Le Rivage oublié

De Kim Stanley Robinson. J’ai Lu, 1986. S-F Post-apocalyptique. Bonne lecture. [446 p.]

Titre original : The Wild Shore, 1984, trad. par J.-P. Pugi.

rivageRésumé : « Le vieux Tom parle du temps d’avant le jour funeste, à cause du XXIe siècle, où deux mille explosions nucléaires ont ravagé l’Amérique. Il raconte des souvenirs à peine croyables : l’homme logeait dans des boîtes et marchait sur la lune…
Aujourd’hui, en Californie, il faut se débrouiller. Vivre de chasse, de pêche et de maigres cultures. Eviter les mystérieux gardiens de la côte ? Mais Henry et Steve n’ont pas envie de végéter dans les ruines. Alors, quand des hommes de San Diego viennent leur parler de la résistance américaine, ils sont prêts à les suivre contre l’avis de leurs aînés. Pour libérer leur patrie. Une entreprise presque impossible où ils risqueront leur vie à chaque instant…« 

Si je n’ai pas totalement apprécié ma lecture je ne peux pas non plus vous affirmer que c’est un mauvais livre.

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Metro 2034

De Dmitry Glukhovsky. L’Atalante, 2011. S-F post-apocalyptique. Très bonne lecture. [413 p.]
Titre original : Метро 2034, 2009.
« Suite » de Metro 2033.
metro-2034Résumé : « La Sevastopolskaya, une des stations habitées les plus méridionales du métro moscovite, produit une grande part de l’électricité qui alimente celui-ci. Harcelée par des monstres des tunnels sud, elle ne doit sa survie qu’au courage de ses défenseurs et à l’afflux constant de munitions en provenance de la Hanse. Cependant, la dernière caravane d’approvisionnement n’est jamais revenue de la ligne Circulaire, pas plus que les groupes de reconnaissance envoyés à sa recherche. Ils seront trois à devoir résoudre cette énigme. Hunter, le combattant impitoyable revenu d’entre les morts, rongé de l’intérieur par les ténèbres ; Homère, qui a tout perdu aux premiers instants de la guerre et projette de laisser sa trace dans la nouvelle histoire qui s’ouvre ; et Sacha, jeune fille à peine sortie de l’adolescence qu’ils trouveront sur leur route dans une station où elle a vécu en exil avec son père. »
Après avoir lu Metro 2033 j’avais plutôt envie de continuer sur ma lancée mais finalement, et même si cela reste une bonne lecture, j’ai été un peu moins emballée par cette suite, tout en lui trouvant pourtant plus de force.
Je me suis un peu moins attachée aux personnages même si je reconnais des qualités humaines au trio de base, Hunter y compris. Homère est celui qui m’a paru le plus intéressant car il figure la personne lambda entraîné malgré lui dans des péripéties dont il aurait aussi bien pu se passer – exception faite de son besoin de « créer » en se basant sur des faits qu’il lui faut bien aller chercher ! Je ne m’attendais pas du tout à rencontrer ce type de personnage à la fois rêveur, maussade, pleutre et déterminé, en héros quasi-principal, et ma foi ça fonctionne plutôt bien, il contrebalance les autres caractères plus archétypés.
On retrouve cette idée de menace planant toujours sur certains tunnels ou certaines stations, qu’il faut aller analyser et résoudre – souvent par la destruction dans cet univers toujours aussi sombre et impitoyable, dont les habitants luttent (ou pas…) pour sauvegarder des miettes d’humanité. La trame est donc parallèle, mais différente, de celle de Metro 2033. La notion d’espoir, par exemple, est un peu plus présente dans ce livre, et j’ai trouvé qu’il y avait un peu plus d’action /narration, et moins de passages réflexifs. J’ai eu un peu une sensation de mise en abyme du livre et du projet d’Homère – il cherche un héros de qui raconter les hauts faits, pour en faire une légende, et finalement il se retrouve au cœur des propres aventures qu’il voulait relater, acteur et non pas seulement spectateur. Le récit se cristallise autour du trio tout au long du livre, à la différence d’Artyom dans le premier qui rencontrait beaucoup de gens différents, ce qui rend la structure narrative très différente à cause des relations entre les personnages qui sont plus fortes, plus exploitées.
En parlant d’Artyom, j’aurais bien aimé le suivre à nouveau, surtout après le final assez terrible du livre précédent, mais on voit bien dès le début du livre que cela ne va pas être le cas. Finalement, j’aurais mieux aimé ne pas le suivre du tout car je n’ai pas vu l’intérêt de le replacer ainsi dans l’histoire généraleCameo gratuit ?
Je pense que les deux livres peuvent être lus séparément, car les évènements du premier sont rappelés dans la mesure du besoin, mais Metro 2034 ne constitue pas non plus une suite exacte à Metro 2033. Simplement ce serait sans doute un peu dommage de passer à côté du premier tome, plus fouillé et plus dense.

 

A voir aussi : l’article de Nelcie sur le métro de Moscou, le vrai.

 

Metro 2033

De Dmitry Glukhovsky. L’Atalante, 2010. S-F post-apocalyptique. Très bonne lecture. [631 p.]
Titre original : Метро 2033, 2005.
metro-2033Résumé : « 2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inha­bitable, est désor­mais livrée à des monstruo­sités mutantes. Moscou est une ville aban­don­née. Les survi­vants se sont réfu­giés dans les pro­fon­deurs du métro­politain, où ils ont tant bien que mal orga­nisé des micro­sociétés de la pénurie. Dans ce monde réduit à des stations en déli­quescence reliées par des tunnels où rôdent les dan­gers les plus insolites, le jeune Artyom entre­prend une mission qui pour­rait le conduire à sauver les derniers hommes d’une menace obscure… mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l’attendent.« 
J’ai mis très longtemps à lire ce livre : moins que d’autres que j’ai largement moins appréciés ou sur lesquels j’ai véritablement buté (comme Ubik), mais tout de même plusieurs semaines. La faute à une moindre envie de lire, mais également à la structure, le style et au ton de ce livre en particulier, qui m’ont amené à le poser, le reprendre, le laisser à nouveau « décanter », ou lire d’une traite une centaine de pages ou plus de temps en temps.
[Petit aparté lexical : j’ai vraiment l’impression d’enfoncer un clou avec un marteau ACME de 10 tonnes mais je ne suis encore une fois pas d’accord avec l’étiquette « dystopie » collée sur ce livre par la Wikipédia (j’y cherchais l’orthographe exacte, tout en majuscules ou pas ?) et sans doute d’autres >Une dystopie étymologiquement c’est une contre-utopie, c’est à dire l’inverse d’une utopie ou bien lorganisation volontaire d’un mode de vie d’une société entraînant forcément malfonctionnement humain, détresse, tristesse, non-épanouissement. Ce régime politique, quel qu’il soit, est unique et tout-puissant, et utilise des modes de répression, de censure, d’oppression, etc, etc pour atteindre un but, un idéal précis. Par conséquent, avant l’explosion des prétendues (toutes ne semblent pas exactement correspondre à la définition) dystopies des années 2010, ce terme n’était connu que par quelques amateurs de SF et universitaires, car il ne concernait en fait qu’un petit pan (même si non négligeable) de la littérature science-fictive.

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