Tess of the D’Urbervilles

De Thomas Hardy. 1891. Roman. Bonne lecture.
Sous-titré : A Pure Woman
Titre français : Tess d’Urberville
tessSummary :  « Tess is Hardy’s most striking and tragic heroine and the character who meant most to him.
In a novel full of poetry and mysteriously luminous settings, he unfolds the story of his beautiful, suffering Tess with peculiar and unforgettable tenderness and intensity. As A. Alvarez comments: ‘the plangent, heartbroken note of the great poems of loss and missed chances … is already present in Tess: in the continually roused, haunting descriptions of the landscape which crystallize intermittently into visionary states of mind, and above all in the power and beauty of the heroine whom he created and then, unwillingly, destroyed.« 
Un classique dont j’entendais parler depuis un moment, mais que je n’ai jamais étudié, ni lu d’extraits. J’ai choisi le livre dans le rayonnage en sachant que c’était centré sur une héroïne de basse extraction qui se trouvait élevée socialement (pas tout à fait juste, en fait), un vieux livre, et probablement pas très drôle*. Voilà pourquoi je l’ai emmené tout seul en week-end en laissant mon Pratchett à moitié fini derrière moi ! Les presque 500 pages y étaient aussi pour quelque chose. Finalement je l’ai lu assez vite, bien plus vite que je m’y attendais.
De façon générale j’avais une assez bonne approche du livre, renforcée par l’introduction de A. Alvarez (inconnu au bataillon…). En la lisant je me suis dévoilée une bonne partie de l’histoire – c’est courant dans les introductions – ce qui m’a permis de mieux entrer dedans et me concentrer sur toutes les facettes du livre au lieu de m’accrocher bêtement au fil narratif en laissant tomber le reste, comme cela m’arrivait très fréquemment dans les lectures scolaires obligatoires.
J’ai plutôt bien aimé le personnage de Tess, même si je ne me suis pas identifié à elle tout au long du livre, et que je l’ai beaucoup plainte ! L’histoire est en effet cristallisée autour de l’héroïne, son identité et ses déboires, et consiste donc en un « véritable » roman, au sens premier, originel du terme. Inutile de dire que je vous déconseille de continuer votre lecture si déjà ce personnage vous agace ou vous est indifférent dès le début de l’histoire. Cette figure féminine, ainsi que les quelques personnages qui gravitent autour (famille, amis, amants) constituent pour ainsi dire la totalité du roman, en parallèle avec les paysages et la vie de la campagne anglaise du temps de Hardy.
Dans l’ensemble je ne me suis identifiée à aucun personnage, ni n’en ai adoré aucun – ils ont tous leurs défauts, leurs petits travers ; de plus l’environnement a un air incontestablement vieillot ; j’y ai plus porté un regard contemporain et sociologique plutôt de de me laisser prendre à son charme, sans y être non plus indifférente. D’où une note « bonne », mais sans plus.
Néanmoins je me sens obligée, à cette lecture, de considérer Hardy comme un grand écrivain, que j’adore ou non ses autres œuvres, s’il me prenait l’envie d’en lire plus. Choix du vocabulaire, du phrasé, utilisation de mots de patois local, agencement des paragraphes descriptifs / psychologiques / explicatifs / narratifs, structure générale de l’histoire : je n’ai rien à y redire. En cela ça a été une lecture plaisir : écouter, sentir la cadence du livre et de ses éléments. Je l’ai trouvé très équilibré, tendu, précis, dans l’ensemble – on se sent sur une corde raide, à l’instar de Tess, et ça c’est juste tout bonnement fabuleux ! Plus que dans l’historiette des personnages – qui est somme toute très cliché, attendue au tournant, et en rien nouvelle en tous cas de notre point de vue de lecteurs du XXIe siècle, je me suis laissé bercer par les mots, l’écriture de Hardy et sa sensibilité. (Sinon la note aurait certainement été plus basse, parce que ce n’est pas vraiment mon style d’histoire !…)
Une romance classique, une héroïne peut-être un peu trop tragique, mais un grand classique d’un auteur talentueux.
* En fait c’est carrément : sortez vos mouchoirs ! :p

 

Chroniques d’ailleurs :  Le Chat du Cheshire
Challenge : les 100 livres à avoir lu

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Les Portes de l’interdit

De F. R. Tallis. 2012. Fantastique. Bonne lecture.
Titre original : The Forbidden
/!\ Contient des scènes et idées choquantes
portesinterditRésumé : « De retour à Paris après un séjour scientifique dans les Caraïbes, Paul Clément, médecin psychiatre à la Salpêtrière, poursuit le travail entrepris par son mentor sur le système nerveux et la réanimation. Mais bientôt, les souvenirs de son initiation aux pratiques vaudoues refont surface. De sombres créatures aux visages de gargouille hantent ses nuits… et lui confèrent un étrange pouvoir. « 
Une des particularités de ce roman est d’être extrêmement proche des contes fantastiques du XIXe siècle, en termes de structure, de personnages, de thèmes et symbolique utilisés.

