Le Bonhomme de neige

De Jo Nesbø. Folio policier, 2008. Thriller. Très bonne lecture. [584 p.]

Une enquête de l’inspecteur Harry Cole (7e opus).

Titre original : Snømannen, 2007 ; traduit du norvégien par Alex Fouillet

Le-bonhomme-de-neige-Jo-NesboRésumé : « Les premiers flocons ont quelque chose de féerique. Ils rapprochent les couples dans la chaleur des veillées, étouffent les bruits, étirent les ombres et masquent les traces. Dans le jardin familial des Becker, un bonhomme de neige fait son apparition, sorte de croquemitaine blanc, ses grands yeux noirs braqués vers les fenêtres du salon. Le lendemain matin, la mère a disparu ; seule reste une écharpe rose autour du cou du bonhomme de neige… Trop de femmes en Norvège, depuis des années, n’ont plus donné signe de vie le jour des premières neiges. Harry Hole reçoit une lettre qui lui annonce d’autres victimes. D’une sobriété étonnante, l’inspecteur va se retrouver confronté, pour la première fois de sa carrière, à un tueur en série agissant sur son territoire. L’enquête le conduira jusqu’au gouffre de la folie.« 

Autant j’avais eu un peu de mal avec le tout premier volet des enquêtes de l’inspecteur Cole, l’Homme chauve-souris, autant j’ai adoré celui-ci, que j’ai ramené de chez mon oncle après mon passage à Paris en septembre dernier.

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L’Homme chauve-souris

De Jo Nesbø. Folio policier, 2002. Roman policier. Bonne lecture. [473 p]
Titre original : Flaggermusmannen, 1997.
hommechauvesourisRésumé : « Parce qu’une jeune Norvégienne a été sauvagement jetée d’une falaise à l’autre bout du monde en Australie, l’inspecteur Harry Hole de la police d’Oslo est envoyé sur place par une hiérarchie soucieuse de l’évincer. Ce qui n’aurait dû être que routine diplomatique va se transformer en traque impitoyable au fur et à mesure de meurtres féroces qu’Harry Hole refuse d’ignorer. Autre hémisphère, autres méthodes… Associé à un inspecteur aborigène étrange, bousculé par une culture neuve assise sur une terre ancestrale, Hole, en proie à ses propres démons, va plonger au cœur du bush millénaire. L’Australie, pays de démesure, véritable nation en devenir où les contradictions engendrent le fantastique comme l’indicible, lui apportera, jusqu’au chaos final, l’espoir et l’angoisse, l’amour et la mort : la pire des aventures.« 
Bien, bien, bien. Cette non pas première mais volontaire et consciente (ré, donc) incursion dans le polar nordique n’a pas été infructueuse, même si l’essai n’a pas été transformé pour moi.
Commençons par ce qui ne m’a pas enchantée : tout d’abord il s’agit d’un roman policier tirant sur le roman noir, l’atmosphère est sombre, le héros torturé, et l’enquête n’avance pas aussi vite que dans les thrillers les plus contemporains. Avec Harry Hole on prend le temps de frapper aux portes, de connaître les gens : témoins, suspects et gens environnants, de s’offrir une aventure passagère (ou peut-être pas seulement…) avec une autre étrangère, presque une concitoyenne, de s’empreindre de la culture du coin… Bien sûr je sais que tous ces éléments peuvent être de très bons critères, et je ne doute pas que certains d’entre vous aient déjà le sourire aux lèvres en lisant ceci, mais personnellement ici tout ça ne m’a fait ni chaud ni froid, je n’aime pas trop ce genre de personnage (même si paradoxalement le Capitaine Vimaire est un de mes personnages du Disque-Monde préférés !), j’ai trouvé le livre assez lent et ne me suis passionnée pour aucun trait du contenu, si ce n’est peut-être les légendes aborigènes ! La révélation du coupable ne m’a pas tiré de frissons probablement parce que j’ai véritablement lu ce livre comme une fiction lointaine qui n’a pas réussi à me faire voyager avec elle.
Je n’ai rien à redire à la plume (traduite) de Nesbø, elle ne m’a ni impressionnée ni ennuyée en elle-même. J’ai même eu l’impression que c’était à deux doigts de faire mouche, que c’était loin d’être mauvais, et que, oui, même, je pouvais la recommander sans prendre de risques.
Enfin comme je vous l’ai dit au-dessus j’ai bien aimé certaines immersions dans les mythes aborigènes, une certaine culture australienne plus contemporaine également (avec leurs « freshies » et leurs « salties« * par exemple…), et bien que non passionnée de manière générale j’ai tout de même réussi à me prendre au jeu de ce bonhomme norvégien qui vient se perdre down under** pour une sombre affaire de meurtre.
* plus d’explications sur les drôles de bestioles australiennes dont les freshies/salties sur le blog d’une amie qui est justement allée mettre les pieds là-bas il y a peu de temps.
** un surnom de l’Australie, voir aussi ici.
Une lecture qui n’a pas réussi à me passionner, mais que je ne déconseille pas pour autant.

