Les Croassements de la nuit

De Preston & Child. L’Archipel, 2003. Thriller. Bonne lecture. [519 p]

Titre original : Still Life with Crows

croassementsRésumé : « Au milieu d’un champ de maïs, une clairière. Sur des flèches indiennes, une vingtaine de corbeaux empalés. Un cercle macabre au centre duquel gît le corps mutilé d’une femme. Selon toute vraisemblance, l’œuvre d’un dément… Ce crime, le premier d’une étrange série, plonge dans l’angoisse les habitants de Medicine Creek, bourgade du Kansas. Pour l’inspecteur Pendergast, du FBI, le coupable n’est autre qu’un serial killer d’un nouveau genre. Quel crédit accorder à la Légende des 45, selon laquelle le fantôme de Harry Beaumont, mort en 1865, hanterait encore la région pour se venger ? A moins que l’inspecteur n’ait à redouter un adversaire plus mystérieux encore, aussi insaisissable qu’un spectre.« 

(Encore une fois le titre français n’a pas vraiment de sens… Ou plutôt semble en donner un complètement erroné.)

Ce tome des enquêtes de l’inspecteur Pendergast est celui qui fait directement suite à la Chambre des curiosités. Cependant il est possible de ne pas les lire dans l’ordre.

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Les Enquêtes d’Hector Krine, T.1

Titre du tome : les Pilleurs de cercueils. De Stéphane Tamaillon. 2010. Aventure / enquête science-fiction (hybride, à tendance steampunk mais aussi fantasy) historique jeunesse*. Pas mal, voire très bien pour découvrir Londres et une certaine culture anglaise.
*désolée, mais c’était ça ou « mélo-mélo de genres, jeunesse »
T.2 : L’Affaire Jonathan Harker
pilleurscercueilsRésumé : « Londres, 1889. Le détective privé Hector Krine est chargé d’élucider une mystérieuse histoire de vols de cadavres. Son enquête le mène jusqu’au coeur des quartiers populaires de la capitale anglaise, où s’entassent les miséreux et les Grouillants, des créatures surnaturelles débarquées des quatre coins de l’Europe, fuyant les persécutions. Quand la nécromancienne Hécate, son amour de jeunesse, est assassinée, l’affaire prend pour Krine une tournure très personnelle. Qui est vraiment Matthew ? Que lui veulent cette meute de loups-garous et cet étrange colosse coiffé d’un chapeau melon ? Quels liens les unissent aux pilleurs de cercueils ? Pour le découvrir, Krine va devoir se confronter à son passé et accepter ses origines… »
J’ai commencé à lire ce roman d’un œil assez sceptique : style parfois hésitant, utilisation de certains mots rares ou inusités au milieu de phrases très communes, voire de paragraphes sans rien de très percutant ni poétique ; énième utilisation du Londres victorien comme décor (danger ! ça devient courant, je ne peux m’empêcher d’établir des comparaisons surtout que je commence à avoir lu pas mal de choses semblables), détective habitant au 221A Baker Street (pouin pouin pouin), intégration de figures mythiques ou totalement stéréotypées sans vraiment de personnalité propre.
Finalement, il n’est pas si mal passé.
Le style ne casse effectivement pas de briques, si ce n’est le persillage de quelques mots ronflants de-ci, de-là (« faix » pour « fardeau » entre autres °_°) ; cependant c’est fluide et entraînant. On ne perd pas trop de temps en descriptions (ce qui est un peu dommage mais à mon sens colle bien à l’ensemble du livre), c’est vraiment écrit dans le plus pur style « aventure », avec pas mal de personnages qui semblent se démener dans tous les sens, et des péripéties à la pelle.
Un très bon point : on n’a pas le temps de s’ennuyer.
Par contre ce qui me chiffonne un peu c’est le mélange des références, et la façon dont elles sont traitées : je l’avais déjà senti dans ma lecture, et j’en ai eu confirmation en lisant le « making-of » du livre, en annexe.
Cet auteur a visiblement plein de références, du People of the Abyss, de London, que j’ai étudié en M1 d’Anglais et qui est assez hard à lire (même si c’est du London, ce n’est pas vraiment un livre très grand public), aux vieux films fantastiques des années 70 (que je n’ai en gros pas vus, je sais c’est une grosse lacune), à la culture mythologique**, et à tout un tas d’autres choses pas toujours très liées entre elles mais qu’il va tout de même réussir à caser tant bien que mal dans son livre. Bref, toutes ces références apparaissent sous forme très restreinte, très survolée. Je pense que pour ceux qui ne les connaissent pas c’est assez rigolo, voire intéressant, mais moi j’y ai vu énormément de superficialité, tout du long ; j’aurais aimé qu’il en utilise certaines de manière plus approfondie, et aussi qu’il en supprime, ou rallonge le livre, car ça en fait juste trop pour un bouquin si court et dans lequel en plus il se passe plein de choses dans la trame du récit, nonobstant la passion de l’auteur pour Londres qu’il veut nous transmettre (ce qui est à mon sens très louable). En fait, se concentrer exclusivement sur Londres aurait été à mon sens plus productif.
**Je note en passant que pour moi Prométhée avait été puni parce qu’il avait volé le feu aux dieux, pas parce qu’il avait construit un homme en argile, mais bon : comme c’est de la mythologie grecque et que je n’ai pas encore été vérifié, je lui accorde le bénéfice du doute de l’existence de deux versions, ou d’une version avec les deux faits. Et puis dans le livre c’est carrément un détail, c’est pour ça que je vous spoile allégrement :D.
En fait, j’y vois un peu un ouvrage pour enfants, mais écrit à la manière YA, avec plus de références « débrouille-toi avec ce magnifique symbole archi-connu que je t’offre parce que c’est cool » que de vraies explications à but informatif. Heureusement qu’il a fait cette annexe au livre, ça en apporte autant que les 200 pages précédentes. Cependant c’est aussi intéressant d’avoir toutes ces pistes de recherche, même si le livre reste résolument du divertissement dans sa manière d’amener les choses.
Un drôle d’hybride tout public, qui certainement distraira les uns et passionnera les autres, même si ce n’est pas le livre de l’année sur aucun des sujets qu’il aborde.