La Fille de l’alchimiste

De Kai Meyer. Le Livre de Poche, 2011. Fantasy. Coup de coeur. [626 p.]

kaimeyerRésumé : « Fin du XIXe siècle. Aura Institoris a grandi dans le labyrinthe de couloirs obscurs du château de ses ancêtres, bâti sur un récif de la Baltique. Lorsque son père, l’alchimiste Nestor Nepomuk Institoris, est assassiné sur l’ordre de son plus vieux rival, la jeune fille se trouve entraînée malgré elle au cœur d’un conflit dont les racines remontent au Moyen Âge. Aux côtés de son frère adoptif, elle décide d’affronter le meurtrier de son père. S’initiant à son tour aux terribles secrets de l’alchimie, elle va braver les intrigues et les dangers, et partir sur la piste du plus grand mystère de l’humanité : l’immortalité…« 

Évitez de lire le résumé chez les Éditions du Rocher, ils vous dévoilent la moitié du livre ! (contre 10% ici)

A mi-chemin entre la Fantasy et le roman d’aventures ésotérique, Kai Meyer nous propose un voyage à travers l’Europe mais aussi à travers le temps. Si le lecteur est d’abord plongé dans l’Allemagne du XIXe siècle, gothique et austère, il va très vite se faire entraîner beaucoup plus loin, dans les souterrains de Paris ou sur les hauteurs des Carpathes, alors que les héros du début n’en étaient même pas encore au stade d’idée dans la toile du Temps.

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L’Apache aux yeux bleus

De Christel Mouchard. Flammarion, 2015. Historique jeunesse. Très bonne lecture. [224 p.]
lapache-aux-yeux-bleusRésumé : « Herman a 11 ans quand il est enlevé par des Apaches. D’abord traité en esclave, il se montre fort et courageux et gagne le respect de ses nouveaux frères. Dans l’immensité des plaines du Texas, très vite, il devient l’un d’eux, un Apache valeureux qui n’a peur de rien et qui protège sa tribu. Son nom est désormais En Da, le « garçon blanc ».« 
Dans le cadre d’un partenariat
Ce livre s’inscrit dans une assez longue lignée de récits d’enfants kidnappés ou recueillis par d’autres groupes sociaux, ou même par des animaux – et j’avoue que j’en ai lu assez, même si la plupart remontent à un certain nombre d’années, pour ne plus avoir de grosse surprise à la lecture de ce genre de récit de manière générale. Cependant ce titre m’a bien plu dans l’ensemble et je le conseillerai tout à fait même aux lecteurs qui voudraient s’essayer à ce genre de récit.

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Morwenna

De Jo Walton. Denoël, 2014. Fantastique. Coup de cœur pour ce bon bouquin. [334 p.]
Titre original : Among Others, 2010.
COUV_morwenna.inddRésumé : « Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.« 
Je me suis sentie très proche de cette jeune fille un peu solitaire, bibliophile convaincue et passionnée de science-fiction. Dans ce livre il y a énormément de choses que j’aurais moi-même aimé exprimer, ou exprimer plus souvent, ou mieux, ou plus tôt.

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Lune Mauve, T.1

De Marilou Aznar. Casterman poche, 2014. Roman(ce) ado teinté de fantastique. Une déception attendue*. [421 p.]
Lune-mauveRésumé : « Un seul coup d’oeil m’avait suffi pour constater que j’étais la fille la plus mal fagotée du bahut. Moi, Séléné Savel, à Darcourt, le lycée le plus snob de Paris ? Je m’y donnais autant de chances de survie qu’une souris lâchée dans un enclos de chats affamés ! J’étais plongée dans mes pensées moroses lorsqu’une élève me bouscula. Là où elle m’avait touchée, la peau me démangeait d’une vibration électrique. Un visage s’insinua dans mon esprit, celui d’un inconnu aux iris aussi verts et froids que ceux d’un serpent, puis il s’effaça aussitôt. Je retins ma respiration. Ma nouvelle vie était sur le point de commencer.« 
Je remercie les éditions Casterman de m’avoir envoyé ce livre de manière spontanée.

