L’Homme bicentenaire

De Isaac Asimov. Denoël, 1978. Nouvelles de SF. Très bonne lecture. [284 p.]

Collection : Présence du futur

Titre original : The Bicentennial Man and other stories, 1976 ; trad. de l’américain par Marie Renault

lhomme-bicentenaireRésumé : « Qu’Isaac Asimov soit lui-même bicentenaire, comme Andrew le robot, héros de la nouvelle qui donne son titre à ce recueil, c’est ce que l’énormité de sa production pourrait laisser à penser. Il s’en défend dans un poème, La Fleur de la jeunesse, où l’on découvrira aussi que M. Asimov est un individu et non un trust. Qu’il ait l’âge de ses artères, et que dans celles-ci le sang circule avec autant de fluidité que les impulsions électriques dans les circuits de son ordinateur Multivac, c’est ce que prouvent ces onze nouvelles, datant toutes des dix dernières années. Une invention inépuisable servie par un métier de vieux routier dont l’humour et les pirouettes ne cesseront jamais d’étonner.« 

J’ai lu ce livre en fin d’été dernier, j’avoue que je ne me souviens plus bien de toutes les nouvelles et que je suis bien contente d’avoir pris des notes à un moment où j’avais plus envie – besoin – de lire que d’écrire ! Cependant en relisant mes griffonnages je me rappelle de mon appréciation générale agréable du livre et de mon envie de lire plus d’Asimov à l’occasion, que ce soit pour ses idées originales, son talent de conteur (car s’il n’a pas un style littéraire incroyable je lui trouve une efficacité narrative assez terrible), et son indéfectible humour qui borde parfois un aussi profond sérieux ou des réflexions qui n’ont rien d’anodin.

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A la poursuite des Humutes

De Carina Rozenfeld. Syros, 2010. Nouvelle, S-F jeunesse. Très bonne lecture. [38 p.]
humutesRésumé : « Depuis des années, les médias diffusent les images d’une guerre sans merci entre les humains et les Humutes, ces mutants qui, vers l’âge de dix ans, développent des superpouvoirs, et que l’on reconnaît à la bosse qui orne leur nuque. Ce soir-là, à table, Tommy a du mal à regarder ses parents en face… car il sent depuis quelque temps une légère excroissance à l’arrière de son cou…« 
Je connaissais Carina Rozenfeld entre autres par les Imaginales, mais je n’avais pas encore franchi le pas de lire un de ses livres, parce que ceux que j’ai pu voir ou manipuler ne m’en ont pas donné suffisamment envie, ni les critiques que j’ai pu en lire derrière ; je pense notamment à la Symphonie des Abysses ou Phaenix – qui sont apparemment des livres très différents de celui-ci !
Ce petit livre – encore un de la bibliothèque de Lynnae – m’a tout de suite attiré, sous forme d’objet, par son packaging « SF jeunesse » assez classique mais néanmoins toujours efficace à mes yeux : couleurs gris-bleutées, dessin et mise en page clairs et nets, titre de collection sympatoche (« Soon – Des histoires de futurs »). Je n’ai pas eu que d’excellentes surprises avec la science-fiction jeunesse, mais extrêmement peu de mauvaises ; du coup c’est un genre qui me met en confiance peu importe l’auteur (sauf peut-être Christophe Lambert que j’ai catégorisé dans le « très spécial » – au point de me demander au début si ce n’était pas son célèbre homonyme avec qui j’ai également du mal).

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Les Cornes d’Ivoire, T.2 : Septentrion

De Lorris Murail (frère de Marie-Aude et d’Elvire). 2012. Uchronie jeunesse. Bonne lecture.
cornesdivoire2Résumé : « A seize ans, Mari, esclave blanche née sous le soleil de l’Afirik, part à la découverte du Septentrion, le continent qui a vu naître les siens. Menée par l’ingénieur Penda et le capitaine Diaker, l’expédition s’aventure dans les terres sauvages du Nord. Très vite, le rêve des explorateurs s’effondre : dévasté par la Peste, pillé par les colons afirikains, le pays franche est loin de ce que Mari avait imaginé… Et l’hiver approche…« 
Un peu déçue de ce tome 2 (attention, il y a au moins un tome 3 derrière, donc ça « rattrapera » peut-être), sans la découverte du monde comme dans le tome 1, forcément, et avec je trouve beaucoup plus de temps creux, où il ne se passe vraiment pas grand’chose, ni aventures, ni évolution des personnages. De plus, l’héroïne prend un certain nombre de décisions un peu égoïstes voire carrément irrespectueuses, et je m’y suis largement moins attachée que dans le premier tome, quand elle était une enfant plus qu’une ado – je sais que j’avais alors dit que j’aimais l’humanité des personnages, mais là je sais pas pourquoi ce n’est pas aussi bien passé. J’apprécie par contre toujours autant les personnages secondaires et la richesse de l’univers, le nôtre mais étrangement déformé sous la plume de Lorris Murail. J’ai beaucoup aimé trouver des noms de peuples comme les Franches, les Angles, les Portugues, les Itales… et tout plein d’allusions à notre propre histoire.
Une bonne lecture dans l’ensemble, même si je l’ai moins aimé que le premier tome, que j’avais trouvé vraiment excellent !
Le tome 3, Mauretania, est annoncé pour 2013.

Les Cornes d’Ivoire, T.1 : Afirik

De Lorris Murail (frère de Marie-Aude et d’Elvire). 2011. Uchronie, « historique » jeunesse. Très bonne lecture, presque un coup de cœur.
afirikRésumé : « Le cours de l’histoire s’est inversé. Désormais, des Maîtres noirs règnent sur les deux continents, l’Afirik en plein essor et l’ancienne Europe, aujourd’hui dévastée par les épidémies. Des bateaux ont conduit en Afirik par dizaines de milliers des esclaves blancs, ceux qu’on nomme les Cornes d’Ivoire. Du lointain passé la jeune Mari ne sait pas grand-chose. Esclave dans une plantation de Kassamansa, elle rêve d’en apprendre davantage sur le pays de ses ancêtres. Leur langue s’est perdue et, de leurs traditions et croyances, il ne subsiste que quelques rites obscurs. Un drame va faire basculer sa vie… »
Je n’ai plus lu de Marie-Aude Murail depuis bien longtemps mais je suis à peu près sûre de me souvenir que son style et celui de son frère sont assez semblables. Une plume posée, tranquille, et pourtant terriblement mordante à certains moments. Des histoires presque banales, mais cependant poignantes, des sujets sensibles traités de façon qui « passe » très bien. Ici un long fleuve de 512 pages pas si tranquille. Une héroïne ainsi que toute une compagnie de personnages secondaires complexes, souvent attachants, toujours travaillés psychologiquement. Personne n’est parfait, on suit cette histoire fictive qui sonne étonnamment vrai, fourmillant de détails qui semblent issus de témoignages plutôt que de l’imagination de l’auteur. Qui sait ?
L’autre point fort de cet ouvrage est sa manière non seulement d’inverser mais également de distordre l’histoire telle qu’on la connaît. Les Blancs ne sont pas simplement « à la place » des esclaves noirs du XIXe et vice versa ; l’auteur a su tisser toute une trame historique quelque peu différente, même si ressemblante, autour de l’espace-temps dans lequel il nous invite.
Vivement le tome 2 🙂