La Vierge Noire

De Philippe Mignaval. 2009. Thriller ésotérique. Mauvais.
Note : D’habitude, je mets ce qui me gêne en rouge, mais comme je trouve que c’est une couleur agressive j’ai préféré gardé le vert dans cette critique, pour pas vous faire mal aux yeux. ^^
viergenoireRésumé : « Parmi les reliques que lui confie une parente centenaire, Alban Vertigo découvre une mystérieuse lettre datant de la Révolution et révélant que la fameuse Vierge noire du Puy aurait échappé au bûcher républicain. À peine Alban a-t-il commencé à suivre la piste de la statue que d’atroces crimes rituels se succèdent. Les cadavres sont retrouvés nus, ligotés en position fœtale, les yeux arrachés. Mais que représente cette Vierge noire? Au nom de quoi fait-elle couler tout ce sang? De quel pays, de quel culte, de quel temps est-elle issue? Autour d’Alban et de Gargovitch, le flic de service, gravitent d’étranges personnages: une ex d’Alban devenue médium, une énigmatique dame orange, une séduisante journaliste, la papesse française de l’art roman, un druide illuminé et une secte très spéciale… Certains sont prêts à tout, et même plus, pour s’emparer de la Vierge noire.« 
En lisant le résumé j’ai pensé que ce livre n’était peut-être pas exceptionnel, peut-être bien truffé de stéréotypes et autres défauts mineurs, mais que le thème me plaisait et qu’il allait probablement me faire passer un bon moment de lecture.
Arrivée à la page 60, je suis déjà en mesure de dresser une liste de ce qui ne va PAS. Je veux dire, ce qui a réussi à me sortir de ma torpeur agréable de « je lis un bouquin de fiction et c’est sympa ».

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Venin

De Sharon Bolton. 2010. Thriller. Excellente lecture.
Titre original : Awakening, 2009
veninRésumé : « Clara, vétérinaire dans un petit village anglais, est jeune, brillante, passionnée par son métier… Et pourtant, elle vit comme une recluse. Défigurée dans un terrible accident lorsqu’elle était enfant, elle préfère la compagnie des animaux à celle des hommes. Une existence calme et solitaire bientôt troublée par la visite de la police, venue solliciter son expertise. Un homme vient d’être retrouvé inanimé à son domicile, il porte une trace de morsure de serpent. Le verdict de Clara est sans appel, la dose de venin présente dans son corps est bien supérieure à celle que peut laisser n’importe quel reptile… La peur se répand dans la petite commune et cela ne fait qu’empirer lorsque Clara découvre, bien malgré elle, un lien avec une vieille maison abandonnée, un ancien rituel barbare et une tragédie vieille de cinquante ans dont les rescapés refusent de parler. Il y a des vérités qu’il ne fait pas bon exhumer. Et pour garder le secret, certains sont prêts à tous les sacrifices, même s’ils sont… humains. »
Des histoires de bestioles lâchées dans un paisible village ? Des secrets, des mystères ? Fabuleux, ai-je pensé en lisant la 4e de couverture. Je n’ai pas été déçue ! Pour un roman de 500 pages, ce qui est plutôt pas mal pour du policier, il se lit extrêmement bien, tant grâce à la plume fluide, un peu rebelle, de l’auteur, que grâce aux nombreuses péripéties et choses étranges qui se passent dans l’histoire et nous tiennent en haleine.
J’ai adoré l’héroïne, dans laquelle je me suis un peu retrouvée. Je vais vous laisser le plaisir de faire sa connaissance de manière approfondie si jamais vous avez envie de lire le livre, mais elle m’a en même temps touchée, fait rire, et intriguée – on ne connaît sa vie que par petits bouts ; c’est un personnage assez original, et je l’ai trouvée sympathique, et aussi cohérente pour nous faire suivre l’intrigue, et en démêler la plupart des enchevêtrements.
Pas très sociale, elle va devoir malgré elle se confronter aux habitants du village, qu’elle ne connaît pas très bien dans l’ensemble, pour une histoire de serpents dont elle s’occuperait bien seule au départ. Néanmoins, puisqu’un élément humain apparaît de-ci, de-là au gré de ses recherches, elle finit par aller à la rencontre des gens, principalement de vieilles personnes, puisque la réponse à l’intrigue principale est en rapport à des évènements passés. J’ai vraiment beaucoup aimé tous ces portraits de gens, très réalistes, assez drôles ou étranges, de personnes en marge de la société, dans des hospices, ou un peu reclus, ou un peu fous, ou faisant semblant de l’être. Les personnes de la génération de l’héroïne sont elles aussi en majorité hautes en couleurs, et toutes intéressantes, en elles-mêmes, dans leur rapport à l’héroïne, et dans leur rapport à l’intrigue.
Une grande partie de l’atmosphère du livre se veut glauque, dérangeante, et j’ai trouvé ça génial : d’abord les personnages, qui ont presque tous des secrets du genre sordide ; et aussi des caractères particuliers, insolites. Ensuite ce que j’ai envie d’appeler un environnement limité, presque en huis-clos : un petit village anglais classique, on se croirait presque dans du Agatha Christie, ou du Stephen King, ça dépend de quel point de vue on se place (la petite société bien en apparence, mais seulement en apparence ; ou l’atmosphère un peu oppressante). A un moment du livre, tout paraît bizarre, on cherche des explications dans tous les sens, avec l’héroïne qui commence elle aussi à considérer la chose dans son ensemble.
Attention : on est ici face à un roman policier tendance thriller, pas un roman d’épouvante. Certes, les ophiophobes ne vont sans doute pas se sentir toujours très à l’aise à cette lecture, mais le livre ne fait pas peur – ma référence à Stephen King est seulement partielle ! J’évoquerais bien aussi Lovecraft, pour le côté rural profond, la dégénérescence familiale, la proximité de l’eau, les reptiles et la viscosité.
Je conseille ce livre à ceux qui aiment les serpents, les atmosphères tendues, les villages anglais, et les vieux :D.