 

Cette lecture a été pour moi moins désagréable que je ne l’avais crains, en un sens, mais en un sens seulement. Malgré une avancée relativement rapide dans le livre grâce à un style plutôt fluide, je n’y ai pas trouvé grand’chose pour me distraire ni pour me plaire.
Étant donné le très net déséquilibre entre les différentes parties du livre, je vais vous scinder ma critique :
Le début m’a fait croire que j’allais lâcher le bouquin avant la page 50 (cas de force majeure, ça m’est déjà arrivé !) : gros soucis de cohésion dans les paragraphes, héroïne inerte, Fantasy instillée mine de rien entre deux considérations sur la petite vie de lycéenne et les fringues de la demoiselle (qui ne semble même pas réagir à ce drôle de tour), et mauve-ais** clichés : le père excentrique voire inhumain et absent, la demoiselle bretonne (bretonne ! « L’utilisation de la Bretagne dans les œuvres de fiction comme modèle de région française provinciale, opposée à la capitale » : vous avez 4 heures) envoyée à Paris, l’héroïne orpheline de mère, la lande déserte vs la grande ville bondée, tout ce cadre pour finalement ne s’en servir que de manière très succincte.

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The Bamboo Sword and Other Samurai Tales

De Shuhei Fujisawa. 2005. Contes. Excellente lecture. [253 p.]
Ces contes sont extraits de différentes publications japonaises éditées dans les années 70/80 – je ne suis par contre pas sûre qu’ils trouvent leur origine (écriture) au 20e siècle.
the-bamboo-swordRésumé : « This delightful collection of eight stories evokes life in early seventeenth-century Japan, a time when peace finally reigns after centuries of civil war. Tokugawa Ieyasu has defeated his rivals to become shogun, and is busily establishing the regime that ruled the country for the next two and a half centuries.
It is a period of political upheaval full of intrigue, rivalry, and betrayals. The samurai are still valued for their swordsmanship, and are a cut above the peasants, artisans, and merchants in the social hierarchy. Without battles to fight, however, these career warriors struggle to retain their sense of pride and meaning in life as they attempt to settle into mundane jobs and family life. Occasional flashes of the sword are tempered by the sympathies, conspiracies, kindnesses, and enmities arising between people from across the social spectrum.
Fujisawa brings a distant culture richly to life, with characters that modern audiences the world over can relate to presented against a detailed, realistic historical backdrop.« 
This delightful collection of eight stories evokes life in early seventeenth-century Japan, a time when peace finally reigns after centuries of civil war. Tokugawa Ieyasu has defeated his rivals to become shogun, and is busily establishing the regime that ruled the country for the next two and a half centuries.It is a period of political upheaval full of intrigue, rivalry, and betrayals. The samurai are still valued for their swordsmanship, and are a cut above the peasants, artisans, and merchants in the social hierarchy. Without battles to fight, however, these career warriors struggle to retain their sense of pride and meaning in life as they attempt to settle into mundane jobs and family life. Occasional flashes of the sword are tempered by the sympathies, conspiracies, kindnesses, and enmities arising between people from across the social spectrum.

Fujisawa brings a distant culture richly to life, with characters that modern audiences the world over can relate to presented against a detailed, realistic historical backdrop. – See more at: http://www.kodanshausa.com/books/9784770030054/#sthash.C19QB232.dpuf

This delightful collection of eight stories evokes life in early seventeenth-century Japan, a time when peace finally reigns after centuries of civil war. Tokugawa Ieyasu has defeated his rivals to become shogun, and is busily establishing the regime that ruled the country for the next two and a half centuries.It is a period of political upheaval full of intrigue, rivalry, and betrayals. The samurai are still valued for their swordsmanship, and are a cut above the peasants, artisans, and merchants in the social hierarchy. Without battles to fight, however, these career warriors struggle to retain their sense of pride and meaning in life as they attempt to settle into mundane jobs and family life. Occasional flashes of the sword are tempered by the sympathies, conspiracies, kindnesses, and enmities arising between people from across the social spectrum.