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La Méthode du crocodile

De Maurizio de Giovanni. 2013. Roman policier. Très moyen.
Titre original : Il Metodo di coccodrillo, 2012.
methodeRésumé : « Le crocodile, le prédateur le plus froid et le plus redoutable, rôde dans les rues de Naples…

Tapi dans l’ombre, à l’affût, il observe, attend, se prépare. Rien n’est laissé au hasard, il repère les lieux, les habitudes, les horaires de ses victimes. Et quand il frappe, il ne manque jamais sa cible. D’autant que rien n’est plus facile que de passer inaperçu dans une ville comme Naples, ou chacun vaque à ses occupations, indifférent à ce qui se passe autour de lui.
Quand à quelques jours d’intervalle, plusieurs jeunes sont retrouvés assassinés d’une balle dans la nuque, la presse se saisit de l’affaire. Le meurtrier, qui sème des mouchoirs en papier imprégnés de larmes sur les scènes de crime, se voit aussitôt affublé du surnom de Crocodile. Comme le prédateur, il semble pleurer en tuant ses victimes…
L’enquête est confiée à l’inspecteur Lojacono, Sicilien déraciné, personnage effacé voire invisible. Dans une Naples fébrile et pluvieuse, deux hommes solitaires vont se livrer bataille. Le flic contre le tueur. Lequel s’imposera ? »
Le gros défaut que j’ai trouvé à ce livre, c’est que j’ai largement préféré le début à la fin.
Dans les premières pages on ne connaît pas encore les personnages, il y a une atmosphère vraiment étrange, on se demande comment ça va tourner… et finalement petit à petit on retombe dans une certaine réalité quotidienne et une résolution d’enquête tout ce qu’il y a de plus banal, ou pas loin. Encore une fois, je cherche le « Thriller » estampillé en gros sur la couverture ! Car des frissons, je n’en ai point eu, ou plutôt les quelques-uns que j’ai ressenti ont fait place à quelque chose de beaucoup plus banal : une certaine misanthropie.
En fait, je dirais que ce roman policier est beaucoup trop proche de ce qu’on voit tous les jours pour ma satisfaction. J’aime quand ça va chercher loin, quand les gens sont ravagés, que les secrets sont honteux et bien planqués – mais ce que j’ai trouvé dans ce polar est la copie conforme des séries policières des grandes chaînes, sans chercher les plus tordues.
De plus, mettre des adolescents en avant était un excellent moyen pour que je ressente moins d’empathie pour les victimes et leur entourage, et donc aussi moins d’intérêt pour l’intrigue. Je ne regrette pas mes années collège-lycée, et la façon dont ce bouquin met les jeunes gens en scène ne m’aide absolument pas à me les remémorer avec tendresse, tant il dépeint une jeunesse délinquante, stupide et égoïste.
Dans les points positifs, je mettrais le personnage du flic, qui bien qu’un peu cliché, est somme toute sympathique, avec ses soucis de famille, sa petite vie et ses amis ; et la fluidité de l’écriture.
En bref, même si je ne peux pas dire que ce roman est mauvais, il est beaucoup trop terre-à-terre pour moi, sans rien qui ne m’ait plu plus que ça. Même le meurtrier et sa méthode m’ont laissée en quelque sorte blasée.
Chroniques d’ailleurs :  La biblio de Gaby

Les Salauds Gentilshommes, T.2

Titre du tome : Des horizons rouge sang. De Scott Lynch. 2008. Roman d’aventures sauce fantasy. COUP DE COEUR.
Titre original : Red Seas under Red Skies
horizonsRésumé : « Locke Lamora, l’ancienne Ronce de Camorr, et son comparse Jean Tannen ont fui leur cité natale. Ils ont embarqué à bord d’un navire et gagné la cité-État de Tal Verrar, où ils prévoient bientôt de réaliser leur forfait le plus spectaculaire : s’attaquer à L’Aiguille du péché, une maison de jeu réservée à l’élite et voler son incommensurable trésor. Il n’existe qu’une façon de s’approprier l’argent de cet établissement: le gagner aux divers jeux qu’il propose à ses clients. Un domaine que Locke et Jean croient connaître sur le bout des doigts. Mais, une fois encore, les deux compères se retrouvent embringués dans des aventures imprévues… et devront se frotter à la flotte pirate de la redoutable capitaine Zamira Drakasha. Une véritable sinécure pour des voleurs qui ne distinguent pas bâbord de tribord ! Et pendant ce temps, les Mages Esclaves fomentent leur revanche contre celui qui les a humiliés et croit avoir échappé à leur châtiment: un certain Locke Lamora. »
AAARGH. Encore 5 tomes pour arriver au bout, et l’auteur ne nous ménage pas ! On a toujours quelques infos au compte-goutte sur la jeunesse des personnages – mais moins que dans le premier ; et on sait aussi qu’il reste quelques années de leur apprentissage dont on ne sait rien, mais qui pourraient être importantes en un sens… (ou pas, et c’est moi qui extrapole).

