La Belle et la Bête

De Mme de Villeneuve et Mme Leprince de Beaumont. 2013. Contes. Bonne lecture. [159 p.]
Versions originales datées de 1740 et 1756.
belleetbeteRésumé : « «Non, ma chère Bête, vous ne mourrez point, lui dit la Belle ; vous vivrez pour devenir mon époux ; dès ce moment, je vous donne ma main, et je jure que je ne serai qu’à vous.»
Illustré de gravures anciennes, ce livre réunit les deux versions du célèbre conte de La Belle et la Bête. Celle de madame de Villeneuve (1685-1755), parue en 1740, raconte notamment l’enfance et l’histoire de la Bête. La version de madame Leprince de Beaumont (1711-1780), publiée en 1756, a été adaptée à plusieurs reprises sur grand écran, notamment par Jean Cocteau et par Walt Disney et est la plus connue aujourd’hui.« 
Je suis un peu en vrac, là, donc ma chronique va être courte – d’autant que je n’ai pas grand’chose à en dire de toutes manières.
Cette édition m’a sauté aux yeux, elle est très belle, avec une reliure vaguement « molletonnée » (ça ne doit probablement pas être le bon terme technique, mais tant pis !), épaisse, en grand format. L’intérieur est également très plaisant, c’est écrit dans une police moyenne, et il y a de très belles illustrations (dont certaines tirées du Blue Book of Fairy Tales*, d’Andrew Lang ! :)). Le livre dans l’ensemble a un style un peu vieillot, c’est très sympa.
J’ai appris sur le tas que Mme Leprince de Beaumont, malgré les rumeurs qui vont en ce sens, n’est pas à l’origine du conte, mais seulement à l’origine de sa version « modernisée », raccourcie.
J’ai bien aimé le style très fantaisiste et plus minutieux de Mme de Villeneuve – avec elle on explore le château, on a plus de contact avec la Belle et ses hésitations – par contre j’ai trouvé l’histoire de la Bête, et d’autant plus celle de sa mère, un peu en trop. De plus, cette histoire de naissance prestigieuse de la Belle gâche à mon sens la moitié de la morale du conte ! Bref, je pense que je suis plus habituée à la seconde version, que j’ai eu l’occasion de lire dans des versions allongées (ou, si vous préférez, une version tronquée de celle de Mme de Villeneuve). En fait la première version (V) fait à peu près 130 pages, pendant que la deuxième (L de B) n’en fait que 20 !
On trouve quelques références à la fin, mais forcément peu, vu que le contenu du livre reste dédié aux deux contes ! On a également les biographies des deux auteurs.
Le détail qui me fait toujours sourire : les sœurs de la Belle, dans la version de Mme Leprince de Beaumont, qui se frottent les yeux avec des oignons pour se faire pleurer.
Une jolie réédition d’un conte que j’aime beaucoup. Une relecture agréable, dans deux styles différents mais qui restent faciles d’accès.
Chroniques d’ailleurs :  Bazar de la littérature, Une tasse de culture, Books and cups of tea (qui ont lu soit l’une soit l’autre version)
*Malgré mes nombreuses incursions dans le monde des contes, j’ai trouvé et retenu cette référence dans la biographie de J.R.R. Tolkien. Il l’aurait lu et apprécié dans son enfance.

Les Enchantements d’Ambremer

De Pierre Pevel. 2007. Fantasy. Très bonne lecture, très distrayante.
enchantementsRésumé : « Paris, 1909. La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes… et une ligne de métro relie la ville à l’OutreMonde, le pays des fées, et à sa capitale Ambremer. Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens. Chargé d’enquête sur un trafic d’objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. L’affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers : un puissant sorcier, d’immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l’association forcée avec Isabel de Saint-Gil, que le mage ne connaît que trop bien…« 
Petit historique : J’avais commencé ma lecture des œuvres de Pierre Pevel, que j’ai eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises, par la série Les Lames du Cardinal, que je conseille à quiconque aime les romans d’aventures, de mystère, et de cape et d’épée, sans être pour autant totalement allergique aux éléments fantasy. J’avais acheté les Enchantements au Livre sur la Place (tous les ans en septembre à Nancy), il y a quelques années (2009, 2010 ?), et comme la moitié des livres que j’achète je l’avais soigneusement rangé dans ma bibliothèque, sans le lire sur le coup. Pour ma défense, 95% des livres que j’achète sont des choses que j’ai déjà lues, et compte relire :D.
Le mois dernier mon homme s’est décidé à quitter sa console quelques heures par semaine pour se cultiver littérairement à côté (c’est pas une critique, hein, avec mes 700+ heures sur Diablo III je ne pourrais pas me le permettre !) – disons que d’habitude il lit assez peu, malgré une vitesse de lecture tout à fait honorable. Il m’a donc réclamé ledit livre, que j’ai exhumé de sous les Lovecraft, Tolkien, et quelques autres auteurs (il n’était pas si loin après tout), me sentant vaguement coupable d’avoir acheté le livre, souri à l’auteur, demandé un autographe, pour ne même pas lire son ouvrage la première ! Quand il a entamé les Lames juste après j’ai décidé de rattraper mon retard, quitte à ce que le bouquin soit sorti autant qu’il serve un max avant de regagner ses paisibles pénates. 🙂
Critique : C’est un petit livre (one-shot de 300 pages), très facile à lire, car s’il use d’un vocabulaire divers et châtié très agréable à trouver au milieu des médiocrités contemporaines malheureusement trop communes, Sieur Pevel sait aussi très bien se faire comprendre, et assurer un style fluide et entraînant, teinté d’un humour léger, piquant, et dosé avec tact. L’histoire et l’environnement son à mon sens du même ordre : simple sans être simpliste, juste assez compliqué pour attiser la curiosité du lecteur sans le perdre dans des détails lourds et inutiles. Le côté léger de la lecture n’empêche pas la présence d’intrigues, qui sans dépareiller le monde de féérie sont parfois traitées sur un ton grave.
Je ne peux m’empêcher de rapprocher ce livre d’un certain type de contes ou de nouvelles fantastiques (bien qu’il s’agisse bien ici plutôt de fantasy/merveilleux), assaisonné d’Arsène Lupin. C’est vraiment une lecture qui pourrait convenir à un très grand public, grâce à tous ses atouts bien dosés. Bien qu’il ne soit pas classé en « jeunesse », et n’a pas certains des aspects et éléments typiques des ouvrages jeunesse, je n’ai rien vu dans ma lecture qui pourrait la déconseiller à des jeunes lecteurs.
J’ai dit que c’était un one-shot, car il peut effectivement se lire seul, mais les plus avisés sauront qu’il existe une suite aujourd’hui aussi introuvable que l’OutreMonde lui-même : l’Elixir d’oubli. Espérons qu’il soit un jour réédité…

