Blade Runner

De Philip K. Dick. J’ai Lu, 2007. Science-Fiction. Excellente lecture. [251 p.]

Titre original : Do Androids Dream of Electric Sheep ?, 1968 ; trad. par Serge Quadruppani

Paru précédemment en français sous les titres Robots blues et Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

bladerunnerRésumé : « Les androïdes Nexus 6 ne sont pas de simples robots. Leur intelligence est bien supérieure à celle de certains humains. Et parce qu’ils ne supportaient plus l’âpreté de la vie sur Mars, huit d’entre-eux ont assassiné leurs gardiens avant de s’enfuir sur la Terre. La brigade spéciale des Blade Runners a mis Rick Deckard, son meilleur chasseur d’androïdes, sur l’affaire. Les renégats seront difficiles à coincer, même avec le test standard… Mais la paie proposée devrait lui permettre de concrétiser son rêve : remplacer son simulacre électrique de mouton par un vrai ! Cependant, quand surgit face à lui la belle Rachel, toutes ses certitudes sont remises en cause…« 

Poussée par l’arrivée d’une nouvelle adaptation de ce monument de la SF (après un article sur Asimov j’ai l’impression de me répéter !) sur grand écran, j’ai sorti de ma PàL ce petit opus récemment arrivé (cette année !) pour me plonger une fois de plus dans les univers frisant parfois l’absurde, sans toutefois jamais paraître si délirants, de Sieur K. Dick.

Lire la suite

Publicités

Projet oXatan

De Fabrice Colin. Flammarion, 2008. Conte science-fictif jeunesse. Très bonne lecture. [180 p.]
Première édition : Mango, 2002
projetoxatanRésumé : « Sur la planète Mars, en 2541. Quatre adolescents vivent dans un Éden mystérieux, mi-paradis mi-prison, avec pour seule compagnie une étrange gouvernante. Ils mènent une existence sans heurt jusqu’au jour où ils décident de quitter ce cocon pour explorer le monde. Sur leur chemin : un lac noir, une pyramide maya, des ogres, mais aussi un agent du Comité d’Éthique Mondial et un savant fou (…). Pour les quatre héros, l’aventure se transforme peu à peu en parcours initiatique et en quête des origines. De cette épreuve, ils ne sortiront pas indemnes…   Entre fantastique et science-fiction, ce roman fascinant, récompensé par de nombreux prix, s’interroge sur le progrès scientifique et redessine les contours de l’humain.« 
Tiens c’est marrant je n’avais pas spécialement relevé LE dévoilement de l’intrigue dans la 4e de couverture avant de lire le livre. Tant mieux pour moi ! Je vous ai coupé ce bout. 😉
J’ai trouvé cet ouvrage de Fabrice Colin, auteur qui ne m’a en gros jamais déçue (et jamais terriblement) dans une bourse aux livres, planqué au pied d’un palmier décoratif (eh c’était au centre commercial du coin !). Auteur aimé + jolie couverture + histoire de SF jeunesse = hop dans le sac sans hésiter. J’ai été un peu (agréablement, je vous rassure) surprise de voir qu’il était estampillé « classique » dans une collection visiblement scolaire, mais ça c’est parce que je me renseigne plus sur les antécédents de certains auteurs que d’autres – je n’avais aucune idée que ce livre avait eu un prix Collège plusieurs prix jeunesse. Autant vous dire tout de suite qu’après lecture je les trouve tout à fait mérités !

Lire la suite

Pluto [Série]

De Naoki Urasawa et Osamu Tezuka. 2010. Science-fiction/enquête. Excellente lecture.
La série comporte 8 volumes de format classique manga.
pluto1pluto 2pluto3
Résumé : « Les robots les plus sophistiqués du monde sont détruits les uns après les autres. Sur leur tête, à chaque fois, des cornes. Deux crimes perpétrés au même moment, et le même rituel étrange… Des cornes ! mais que signifient-elles dans cette affaire de crimes en série ?! Le meurtrier est-il un homme ou un robot ?« 
Dès les premières pages je reconnais très fortement la griffe de Naoki Urasawa, non sans un frisson car je connais cet auteur par le manga Monster, qui est… plutôt flippant.
J’apprécie aussi son sens du détail, ce rythme lent et posé qui s’installe très vite, qui va bien avec le thème du livre, la manière dont on nous amène les choses (après tout science-fiction ou pas c’est une enquête).
C’est une histoire de robots. C’est une histoire d’humanité. C’est l’histoire d’un inspecteur qui enquête sur des meurtres en série. Autant de fils conducteurs qui s’entremêlent déjà dans les tous premiers tomes, happant le lecteur dans une mécanique implacable.
On est ici dans de la pure science-fiction, celle qui ne fait pas que décrire un futur plus ou moins improbable mais qui questionne, qui dérange, qui prend aux tripes, qui trouve son sens. Qu’est-ce qu’être humain ? Où commence l’humanité ? Dans ce futur, les gouvernements ont donné des droits aux robots, mais quels droits exactement, et en quoi les robots sont-ils autant, plus ou moins libres que les êtres humains qu’ils côtoient ?