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Bordemarge

De Emmanuelle Nuncq. 2012. Fantasy / Aventure jeunesse. Bonne lecture, mais quelques ratés vraiment dommages.
bordemargeRésumé : « Un mousquetaire rebelle quitte le château de Bordemarge au galop. Après avoir fomenté un coup d’État, Le duc Silas a lancé ses troupes de pirates sur les traces de Roxane, l’héritière légitime du trône, qui a réussi à s’enfuir. Violette, bibliothécaire déprimée, aurait adoré lire ce genre d aventures rocambolesques. Aussi, le jour où, pour échapper à ses ennemis, Roxane traverse un tableau magique qui donne sur le monde réel et envoie Violette à sa place à Bordemarge, cet échange est l’occasion rêvée pour la bibliothécaire de troquer son quotidien contre des péripéties incroyables. Saura-t-elle déjouer les plans de l’infâme Silas ? Une chose est sûre : à Bordemarge, tout est possible, il suffit de le vouloir ! »
Encore un livre qui ne m’ôtera pas mes réserves sur la sur-médiatisation des jeunes auteurs, premiers romans, et blablabla. Concernant celui-ci je ne me rappelle pas s’il a été tellement encensé ou pas, mais il ira dans ma pile de « ratés » essentiellement pour des questions techniques. Y a-t-il vraiment eu un comité de relecture ? Pour un livre aussi petit, les problèmes sont relativement nombreux dans l’équilibre narratif : changements de style et de ton un peu violents, passages très moyens au milieu de très bonnes idées, et un paragraphe qui a failli me faire arrêter ma lecture, au début, car carrément redondant avec un de ses très (trop) proches congénères, et donc totalement inutile et agaçant !

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Les Salauds Gentilshommes, T.1

Titre du tome : Les Mensonges de Locke Lamora. De Scott Lynch. 2007. Très bonne lecture malgré un début poussif.
Titre original : The Lies of Locke Lamora.

 

 7 tomes sont prévus au total.
lockelamoraRésumé : « On l’appelle la Ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L’autre moitié pense qu’il n’est qu’un mythe. Les deux moitiés n’ont pas tort. En effet, de corpulence modeste et sachant à peine manier l’épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse Ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n’en voient pas le moindre sou. Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes. Mais voilà qu’une mystérieuse menace plane sur l’ancienne cité de Camorr. Une guerre clandestine risque de ravager les bas-fonds. Pris dans un jeu meurtrier, Locke et ses amis verront leur ruse et leur loyauté mises à rude épreuve. Rester en vie serait déjà une victoire… Entre Oliver Twist, Il était une fois en Amérique et Arsène Lupin, les aventures d’un audacieux criminel et de sa bande de fripouilles ! »
Déjà plusieurs fois que j’entends parler de cette série en bons, voire excellents termes. Je dois dire que je ne me fie pas à tout les yeux fermés, car j’ai déjà eu de sacrés cassages de dents sur des livres présumés « originaux, modernes, excellents, un futur classique » – que personnellement je ne peux pas lire, même en me forçant (Catherine Dufour : Blanche-Neige et les Lance-Missiles ; G. R. R. martin : Le Trône de Fer). Finalement j’ai décidé de le « tester », vu que la 4e de couv’ m’a plutôt fait bonne impression, et qu’une de mes bonnes résolutions de cette année est de lire des choses qui ne m’attirent pas forcément au premier passage (mais pas que :p).
Le début était un peu fouillis, avec quelques passages descriptifs bien ratés – c’est là que mon homme a décidé d’abandonner, parce qu’il n’arrivait pas à se représenter le cadre d’une embuscade. Je ne peux pas lui reprocher. Moi qui m’embête moins avec ce genre de détails, ça m’a un peu gênée au passage, mais le livre n’est que peu basé sur les descriptions de l’environnement. Ses points forts sont plutôt les personnages et les dialogues, sur fond d’intrigues. Du coup j’ai simplement occulté le fait que je ne pouvais pas moi non plus dessiner la scène (même mal) et j’ai continué, jusqu’au moment où la lecture est plus ou moins subitement passée de « distrayante » à « intéressante ». Les personnages à ce moment deviennent aussi plus complexes (on en a appris assez sur eux), et la véritable intrigue de ce premier tome s’avance.
La deuxième moitié du livre m’a laissé une très bonne impression. Intrigue bien tournée, aventures et entourloupes en série, méchants pas trop idiots et bien antipathiques, personnages qui ont de la classe et du répondant… Tout ce à quoi je m’attendais d’après le résumé. C’est moins (beaucoup moins) classe que du Pevel concernant le phrasé et le vocabulaire, ainsi que le cadre, mais dans l’ensemble le style est plutôt très bon, en tous cas de ce que j’ai lu en fantasy.
Un bon roman bien tenu. J’attends la suite.
NB : QUOI ? 7 TOMES ? Nan mais faut qu’ils arrêtent, là –‘. J’aimerais bien tomber sur des « one shots », en fantasy. Des bons. A croire que ça devient impossible. Les séries c’est chiant, ça ne me convient pas du tout : il faut qu’ils aient tout à la médiathèque, ou que la parution suive bien, ce qui est rarement le cas, ensuite se battre avec les autres utilisateurs pour avoir les derniers tomes… Beaucoup trop de facteurs qui peuvent faire qu’un jour j’arrête de les lire, si je n’accroche pas un max à l’histoire, aux personnages… et encore faut-il que je me souvienne à peu près de ce qui s’est passé la dernière fois que j’ai eu un tome entre les mains. –‘

