Horrible Histories : Oxford

De Terry Deary. Scholastic, 2007. Histoire humoristique. Très bonne lecture. [96 p.]

Illustrations : Martin Brown

Collection : Gruesome Guides

hhoxfordRésumé : « Oxford takes readers on a gore-tastic tour of the streets of Oxford, exposing all of its most scurrilous secrets. With the frightful full-colour map tourists can plot their path to the past – take a punt past corpse-ridden Christchurch and go skeleton-spotting at the cruel and crumbling castle. Burning bishops, blood-soaked streets and student scraps, it’s a trip no Horrible Histories fan will want to miss!« 

Quand je suis passée près du Waterstones de High Street, Oxford, il y a deux mois, je me suis dit que ce titre était incontournable, et que j’allais le prêter à Lynnae qui m’a fait découvrir cette très bonne collection.

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Le Village aux Huit Tombes

De Seishi Yokomizo. Denoël, 1993. Roman policier. Très bonne lecture [307 p.]

Titre original : Yatsuhakamura, 1951

Traducteurs : René de Ceccatty et Ryôji Nakamura

villagehuittombesRésumé : « Nous sommes dans l’après-guerre. Une double malédiction a frappé un petit village traditionnel du Japon profond. Les huit tombes qui lui donnent son nom abritent les corps de samouraïs assassinés dans des temps très lointains par les villageois désireux de s’emparer d’un trésor fabuleux. Un second massacre, plus récent, a été perpétré par un amant fou de jalousie. Y aura-t-il une troisième tuerie ? Avec l’arrivée du narrateur, Tatsuya, jeune homme au passé mystérieux, le pire est à craindre. Le carnage commence dès son entrée en scène. Son grand-père et son demi-frère sont empoisonnés. Tout l’accuse. Acueilli avec suspicion par les villageois, il comprend avec horreur que les crimes se succèdent selon un système imparable – qui n’est pas sans rappeler Dix petits nègres – dont il tente de comprendre les lois avec l’aide d’un détective à la fois futé et décontracté, Kôsuke Kindaichi. Huit samouraïs assassinés, huit tombes, huit victimes. Mais qui est donc le narrateur ? L’assassin ou l’ultime victime ?« 

De romans japonais je n’ai lu qu’extrêmement peu de titres, et de romans policiers japonais je ne me souviens que d’un Ranpo Edogawa (merci Détective Conan [un manga] pour la référence ! 😉 ) qui m’avait bien plu.

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Sadako

De Kôji Suzuki. Fleuve Noir, 2014. Épouvante. Moyen, voire pas terrible. [359 p.]
Titre original :  S, 2012
sadakoRésumé : « Takanori Andô, graphiste spécialiste de l’analyse d’image, reçoit une vidéo amateur montrant un suicide à l’intérieur d’un appartement banal. Son client souhaite déterminer s’il s’agit d’un véritable suicide ou d’une mise en scène de génie. À chaque visionnage de la vidéo, Takanori se rend compte que le cadre de l’image se décale très légèrement, permettant de voir jusqu’au visage du suicidé : Seiji Kashiwada. Ce dernier est un serial killer condamné à la peine de mort pour le meurtre de quatre fillettes, douze ans plus tôt, et dont l’exécution a eu lieu peu de temps auparavant…
Takanori se lance dans une enquête effrayante tandis que d’étranges phénomènes envahissent sa vie et celle de sa compagne.

Kôji Suzuki est considéré comme le « Stephen King japonais ». Sa série Ring ainsi que Dark Water ont été adaptés au cinéma et ont connu un succès international.

« 
J’ai emprunté ce livre cet après-midi et l’ai déjà fini, il est en fait assez court car écrit très gros, et se lit très rapidement. Le style ne m’a pas marqué particulièrement, c’est parfois vaguement poétique, ou peut-être est-ce le regard japonais qui me donne une impression d’exotisme ? Les phrases et enchaînements de paragraphes, bien que très fluides, ne m’ont pas paru empreint d’aucun style particulier.
En le lisant j’ai compris qu’il se voulait une suite de « Ring« , dont je n’ai vu que l’adaptation cinématographique, d’un œil, en essayant de ne pas voir le « flippant » (raté j’ai enlevé mes mains au mauvais moment) – et je ne sais même plus laquelle ! (il n’y avait pas une sombre histoire de version US vs version J ?) De toutes manières Sadako rappelle les évènements de l’histoire de Ring (le livre), c’est clair même si ça dévoile l’histoire en entier (je la connaissais en gros, je n’ai pas eu de surprise) – donc je conseillerais à ceux qui seraient passés totalement à côté de Ring de ne pas lire ce roman en premier s’ils souhaitent découvrir l’intrigue « de base ».
Le côté épouvante… ne m’a pas épouvantée du tout. Mais alors vraiment pas. On voit tout arriver de très très loin, même si parfois c’est par étapes que ça se passe, et hormis un vague malaise à certains moments (l’atmosphère reste toute de même déplaisante) je n’ai franchement rien ressenti du tout. Je précise en passant que je trouve les Chair de Poule flippants. Certains m’ont même collé des cauchemars à 12 ans. J’ai lu quelques King et certains m’ont moins plu que d’autres, mais dans l’ensemble il arrive au moins à créer une atmosphère bien malsaine, un sentiment de tension chez le lecteur (parfois frustré en fin de compte, je n’ai plus de titres précis mais j’ai eu quelques semi-déceptions). Ici – rien, ou quasiment rien. J’aurais pu lire un roman d’aventures, ou à énigmes.
Je ne me suis pas vraiment ennuyée non plus car il se passe des choses dans le livre et j’ai apprécié les relations entre les différents personnages. J’ai aussi pu remarquer certaines différences de pensées, propres peut-être aux Japonais, ou en tous cas différentes de ce qu’on aurait pu lire dans un roman français ou américain. Néanmoins si le but du roman était de créer une atmosphère de terreur, je trouve que c’est tombé à plat.