pluto_int

Je me pose beaucoup de questions sur la possible tournure des évènements, qui semble n’avoir rien de prévisible pour l’instant. De nouveaux personnages et situations n’ont pas encore fini de nous être présentés, je le sens – mais dans quel but ?
J’aime beaucoup les personnages pour l’instant, même si on n’a pas forcément beaucoup de détails sur eux tous. Ils ont un côté réel, quotidien qui je trouve donne du corps au récit et à l’univers. J’attends de lire les prochains tomes avec impatience.
Dans les tomes suivants l’histoire avance, l’enquête se résout partiellement, pour le lecteur, qui voit également apparaître de nouvelles sources de questionnement. J’aime toujours autant Uran et son « don », ça me fait sourire à chaque fois, je trouve ça trop mignon ! 🙂
J’aime l’idée du nom de « Pluto » – Pluto le dieu des morts et du monde souterrain peu vivant, peu dynamique, dans la mythologie grecque où on le connait mieux sous le nom d’Hadès. Pluto le taciturne, l’asocial, celui qui s’est retiré du monde parce qu’en fait il aime assez sa solitude. Pluto qui est aussi régulièrement montré comme un dieu terrible, vengeur, voire machiavélique…
Je prends également toujours autant plaisir à repérer les allusions aux œuvres de Tezuka, même si je dois en rater plein car je n’ai pas tout lu non plus, autant qu’à Monster.
La fin est je trouve assez typique de Tezuka, je n’ai pas eu de grosse surprise, mais ça m’a tout de même plu.
Ce manga est assez court mais terriblement efficace en termes de contenu et de narration !

 

Chroniques d’ailleurs :  P’tite TrolleLynnae, Livresse des Mots

La Proie

De Michael Crichton. 2004. Thriller* scientifique/S-F d’anticipation. Excellente lecture.
Titre original : Prey.
laproieRésumé : « Personnalité des milieux high-tech de Silicon Valley, Julia dirige Xymos, une jeune société qui fabrique des nanoparticules, ces robots infiniment petits destinés à la recherche militaire. Depuis quelque temps, son comportement est étrange. Elle s’absente de plus en plus souvent, se cache pour téléphoner, se désintéresse de son bébé malade, prononce des phrases incohérentes… Jack, son mari, veut comprendre. Chercheur en informatique, il parvient à se faire embaucher par Xymos pour une mission de consultant. C’est là, dans un curieux complexe technologique au cœur du Nevada, qu’il va découvrir jusqu’où peut aller le génie et la folie des scientifiques. Seul, il devra affronter un prédateur que nul n’avait jusque-là imaginé.
Un prédateur petit, mais qui menace la planète. »
    De tous les Crichton que j’ai lus je pense que c’est celui qui se rapproche le plus du Parc Jurassique (ou Jurassic Park [deux titres français]), autant du point de vue de la tension et de la montée du suspense, que du déroulement du scénario. On (le lecteur) a toujours beaucoup de données, d’une part des informations très scientifiques, qu’ici j’ai eu un peu plus de mal à suivre parce que n’y connaissant vraiment rien en programmation, ni intelligence artificielle, ni nanotechnologies – néanmoins les détails que je n’ai pas bien suivis ne m’ont pas vraiment gênée dans ma lecture – d’autre part beaucoup d’informations narratives, qui amènent souvent le lecteur à comprendre ce qu’il se passe ou ce qu’il va se passer, au moins en partie, bien avant les personnages. Ce trait est assez typique de Crichton, l’intérêt de lire cet auteur réside surtout dans sa maîtrise du suspense et ses scénarios « en cascade », les évènements se précipitant dans une chaîne qui mène droit à une catastrophe, différente de forme et d’échelle selon ses romans.
En cherchant le résumé de la 4e de l’édition que j’ai lue (que je copie-colle à chaque fois, la flemme de tout taper ! :p), je lis que c’est le premier roman de Crichton écrit à la première personne. C’est probablement vrai, mais de mon point de vue la plupart de ses romans sont suffisamment centrés sur un seul personnage, au point de vue interne non omniscient, pour être assez immersifs sans recourir au « je ». En fait, ça ne m’a pas du tout frappée.
Les intermèdes « père au foyer » m’ont assez plu, mais encore une fois les gens qui s’extasient devant ce trait devraient (re)lire au moins Jurassic Park et Le Monde perdu (Crichton, pas Conan Doyle), et si je me souviens bien aussi Variété Andromède. Les personnages très humains chez Crichton sont justement là, je pense, pour mieux nous faire prendre conscience des dangers éventuels des dérives scientifiques, tout comme les personnages très froids, calculateurs qui se font détruire de manière horrible par leurs créations semblent être des sortes de modèles « voilà ce qui vous attend ET vous l’avez bien mérité ».
Cf aussi Invisible, de Fabrice Colin, sur les nanotechnologies.
* à la différence de « La stèle maudite », qui arborait fièrement un « THRILLER » sur sa couverture, sans vraiment de justification, « La Proie » mentionne sobrement « roman », alors qu’il peut être classé en « thriller ». Ne surtout pas chercher à comprendre. (blague à part je pense qu’on a besoin des éditeurs)