 

Critique du tome 2

 

Chroniques d’ailleurs : The Library at Hurtfew, les Lectures de Xapur, La tête dans les livres

Incursion dans le boudoir des vampires de la nuit de l’ombre des ténèbres éternelles*

vampire
* Ou comment tenter de faire la lumière sur un sujet parfois obscur, obscurci, abscons.
  Lorsque j’ai dit que j’avais bien aimé Orgueil et préjugés on m’a fait la réflexion : « Mais… d’habitude tu n’aimes pas les romances ? » – et je trouve que c’est une réflexion très pertinente.
Pourquoi est-ce que cette lecture a été si plaisante, alors que le résumé de Twilight et sa première page (lus après quelques critiques de copines) m’ont fait immédiatement reposer le livre sans aucun regret, que je n’ai lu une paire de Harlequin que pour « être sûre » que le style ne me plaisait pas (mon Dieu qu’est-ce que c’est ch***t !!), et que maintenant forte de mes expériences j’ai tendance à évincer de mes choix de lecture toute romance, ou presque,  clairement définie comme telle ?

Une question d’intolérance

      Au risque de passer pour une élitiste, ce que je suis peut-être tout simplement :p, je dirais que le style m’importe beaucoup, dans certains cas. Je crois que c’est en grande partie pour ça que les sous-genres bit-lit, urban fantasy et autres me rebutent autant. Lire du cucul, du moralisateur, du trop stéréotypé, pourquoi pas, après tout Le Petit Lord Fauntleroy, le Jardin Secret, et d’autres livres du même acabit, dont quelques romances (d’Emily Brontë principalement), font partie de mon patrimoine de lectrice depuis longtemps, et même si ce sont des classiques ce ne sont pas toujours à proprement dit des chefs-d’œuvre ! La grosse, l’énorme différence que je fais entre ces derniers (par exemple) et les tendances romanesques YA actuelles (par exemple aussi, puisqu’on en parle beaucoup), c’est le style, la manière dont c’est amené, même si le fond peut toujours paraître gnangnan (ou l’est carrément).
wuthering heights
      On accuse beaucoup les gens qui ne suivent pas la vague (je me sens visée parfois) de faire preuve d’intolérance. J’évite de sortir « Twilight, c’est de la merde » en face des gens, bien que je n’en pense pas moins. La forme exacte et polie est « je n’aime pas cette histoire, et le style très médiocre ne me permet pas de passer au-dessus de la romance omniprésente et des personnages sans saveur qui je le sais vont me soûler extrêmement rapidement ». Mon sentiment n’est pas tant que les gens qui lisent ça font preuve de manque de culture, ou d’estime de soi. Bien sûr je me sens très éloignée des gens qui ne lisent pas du tout les mêmes genres que moi, comme tout un chacun. « Chacun est libre de lire ce qu’il veut, d’aimer des genres différents ou un seul genre, de détester d’autres genres », ça tout le monde le dit, c’est assez vrai, et ça n’empêche pas les gens de ne pas copiner sans regrets quand ils ont des goûts littéraires opposés, et de prendre un peu de haut les gens qui lisent des trucs plus « faciles » que nous (on aime bien le mot « tolérance », mais je pense qu’il y a ici une certaine réalité sociale ou psychologique – on est toujours assez content de soi quand on lit un truc compliqué, vous ne pensez pas ? Comportement à corriger, certes ;)).
(Je suis partie sur les tendances romanesques dites « fantastiques » actuelles, plus que sur les autres tendances romantiques, tout simplement parce que ni Danielle Steel ni Nora Roberts ni les romans populaires ni leurs lectorats n’ont de ce que je sais déclenché de polémique, de revendication du genre, etc. aussi passionnés – et que j’en suis toujours à réfléchir sur le pourquoi du comment des réactions de part et d’autres des deux « camps »)

