L’Effet Domino

De François Baranger. Bragelonne, 2017. Thriller. Très bonne lecture. [570 p.]

l-effet-domino-794457Résumé : « Paris, 1907. Un mystérieux « tueur à répétition » fait trembler la capitale en s’attaquant à l’entourage de personnalités célèbres et aux policiers qui enquêtent sur son cas. En plus de la terreur, il sème derrière lui de curieux symboles ésotériques et, dans la gorge de ses victimes, un domino double. La presse accuse « Double Six », un ancien bagnard au torse tatoué, dont la rumeur dit qu’il aurait plusieurs vies. Le préfet Lépine confie l’affaire à l’inspecteur Lacinière, un Rennais sans attaches ni famille, qui monte une petite équipe constituée d’une jeune femme noble aux élans féministes et d’un jeune agent qui n’a pas froid aux yeux. Lacinière est convaincu que Double Six n’est pas le coupable. Pour le prouver, il doit retrouver sa trace entre chien et loup, dans le Paris du début du XXe siècle, et résoudre les énigmes que le véritable tueur élabore à son intention.« 

J’avais croisé François Baranger aux Imaginales 2015 et j’avais un peu discuté avec cet illustrateur-auteur qui se trouvait aussi jouer à Diablo III. Je n’ai pas lu son dyptique Dominium Mundi (le space-op ou assimilé n’est pas spécialement ma tasse de thé, mais il a d’excellentes critiques donc je me lancerai peut-être un jour) mais en tant qu’illustrateur, notamment de couvertures de livres et de concept-art (films, jeux vidéos), j’ai déjà pu apprécier son travail. C’est d’ailleurs lui qui illustre ses propres livres.

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Sadako

De Kôji Suzuki. Fleuve Noir, 2014. Épouvante. Moyen, voire pas terrible. [359 p.]
Titre original :  S, 2012
sadakoRésumé : « Takanori Andô, graphiste spécialiste de l’analyse d’image, reçoit une vidéo amateur montrant un suicide à l’intérieur d’un appartement banal. Son client souhaite déterminer s’il s’agit d’un véritable suicide ou d’une mise en scène de génie. À chaque visionnage de la vidéo, Takanori se rend compte que le cadre de l’image se décale très légèrement, permettant de voir jusqu’au visage du suicidé : Seiji Kashiwada. Ce dernier est un serial killer condamné à la peine de mort pour le meurtre de quatre fillettes, douze ans plus tôt, et dont l’exécution a eu lieu peu de temps auparavant…
Takanori se lance dans une enquête effrayante tandis que d’étranges phénomènes envahissent sa vie et celle de sa compagne.

Kôji Suzuki est considéré comme le « Stephen King japonais ». Sa série Ring ainsi que Dark Water ont été adaptés au cinéma et ont connu un succès international.

