10 Nouvelles fantastiques de l’Antiquité à nos jours

Prés. par Alain Grousset. Flammarion Jeunesse. Nouvelles. Très bonne lecture. [132 p.]

nouvellesfantRésumé : « De Pline le Jeune à Stephen King, en passant par Edgar Poe ou Guy de Maupassant, on retrouve ce même goût du frisson. Depuis l’Antiquité, les hommes aiment se raconter des histoires pour se faire peur. Des récits de fantômes, de diables, mais aussi de téléphones portables machiavéliques ! Ces dix nouvelles nous font trembler et découvrir toutes les facettes du Fantastique…« 

J’ai tout de suite beaucoup aimé le principe de faire découvrir au lecteur les racines du fantastique, même sous forme aussi réduite, puisque pensée pour la jeunesse.

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The Literary Fantastic

De Neil Cornwell. 1990. Essai littéraire. Très bonne lecture.
litfantasticRésumé : « This wide-ranging book examines the role and development of the fantastic in literature from the rise of the Gothic in the second half of the eighteenth century, through its heyday in the horror classics of the nineteenth century – from Frankenstein to Dracula – to its appearance in postmodernist fiction of the present.« 
Cet ouvrage s’ouvre sur une très bonne introduction à la fois chronologique et analytique: où, quand et comment est « né » le fantastique, de quoi découle-t-il, quelles sont ses grandes tendances et codes principaux. On retrouve, comme dans l’ouvrage de Françoise Dupeyron-Lafay les concepts de doute, de fracture, de rationnel vs irrationnel. Cornwell va cependant plus loin, il cite des critiques et explique en quoi le genre a eu du mal à se trouver des définitions, surtout quand il était jeune. Suivent des citations d’études portant sur le fantastique, de grands noms comme Todorov (qui paraît-il a d’abord été édité en français), et aussi des noms un peu moins illustres, mais qui ont aussi tenté d’expliciter et d’unifier le genre à leur époque et à leur manière.
Ce qui m’a beaucoup changé d’autres livres que j’ai lu à ce sujet, c’est la manière d’appréhender l’élément « fantastique » : souvent on parle de thèmes (cimetières, manoirs, vampires, fantômes…) ou d’auteurs, mais ici ça va un peu plus loin, même, que les structures narratives évoquées dans l’autre livre que j’ai lu il y a peu de temps et cité ci-dessus (ce qui était déjà très bien). L’auteur parle beaucoup de l’élément de « fantasy ». Il s’agit de ce qu’on pourrait traduire par « fantaisie », « irréel » – cet élément qui permet à la fiction de devenir non-réaliste, en partie ou totalité. De là, l’étude se focalise sur le fantastique, essentiellement, mais aborde aussi la high fantasy, les contes, et mêmes le nouveau roman (en ce qu’il « brise » les règles établies du roman, donc se positionne sur un autre plan de « rationalité »). Le livre s’achève sur Rushdie, Eco et quelques autres auteurs analogues, dont la présence dans l’ouvrage est justifiée parce qu’ils détournent les buts avoués du roman pour construire une narration illusoire : elle se veut rattachée à une certaine réalité, mais sert en fait à analyser/démontrer/dénoncer autre chose. (A ce que j’ai compris 😉 )
Une approche moins commune que d’autres sur la littérature de l’irréel, qui m’a ouvert de nouvelles perspectives.

Perfume

De Patrick Süskind. 1985. Roman. Excellente lecture.

Titre original : Das Perfum

Résumé : Dans le Paris du XVIIIe, Jean-Baptiste Grenouille, orphelin complètement asocial, mais aussi « nez » depuis sa naissance, se découvre un talent pour la parfumerie. Son but ultime : synthétiser l’odeur naturelle d’une jeune fille.
perfumeUne excellente surprise, dans tous les sens du terme. J’ai entendu parler de ce livre pour la première fois en 1ère, quand des collègues de L l’avaient à lire pour les cours. J’étais en S, je n’avais pas à le lire, et comme de manière générale je n’ai presque jamais apprécié de lecture « obligatoire », je ne me suis pas jetée dessus quand bien même on m’en a dit du bien. De même puisque à l’époque le livre était déjà donné comme « classique », et que le récit se déroule il y a trois siècles, j’ai supposé que l’auteur était à classer avec Flaubert, Voltaire et les autres. C’était ma deuxième erreur. J’ai appris en me renseignant sur ses dates qu’il est contemporain, encore vivant aux dernières nouvelles, et que cet ouvrage est paru en 1985 – un jeune classique, donc, plus proche de Primo Levi que de Rousseau (puisque je parle de lectures scolaires) en termes d’époque d’écriture !
Cependant, je n’ai pas pu m’empêcher de le comparer à Victor Hugo en matière de style d’écriture, d’action et de description, avec ce côté introspectif et aussi une certaine tendance à l’hyperbole. Je me suis retrouvée plongée dans les odeurs de Paris dès les premières pages, et c’était tout bonnement fantastique. Je me suis intéressée de près à ce fabuleux personnage qu’est Grenouille (je ne dirais cependant pas sympathique !!), qu’on suit tout au long de l’histoire, seulement entrecoupée de quelques informations sur les personnages secondaires proches du héros. Je ne vais pas dévoiler toute l’histoire, surtout qu’elle est assez connue et encore plus depuis l’adaptation cinématographique de 2006. Sachez seulement que Grenouille est un sociopathe dans le plus pur sens du terme, un être dénué d’empathie envers les autres humains, mais que le personnage n’est en rien dépourvu d’intelligence et de malice (au sens strict du mot : intelligence mauvaise). S’ensuit un récit en même temps fascinant, intéressant, horrible, en un mot sublime (Latin sub-limus, « au-delà des limites »).
J’ai dévoré ce petit ouvrage (250 p.) en deux jours, en anglais (oui, parce que même si l’auteur est allemand, je l’avais trouvé en anglais, et la traduction parait très bien).
Challenge : Les 100 livres à avoir lu
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