Objectivité, diversité

      Non, ce qui me hérisse c’est quand les lecteurs de bit-lit (ou autre, mais encore une fois c’est ce qui est au-devant de la scène littéraire en ce moment) me sortent des inepties qui dénotent de mon point de vue un manque total de regard objectif sur leurs propres lectures : « Stephenie Meyer elle écrit trop bien.«  [t’as pas dû lire grand chose dans ta vie, alors… et sauter toutes les lectures scolaires, qui bien que souvent ennuyeuses de mon point de vue, sont là pour te montrer quels styles il peut exister, les différences de niveau, etc ! Dis simplement que tu aimes son style fluide, ne tente pas de me faire croire que c’est le nouveau Proust -_-] « Dans X il y a de la magie, j’aime X donc j’aime aussi Y. » [sans commentaire, surtout quand les gens me le sortent tout à fait sérieusement – enfin celui-ci est plus drôle que triste] Comparaison (positive, égale) plus que fréquente entre Bram Stoker et les univers vampiriques actuels. [Mis à part les vampires en tant que personnages… je vois pas °_° Vous avez lu Stoker, bien sûr ?… Ah bon, en plus, vous l’avez vraiment lu ???] Je me hérisse autant quand des gens regardent de haut Harry Potter, le considérant comme de la « lecture débile pour les gamins » – ceux-là en général ne connaissent pas plus d’auteurs jeunesse que ceux cités plus haut n’ont lu de fantastique (des siècles passés).
      Dites que vous aimez, n’aimez pas, n’accrochez pas, ou aimez ou pas les univers. Mais arrêtez juste de comparer ce qui n’est pas comparable. Je ne me pique pas de lire du Sir T. Mallory en lisant du Tolkien. Crichton n’est pas C.S. Lewis. S. Meyer n’est pas A. Stoker. La littérature jeunesse n’est pas comparable avec les albums, ni les premières lectures. Morpurgo m’a l’air plus mature que beaucoup de romans édités en « Black Moon », d’après ce que je lis, ce qui n’empêche pas certains de se retrouver plus dans les héroïnes ados que dans les enfants héros des romans de Morpurgo, je le conçois. Les styles diffèrent autant que les thèmes larges ou univers, et peuvent d’autant plus différer lorsqu’ils sont écrits à des époques différentes. Je peux vous trouver 10 livres sur les vampires qui s’adressent à des publics différents, de manière différente. Malgré les subdivisions en genres et sous-genres chaque auteur a sa propre plume (sauf ceux qui n’écrivent ni avec originalité ni avec style, mais c’est assez rare). C’est là toute la diversité, toute l’âme de la littérature. La urban fantasy, c’est la urban fantasy, point barre (pareil pour les autres catégories). Je veux bien croire qu’il y a dedans des auteurs meilleurs que d’autres, des histoires mieux racontées, des séries plus vendues, mais n’allez pas me faire prendre ça pour les « dignes successeurs » (au sens de « compatriotes », « voisins », « collègues », voire « frères et sœurs ») de Shelley, Sheffield, Dunsany ou Le Fanu ! Ce sont deux générations différentes (voire trois…), des styles tout à fait différents, des ambiances différentes… c’est tout aussi ridicule que de comparer certains titres de S-F avec de la fantasy, ou certains auteurs très spéciaux entre eux. D’ailleurs les lectorats ne se croisent pas forcément du tout, au contraire de ce que certaines tendances « geeks, nous sommes tous geeks et aimons ce qui est fantastique«  aimeraient le faire croire :D.
Il est vrai que la publicité des éditeurs les conduit fréquemment à mélanger torchons et serviettes, à comparer par exemple Pullman et Tolkien (vu dernièrement). J’ai lu les deux, et mis à part qu’ils aient vécu tous deux à Oxford et utilisent des éléments merveilleux dans leurs livres, il n’y a juste aucun point commun entre les deux styles, ni leurs univers. Je pense que j’en trouverai d’autres tantôt, c’est vraiment très commun de nos jours (snif, dire que les éditeurs sont censés transmettre la culture… je ne sais pas à quel niveau il y a souci, mais c’est parfois cocasse !).

Les limites de la tolérance – les goûts, la subjectivité – d’où le besoin d’analyse ?

       imitationJ’ai lu un certain nombre de choses débiles mais distrayantes, quasiment à chaque fois sur le ton comique, même si j’éprouve le besoin de lire aussi d’autres choses plus intellectuelles en alternance. Dans la catégorie « lectures difficiles à mettre en avant » j’ai lu Lord of the Ringards (parodie du Seigneur des Anneaux), j’ai bien ri malgré les obscénités et stupidités récurrentes, je l’ai même relu. Cela n’en fait pas le bouquin de l’année, ni un livre que je vais recommander à n’importe qui. Quand des gens me disent : « j’ai pas pu lire le Seigneur des Anneaux, cet auteur est chiant, il fait trop de descriptions », je n’ai rien à répondre. L’argument est juste. Je ne recommande pas non plus Tolkien à tous. A la décharge de l’urban fantasy (et alii), on peut considérer Le Fanu (qui a aussi écrit sur les vampires) comme un vieux type moralisateur qui écrit de manière totalement archaïque et parfois pédante (et si ça ne s’applique pas tout à fait à lui, ça s’applique à Stoker et Dunsany).
      Par conséquent quand je dis « je ne veux pas essayer de lire Twilight parce que je n’aime pas les romances« , et que la lectrice fana en face de moi essaye malgré tout de m’embobiner et m’amener à perdre mon temps à lire ça en me parlant de questions politiques qui seraient aussi présentes dans le livre, etc, [alors que partout  j’entends que oui, la romance est le cœur de l’histoire, et que oui c’est totalement stéréotypé – y compris de copines qui me connaissent, qui ont une  culture littéraire diversifiée, et ont elles lu le livre en entier (et même le tome 2), et me répètent que franchement le style est très simple et l’univers pas plus développé que ça entre les scènes de mamours] —- j’ai vraiment l’impression d’être prise pour une abrutie… Et ce genre de discours a tendance à se répéter.
      Pourquoi ? Les lecteurs de Danielle Steel se cantonnent eux toujours à un : « j’adore les belles histoires d’amour » tout à fait légitime et non opposable. Qu’a donc apporté cette nouvelle vague littéraire « populaire » ? Qui sont vraiment les lecteurs imbus d’eux-mêmes (ou « aveuglés »), intolérants ? (Je sais que la dernière phrase peut paraître désagréable, mais je pense que la question vaut la peine d’être creusée dans les deux sens). Je veux bien tenter d’être conciliante, mais arrêtez aussi de placer ce p**** de piédestal sous vos propres lectures, ou de raconter du n’importe quoi n’importe comment juste pour convaincre tout le monde que si vous aimez quelque chose ça a forcément toutes les qualités possibles et que ceux qui n’aiment pas ne sont que des aveugles face à la si belle prose de vos auteurs préférés…