 

Chroniques d’ailleurs :  Plume de Cajou

Vers chez les morts (projet participatif)

plumeIl y a longtemps – en janvier – l’auteur Fabrice Colin a lancé un projet « bizarre et beau » sur son blog, relayé par son Facebook : il s’agissait de lui fournir des textes courts afin de créer un recueil de voix s’adressant à nos disparus. J’ai été très intéressée par l’idée dès le départ, et je me suis résolue à en parler ici dans l’espoir d’amener quelques textes supplémentaires à l’auteur, dès que j’aurais moi-même fourni ma contribution – je me serais sentie mal si je l’avais fait avant, surtout si finalement je n’avais même pas été fichue de pondre mes 5000 signes avant la date limite : le premier avril ! 🙂

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La Vallée des disparus

De Bente Porr. 2012. Roman à suspense. Très bonne lecture. [225 p.]
Titre original : Moriac, 2008.
Vallee-des-disparusRésumé : « Trois amis, tombés en panne sur une petite route provençale, sont bloqués quelques jours dans le village de Moriac, où ils prennent connaissance d’une inquiétante légende. Au pied du village se niche une mystérieuse vallée. Ceux qui s’y sont aventurés, dit-on, n’en sont jamais revenus. Au total, une douzaine de disparitions inexpliquées en deux siècles. Quel secret cache cet endroit sinistre ? Intrigué, l’un des trois voyageurs décide de mener l’enquête…« 
Ce livre a été pour moi une agréable surprise. Je l’ai choisi dans le rayon « polars », et en fait ce n’est pas vraiment du policier ; je m’attendais à quelque chose entre médiocre et bien, et j’ai trouvé certains points géniaux, et le livre très bon dans l’ensemble. Pour un premier roman c’est une belle réussite, c’est très équilibré de bout en bout.
Quelques mots sur le genre d’abord : il y a mystère dans la vallée, et anguille sous roche à propos de phénomènes inexpliqués. On le sait dès le début, et ce côté sombre, étrange, fantastique est largement exploité ne serait-ce que dans l’atmosphère. Les personnages sont pris dedans, et on trouve quelques scènes typiques du genre, avec des allusions ou comparaisons qui appartiennent au surnaturel. Autrement, le héros prend la décision de retrouver les disparus, ce qui nous mène effectivement dans une petite enquête – mais rien de très exploité en fait, de ce côté-là.
Le gros du livre, de ce que j’en ai ressenti, se concentre en fait sur les relations entre les personnages. La vallée énigmatique, le petit village champêtre, le voyage même n’apparaissent finalement que comme des excuses, une manière de mettre les trois personnes – Curt (le narrateur), Germer (son meilleur ami), et Fee (la fiancée de ce dernier) – dans une situation de huis-clos tendu où les faux-semblants, les hypocrisies latentes, les tolérances poussées à bout, les incompréhensions vont finalement éclater au grand jour. C’est le gros point fort du livre – je n’ai pas l’habitude de lire des drames psychologiques ou des romans contemporains ; celui-ci n’en est pas vraiment un, comme je l’ai précisé ci-dessus, on va dire que c’est du roman contemporain* mâtiné de fantastique, ou le genre de roman fantastique qu’on peut trouver au XIXe siècle, où l’atmosphère et les décisions et réactions des personnages priment très largement sur le surnaturel « pur » ! En tous cas, ça m’a beaucoup plu. 🙂
* L’histoire se passe dans les années 30, ce qui ajoute un certain charme 🙂
Bref, double (bonne) surprise : j’ai trouvé les évènements et évolution des personnages très bien amenés, tout en finesse, avec ce qu’il faut de prémonitoire (pour le lecteur), quelques temps forts ou « dérapages » nets, et un rythme constant que ce soit dans la montée en tension ou dans l’écriture globale, ce qui a été très appréciable. Le style n’a rien de très original, ça se lit bien, c’est bien écrit, rien de spécial à en dire. C’est plutôt de la bonne qualité toutefois.
Le fait qu’il n’y ait que trois personnages principaux et que toute l’action se déroule autour et à travers eux donne une force particulière au récit, écrit de plus à la première personne. J’ai été immédiatement plongée dans les pensées et dans la vie de Curt, ce qui n’a pas toujours été agréable, et même parfois franchement horrible ! Je ne m’attendais pas tout à fait à la fin – mais en fait, avec le recul, j’aurais pu ! Je l’ai trouvé à la hauteur du reste du livre – glauque. Mais un glauque littérairement appréciable. 😉
Ce livre n’aurait pas été rangé dans « polars », je n’aurais probablement pas mis le nez dedans, et ça aurait été dommage ! Pourtant il ne s’agit pas vraiment d’un roman policier mais plutôt de fantastique, en toile de fond d’un bon roman à tendance classique/suspense.
Chroniques d’ailleurs :   Bazar de la littérature