sur le principe, d’accord ; honnêtement je me suis divertie en lisant le livre, et le rythme est suffisamment effréné pour que le lecteur ne s’ennuie pas. Cependant quand je lis un thriller j’aime suivre le déroulement des faits petit à petit, être surprise par des éléments nouveaux (Grangé dans ses premiers romans, très très fort ! 🙂 ) et intrigants, cerner petit à petit le meurtrier grâce à des indices soigneusement disséminés. Lorsque je lis du fantastique, de même, j’apprécie le dévoilement subtil des éléments surnaturels, la lente évolution des personnages et de l’atmosphère, savourer la montée en tension.
    Ici, je n’ai pas pu apprécier tous ces éléments : déjà, le déroulement de l’enquête est un peu rapide, on devine très vite quels sont les éléments clés, que certaines choses ne sont pas ce qu’elles paraissent, et avec quelques connaissances en folklore et histoires surnaturelles je n’ai tout simplement pas été surprise par beaucoup de choses : des choses assez « classiques » (réf. culture occidentale moderne) se passent, et se répètent en plus, et j’ai trouvé qu’on les voyait venir de très loin. En plus, courses-poursuites et enquête moderne oblige, le rythme trépidant, bien que prenant d’une certaine manière, ne permet pas au lecteur de savourer la lente ascension dans l’horreur – parce que ça ne parait pas lent du tout, justement. De ce fait j’ai eu un peu plus l’impression de lire un roman d’action-horreur, ou un thriller à l’américaine, avec de l’hémoglobine en veux-tu en voilà, que du thriller ou du fantastique. Très sympa, un peu dégueu, mais pas angoissant, pas aussi percutant qu’il pourrait l’être. Le concept de mélange de genres peut j’imagine donner quelque chose d’intéressant, mais mériterait à mes yeux d’être un peu plus soigné, un peu plus subtil.
    D’un autre côté peut-être que le thème abordé, au moins, était volontairement dans l’air du temps pour permettre à plus de lecteurs de s’y retrouver ?
    J’ai aussi eu un moment de franche perdition lors d’une scène je suppose voulue culminante et pleine de tension sensuelle (sexuelle ? Je me demande encore) – un ou deux éléments de description /narration m’ont paru balancés au gré des vents, je ne les ai pas vu venir, pas trouvés justifiés, au point de frôler le comique absurde. J’ai failli me péter un fou rire, mais ce n’était visiblement pas du tout le but recherché de cette scène !
   Je n’ai rien à dire sur la plume de l’auteur, si ce n’est que c’est relativement soigné par moments et parfois un peu moins. Je crois que ce livre était son premier roman, ce qui pourrait expliquer ce petit déséquilibre. (On est tout de même sacrément loin de la catastrophe littéraire, ne vous affolez pas si vous n’avez encore rien lu de lui.)
   Néanmoins j’ai assez envie de lire d’autre Sire Cédric, ne serait-ce que pour son duo de personnages principaux, Eva Svärta et Alexandre Vauvert. Ils m’ont été sympathiques, m’ont émue, ont attiré mon intérêt (je veux en savoir plus sur Eva ! 🙂 J’ai trouvé son intrigue personnelle beaucoup plus captivante que la principale), et je sens qu’ils ont d’autres surprises en réserve.
    Je relis ma chronique et j’ai l’impression d’avoir été assez cassante avec ce pauvre livre qui m’a pourtant bien focalisée pendant quelques jours et que je reprenais dès que j’avais deux minutes : oui, j’en attendais peut-être un peu trop étant donné l’immense succès qu’il semble avoir, mais non, son succès n’est pas non plus totalement démérité : il y a de bonnes idées de base, un développement cohérent et un très bon rythme, et c’est un auteur qui a, à mon avis, toute sa place dans les thrillers contemporains.
   J’attends de lire un autre roman de l’auteur pour pouvoir m’exalter un peu plus ; ce premier essai n’a peut-être pas totalement correspondu à mes propres attentes mais j’ai passé un bon moment de lecture.
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Chroniques d’ailleurs : Lynnae, Le Chat du Cheshire, Black Wolf
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4 réflexions au sujet de « De fièvre et de sang »

    • C’est un peu ça : je me suis tout à fait divertie, mais je ne le conseillerais pas à tout prix non plus, parce que, que ce soit en thriller ou en fantastique, j’ai lu des choses qui m’ont parues bien plus intenses. Je me demande même si ce n’est pas l’idéal pour des gens qui trouveraient des défauts aux deux genres (je pense entre autres à des lecteurs qui n’aiment pas les descriptions ou les rythmes lents dans le fantastique du XIXe mais n’aiment pas les policiers et thrillers parce que c’est trop réaliste ! 🙂 – cela expliquerait aussi que ça marche autant)

  1. Comme toi j’ai été fascinée par l’histoire d’Eva, j’avais très envie de tourner les pages pour découvrir son passé, comprendre ses réactions.
    J’ai eu un peu de mal avec le surnaturel dans ce livre, mais je reste charmée par l’histoire 🙂

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