Fujisawa brings a distant culture richly to life, with characters that modern audiences the world over can relate to presented against a detailed, realistic historical backdrop. – See more at: http://www.kodanshausa.com/books/9784770030054/#sthash.C19QB232.dpuf »

J’ai passé un excellent moment (samedi matin :p) sur cet ensemble de contes japonais se situant au début du XVIIe. Je me mélange beaucoup trop les pinceaux dans l’histoire du Japon (que je connais uniquement par bribes très incomplètes) pour pouvoir affirmer que c’était l’âge d’or des samouraïs, mais c’est tout de même un peu l’impression que j’ai eue en parcourant ces pages.
En tous cas, je n’ai pas de mauvais points à donner à ce livre : bel objet, relié, avec des pages épaisses, une typologie agréable, une mise en page classique mais efficace pour des contes – j’aurais aimé avoir quelques illustrations mais ça ne m’a pas manqué non plus (et la couverture est tout à fait dans le ton ! 🙂 ), tant les auteurs dans leur diversité ont tout de même un point commun : s’assurer que le lecteur sait de quoi on parle, et dans quel environnement on se trouve. En fait, toutes les histoires se passent dans un cadre très limité : un château ou un village, voire même le quartier d’un village, dans lequel vivent, simplement, des gens. Des hommes, des femmes, des plus ou moins jeunes, avec leur famille, leurs amis, leurs relations.
Ici, pas de grandes batailles ou d’histoires de guerriers défaisant des dragons, non – les samouraïs (ou autres, car deux ou trois héros ne semblent pas correspondre à ce titre ?) de ce recueil sont présentés comme des gens simples, désireux avant tout de préserver ou rétablir une certaine harmonie dans la petite société dans laquelle il vivent, ou au sein de leur famille (ça n’empêche pas certains de se servir de leur arme, rassurez-vous :p). Le fantastique n’est pas du tout présent, au contraire d’autres contes japonais que j’ai pu lire. Pourtant j’ai énormément apprécié la manière par laquelle les auteurs nous font ressentir l’importance de l’équilibre, de la justice au sein d’une communauté – tous les contes sans exception sont ancrés autour de cette nécessité (plus que « vertu »). Contrairement à la plupart des contes occidentaux, la morale est assez peu présente, ou pas sous la même forme : plus subtile, plus évidente, et aussi beaucoup plus portée, toujours, sur la communauté – peut-être pas non plus aux dépends de l’individuel ! – mais l’individu comme pièce indissociable de la communauté, dont la recherche d’un meilleur comportement profite aux deux. 🙂 D’où une impression d’exotisme en même temps que des images familières !
Question style je n’ai rien à dire non plus, c’est assez simple à lire (le seul moment « difficile » pour moi était au début du premier conte, quand on apprend que le samouraï était au service d’untel, du clan machin de la région truc… argh – mais finalement c’était pas très grave que je ne garde pas en mémoire certains de ces détails, en tous cas pas pour la suite du conte 😉 ) – l’humour est curieusement assez présent (je ne m’y attendais pas !), entre répliques cinglantes, querelles de ménages, mesquineries, ou simplement remarques un peu moqueuses sur certains personnages plutôt cocasses. On a un peu l’impression d’être au théâtre, de voir les personnages vivre leur quotidien soudainement chamboulé, puis leurs problèmes résolus. Même dans les quelques contes « plus sérieux » il y a une certaine légèreté, comme si après tout ce n’était pas si grave, ou que le lecteur était officiellement autorisé à se distraire avec l’histoire avant toute chose, même s’il y a des complots et des morts.
Un recueil de contes parfois légèrement dramatiques, parfois plutôt rigolos, mais toujours très optimistes dans leur résolution de conflits et problèmes sociétaux. Une lecture qui fait du bien ! 🙂