Invisible

De Fabrice Colin. 2009. Science-fiction (anticipation) jeunesse. Je n’ai pas encore lu grand-chose (en S-F) sur les nanotechnologies, et ce livre m’a plutôt bien plu.
invisibleRésumé :  » Rio de Janeiro, horizon 2020. Tiago a quinze ans ; il vit dans les bidonvilles misérables qui surplombent la ville. Au cours d’une attaque de fourgon blindé commanditée par son gang, lui et son ami Douglas entrent en possession d’un tube mystérieux appartenant à l’armée. Ce qu’ils ignorent — comment le sauraient-ils ? — , c’est que cette éprouvette contient des milliards de nanorobots : des machines infiniment petites, capables de se multiplier, de s’infiltrer dans n’importe quel organisme et de le transformer à leur guise. A l’instant où le tube se casse, il est déjà trop tard : comment se défendre contre une menace invisible ? »
Par quoi commencer ? Jeunesse, oui, mais du genre qui peut plaire à tous. Sujet pas vraiment enfantin, personnages ados / adultes, ton sérieux, style sobre. Fabrice Colin* a une écriture très agréable, vive mais organisée, structurée, et sait varier ses sujets avec – de ce que j’ai lu – toujours une bonne maîtrise de sa plume.
Sur le même sujet, cf. La proie, de Michael Crichton.
* Du même auteur, j’ai beaucoup aimé Le Maître des Dragons / La malédiction d’Old Haven (dyptique historico-fantasy cette fois-ci 😉 ), et également Bal de Givre à New York (même genre que les deux autres), et aussi les Etranges Soeurs Wilcox (franchement jubilatoire ! J’attends la suite, n’ai pas tout lu 😦 C’est avec des vampires, mais en drôle, et avec Sherlock Holmes en personnage 🙂 ) – eh bien je vois que j’ai encore de la réserve sur cet auteur, il a déjà une longue biblio 🙂 Pour le moment, il ne m’a pas déçu.
Et là en cherchant sa bio j’apprends qu’il a commencé dans les jeux de rôle, entres (beaucoup d’)autres. Décidément le domaine brasse pas mal de monde…

La Science-fiction (Que sais-je ?)

Par Jacques Baudou. 2003. Essai / livre-outil. Très bonne lecture.
SFCe livre est tout à fait ce que j’attends d’un Que sais-je ? : concis, clair (facile à lire), synthétique. Cette synthèse sur la S-F se propose surtout de définir le genre, par ses composants et thèmes associés, ses sous-genres, et aussi par anti-définition (ce que n’est pas la S-F) ; elle donne aussi beaucoup de titres et noms d’auteurs associés au genre, des origines aux années 2000 (livre publié en 2003).
Une lecture agréable et utile, qui m’a donné envie d’ajouter de la S-F à ma PàL prochainement 🙂
Bémols : c’est un Que sais-je ?, et en 91 pages on ne saurait être exhaustif. De mon point de vue il y a beaucoup de références, mais certaines personnes plus calées que moi font peut-être être frustrées de ne pas y voir figurer tous leurs auteurs favoris. De plus, l’étude elle-même est centrée sur la S-F aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France, et seulement vaguement (petits paragraphes) sur le reste de l’Europe.