Les Cathédrales du vide

De Henri Lœvenbruck. 2009. Thriller ésotérique. Bonne lecture.
A lire avant : Le Rasoir d’Ockham (2008)
cathedralesRésumé : « Sous couvert de protection de l’environnement, une organisation internationale met la main sur plusieurs régions du globe. Leur motif réel ? Un secret enfoui dans le cœur de la terre depuis la nuit des temps. Alerté par une série de disparitions étranges, Ari Mackenzie, pourtant retiré des Renseignements généraux, décide de mener l’enquête. Se pourrait-il qu’il y ait un lien entre les recherches clandestines de cette multinationale et les découvertes de l’alchimiste Nicolas Flamel ? Malgré lui, le commandant Mackenzie est à nouveau confronté à une affaire singulière. La plus dangereuse de sa carrière, sans doute. La dernière, peut-être. »
Le gros bémol technique : Choisir des romans policiers qui forment une saga, en commençant par le final : ma spécialité ! Du coup je me suis spoilée une bonne partie, dont la fin, du Rasoir d’Ockham (que je voulais lire, mince alors ! 😦 ).  A ma décharge et à celles des bibliothécaires, qui se sont plantés en n’achetant pas le premier « tome » car croyant comme moi que c’étaient tous les deux des one shots* : il n’y a strictement rien sur la couverture qui indique une suite !! Flammarion thriller, bravo. En fait, si, on sait que l’auteur reprend un personnage déjà utilisé, à la toute fin du résumé, mais c’est tout.
Autrement j’ai très vite accroché à l’histoire et aux thèmes (à force de lire des trucs sur l’ésotérisme ces derniers mois, il y a des termes qui commencent à me devenir familiers ! C’est assez drôle en soi), même si je dois reconnaitre que ça ne casse pas des briques question originalité. Il s’agit selon moi encore d’un de ces romans ni excellents, ni mauvais, avec suffisamment d’éléments pour plaire, mais non sans failles.
Une de ses forces est le héros et les personnages en général, qui sont relativement fouillés et réalistes. On retrouve bien là certains codes propres au roman policier français contemporain, un peu comme chez Grangé. Psychologies existantes et cohérentes, bouts de vie quotidienne, problèmes amoureux, etc., ce qui donne des personnages qui sont plus que de simples fantoches en quête du méchant.
L’intrigue elle-même a le mérite de mêler codes ésotériques et choses concrètes ou politiques, ce qui en fait un mélange qui ne plaira sans doute pas à tous, mais qui à mon sens est tout à fait acceptable.
Enfin Lœvenbruck a un style dynamique et tout à fait fluide, à défaut d’y avoir trouvé de vrais éléments originaux – hormis les références aux « fumeurs bannis », qui m’a beaucoup fait rire, car ça sent le vécu ! (c’est un gros fumeur, ou au moins était à ma connaissance)
En conclusion c’est loin d’être un coup de cœur mais c’était une lecture très agréable.
*one shot : œuvre en une seule partie. Mot très à la mode en ces temps troublés de séries et sagas au nombre de tomes toujours croissant.