The Night Circus

D’Erin Morgenstern. 2011. Roman merveilleux jeunesse. Coup de cœur. [490 p.]
Titre français : Le Cirque des rêves.
nightcircusRésumé : Ceci n’est pas un livre, c’est un spectacle.
Munis de votre billet d’entrée, laissez-vous tenter par un chocolat chaud accompagné de beignets à la crème chantilly, choisissez une des nombreuses tentes rayées de noir et blanc qui vous entourent, comme autant d’îlots mystérieux au milieu d’odeurs de pop-corn et de caramel chaud, et savourez le spectacle quel qu’il soit : entrez dans l’atmosphère en deux tons du Cirque des Rêves*…
Ce livre a été une claque comme je n’en ai pas eu depuis un bail, et sur un thème qui m’a ramené presque 15 ans en arrière, à l’époque où je découvrais avec fascination les aventures d’un petit sorcier dans un monde plein de magie étrange à tous les tournants… La même année, ou la suivante, suivant toujours le filon Gallimard Folio Junior du CDI, je suis tombée sur les Mondes de Crestomanci (+ Ma soeur est une sorcière, Les Magiciens de Caprona, et heu, au moins un autre dont j’oublie toujours le titre il me semble), de Diana Wynne Jones – et même si c’était pas autant une claque j’ai également apprécié trouver, dans ces livres, une magie en même temps douce et violente, présente un peu partout, et dévoilée petit à petit. Pensez aussi Contes de Terremer d’Ursula le Guin, ou simplement la poésie subtile et détaillée de la plupart de films de Miyazaki, et vous aurez peut-être une idée pas trop fausse de l’endroit où cette histoire peut vous emmener, et de quelle manière. J’ai aussi pensé à Philip Pullman (A la croisée des mondes, Sally Lockhart) pour la manière dont la romance est amenée et utilisée à l’intérieur de l’intrigue, et aussi d’autres détails, personnages ou concepts.

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La Belle et la Bête

De Mme de Villeneuve et Mme Leprince de Beaumont. 2013. Contes. Bonne lecture. [159 p.]
Versions originales datées de 1740 et 1756.
belleetbeteRésumé : « «Non, ma chère Bête, vous ne mourrez point, lui dit la Belle ; vous vivrez pour devenir mon époux ; dès ce moment, je vous donne ma main, et je jure que je ne serai qu’à vous.»
Illustré de gravures anciennes, ce livre réunit les deux versions du célèbre conte de La Belle et la Bête. Celle de madame de Villeneuve (1685-1755), parue en 1740, raconte notamment l’enfance et l’histoire de la Bête. La version de madame Leprince de Beaumont (1711-1780), publiée en 1756, a été adaptée à plusieurs reprises sur grand écran, notamment par Jean Cocteau et par Walt Disney et est la plus connue aujourd’hui.« 
Je suis un peu en vrac, là, donc ma chronique va être courte – d’autant que je n’ai pas grand’chose à en dire de toutes manières.
Cette édition m’a sauté aux yeux, elle est très belle, avec une reliure vaguement « molletonnée » (ça ne doit probablement pas être le bon terme technique, mais tant pis !), épaisse, en grand format. L’intérieur est également très plaisant, c’est écrit dans une police moyenne, et il y a de très belles illustrations (dont certaines tirées du Blue Book of Fairy Tales*, d’Andrew Lang ! :)). Le livre dans l’ensemble a un style un peu vieillot, c’est très sympa.
J’ai appris sur le tas que Mme Leprince de Beaumont, malgré les rumeurs qui vont en ce sens, n’est pas à l’origine du conte, mais seulement à l’origine de sa version « modernisée », raccourcie.
J’ai bien aimé le style très fantaisiste et plus minutieux de Mme de Villeneuve – avec elle on explore le château, on a plus de contact avec la Belle et ses hésitations – par contre j’ai trouvé l’histoire de la Bête, et d’autant plus celle de sa mère, un peu en trop. De plus, cette histoire de naissance prestigieuse de la Belle gâche à mon sens la moitié de la morale du conte ! Bref, je pense que je suis plus habituée à la seconde version, que j’ai eu l’occasion de lire dans des versions allongées (ou, si vous préférez, une version tronquée de celle de Mme de Villeneuve). En fait la première version (V) fait à peu près 130 pages, pendant que la deuxième (L de B) n’en fait que 20 !
On trouve quelques références à la fin, mais forcément peu, vu que le contenu du livre reste dédié aux deux contes ! On a également les biographies des deux auteurs.
Le détail qui me fait toujours sourire : les sœurs de la Belle, dans la version de Mme Leprince de Beaumont, qui se frottent les yeux avec des oignons pour se faire pleurer.
Une jolie réédition d’un conte que j’aime beaucoup. Une relecture agréable, dans deux styles différents mais qui restent faciles d’accès.
Chroniques d’ailleurs :  Bazar de la littérature, Une tasse de culture, Books and cups of tea (qui ont lu soit l’une soit l’autre version)
*Malgré mes nombreuses incursions dans le monde des contes, j’ai trouvé et retenu cette référence dans la biographie de J.R.R. Tolkien. Il l’aurait lu et apprécié dans son enfance.