Vers un début de compréhension

    cn  L’autre jour, aux Imaginales, je suis passée à l’attaque. Ce genre de question/conflit me taraude, me titille, et j’ai abordé le stand du Chat Noir (éditeur spécialisé en bit-lit, urban fantasy et steampunk, je crois), auquel se trouvait entre autres un jeune homme* qui m’a agréablement surpris. J’ai délibérément choisi de montrer mon côté « élitiste » en approchant du stand, ne me suis pas cachée de mon dédain pour le genre en manipulant les livres, toujours à la recherche d’un auteur, un titre qui ne me rebuterait pas autant que les autres (malgré tout mon fiel, je reste quelqu’un d’obstinément curieux ! 🙂 ), et ai attendu impatiemment la réaction adverse (vicieuse ? oui, mais à des fins constructives :D).
*Mathieu Guibé, auteur de son état ! (je l’ai su par la suite)
      Quelques minutes plus tard j’étais engagée dans une conversation – une vraie ! Pas une bataille de « C‘est de la merde » – « Non c’est pas vrai c’est génial« . Moi, expliquant mes réticences sur le genre, tentant de mettre des mots sur ce qui ne me plaît pas, me dérange, n’arrive pas à aimer en aucun cas. Lui, écoutant, écoutant vraiment, concluant que Oui, la romance reste présente dans leurs collections à un sacré pourcentage, et oui, souvent centrale au livre. Et les super héroïnes, les gonzesses qu’ont tellement de qualités qu’elles en sont imbuvables ? Oui, assez vrai aussi, cependant pas entièrement. Quelques titres n’en font pas partie – Mais ceux-là non plus ne me plaisent pas, ne m’attirent pas, trop simplistes peut-être ? A moins que je me trompe, après tout je n’en ai quasiment pas lu, juste quelques pages ici et là, et les résumés, plein de résumés, qui toujours, avec les échantillons de texte, me rebutent… « Ah, mais oui, ça reste du divertissement. C’est un des points forts du genre : style simple, histoires simples aussi, ou mises à la portée de tous. Pareil pour les personnages, un minimum diversifiés mais parfois aussi assez semblables d’un livre sur l’autre. Pour divertir les lecteurs, avant tout, pas les faire réfléchir ou quoi que ce soit.*
>>> Illumination, quelque part. Le roman populaire est assez fameux pour son rôle de divertissement. Ce genre m’agace aussi prodigieusement. CQFD ? Je n’aime pas les livres intrinsèquement divertissants ? à confirmer.
 * Je reporte cette conversation d’après mes souvenirs, ce que j’en ai retenu qui a alimenté ma réflexion. Cela n’est en aucun cas imputable aux éditions du CN elles-mêmes, leur discours officiel ou commercial, etc.

Conclusion

         J’aimerais que plus de gens sachent faire la différence entre « aimer » et « apprécier à sa juste valeur »**.
      Je ne parle pas d’assumer ses lectures ou pas, ou de classer les lectures en « vaut le coup » et « ne vaut rien », ce qui reste imputable à chacun et rarement justifiable. Il s’agit plutôt d’être capable de parler d’un livre non pas en termes de ventes, de public visé ou de thèmes, mais en termes de contenu effectif : style simple, fluide, ou plus recherché, voire difficile ; histoire simpliste, moyenne ou très élaborée ; mise en œuvre de stylistique, d’originalité dans la conception du texte, des évènements, de l’intrigue ; reprise ou pas d’un thème, avec plus ou moins de brio, etc. Je pense très sincèrement qu’une grosse partie de ce genre de conflits ou de tensions résulte de l’ignorance ou de maladresses. J’espère avoir l’occasion de mener plus de conversations constructives comme celle présentée ci-dessus, même si je doute jamais adorer les sous-genres abordés ici, mais l’un n’empêche pas l’autre.
** Je me rends compte que tout ça peut être considéré comme un problème de fond qui dépasse largement le domaine des livres, même si je ne me lancerais pas plus loin. Education, personnalité, curiosité, entourage et conseil aussi… sans parler de la culture littéraire au sens le plus large. Beaucoup de facteurs qui me semblent pouvoir faire partie de l’équation.

