La Fille du roi des Elfes

De Lord Dunsany*. 2006. Merveilleux. Bonne lecture.
*Edward John Moreton Drax Plunkett de son vrai nom (sans blague)
Titre original : The King of Elfland’s Daughter, 1924.
filledunsanyRésumé : « Parce que les sujets de son père veulent plus de magie dans leur royaume, le prince Alvéric entreprend de traverser la forêt enchantée afin d’y enlever la fille du roi des Elfes, Lirazel. Après avoir défait les chevaliers qui défendent la demeure de celle-ci, Alvéric séduit la jeune elfe et l’emmène jusqu’au royaume d’Erl, où naîtra Orion, le fruit de leurs amours. Furieux du départ de sa fille et surtout du fait que ce départ était volontaire, le roi des Elfes envoie à Lirazel un troll porteur d’un message magique. Immédiatement, la jeune princesse est ramenée auprès de son père. Inconsolable, Alvéric part à sa recherche, en quête de la forêt enchantée… qui a disparu. Et, pendant ce temps, Orion découvre le monde.« 
PréfaceJ’espère que la suggestion d’un pays étrange véhiculée par le titre de cet ouvrage ne fera pas fuir les lecteurs potentiels. Si, en effet, certains chapitres parlent du pays des Elfes, la majeure partie de ce livre n’évoque que le paysage familier de la campagne anglaise, avec ses forêts, ses vallées, et ses villages situés à une bonne cinquantaine de kilomètres des frontières du pays des Elfes.

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Venin

De Sharon Bolton. 2010. Thriller. Excellente lecture.
Titre original : Awakening, 2009
veninRésumé : « Clara, vétérinaire dans un petit village anglais, est jeune, brillante, passionnée par son métier… Et pourtant, elle vit comme une recluse. Défigurée dans un terrible accident lorsqu’elle était enfant, elle préfère la compagnie des animaux à celle des hommes. Une existence calme et solitaire bientôt troublée par la visite de la police, venue solliciter son expertise. Un homme vient d’être retrouvé inanimé à son domicile, il porte une trace de morsure de serpent. Le verdict de Clara est sans appel, la dose de venin présente dans son corps est bien supérieure à celle que peut laisser n’importe quel reptile… La peur se répand dans la petite commune et cela ne fait qu’empirer lorsque Clara découvre, bien malgré elle, un lien avec une vieille maison abandonnée, un ancien rituel barbare et une tragédie vieille de cinquante ans dont les rescapés refusent de parler. Il y a des vérités qu’il ne fait pas bon exhumer. Et pour garder le secret, certains sont prêts à tous les sacrifices, même s’ils sont… humains. »
Des histoires de bestioles lâchées dans un paisible village ? Des secrets, des mystères ? Fabuleux, ai-je pensé en lisant la 4e de couverture. Je n’ai pas été déçue ! Pour un roman de 500 pages, ce qui est plutôt pas mal pour du policier, il se lit extrêmement bien, tant grâce à la plume fluide, un peu rebelle, de l’auteur, que grâce aux nombreuses péripéties et choses étranges qui se passent dans l’histoire et nous tiennent en haleine.
J’ai adoré l’héroïne, dans laquelle je me suis un peu retrouvée. Je vais vous laisser le plaisir de faire sa connaissance de manière approfondie si jamais vous avez envie de lire le livre, mais elle m’a en même temps touchée, fait rire, et intriguée – on ne connaît sa vie que par petits bouts ; c’est un personnage assez original, et je l’ai trouvée sympathique, et aussi cohérente pour nous faire suivre l’intrigue, et en démêler la plupart des enchevêtrements.
Pas très sociale, elle va devoir malgré elle se confronter aux habitants du village, qu’elle ne connaît pas très bien dans l’ensemble, pour une histoire de serpents dont elle s’occuperait bien seule au départ. Néanmoins, puisqu’un élément humain apparaît de-ci, de-là au gré de ses recherches, elle finit par aller à la rencontre des gens, principalement de vieilles personnes, puisque la réponse à l’intrigue principale est en rapport à des évènements passés. J’ai vraiment beaucoup aimé tous ces portraits de gens, très réalistes, assez drôles ou étranges, de personnes en marge de la société, dans des hospices, ou un peu reclus, ou un peu fous, ou faisant semblant de l’être. Les personnes de la génération de l’héroïne sont elles aussi en majorité hautes en couleurs, et toutes intéressantes, en elles-mêmes, dans leur rapport à l’héroïne, et dans leur rapport à l’intrigue.
Une grande partie de l’atmosphère du livre se veut glauque, dérangeante, et j’ai trouvé ça génial : d’abord les personnages, qui ont presque tous des secrets du genre sordide ; et aussi des caractères particuliers, insolites. Ensuite ce que j’ai envie d’appeler un environnement limité, presque en huis-clos : un petit village anglais classique, on se croirait presque dans du Agatha Christie, ou du Stephen King, ça dépend de quel point de vue on se place (la petite société bien en apparence, mais seulement en apparence ; ou l’atmosphère un peu oppressante). A un moment du livre, tout paraît bizarre, on cherche des explications dans tous les sens, avec l’héroïne qui commence elle aussi à considérer la chose dans son ensemble.
Attention : on est ici face à un roman policier tendance thriller, pas un roman d’épouvante. Certes, les ophiophobes ne vont sans doute pas se sentir toujours très à l’aise à cette lecture, mais le livre ne fait pas peur – ma référence à Stephen King est seulement partielle ! J’évoquerais bien aussi Lovecraft, pour le côté rural profond, la dégénérescence familiale, la proximité de l’eau, les reptiles et la viscosité.
Je conseille ce livre à ceux qui aiment les serpents, les atmosphères tendues, les villages anglais, et les vieux :D.