Fractures

De Frank Thilliez. 2009. Thriller. Excellente lecture. 🙂
fracturesRésumé : « Face à la tombe de sa sœur jumelle Dorothée, décédée dix ans auparavant, Alice Dehaene s’interroge : à quoi rime cette photo de Dorothée, prise il y a peine six mois, qu’elle a récupérée des mains d’un immigré clandestin ?
Alice sait que quelque chose ne tourne pas rond dans sa tête. Son psychiatre à l’hôpital de Lille, Luc Graham, doit lui révéler le résultat d’un an de psychothérapie, lui apporter cette lumière qu’elle recherche depuis si longtemps. Mais les événements étranges que se multiplient autour de la jeune femme vont l’en empêcher : son père, agressé chez lui à l’arme blanche, et qui prétend avoir tenté de se suicider ; ce chemisier ensanglanté qu’elle découvre dans sa douche, à propos duquel elle n’a pas le moindre souvenir ; et cet homme retrouvé nu à un abri de bus qui semble avoir vu le diable en personne.« 
Un super polar ! Un super auteur également, si j’en crois les chroniques et critiques que je croise, et d’après donc cette première expérience de sa plume. Je ne me suis pas du tout ennuyée, me suis posée plein de questions, me suis laissée balader jusqu’à la moitié du bouquin avant de commencer à comprendre où il allait en venir, et même alors j’ai encore eu quelques surprises et détails qui ne m’étaient pas venus à l’esprit dans les derniers chapitres !
Le seul point vaguement négatif que j’ai à préciser ce sont les quelques premières pages : deux prologues, une introduction, et enfin l’arrivée d’Alice – pendant quelque temps je me suis demandée à quoi ça rimait, et quel était le lien entre ces différents temps, lieux, et personnages, car ça n’était au départ pas du tout explicite ! Mais finalement l’auteur nous donne les ficelles sans trop tarder (avant que le lecteur s’énerve pour de bon et envoie valser le bouquin 🙂 ).
Après, bien sûr, l’aspect surprenant d’un thriller c’est toujours assez subjectif, ça dépend de vos lectures, mais sincèrement je pense que celui-ci pourrait plaire à un grand nombre, parce qu’il n’est pas mal ficelé du tout, Thilliez aime nous perdre dans les détails et intrigues « secondaires », fait intervenir les personnages comme il faut, et crée une atmosphère qui retient l’attention du lecteur en lui dévoilant des choses petit à petit ! Je n’ai pas noté de temps mort dans l’histoire ; le fait d’avoir plusieurs pistes de réflexion et de questionnement nous permet d’avoir toujours quelque chose à cogiter, à déduire, à observer sans savoir quoi en faire tout de suite. J’ai plusieurs fois pensé à Grangé, autre auteur de thrillers français, à cause de la recherche d’identité d’Alice – son passé, son présent, qu’est-ce qui lui échappe exactement ? Cependant c’est assez rare que je devine grand chose dans les Grangé, alors qu’ici en même temps que de me faire tranquillement illusionner par Thilliez j’ai aussi pu récolter pas mal d’indices et avoir l’impression de pouvoir moi aussi faire ma petite enquête ! Le côté psychologique est très important, même s’il y a de l’action, on est sans cesse en train de remettre en question ce que l’on sait, ce que l’on sait vraiment, ce que savent les différents personnages ou ce qu’ils se contentent de relater.
Dans ce livre on suit donc principalement Alice, qui est suivie par un psychiatre (= mise en doute dès le départ d’un certain nombre de choses bwahahahaha), et dont l’existence déjà perturbée bascule un peu plus à cause d’évènements inexpliqués. A côté on suit le docteur Luc Graham, son praticien, mais également Julie, une assistante sociale en psychiatrie, qui a trouvé un homme nu en état de catatonie. J’ai de manière générale beaucoup aimé les personnages, même si je me suis plus facilement identifiée à certains qu’à d’autres. J’aurais aimé avoir un chouïa plus de détails sur Mirabelle, toutefois. Vu leur nombre relativement limité (ce qui permet d’avoir une histoire qui sonne de manière assez réaliste, et des interactions entre eux renforcées tout au long du livre, je ne m’en plains pas !), j’ai fini par identifier le meurtrier avant le dénouement – mais bon c’était pas trop gênant c’était vraiment sur la toute fin du livre, et il restait d’autres questions à résoudre !
Donc voilà, première rencontre avec Frank Thilliez, et j’espère bien qu’on se reverra encore ! 😀
Chroniques d’ailleurs : Le Boudoir des Livres, Lectures Trollesques, Pouvoir des MotsPlaisir de lire, Les mots de Mélo