 

Chroniques d’ailleurs :  mapetitebibliotheque

La Prophétie de Venise

De Moka*. 2012. Thriller ésotérique jeunesse. Avis mitigé. Plutôt bonne lecture tout de même.
* Elvire Murail, soeur de Marie-Aude et Lorris – ils sont tous trois des auteurs (jeunesse) ! Les gens de ma génération et d’avant sont probablement au courant 🙂
prophetieveniseRésumé : « 1996 : 12 adolescents sont assassinés à Venise? 2012 : Et si tout recommençait ? Engagé par le richissime Vianney de la Tour Audelange, le détective Maxime Dancourt rouvre le dossier du massacre de Venise. Quand il découvre que 2012 est une année bissextile à 13 lunes, comme 1996, la course contre la montre a déjà commencé… Le ciel serait-il la clé du mystère ? Quel étrange lien relie les crimes au Zodiaque ? Maxime et son fils Lubin vont découvrir que personne n’est innocent. « 
J’ai quelque part été très déçue. Le bouquin en lui-même est super, l’enquête très bien menée, avec multiples rebondissements et intrigues qui se mêlent, le style est toujours aussi bon (Moka est une référence pour moi, et je sais aussi pour plein de professionnels du livre, une vraie référence et pas juste un truc qui « marche »). De plus le couple de héros est original, réaliste, et pas infantilisant, ce qui n’était pas forcément évident à gérer. Les thèmes sont assumés (secte, lavage de cerveau, astrologie et croyances…) et traités de manière assez scientifiques tout le long de l’histoire… Bref, de manière générale, rien à redire.
… Alors non, je ne m’attendais pas à une fin comme ça. Pas vraiment. Le dénouement est bon, heureusement, mais il y a toute une partie descriptive et explicative à laquelle je n’ai pas été préparée à adhérer, et ça, ça m’a vraiment « coupée » dans ma lecture. Mais pourquoi ?? Pourquoi ? Il devrait y avoir tout un cercle de l’Enfer** réservé aux bons écrivains qui plantent leur fin ! 😉 (je suis sûre que même ceux qui aimeront cette fin-ci seront d’accord avec moi :p)
** Note : lire la Divine Comédie, pour le principe.
NB : mauvais point pour les éditions Play Bac : j’ai relevé au moins 5 typos dans le bouquin.

La Croix des Assassins

De Éric Giacometti et Jacques Ravenne. Thriller ésotérique. Bonne lecture, facile à lire, et plutôt intéressante.
croixassassinsRésumé : « Une nouvelle race de tueurs a vu le jour, des initiés qui ne connaissent plus la douleur, ni physique ni morale. Des élites, patrons de multinationales et hommes politiques, qui ont abandonné toute humanité pour s’emparer du pouvoir suprême. Ce sont les membres de la loge Kadosh Kaos. Ce sont des Assassins… Quand la franc-maçonnerie découvre l’existence de cette loge sauvage, le commissaire Antoine Marcas est choisi pour infiltrer ce groupuscule qui ne cesse de s’étendre. Mais ce que Marcas ignore, c’est qu’il va devoir affronter un terrible secret séculaire que se sont disputé, dans le sang et le feu, les Templiers et la secte musulmane des Assassins. Jamais une mission n’aura mené le frère Marcas aussi loin. Car il devra, lui aussi, accepter de suivre la Croix des Assassins… Dans cette nouvelle aventure du commissaire Marcas, Giacometti et Ravenne révèlent une fois encore les liens occultes de l’Histoire et de la franc-maçonnerie – deux univers qui n’ont plus aucun secret pour eux et grâce auxquels ils ont définitivement renouvelé le genre du thriller ésotérique. »
Sous le vernis ésotérique se cache un bon thriller. Loin de refléter le côté théâtral du résumé officiel, le ton est assez léger, et tourne sans hésiter certains clichés en dérision. Le style est vif, l’intrigue organisée et assez prenante ; on entre effectivement (ou ce semble-t-il, je ne suis pas spécialiste) dans l’univers quotidien des francs-maçons, qui sert de cadre à l’histoire, et ses dérives, qui servent d’intrigue. Je n’ai ni très bon point ni très mauvais point à attribuer à cet ouvrage. La fin était bonne, sans plus, je n’ai pas eu ni de grosse surprise ni de réelle déception, mais par contre j’ai trouvé que c’était une bonne lecture d’approche du milieu de la franc-maçonnerie, que je ne connaissais que d’après un exposé scolaire (pas de moi). Les passages historiques m’ont parfois semblé un peu longuets, surtout qu’on ne voit pas tout de suite le lien avec l’intrigue contemporaine, mais ça allait quand même. La fin n’est pas extraordinaire mais j’ai lu bien pire. Les auteurs ont écrit d’autres livres ensemble, j’irais y jeter un œil à l’occasion. Le vrai petit plus du livre, ce sont les annexes à la fin, avec sources et sites* recommandés, et points résolument fictifs (ou disons défendus par une minorité qui se sent plus ésotérique que le reste).
* site non cité dans la biblio : http://www.miviludes.gouv.fr/ (lutte contre les dérives sectaires)