Pride and Prejudice

De Jane Austen. Penguin, 1994 (1e ed. 1813). « Grand classique », roman socio-romantique. Une très bonne surprise ! [298 p.]
Titre fr : Orgueil et préjugés
prideandprejudiceRésumé : « Pour les Anglaises du [tout début du] XIXe siècle, hors du mariage, point de salut ! Romanesques en diable, les démêlés de la caustique Elizabeth Bennett et du vaniteux Mr Darcy n’ont pas pris une ride ! Mais il faut parfois savoir renoncer à son orgueil. Et accepter la tombée des masques pour voir clair dans la nuit. Un classique universel, drôle et émouvant. »
En gros la famille Bennet, de ce qui me semble être de la petite bourgeoisie si cette appellation est acceptable, a 5 filles à marier : Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et Lydia. Un nouveau voisin plutôt jeune venant d’arriver, c’est la course entre les parents du voisinage, qui ont presque tous des prétentions équivalentes. Arrivent par là-dessus d’autres personnages, tous liés de manière différente les uns aux autres : Mr Darcy bien sûr, mais aussi bien d’autres qui vont tous graviter autour de la famille Bennet, être analysés par Elizabeth, et souvent aussi confrontés à la jeune fille, à qui les affrontements ne font pas peur bien que ce ne soit pas bien vu par tout le monde…
      Cela faisait un bail que je me tâtais à me lancer là-dedans, et bien plus longtemps encore que j’avais entendu parler de ce livre, et aussi de son auteur. Entre les grands classiques et moi ça a toujours été plus une histoire d’indifférence voire d’ennui que de grand amour, mis à part de très rares exceptions. Cependant depuis quelques années, j’ai entendu parler à plusieurs reprises de cet ouvrage comme d’une lecture plaisir, comme d’une romance qui était en fait plus qu’une romance, et aussi de son auteur comme étant très en avance sur son temps, et aussi bien moins ennuyeuse que les résumés hâtivement lus peuvent le faire paraître – j’ai d’ailleurs été particulièrement surprise de voir des gens qui, comme moi, ne lisent pas de romances d’habitude, lire et même relire Jane Austen. Je n’ai jamais vu aucune des adaptations cinéma, je me suis donc lancée dans ma lecture sans d’autres idées reçues que celles énoncées ci-dessus.
     Arrivée au bout de 2 pages je savais déjà que c’était une découverte très intéressante et intriguante, même si je ne pouvais pas encore savoir si tout allait me plaire ou non. L’introduction de la famille Bennet, surtout les deux parents qui sont à mon sens les deux personnages les plus comiques du roman, s’effectue de manière directe, piquante, décapante – pas vraiment ce à quoi je m’attendais d’un livre aussi vieux. J’ai aussi assez vite vu que l’anglais de Mlle Austen allait requérir de ma part plus de concentration que d’habitude – vocabulaire très formel et archaïque, tournures de phrases également inhabituelles – et phrases parfois très longues en plus ! J’ai fini par m’y faire au fil des pages, même si je suis sûre que quelques phrases ici et là m’ont partiellement échappées !!
      On m’a fait la réflexion : « Mais d’habitude tu n’aimes pas les romances ? » – et je trouve que c’est une réflexion très pertinente. J’ai tenté de répondre à cette question puis me suis si bien laissée entraîner que j’ai fini par écrire bien trop de lignes et trop peu en lien direct avec cet ouvrage, que j’ai rassemblées dans un article à part. Pourquoi ai-je aimé Pride and Prejudice ? D’abord comme je l’ai dit ci-dessus pour le style caustique de l’auteur ; et aussi pour les thèmes sociaux et relationnels abordés. On tourbillonne non seulement autour d’Elizabeth mais également autour des autres membres de sa famille, et pour Austen c’est une occasion formidable de nous montrer ce qui est ridicule, ce qui ne va pas, toutes les petites affaires un peu cliché de la bourgeoisie de l’époque, si drôles à commenter (parfois via Elizabeth, parfois venant directement de l’auteur) : les jalousies, les envies, les mariages arrangés, ce qui doit ou ne doit pas se faire, les aspirations des gens à se hisser dans l’échelle sociale, à bien se faire voir, etc. J’ai aussi beaucoup aimé la fratrie Bennet, c’est vraiment une famille de fous ! Un certain nombre de personnages sont franchement comiques, parfois un peu exaspérants voire carrément détestables, mais quasiment toujours hauts en couleur, et plutôt bien développés. Quelques-uns sont un peu moins originaux, mais leur psychologie à tous est je trouve plutôt bien tournée, et tout à fait convaincante.
      Les romances sont de mon point de vue exposées et racontées de manière assez rationnelle, on est vraiment dans le romanesque du XIXe, tout en finesse et subtilité, même si le ton reste lyrique ici et là (à la grande joie de Mlle Austen qui se moque d’un peu tous ses personnages jusqu’au bout ! 🙂 ). De plus, les deux principaux protagonistes (constituant de la principale romance), Elizabeth et Darcy, sont tous les deux des personnes très rationnelles, avec leur caractère et leurs défauts, et loin d’êtres stupides , ce qui m’a permis de m’attacher plus facilement à eux  – la fin du roman, bien qu’attendue, se termine sur un ton auquel je ne m’attendais pas ! Du coup au contraire d’autres romances ça ne m’a pas énervée ni gênée dans ma lecture ; on voit les deux personnages avancer pas à pas l’un vers l’autre au gré d’une lente évolution, et à côté se déroule plein d’évènements dans lesquels ils sont pris, qui ont des incidences sur eux, ou pas – en fait les intrigues sont bien entremêlées, forment un ensemble cohérent dans lequel ils ont tous les deux leur place respective, en tant qu’acteurs et spectateurs.
J’ai eu plaisir à lire les nombreux dialogues, dans l’ensemble assez subtils et très bien formulés, à travers lesquels se déroule la plus grande partie de l’intrigue – souvent le style est très poétique, très esthétique ; j’ai trouvé assez peu de descriptions dans l’ensemble, Austen se tournant seulement par moments vers la narration afin de nous montrer un tableau d’ensemble, ou de faire avancer l’histoire de quelques jours ou semaines…
Enfin bref, un roman qui m’a paru classico-classique au premier abord, mais qui n’en est pas moins aussi très drôle, parfois complètement loufoque, et franchement pas aussi ennuyeux que je l’avais craint, même si je ne le recommanderais pas à tous, au vu des thèmes abordés et du style vieillot et parfois un peu moralisateur.