Lily et Po, T.1 : Rencontres et Rendez-vous

De Lauren Oliver. 2012. Jeunesse. Coup de cœur esthétique. Très bonne lecture.
Titre original : Liesl & Po, 2011
lily&poRésumé : « Lily est une petite fille comme les autres… pourtant son histoire n’est pas banale. Une nuit, dans le grenier où elle habite, Lily reçoit la visite de Po. C’est un curieux fantôme qui voyage avec Balluchon, une créature ni chien ni chat. Po lui parle d’un lieu étrange, qu’il appelle « l’Autre Côté », où il a croisé le papa de Lily. Il est porteur d’un message inattendu qui va entraîner notre héroïne dans une folle aventure… « 
J’ai choisi ce livre autant pour sa qualité technique et esthétique que pour le résumé ! La couverture m’a tout de suite attirée, que ce soit par l’image toute mimi, les nuances de couleur, la présentation, la calligraphie… Le format est un de ceux que j’aimais avoir dans les mains quand j’avais l’âge de l’audience ciblée de ce livre, avec une couverture en carton fort et une reliure épaisse qui donne un aspect « durable » au livre. En le feuilletant je remarque quelques images type gravure, en noir et blanc comme je les aime, et d’un style qui me plaît bien. Les pages sont en papier de bonne qualité, aux bords relativement doux, et avec une typographie et une mise en page très agréables à l’œil.
lily&poarriereAu dos du livre, je lis : « Les aventures de Lily et Po : 3 tomes qui émerveilleront tous les lecteurs dès 8 ans. » Et c’est vrai ! Je suis tout émerveillée !
Bon, passons au contenu !
L’univers, le cadre sont plus ou moins entre le conte et la fantasy : nous sommes dans un monde plus ou moins semblable au nôtre (trains, hôpital), sauf que la magie est semble-t-il plus attendue à défaut d’être présente de manière quotidienne (alchimie).
La forme du texte est très poétique, très posée. Entre deux actions nous avons droit à des incursions dans les pensées des personnages, des descriptions et explications sur le monde et les détails importants pour l’histoire, et aussi des retours dans le passé permettant de mieux cerner les personnages. C’est suffisamment explicite et doucement amené pour être accessible aux enfants, mais je pense que les adultes amateurs de contes, ou d’auteurs comme Carlos Ruis Zafon, Le Guin ou Morpurgo pourraient aussi y trouver leur compte.
Il y a peu de personnages, et ils sont plutôt stéréotypés, mais je trouve que c’est tout à fait en accord avec à la fois l’environnement, l’intrigue, et la plume de l’auteur. En fait le fait que les personnages soient en nombre limité permet d’avoir plus d’informations sur chacun d’eux, de pouvoir les apprécier ou ne pas les apprécier de manière plus significative.
J’ai hâte de trouver les tomes suivants, car l’histoire n’est qu’amorcée dans ce premier opus.
Un très joli livre pour enfants, avec une histoire qui en vaut la peine : pleine de poésie et de douceur mais qui traite aussi de sujets sérieux et tristes.