« 
J’ai emprunté ce livre cet après-midi et l’ai déjà fini, il est en fait assez court car écrit très gros, et se lit très rapidement. Le style ne m’a pas marqué particulièrement, c’est parfois vaguement poétique, ou peut-être est-ce le regard japonais qui me donne une impression d’exotisme ? Les phrases et enchaînements de paragraphes, bien que très fluides, ne m’ont pas paru empreint d’aucun style particulier.
En le lisant j’ai compris qu’il se voulait une suite de « Ring« , dont je n’ai vu que l’adaptation cinématographique, d’un œil, en essayant de ne pas voir le « flippant » (raté j’ai enlevé mes mains au mauvais moment) – et je ne sais même plus laquelle ! (il n’y avait pas une sombre histoire de version US vs version J ?) De toutes manières Sadako rappelle les évènements de l’histoire de Ring (le livre), c’est clair même si ça dévoile l’histoire en entier (je la connaissais en gros, je n’ai pas eu de surprise) – donc je conseillerais à ceux qui seraient passés totalement à côté de Ring de ne pas lire ce roman en premier s’ils souhaitent découvrir l’intrigue « de base ».
Le côté épouvante… ne m’a pas épouvantée du tout. Mais alors vraiment pas. On voit tout arriver de très très loin, même si parfois c’est par étapes que ça se passe, et hormis un vague malaise à certains moments (l’atmosphère reste toute de même déplaisante) je n’ai franchement rien ressenti du tout. Je précise en passant que je trouve les Chair de Poule flippants. Certains m’ont même collé des cauchemars à 12 ans. J’ai lu quelques King et certains m’ont moins plu que d’autres, mais dans l’ensemble il arrive au moins à créer une atmosphère bien malsaine, un sentiment de tension chez le lecteur (parfois frustré en fin de compte, je n’ai plus de titres précis mais j’ai eu quelques semi-déceptions). Ici – rien, ou quasiment rien. J’aurais pu lire un roman d’aventures, ou à énigmes.
Je ne me suis pas vraiment ennuyée non plus car il se passe des choses dans le livre et j’ai apprécié les relations entre les différents personnages. J’ai aussi pu remarquer certaines différences de pensées, propres peut-être aux Japonais, ou en tous cas différentes de ce qu’on aurait pu lire dans un roman français ou américain. Néanmoins si le but du roman était de créer une atmosphère de terreur, je trouve que c’est tombé à plat.

 

Chroniques d’ailleurs :  Plume de Cajou

Perfume

De Patrick Süskind. 1985. Roman. Excellente lecture.

Titre original : Das Perfum

Résumé : Dans le Paris du XVIIIe, Jean-Baptiste Grenouille, orphelin complètement asocial, mais aussi « nez » depuis sa naissance, se découvre un talent pour la parfumerie. Son but ultime : synthétiser l’odeur naturelle d’une jeune fille.
perfumeUne excellente surprise, dans tous les sens du terme. J’ai entendu parler de ce livre pour la première fois en 1ère, quand des collègues de L l’avaient à lire pour les cours. J’étais en S, je n’avais pas à le lire, et comme de manière générale je n’ai presque jamais apprécié de lecture « obligatoire », je ne me suis pas jetée dessus quand bien même on m’en a dit du bien. De même puisque à l’époque le livre était déjà donné comme « classique », et que le récit se déroule il y a trois siècles, j’ai supposé que l’auteur était à classer avec Flaubert, Voltaire et les autres. C’était ma deuxième erreur. J’ai appris en me renseignant sur ses dates qu’il est contemporain, encore vivant aux dernières nouvelles, et que cet ouvrage est paru en 1985 – un jeune classique, donc, plus proche de Primo Levi que de Rousseau (puisque je parle de lectures scolaires) en termes d’époque d’écriture !
Cependant, je n’ai pas pu m’empêcher de le comparer à Victor Hugo en matière de style d’écriture, d’action et de description, avec ce côté introspectif et aussi une certaine tendance à l’hyperbole. Je me suis retrouvée plongée dans les odeurs de Paris dès les premières pages, et c’était tout bonnement fantastique. Je me suis intéressée de près à ce fabuleux personnage qu’est Grenouille (je ne dirais cependant pas sympathique !!), qu’on suit tout au long de l’histoire, seulement entrecoupée de quelques informations sur les personnages secondaires proches du héros. Je ne vais pas dévoiler toute l’histoire, surtout qu’elle est assez connue et encore plus depuis l’adaptation cinématographique de 2006. Sachez seulement que Grenouille est un sociopathe dans le plus pur sens du terme, un être dénué d’empathie envers les autres humains, mais que le personnage n’est en rien dépourvu d’intelligence et de malice (au sens strict du mot : intelligence mauvaise). S’ensuit un récit en même temps fascinant, intéressant, horrible, en un mot sublime (Latin sub-limus, « au-delà des limites »).
J’ai dévoré ce petit ouvrage (250 p.) en deux jours, en anglais (oui, parce que même si l’auteur est allemand, je l’avais trouvé en anglais, et la traduction parait très bien).
Challenge : Les 100 livres à avoir lu
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