 

Chroniques d’ailleurs : L’Aléthiomètre

Celui qui a peur du loup

De Karin Fossum (Norvège). 2005. Policier. Bonne lecture.
Titre original : Den Som Frykter Ulven (ne me demandez pas si c’est bien traduit !!)
celuiquiRésumé : « Au cœur de la forêt, une vieille femme est retrouvée morte devant sa maison par Kannick, un pensionnaire de l’orphelinat local. Celui-ci raconte aussitôt à la police qu’il a aperçu un individu dissimulé entre les arbres, ressemblant fort à Errki Johrma, un jeune marginal échappé du centre psychiatrique. Le lendemain de cette découverte macabre, la banque de la ville est cambriolée. Le braqueur prend un jeune homme en otage et s’enfuit dans les bois. Le commissaire Konrad Sejer se doute qu’il existe un lien entre les deux affaires. Tout semble accuser l’énigmatique Errki, que -seule sa psychiatre juge incapable d’un tel acte. Au cœur de la forêt norvégienne, l’étau se resserre.  »
Je n’ai pas trop l’habitude de lire de la littérature nordique ; ma seule autre expérience notable a été les Arto Paasilinna, qui est finnois et n’écrit pas que du policier (s’il en écrit, je n’ai lu que de la littérature « générale » de lui). Pourtant comparé aux auteurs anglais, américains ou français que je lis d’habitude, je ne peux m’empêcher de tirer des comparaisons, des différences notables, qui semblent regrouper les auteurs du Grand Nord de l’Europe : le calme de l’écriture, du ton ; l’environnement très local, très limité ; l’omniprésence de la forêt, espace de silence, de quiétude, de fuite. Et aussi un certain goût pour l’étrangeté de certaines situations et de certaines personnes, auquel après tout il est si facile de s’habituer, surtout quand c’est si bien amené.
Tout ceci n’est qu’une impression, et je m’excuse d’avance de mettre finnois et norvégiens dans le même paquet, peut-être que d’autres lectures me feront faire la différence entre les deux de manière tout aussi claire que je la fais à présent entre ce type de littérature, et celles qui me sont habituelles. 😉
Cette lecture a été plaisante, et aussi assez dérangeante, dans le bon sens. Je me suis sentie totalement dépaysée, tout en suivant l’enquête qui se déroule de façon assez conventionnelle : interrogatoires, recherche de preuves, discussion entre enquêteurs…
J’ai dans l’ensemble beaucoup aimé les personnages, dont certains sortent du lot, et qui sont plutôt bien amenés et semblent tous très humains, avec leur complexité. J’ai eu l’impression d’une histoire courte, en une traite, pourtant le livre fait presque 400 pages.
Et là est la seule raison, ou presque, pour laquelle je n’ai mis qu’un « bonne » lecture : le rythme était un peu trop lent à mon goût, axé plutôt sur la psychologie que sur l’enquête ou les rebondissements. Cependant je dois reconnaître que c’est dans cette lenteur, cette langueur, cette torpeur qui se dégage du livre que l’auteur donne du sens à ses personnages.
Un très bon bouquin, donc, quelque part ; même si à moi il ne m’a pas tout autant plu que d’autres.