 

Chroniques d’ailleurs :  Bazar de la Littérature, Le Chat du Cheshire, Des livres, des livres !, Books and cups of tea, Chasing Books

 

Challenge : les 100 livres à avoir lu

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Les Normales saisonnières

De Pierre Pelot. 2007. Littérature contemporaine >>> ******Ratage******. Bonne lecture, d’un point de vue supra-objectif.
normalesRésumé : « C’est vrai qu’il se passe quelquefois des choses insensées et qu’on ne comprend pas. Des choses en dehors des rails, a coté de la normale, au-dessus, en dessous… De la neige en juillet, ça c’est vu. Des presque canicules en janvier. Comme un grand bordel dans les normales saisonnières.
       Pont-Croix, petite ville bretonne des environs de Douarnenez. Datier y est venu hors saison se promener le long de la côte, plus particulièrement entre la Pointe du Van et celle du Raz. Un homme paisible, en apparence. Mais avec une arme au fond de son sac, il risque de mettre le feu aux poudres.
       Itinéraire énigmatique d’un chasseur ? Tempête sous un crâne ? Expert en scénarios implacables, Pierre Pelot aime à brouiller les pistes. Dans un climat de vrai faux roman criminel, il dose le suspense et défie le rationnel. Ses Normales saisonnières repoussent les limites de l’écriture pour sonder l’inconscient au plus près.« 
      Avant toute chose, je ne remercie pas la personne qui est à l’origine du catalogage de ce livre en « policier/thriller » :p. J’avais lu un livre de Pelot en S-F, j’avais beaucoup aimé à la fois son style et son histoire (un remake de l’Ile au trésor – me rappelle plus du titre), je savais aussi qu’il s’était essayé à des genres multiples, donc je ne me suis pas étonnée de voir son nom dans un autre rayon. De plus, la 4e de couverture a continué à m’induire en erreur, avec son « climat de vrai faux roman criminel »…

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Merde Actually

De Stephen Clarke. 2006. Roman contemporain humoristique. Lu en anglais. Pas mal.
     Titre Fr : God save les Françaises (je sais rien à voir, mais tout aussi approprié)
     Titre US : In the Merde for Love.
Deuxième opus de la série après A Year in the Merde, qui était emprunté à la BAN le jour où j’y suis passée.
merdeactuallySum up : « A year after arriving in France, Englishman Paul West is still struggling with some fundamental questions:
What is the best way to scare a gendarme? Why are there no health warnings on French nudist beaches? And is it really polite to sleep with your boss’s mistress?
Paul opens his English tea room, and mutates (temporarily) into a Parisian waiter; samples the pleasures of typically French hotel-room afternoons; and, on a return visit to the UK, sees the full horror of a British office party through Parisian eyes.
Meanwhile, he continues his search for the perfect French mademoiselle. But will Paul find l’amour éternel, or will it all end in merde? »
Résumé : « Paul West a trouvé la Française de ses rêves. Elle n’a qu’un défaut : ses parents. Et même s’il jure ses grands dieux que l’empoisonnement de sa belle-mère n’était pas prémédité, sa fiancée, depuis, ne le regarde plus tout à fait du même œil… Sinon, entre deux siestes crapuleuses, Paul West n’a pas renoncé à ouvrir son salon de thé typiquement british. Mais il prend du retard car il se débat parallèlement avec quelques questions existentielles : les bureaucrates français sont-ils tous pervers? y a-t-il une manière de cuisiner les courgettes qui les rendrait comestibles ? comment une Française peut-elle décemment préférer un french lover à un sujet de Sa Majesté? »
NB : tiens c’est marrant avec les deux résumés (VO et FR), on a à peu près toutes les « séquences » d’action.
Première chose à savoir, ce n’est pas du tout le type de livre que je lis d’habitude. L’humour, parfois ; le roman contemporain, non. Il y a eu tout un moment pas spécialement drôlesque (à moins de trouver les histoires de cul drôles en soi), où je me suis rappelée pourquoi je ne lisais pas de romans modernes : je trouve ça chiant. Mais bon, les pages sont quand même vite passées, et finalement j’ai rattrapé avec bonheur la critique franco-anglaise.

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