Edit 2016 : l’Elixir d’Oubli a été réédité, et il est à présent agrémenté de sa suite ! Les trois opus sont disponibles en deux éditions au moins.

Chroniques d’ailleurs : Des livres ! des livres !

Faërie (Feist)

De R.E. Feist. 2007. Merveilleux horrifique. Bonne lecture. [631 p.]
Titre original : Faerie Tale
faerieRésumé : « La maison du vieux Kessler était perdue dans les bois…
Une ferme splendide et pleine de recoins, où Phil et Gloria pensaient trouver le calme, loin de la ville et de l’agitation. Mais ce que trouvent leurs trois enfants est bien différent : d’étranges histoires de clairières hantées, de lueurs qui dansent dans la forêt et de trésors enfouis…
Tout un monde secret, enchanté par l’ancienne magie celtique et habité par de mystérieuses présences. S’agit-il des fées et du vieux peuple des légendes? Ou d’êtres plus dangereux, animés de désirs inquiétants ?…
Bientôt, ce qui avait la couleur du rêve se change en un terrifiant cauchemar. Des puissances oubliées se sont réveillées et convoitent les enfants. Pire encore: leurs âmes.« 
Un Feist assez différent des Chroniques de Krondor (seul autre livre que j’ai lu de lui), visant cette fois-ci un public adulte, avec des histoires de Petit Peuple qui n’ont rien à voir avec les gentils contes pour enfants.
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Le Guide du chasseur de fées

De Édouard Brasey. 2005. Essai merveilleux. Très bel ouvrage, très plaisant à lire.
guide
Résumé : « Nourri aux sources les plus authentiques, ce guide s’adresse à tous ceux qui sont désireux de se lancer dans l’envoûtante et parfois dangereuse quête des fées. On y trouve, abondamment commentées et illustrées, moult recettes éprouvées pour observer les gentes demoiselles, connaître leur histoire, leurs mœurs, leur culture, leurs secrets, solliciter leur aide ou la grâce de leurs dons, voire se lier à elle d’amitié et d’amour – car les fées, grandes amoureuses, s’unissent souvent aux humains. De même, ce guide évoque les mille pièges et chausse-trapes guettant le chasseur de fées, ainsi que les moyens de les éviter – car plus d’un s’est retrouvé gibier, pourchassé par les accortes jouvencelles et malmené par leurs jeux cruels. Le monde de Féerie n’est pas de tout repos, et qui en méconnaît les règles ou les transgresse, que ce soit par défi, par folie ou par inadvertance, se retrouve « enféé  » pour le meilleur ou pour le pire – généralement le pire, car une fois bafouées, les belles dames sont sans merci. »
Je débute cette lecture avec Altan (groupe traditionnel irlandais, titre Gleann Nimhe) et une tasse de thé vert… Non ce n’est pas vraiment fait exprès, c’est juste que le CD et le livre sont tous les deux des emprunts en retard, alors je cumule ! En tous cas ça va bien ensemble.
La première chose qui me saute aux yeux c’est la qualité esthétique du livre : très bon papier, typo agréable, mise en page style « journal de bord », avec pas mal de croquis et illustrations, et aussi des esquisses en filigrane [Ed. le Pré aux Clercs].
Même si je sais que Edouard Brasey est un grand nom – fameux en ce qui concerne le domaine du folklore, du Petit Peuple et autres merveilles – je me rappelle n’en avoir lu que très peu (alors qu’il a beaucoup publié) ; je redécouvre donc plus ou moins sa plume : précise, très littéraire, usant d’un vocabulaire parfois un peu désuet, mais toujours riche et coloré – j’ai presque envie de dire parfumé, empreint d’une certaine délicatesse.
Il semble beaucoup s’amuser de ce qu’il écrit, le ton est assez humoristique. Il donne aussi un très grand nombre de sources de documentation, ce que j’attendais effectivement de ce livre.
En bref cet ouvrage est non seulement plaisant à lire mais aussi très complet pour son format et son épaisseur (140 p.). A conseiller à tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au sujet des fées, des croyances populaires ou des contes et légendes.